PALMYRE
analyse épigraphique dont on nous saura gré de détacher s passages suivants, relatifs à l'histoire de Palmyre :
« Quelles qu'aient été Torigine et l'antiquité de la ville ) Tadmor ou Palmyre, aucune des inscriptions qu'on a 3C0uvertes ne remonte au delà de l'ère chrétienne. Il est )ur le moins douteux que Salomon y ait établi ses anciens irviteurs, et la présence des habiles archers du pays dans irmée de Nabuchodonosor est tout à fait légendaire. Mais mdant l'époque du second temple, et surtout après les ;péditions d'Alexandre, des Juifs ont dû s'établir dans la aimyrène et aux deux côtés de TEuphrate; dans cette conée, comme dans la Gordouène, beaucoup de païens em- *assaient le judaïsme. Des Palmyréens servaient dans les mées romaines ou parthes. Gomme la ville devait sa 'ospérité surtout au grand mouvement commercial qui se isait alors entre l'empire Romain et l'extrême Orient, et le Palmyre était située sur la grande route des caravanes nant de Spasinou Charax, près du golfe Persique, et se ndant par Petra à Damas, les habitants qui avaient le lût des combats s'enrôlaient dans les armées de l'un ou I l'autre de ces deux puissants voisins. L'opulente Palyre servait de dépôt pour les marchandises, et les riches igociants de la cité se mettaient souvent eux-'mêmes à
tête des caravanes, et les défrayaient de leurs deniers r la route qui montait du Ghatt-al-Arab à leur métroile.
< La population était araméenne; la langue dans laquelle i inscriptions sont écrites ne laisse pas le moindre doute cet égard. Les Araméens faisaient du reste, dans l'an- [uité, le commerce sur terre comme les Phéniciens le isaient sur mer; aux premiers appartenait le transport r caravanes des marchandises, aux derniers la navigation ur les faire parvenir jusque dans les pays lointains. Gendant, à côté des Araméens, que la Genèse rattache à im, il y avait les enfants d'Ismaêl qui s'étaient établis de
bonne heure au sud et à Test de la Palestine, depuis le golfe Elanitique jusqu'au désert, qui, en montant vers le nord, séparait les pays transjordaniques, TAmnionitide, la Moabitide et la Pérée, de TEuphrate. Us environnaient ainsi, comme d'une seconde ceinture, les pays situés entre le Jourdain et le littoral de la Méditerranée. D'après un ancien document très-authentique, qui a été inséré dans les livres des Chroniques, la tribu de Ruben, après avoir conquis toute la contrée entre Guilaad et TEuphrate, refoulait les Hagréens, ou descendants d'Ismaêl, fils de Hagar, et en particulier Jeteur, Nafisch et Nadob, au sud des montagnes édomites du côté de TArabie Pétrée; mais la destruction du royaume d'Israël, sous Salmanassar, a dû rouvrir définitivement aux Ismaélites le désert au long de TEuphrate, et plus d'une famille de ces Bédouins est sans doute allée se fixer à Palmyre en suivant les caravanes qui traversaient ces contrées.
c Ce sont ces peuples qui semblent peu à peu échanger le nom de Hagréens, dont cependant Ptolémée a encore gardé le souvenir, contre celui de Nabatéens, répandu au deuxième siècle avant l'ère chrétienne. Â cette époque, nous le rencontrons dans le premier livre des Maccàbées (y. 25), sur les monnaies du roi Malchus, et dans un fragment d'Eupolème conservé par Alexandre Polyhîslor. Cet historien raconte que David, roi d'Israël, avait fait la guerre aux Ammonites, aux Moabites, puis aux Ituréens, aux Nabatéens et aux Nadbéens. Ce passage nous semble d'autant plus intéressant, qu'il paraît reproduire les trois noms donnés par le verset des Chroniques que nous venons de citer *.
l. Les Ituréens d'Eupolème sont incontestablement le Jétour des Chroniques; les Nabdéens semblent répondre à Nadob, sauf une simple erreur de transposition entre le d et le b. II resterait Nafisch pour les Nabatéens, et l'identité de ces deux noms ne me paraît pas possible. Les Nabatéens s'appellent Napataiox chez Ptolémée, Géogra* p/iie, VI, p. 406, Wilberg, et Napathéi dans le Talmud de Jénisaleii.
