GRÈCE
tl9. D. BiKELAS. Statistics of the kingdom of Greece. Journal of the Statut, soc. of Lond.y sept. 1868, p. 265-298.
Extrait du Tableau politique àe la Grèce de Mansolàs (en grec itiod.). Athen., 1867.
t20^ Dott. NicoLUca. SuU' aiitropologia délia Grecia. Torino, 1868, 'in-4'', 94 pages.
Extrait des comptes rendus de rAcadémie des sciences physiques de Naples, année 1867.
21. Carnavon. (Earl of)- Réminiscences of Athcns and the Morea. Extracts from a journal of travels in Greece in 1839. Editedby his son. tjond. 1869, in-8, 261 pages. Carte.
22. H. ScHLiEMANN. Ithaque. Le Péloponèse. Troie. Recherches archéologiques. Paris j 1869, in-8. xyi-232 pages, et 6 pi., 5 fr. (Reinwald) .
23. Le baron des Granges. Vues photographiques de la Grèce. Paris, 1869, in-folio (Goupil).
Bel Album des localités les plus renommées de la Grèce continentale et de la Morée.
24. Conrad Bcrsian. deographie von Griechenland. T. 2, 1" partie. Leipzig, 1868, in-8. 179 pages, avec 5 cartes ou plans.
Savant et profond recensement de toute la géographie classique de la Grèce, élucidée par la connaissance actuelle du terrain. Cette l^^ partie du tome 2 comprend l'Argolide, la Laconie et la Messénie. Le l** tolume, consacré à la Grèce continentale, a paru en 1862.
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S 1*'. Le ealte d*Homère; un voyage sur le théâtre de VOdytêée et de VlUcide. Ithaque et Troie. M. Schliemann. » Le voyage et le voyageur.
Parmi les adoratears fervents d'Homère et de ses poésies dont l'antiquité nous a transmis les noms et que Ton peut citer dans les temps modernes, l'auteur du livre intitulé 'Jthaque, le Péloponèse et Troie (n** 422), a droit à une place éminente. Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce livre de conviction et d'enthousiasme, ce n'est pas le voyage,quel que soit son mérite : c'est le voyageur. M. Henry Schliemann est un exemple singulièrement frappaAt de la puissance de la vocation et des prodiges de la volonté. La Préface, où le voyageur raconte sa vie, mériterait d'être citée en entier comme un exemple et une leçon. Il est né en 1822, à Fûrstenberg, dans le Mecklembourg, sur la lisière nord de la Prusse. Sa première enfance fut bercée au nom d'Homère; son père lui racontait les exploits d'Achille et les courses d'Ulysse, et l'enfant conserva de ces récits une impression qui n'a fait que grandir avec les années. U lui fallut cependant traverser de rudes épreuves. Mis de bonne heure en apprentissage chez un épicier de Fûrstenberg, il passa là cinq ans et demi, ayant pour fonctions, comme il dit, « de vendre en détail du hareng et du beurre, de l'eau-de-vie, du lait et du sel, do moudre les pommes de terre et de balayer la boutique. » Dans un pareil métier, il oublia vite son éducation ébauchée ; mais rien n'effaçait ses premières impressions. Un jour, un jeune homme ivre, qui, des bancs de l'Université était descendu par inconduite jusqu'à la blouse du meunier, entre dans la boutique en psalmodiant par réminiscence des vers d'Homère. Ho« mère I le jeune Schliemann sent revivre à ce nom ses souvenirs d'enfance. Il ne comprenait pas un mot de grec, et cependant des larmes coulent de ses yeux, c Trois fois.
