FRANCE. GAULE
[ue. L'auteur, si sévère pour beaucoup de conjectures de ses vanciers, n'a pas toujours évité lui-même les assertions bardées, les interprétations qu'on peut dire arbitraires. D'un tre côté, la forme de l'ouvrage laisse à désirer, non pour le m général, la méthode de Tensemble, mais pour Pordonnce partielle de plus d'un chapitre. Enfin, pour la langue, le ^le, la correction, le goût, une sévère et dernière révision dût pas été inutile. Ce sont là, dit-on, des qualités accessoires . matière d'érudition : dans de certaines bornes, je le veux en. Aussi peut-il arriver à l'Académie de pousser assez loin ndulgence à cet égard, mais toutefois sans qu'elle oublie jaais les belles et bonnes traditions de l'érudition française, ,ns qu'elle oublie surtout combien importent à ce genre d'éits, dans l'intérêt de la science même, la clarté, autant que comporte le sujet, et la précision, et, dans Tintérèt des lecurs et par conséquent de la propagation dé la science, sinon ujours l'élégance (tout genre d'écrits a cependant la sienne), L moins la correcte et sobre aisance. »
Nous avons mentionné (ci-dessus, N. 647} un rapport de [. de Longuemar, à la société des Antiquaires de TOuest, ir un mémoire de M. de Matty relatif à l'établissement m voies romaines; nous croyons devoir citer un ou deux issages de ce rapport:
Dès le début de sa longue étude, notre honorable collègue
ctifie de la sorte les erreurs principales accréditées par les
tiéologues au sujet des voies romaines : ^ Les voies ne cheminaient en ligne droite sur des espaces
^dus que dans des circonstances exceptionnelles, par exem-
quand elles traversaient des plaines unies et loin de tout
tre populeux. Dans tous les autres cas, leur tracé était in-
iucé par les dispositions du sol et le besoin d'assurer l'accès
villes ou localités importantes à portée de leur direction
lérale.
>ur ce point, il y a accord parfait entre M. de Matty et les héologues de l'Yonne. M. de Matty indique une raison péaptoire pour que leur tracé ne fût pas rigoureusement et ' de grands développements en ligne droite : c'est que ces es, rapidement exécutées par tronçons dans toute leur Ion-
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gueur, étaient massiyées par des ateliers cheminaDt à la rencontre les uns des autres, sur un sol généralement inégal et dans des contrées dont il n'existait évidemment aucuns plans topographiques détaillés, sur lesquels les ingénieurs romains auraient pu à Tavance tracer régulièrement leurs chaussées, -* I»e là ces brisements fréquents des voies romaines, et le raccordement de leurs diverses parties par des courbes à petit rayon ou sous des angles assez prononcés.
2" Une seconde opinion préconçue et trop généralement appliquée, c^est que les Romains, pour établir leurs voies, ne re»culaient devant aucun labeur, si gigantesque qu'il fût; eiiuQ mot, qu'ils tranchaient les colUnes et élevaient dans les vallées de puissantes chaussées pour diminuer la difficulté du parcours de ces voies.
Rien n'est plus opposé aux faits d'observation rapportés par M. de Matty dans son étudo spéciale sur la voie de Besançon à Langres.
Les constructeurs romains se contentaient seulement, pour toute tranchée y d'atteindre le sous-sol solide en enlevant les parties meubles et molles de la superficie, qui eussent été une base peu solide pour le massif des voies, et de les remplacer par cette couche de pierres sèches dite fondation, en corr^g^eant ainsi la déclivité du sol naturel dans la largeur de la voie, afin d'offrir au massif de la chaussée une basegrésistanto ethori«< zontale dans ce sens seulement. Pour le surplus, la voie soi» vait les ondulations du terrain jusqu'à présenter des inclinaisons très-fortes, qui, en moyenne, atteignent 0°> 06 par mètre, d'après les relevés de M. de Matly, et môme jusqu'à 0» 10. Ces inclinaisons, du reste, n'offraient pas de grands inconvénients, en raison de la légèreté relative des chariots galltHt)mains qui parcouraient ces voies» et surtout par cette considé" ration que les transports étaient en grande partie faits à dos dQ bêtes de somme.
3» Les voies romaines n'avaient pas, à beaucoup près, lala^ geur exagérée de 20 à 30™ que leur assignent quelques archéologues. Avec les trottoirs des piétons {margines), les voies les plus complètes ne devaient pas excéder 10°^. Quant à la chaussée proprement dite, les coupes de M. de Matty ne lui donnent pas au delà de 4°^, largeur suffisante pour que deux chariots romains, dont la voie était plus étroite que la nôtre, pussent aisément se croiser.
L'homogénéité n'existait nulle part dans la construction du