ANATOUSl 347
< Etienne Quatremère, et MM. A. Lévy, ont démontré (ue la langue de ces Nabatéens était un dialecte araméen. !iAM. Ghwolson et Renan ont adhéré à cette opinion, et Jiaque nouvelle découverte de mots nabatéens ne fait que a confirmer. Le livre intitulé Almori arraby de Djewaliki, [ni vient d'être publié récemment, est particulièrement •jche sous ce rapport, et presque tous les termes donnés Nir lui comme nabatéens se retrouvent dans l'idiome des Talmuds. Mais le nabatéen devait se ressentir du voisinage les Arabes, tout aussi bien que ceux-ci, au septième siècle, Lprès la conquête de la Syrie, se ressentaient du contact ivec l'araméen.... >
M. Henri Kiepert, dans une des dernières séances de la Société de Géographie de Berlin (2 octobre 1869], annonce [u'un haut fonctionnaire turc, Djevdèt Pacha, ci-devant >[Ouverneur général d'AIep, a fait exécuter par des officiers urcs un levé topographique des districts du sud-est de 'Anatolie et du nord de la Syrie, et qu'une carte réduite de «s levés originaux a été autographiée à Gonstantinople. [Jn exemplaire de cette carte a été mis sous les yeux de la Société. Nous comptons bien que selon sa méritoire habiude, M. Kiepert en dotera bientôt le monde géographipie. Les cantons dont il s'agit ici sont précisément au lombre des plus mal connus de l'Asie Mineure et de la Syrie; ce sera, nous l'espérons, une excellente acquisition )0ur la carte de ces contrées.
S 4. M. de Tchihatchçff et son exploration de l'Asie Mineare. Achèvement de ses publications.
M. Pierre de Tchihatcheff, savant russe que la mise au oui^ dans notre langue de ses longs et magnifiques travaux mt naturalisé français, vient de couronner par un dernier rolume l'importante série de ses publications sur l'Asie
Ski ASIE. (n*»» 371-400)
Mineure (n'' 395). M. de Vemenil, en présentant ce volume à TÂcadémie des sciences (2 novembre), l'a accompagné de la note suivante :
M. de TchibaichefT, un de nos correspondants, m'a chargé d*oiTrir à TÂcadémie le huitième et dernier volume de son ouvrage sur PAsie Mineure, ouvrage qui comprend la géographie physique, la climatofogie, la botanique et la géologie de cette intéressante contrée.
ËQ présentant, en février dernier, les trois volumes consacrés à la géologie, M. Élie de Beaumont a pn dire avec raison que cet ouvrage assurait à M. de Tchibatcheif le privilège, tout nouveau, d'avoir fait entrer dans le cadre des contrées géologiquement connues un pays asiatique soumis aux lois du Coran.
Le volume que je dépose sur le bureau de l'Académie nous donne les plus précieux renseignements sur la paléontologie de l'Asie Mineure. Après avoir recueilli, pendant ses nombreux voyages, une riche collection d'animaux et de plantes fossiles, et ravoir libéralement donnée au Muséum d'histoire naturelle pour servir de pièces à l'appui de ses observations, M. de Tchi' hatchefif a remis à MM. d'Archiac et Fischer, ainsi qu'à moimême, le soin de les décrire et de les figurer.
Ces fossiles appartiennent , en générai , aux terrains dévonien, tertiaire et quaternaire. Le terrain jurassique n'est représenté que par quatre ammonites trouvées aux environs d'Angora (Galatie), et le terrain crétacé par 27 différentes espèces de fossiles. Le terrain dévonien en renferme 79, et les dépôts carbonifères, 14. Comme le nombre total des espèces de l'Asie Mineure s'élève à 604, il est facile de reconnaître que la majeure partie provient des terrains tertiaire et quaternaire. Ces riches collections sont d'autant plus précieuses, que jusqu*à présent on ne connaissait presque rien de la faune et de la flore fossiles de l'Asie Mineure....
La Description paléontologiqtie de VAsie Mineure est donc une véritable acquisition pour la science, et l'on peut dire qu'elle couronne dignement un ouvrage que d'Archiac et sir Roderick Murchison n'ont pas craint d'appeler c un des plus grands monuments scientifiques de notre époque », dû à Tesprit d'entreprise d'un seul homme livré à ses propres forces, mais dou^ d'un véritable et ardent amonr pour la science.
ANATOUB. 349
Nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer un regret : c'est que le prix élevé des belles publications de M. de Tchihatcheff ne leur permettent pas d'obtenir, même dans le monde savant, la diffusion et la publicité qu'elles mériteraient à tant de titres *.