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dit-ily je me fis répéter ces vers divins, moyennant trois verres d'eau-de-vie que je payai des quelques sous qui constituaient toute ma fortune. >
Un effort qui lui rompt un vaisseau dans la; poitrine , l'oblige d'abdiquer ses fonctions d'apprenti épicier. Il s'engage comme mousse ; mais à peine sorti du port, une tempête jette le navire à la côte. Il fallait vivre : il veut se faire soldat. Il avait vingt ans. Sa bonne fortune, et probablement son air de résolution et d'intelligence , lui font rencontrer un protecteur ; on le case chez un négociant. C'était à Amsterdam. Là son occupation était d'aller aux recouvrements et de porter les dépêches à la poste. « Cette occupation machinale me plaisait ; elle me laissait le temps de soDger à mon éducation négligée. Je m'empressai d'abord d'apprendre à écrire lisiblement, et je me mis immédiatement après à l'étude des langues modernes pour améliorer ma position. Mes appointements ne s'élevaient qu'à 800 francs par an. Je dépensais pour mes études la moitié de cette somme ; de l'autre moitié, je vivais. J'habitais, pour 8 francs par mois , une misérable mansarde sans poêle, où je grelottais en hiver et rôtissais en été. Un peu de bouillie de farine de seigle composait mon déjeuner ; mon dîner ne me coûtait jamais plus de 4 sous. Mais rien ne stimule plus à l'étude que la misère, et la perspective d'en sortir à force de travail. »
C'est dans ces rudes conditions que seul, presque sans maîtres, aidé seulement de grammaires, de dictionnaires et de quelques livres, le jeune Schliemann apprend successivement à peu près toutes les langues de l'Europe. En six mois, il était maître de l'anglais ; six autres mois lui suffirent pour le français. < Ma méipoire était mauvaise, parce qu'elle n'avait pas été exercée depuis mon enfance ; mais je profitais de chaque moment, et je volais même du temps pour apprendre. Jamais je ne faisais mes courses, même sous la pluie, sans avoir mon cahier à la main et sans ap-
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dxprimer le sentiment : ce fat la France qui le lui offrit.... »
C'est de Paris qu'en 1847 M. Schliemann partit pour ce 7oyage, pour cet ardent et pieux pèlerinage, peut-on dire, lont il nous a donné la relation. Il y a fait deux stations jrincipales, Ithaque et Troie. A Ithaque, qu'il visite dans ses moindres coins, il refait, Y Odyssée à la main, toute la x)pographie homérique, d'accord parfois avec ses prédécesseurs, d'autres fois s'éloignant des restitutions proposées ivant lui, mais toujours s'étayant de solides raisons tirées les textes. Il recommence le même travail dans la plaine le Troie ; mais ici la tâche était plus compliquée. Depuis [uatre-vingt sns, pour ne pas remonter plus haut, toute me armée d'explorateurs et de critiques ont débattu la quesion du site de Troie, et il n'est pas un seul texte, pas un eul argument qui n'ait été développé. L'opinion presque manime est que la ville de Priam était située sur la colline ibrupte qui fait face aux sources de Bounarbachi; c'est le ite que Le Chevalier signala en 1785, et qui a en effet pour ui les plus fortes présomptions. Aux quelques objections [ui peuvent y être opposées, on répond par des raisons xcellentes, et tout récemment encore M. Tozer l'a fait ci-dessus, p 354) de manière k satisfaire même les esprits rès-difûciles. M. Schliemann, cependant, ne se range pas cette opinion. Pour lui, l'emplacement de la ville homériiie serait au site ruiné qui se trouve entre Bounarbachi et 'entrée de PHellespont, et que les Turcs connaissent sous ô nom de Hissarlik, « les Palais. » Ce site, d'ailleurs bien onnu, est celui de la Nouvelle Ilion, Ilium Novum^ de la éographie gréco-romaine. Je regrette sincèrement de ne ouvoir partager en ceci la conviction, d'ailleurs très-saammfut soutenue, de M. Schliemann; mais il me paraît mpossible, si la position de Bounarbachi soulève quelques ifBcultés, de n'en pas trouver de bien plus grandes dans elle de Hissarlik: l'absence des fameuses sources, pour
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n*en citer qu'une. Au surplus, comme on l'a si bien dit, les campagnes de Troie ont été destinées à servir éternellement de champ de bataille, jadis aux héros, maintenant aux géographes, et M. Schliemann paye ici la rançon du bonheur qui a couronné sa vie.
S 2. L'isthme de Gorinthe.
Un projet de loi concernant le percement de l'isthme de Gorinthe, a été présenté au Parlement hellénique et va occuper ses délibérations.
