‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 190 sur 249 · STRIE · texte numérisé non relu

STRIE

1 est de 392 mètres an-dessoiis du niveau de la Méditeph.

a mer Morte demenrei donc, bien que dôponillée de sa jbre et miraculeuse auréole, un des plus remarquables phélènes de notre vieui continent, et de ceux qui donnent le plus mser sur les causes des révolutions du globe. Les voyageurs 'etrouvèrent plus d'une trace encore dans les deux excurs qu'ils firent sur les côtes orientales du lac, aux ruines de ada et à celles de Rabbath*Moab, avant de terminer leurs rations hydrographiques, et surtout quand ils reprirent ploration du pays situé au delà du Jourdain. Ils furent sur-

d'y rencontrer des monuments tout semblables à ceux qui, B l'occident de notre Europe, ont été si longtemps regardés ime celtiques. Puis, ayant visité les ruines si différentes i controversées d'Âftraq-el-Emyr, déjà relevées par nos cônes MM. de Saulcy et de Vogué, ils poussèrent au sud pour nr le mont Nébo, d'où Moïse aperçut la terre promise. Re* ant alors sur leurs pas, ils gagnèrent Jérusalem où ils n'a** mt fait que passer en traversant la Palestine, et où ils reconnut les lieux, les monuments vénérés de tout temps par les (es, mais qui, dans nos jours de critique, ont soulevé tant lébats entre les savants. y>

restait à reconnaître la contrée à l'ouest de la mer Morte, lire de la grande catastrophe racontée par la Bible, et à lercher au midi la ligne de partage des eaux de cette mer le celle du golfe Arabique. Après avoir vu Semoa , où se ivent des restes curieux d'un art qui parait être judaïque, pédition examina de près la montagne de sel. Djebel Usdom, renir légendaire de la fameuse Sodome, et reconnut les vess d'une ville importante au lieu appelé aujourd'hui Safieh. igageant de là dans la vallée de l'Arabah, après quatre jours marche elle atteignit le point d'où les eaux opposées cou- ,, au nord, se perdre par le Ouady-es-Zeib dans le bassin de ler Morte, au sud vont se jeter dans le golfe d'Akabah. Le rdain ne traverse donc point la mer Morte pour reprendre cours vers la mer Rouge, et la première reçoit à la fois , i les rendre autrement que par l'évaporation, les eaux du 1 aussi bien que celles du midi. Notre illustre confrère Lene, d'après des données moins exactes, Tavait déjà établi, ravant une chaleur de 43® à Tombre, les voyageurs ne résisnt point au désir de s'avancer dans cette direction jusqu'au é, et surtout de visiter au retour, après une halte au mont

342 ASIE. (n*^ 371-400)

Hor et an tombeau apocryphe d'Aaron» les monuments de P6tra, si dignes de leur renommée, et dont aucun Européen n'avait pu approcher depuis cinq ans. Le duc de Luynes avait des droits, de par la science, sur le pays des rois Nabatéens dont il avait si bien ezpliqaé les médailles ; bien lui en prit, toute* fois, d'en avoir conquis d'autres vis-à-vis des cheiks arabes, par la fermeté avec laquelle l'émir Franc, comme ils le nomment encore, sut leur imposer, ici et ailleurs.

Le but de Pexpédition était atteint et son programme rempli. L'émir Franc put donc s'embarquer à Jaffa, le 8 juin, laissant à MM. Vignes et Lartet le soin de Caire, dans la vallée du Jourdain, des opérations de nivellement et des observations géologiques complémentaires. Ces habiles auxiliaires étendirent bien au delà leurs recherches, l'un d'eux secondé par un jeune aspirant de marine, M. Fouet. Ils s'avancèrent d'une part jusqu'aux sources du fleuve et au mont Liban, d'autre part jusque dans le désert de Palmyre et jusqu'aux ruines célèbres de la ville de Zénobie.

Ce fut le dernier corollaire de cette expédition scientifique qui avait excité une si grande attente et qui la justifia. Ce fut aussi la dernière jouissance intellectuelle du duc de Luynes, qui s'y retrouva tout entier dans le sentiment de ces nouveaux services rendus aux études qu*il aimait, après qu'il eut surmonté, par la vertu de l'action et par l'exemple ainsi que les conseils de ses dévoués compagnons, l'état d'accablement oh, il était un moment retombé. U se mit courageusement à préparer la publication de leurs recherches et des siennes, avec cet esprit de haute équité qui laissait à chacun Thonneur de ses œuvres, et cette libéralité qui n'avait pas d'égale. Ce fut ainsi qu'il fit paraître par anticipation, en 1865 et 1866, la relation du lieutenant Vignes, accompagnée de deux cartes excellenles dressées par cet officier avec le concours du docteur Combe et de M. Fouet. Il songeait également à publier l'ensemble des observations de M. Louis Lartet, dont les résultats partiels étaient communiqués, vers le même temps, à notre Société géologique. Lui-même il s'était réservé la partie archéologique du voyage, et il devait traiter, entre autres questions, celle de l'emplacement des villes delà Pentapole, de Ségor surtout; il devait y joindre les notions recueillies par M. Combe sur l'anthropologie, la zoologie, la botanique des pays explorés. Le coup si imprévu de la mort de sa petite-fille, succédant à tant d'autres, l'avait brisé sans l'abattre; il reprenait vaiUanmient ses tra«

Page 1