1. Sur la partie spécialement géographique des travaux de M. de Tchihatcheff en Anatolie, voir le tome VI de V Année géographique, p. 176.
PRIHCIPAnTÉS DANUBIBIVNBS.
lOl . Aug. ViQUESNEL. Voyage dans la Turquie d'Europe. Description physique et géologique de la Thrace. Précédé d'une notice sur la vie et les travaux d'A. Viquesnel, par le vicomte d'Archiac. Paris j 1869, grand in-4y zvn-369-&44 pages. 13* et dernière livraison (Bertrand).
Conclnsion de ce grand ouvrage, renfermant les résultats des deux voyages de Taatear dans les parties intérieures de la Turquie d'Europe. V. le t VI de V Année géographique ^ p. «lO.
^02. Ami Boue. Vue rétrospective sur les ouvrages sur la Turquie d'Europe, en 1840 et 1854. Annales des Voyages, iànv. 1869, p. 82-94.
M. Ami Boue, qui fut le compagnon du premier voyage de Viquesnel. et à qui l'on doit, entre autres publications, deux ouvrages capitaux, une Detcription de la Turquie d'Europe en 4 volumes (Paris, 1840), et les Itinéraires dans la Turquie d'Europe (Vienne, 1854, 2 vol.), jette ici un coup d'œil rétrospectif sur l'état des notions acquises à l'époque de son voyage, et sur ce qu'elles sont aujourd'hui. 11 passe rapidement en revue les explorations qui ont eu lieu depuis l84o, et les relations importantes qui ont été publiées, et en même temps il signale dans ses propres publications les erreurs que le progrès des reconnaissances permet aujourd'hui d'y signaler.
03. Du même : sur les projets actuels des chemins de fer en Turquie. Ihid.y avril, p. 76-92.
Sujet qui occupe sérieusement la Turquie et les hommes d'État de l'Europe Centrale, depuis l'exploration préliminaire de M. deHahn sur
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la ligne centrale de Belgrade à Salonique. .Le même sujet est traité dans la note suivante :
404. Val. von Streffleur. Ueber die tûrkischen Bisenbahnen. Jfi<theilungen der k. k, Geogr, Gesellsch. in Wien^ 1869, n*8, p. 504-514.
405 . Guill. Lejean. Les cartes de la Turquie d'Europe. Bulletin de la soc. de Géogr.j fév. 1869, p. 148-160.
Bonne revue de l'état de la cartographie de la Turquie d'Europe. — V. ci-dessous, n* 4i5.
406. The Rev. Henry Fanshawe Tozbr. Researches in the Highlands of Turkey; inciuding visits to Mounts Ida, Athos, Olympus and Pelion; to the Mirdite Albanians, and other remote tribes. Wilh notes on the ballads, taies, and classical superstitions of the modem Greeks. London, 1869, 2 vol. petit in-8 with Maps and illustrât. (J. Murfay).
Sur cette importante relation, voir ci-après.
407. E. Pricot de Sainte-Marie, Consul de France. Itinéraire de Tachlidja à Mokro, août 1866. Bulletin de la toc. de Géogr.y fév. 1869, p. 126-147.
408. F. Maurer. Eine Reise durch Bosnien, die Savelânder, und Ungarn. Berlin^ 1870, in-8, iv-431 pages. Carte.
409. E. Sax (interprète du consulat autrichien à Seraïévo). Die Strassen Bosniens und der Herzegovina. MiUheilungen der k. k, Geograph, GeseUseh. in TTten, 1869, n** 6 , p. 352-355.
Aperçu intéressant de l'état actuel et projeté des voies de communication en Bosnie. La Porte montre aujourd'hui des dispositions tout à fait étrangères à l'ancienne administration de ses provinces, pour le prompt établissement ou la mise en état des grandes voies qui doivent mettre la Bosnie en communication facile avec les pays environnants, l'Autriche, la Roumélie, l'Herzégovine. Une grande route de Seraïévo i Mostar est en construction ; on a modifié, pour le rendre plot prompt et plus utile, le tracé de la route de Seraïévo & Brod, par laquelle a lieu le transit des marchandises entre la Bosnie et TAutriche.
410. A. Rousseau, Consul de France. Géographie générale de la Bosnie et de l'Herzégovine. Bulletin de la soc, de Géogr.^ déc. 1868, p 409-429.
411. C. Sax. Geographisch-ethnographische Skizze von Bulgarien. MiUheil. der k. k. Geogr. Gesellsck. in Wien^ 1869» b* 8, p. 449-482.