L'isthme qui doit son nom à l'antique Gorinthe est, on le sait, cette étroite langue de terre qui, située entre le golfe de Lépante et le golfe d'Athènes, relie la Morée à la Grèce continentale. Obstacle naturel au libre parcours entre les deux mers, l'Adriatique et l'Archipel, il force tous les navires qui viennent des côtes de France, d'Italie et d'Autriche, à doubler le cap Matapan lorsqu'ils se rendent aux Échelles du Levant: au Pirée, le port d'Athènes, à Syra, point central de l'Archipel, où viennent journellement se croiser les bateaux à vapeur qui font le service des côtes de Turquie, d'Asie Mineure, de Syrie et même d'Egypte ; à Smyrne, où aujourd'hui encore les caravanes nombreuses de l'intérieur de l'Asie, de la Perse, du Caucase, apportent les riches produits de ces contrées lointaines; à Salonique, célèbre par ses tabacs; à Constantinople, enfin à tous les comptoirs de la mer Noire qui approvisionnent de leurs blés une grande partie de l'Europe centrale.
Percer l'isthme de Gorinthe, joindre ainsi les deux mers, serait donc ouvrir une nouvelle et utile voie à la navigation. En effet, passant directement par le golfe de Lépante etJe canal de Gorinthe, les navires venant de Marseille, de Gènes, de Naples, de Messine, à destination du Levant, éviteraient quatorze heures d'une traversée souvent dangereuse :
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lu de Brindiai, d'Âncône, de Trieete, vingt-quatre lires.
De PatraSy une des villes principales de la Grèce, située nord-ouest de la Morëe, àNeapoli, la nouvelle Gorinthe, golfe de Lépante est bien abrité sur tout son parcoursi d'une navigation facile. Déjà les bateaux à vapeur de la mpagnie hellénique y font un service régulier , entre rfou, Patras et Neapoli; il suffirait de le bien baliser or que le trajet présentât toutes les conditions de sûreté 3essaires. Du côté de l'Archipel et de la baie de Kalaiki, au fond du golfe d'Athènes, d'autres navires de la mpagnie hellénique viennent régulièrement aussi pren* ) les voyageurs et les marchandises qui, partis d'Anglere, de France, d'Italie, d'Allemagne par la voie de Gor- , ont traversé l'isthme par terre et se rendent à Athènes, iinsi de chaque côté de l'isthme, il existe sinon des *ts, tout au moins des baies profondes et sûres où mouilt journellement des bâtiments d'un fort tonnage, [i'heureux résultat obtenu à Suez par M. de Lesseps a nouveau suggéré l'idée de percer l'isthme de Gorinthe : lis de nouveau, car déjà, au temps de Néron, cette enprise avait eu un commencement d'exécution. Substituer ne navigation longue et difficile une autre plus courte, is sûre, et par là faciliter le commerce du Levant, source tant de richesses, telle était l'idée des anciens. Le peu difficultés que présentait l'entreprise les avait certainent aussi portés à la tenter.
3e Neapoli à Ealamaki, en effet, points extrêmes de thme, et qui seraient le Port-Saïd et le Suez du nou- .u canal, on compte moins de cinq kilomètres. Avec les yens que Ton possède, et après les gigantesques travaux it nous venons d'être témoins en Egypte, une aussi faible 'rière peut-elle aujourd'hui arrêter longtemps l'essor n commerce aussi considérable que l'est celui du Leit? Ici le sable, la grande difficulté du canal de Suez, l'ànmëb gSogr. vm. 24
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&'«BSle pasr; on se tM&ve au contraire en ptrAtone^ d'an terrain offrant une certaine résistance, et au travers duqael la mine ouvrirait vite un passage. Une fois l'œuvre achevée, cette rérfBtaUce même des terres assurerait au travail une sdiidité qui réduirait de beaucoup les dépenses d'entretien.
Sttis compter les nombreux bâtiments à voiles et à vapeur venant de la met Noire, de Turquie, d'Asie Mineure et qui, i^on toujours, du moins en cas de gros temps» fréquent dans ces parages, passeraient certainement par le canal de Gorinthè, la compagnie qui entreprendrait le percement de l'isthme serait assurée de voirses eaux sillonnées partout les navires des Messageries impériales, de la Gom« pagnie Fraissinet de Marseille, des compagnies italienne^ hellénique, du Lloyd autrichien. Quaht aux déf^enses, au dire des ingénieurs, elles ne s'élèveraient pas à plus dé 12 millions.
Une fois tes difficultés écartées, difficultés naturelles faciles à vaincre^ on se trouve en présence d'un résidiat dé^ sirable à tous les points de vue.
Patras et la nouvelle Gorinthè, deux des villes principales du royaume, verraient en peu de temps leur commerce^ aujourd'hui à peu près nul, s'accroître dans des proportions considérables. Ealamaki^ actuellement un bourg, ne tarder rait pas probablement à devenir une grande ville. Toutes les côtes, abandonnées et mortes^ seraient vite rendues à la vie, et il y aurait désormais des débouchés ouvertfei aux richesses minérales dont le pays abonde. En un mot, la Grèce verrait s'ouvrir ainsi un avenir industriel que ses aûiis les plus éclairés ne cessent de lui souhaiter et vers lequel elle aspire aujourd'hui, comprenant enfin que là seulemmt est sa prospérité future.
Une section des scietiees ayant été créée à l'Ecole d'Athènes il y a plusieurs années, et organisée tout récemment, M. le professeur Goroeix a été nommé membre de Téeote pour ht gédlope et U
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Dn des premiers travaux de ce jeune savant a été une ide géologique de l'isthme de Gorinthe.
D résulte de Tétude faite par M. Gorceix que les ingé- )urs ne rencontreront là aucune difficulté sérieuse. Vu
rAcro-Corinthe, l'isthme ressemble à une plaine dont niveau ne dépasse guère celui de la mer; cependant le
de l'isthme a une altitude d'environ 80 mètres. Trois rasses, nettement tracées autour de la Nouvelle-Gorinthey liquent trois anciens rivages identiques à celui que baigne uellement la mer. Le sol de l'isthme se compose princi'iement de puissantes formations de sables et de marnes, couvertes par des conglomérats et des calcaires dont Féisseur et la distribution varient d'un point à un autre. — L côté du golfe Saronique, la côte est formée par le Caire gris compacte connu sous le nom de pierre de Poros.
calcaire est en général peu fossilifère; cependant on y uve des cérithes et diverses espèces de coquilles bivals, la plupart réduites en débris. En approchant de Ealatki oh trouve le commencement de canal exéciité par Né* 1. Ici le sol présente, de bas en haut: Pdes marnes Luches, et 2'' des conglomérats avec fossiles; 3® des sables mes; 4* des calcaires et des conglomérats. En allant sur titre rivage, de Loutraki à Gorinthe, on marche sur une \ge sableuse. Une tranchée, qui semble avoir été faite nine l'autre pour te eanal de Néron^ présente des marnes 8es rétoùfëfièâ par du sable à ^ros grains, sur lequel )Osent des conglomérats et des calcaires de Poros. Enfin,
traversant l'isthme d'une mèr à l'autre, on trouve une isième tranchée perpendiculaire aux deux rivages; elle a .versé le conglomérat supérieur et atteint les sables. Ge int est situé sur le plateau au sommet de la gorge qui scend sur Kalamaki.
Aucune des couches géologiques de l'isthme ne présente
résistance et ne peut offrir de difficultés au percement
canal. Le calcaire seul a quelque dureté, mais les por-
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lions à entamer d'une épaisseur notable, n'ont qu'une faible longueur. Presque tout le travail se fera dans les sables et les marnes.
EUROPE MÉRIDIONAUS.
(Deaziëme Péniniale).
Italie.
426. Fr. pREDARi. Dizionario dell' Italia antica , moderoa, contem* poranea. Torino, 1868 et a., in -8.
Publié par fascicolei.
426. Dizionario dei comuni del regno d'Italia, compilato suU' ultima edizione délia Statistica amministrativa. Pubblicato per cura del Ministero deir interno, esull' ultimo censimento générale délia populazione del regno, diviso in ordine alfabetico. Ëdiz. 5**, aggiuntoTi le provincie venete. Firenxe^ Torino e JftTano, 1869, in-8, 188 pages.
427. Statistica del regno d'Italia. Popolazione. Movimente délia stato civile nell' anno 1866. Firenze, 1868, in-fol.
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429. A. J. Du Pays. Itinéraire descriptif, historique et artistique de l'Italie et de la Sicile. 5* édition, revue et considérablement augmentée.... Paris, 1869, petit in-8, LXvm-675 pages, avec cartes et fig. (l\ 2, Italie du Sud.)
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