412. W. KoNER. Die Donaumûndungen , und die an der SulinaTor-
- TURQUIE d'eUROPE. 353
genommeneD Regulirangsarbeiten. Mit eiaem Nachwort von H. Xiepert. Zeitschr. der Gesellsch. fur Erk. xu Berlin^ iv, 1869 (n" 19) , p. 52-67. Avec une carte du Delta.
A3. Fr. Badatzka in Agram. Die Slaven in der Turkei MittheiL de Peterm. 1869, n» 12, p. 441-458; carte.
U4. L. LàoER, Les Slaves du sud et leur civilisation. Paris ^ 1869, in- 8, 16 p.
Disconrs d'oaverture du Cours des littératures et des langues slaves comparées, à la Sorbonne, lo décembre 1868.
lis. SCHEDA. Die europâische Turkei und Griechenland. Wien^ 1869, 13 feuilles (au 864 OOO*). 13 H.
[16. D' A. BouLONGNE. Le Monténégro, le pays et ses habitants. Paru, 1868, in-8, 115 pages.
M. le D' Boulongne a passé quelque temps dans le Monténégro et a pu y recueillir d'assez nombreuses observations. Son opuscule, où il a voulu se renfermer dans le cercle de ses propres observations, touche à la géographie, à la topographie médicale et & la météorologie. La partie historique se borne à un rapide aperçu.
17. H. V. FiLEK VON WiTTiNGHAUSEN. Das Fûrstenthum Serbien, geographisch-militârisch dargestellt. Wien, 1869 in-8, vu- 60 pages (Gerold).
18. Du même. Das Fûrstenthum Romanien geographisch-mihtâr. dargestellt. Wien, 1869, in-8, iii-83 pages et une carte (tbtd.).
S !•'. Les relations récentes. Le Rev. H. Toxer.
Ivec rachèvement (posthume, malheureusement,) du ind ouvrage de M. Auguste Viquesnel (n"* 401), qui te , quant à présent, le dernier mot des études locales la géologie et Torographie de la Macédoine et du basde THèbre, je n'ai à signaler, parmi les publications itives aux provinces européennes de la Turquie, que la ition du révérend Henry Tozer (n** 406). Mais celle-ci, ime relation savante, est d'une importance tout à fait eptionnelle. Depuis les belles et profondes recherches
l'année OÉOGR. VIII. 23
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de Martin Leake % il n'a rien ëté publié ( sauf les Études de M. de Hahn, qui se renferment dans TAIbanie), d'un i^ussi puissant intérêt sur les parties du territoire ottoman qui bordent le fond de la mer %ée.
Les deux volumes de M. Tozer contiennent le récit et les résultats de trois voyages successifs, Tun en 1853, l'autre en 1861 y le plus récent en 1865. Ces trois relations ne sont pas rangées dans leur ordre chronolpgique ; Tauteu^ les a judipieusemeut disposées de manière à ce qu'elles forment une seule chaîne d'explorations, depuis la Propontide jusqu'à l'Adriatique. Le voyageur part de Constantinople (1861), visite la plaine de Troie, où il suit pied à pied,!'/liade à la main, les indications d'Homère, déjà tant de fois dét)attues, et où il se range aux coDclusions de Le Chevalier quant au site de la ville de Priam au-dessus des sources de Bounarbachi, non sans étayer les vues de l'explorateur français de considérations nouvelles tirées soit du texte du Poème, soit de l'étude des lieux; puis prenant la mer pour gagner Salonique, il poursuit sa route vers Butrinto et Corfou à travers la Macédoiue occidentale et le centre de l'Albanie, en suivant la trace de la célèbre Voie Ëgnatieune, non sur le sol d'où elle est depuis longtemps eiîacée, mais telle qu'on la peut reconstruire d'api es les textes. Repre^^t la côte illyiienne plus au nord, aux bouches du Cattaro, la suite de la narration (1865) nous conduit à travers la Haute- Albanie vers les parties supérieqres du Yardaf ; et elle nous ramène à Salonique par la vallée du grand fleuve macédonien, pour aller étudier dans tous ses détails le massif ne'geux du mont Olympe, que prolongent au sud l'Ossa et le Pélion, noms qui gardent encore, après tant de siècles, le prestige dont autrefois la poésie
1. Travels in Northern Greece (IPOb). Loml. 1835, 4 vol.— Je ne parle pas de la "paxMe des voyages du colonel Leake qui se rapporte au Péloponnèse et à l'Attique.