‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 222 sur 249 · GÉOGRAPHIE CLASSIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE CLASSIQUE

3ureu8e du manuscrit original qui se conserve à Vienne^ sont les commentaires, Içs additions diverses, en nn t tout le travail accessoire qu'y joint le savant éditeur dessus, n* 710).

A. Desjardins rend compte en ces termes des circonices qui l'ont conduit à entreprendre cette tâche laboise, — et nous ajouterons singulièrement méritoire: il. Alfred Maury, pendant un séjour qu'il fit à Vienne mois d'août 1862, eut l'occasion de comparer l'édition Mannert avec l'original pour ce qui concerne la Gaule, il put relever, à la hâte, un certain nombre d'inezactiles dans les segments 1 et 2 de l'édition allemande. Le ultat de cette enquête fut consigné dans un article de Revue archéologique de Paris (janvier 1864), et l'éveil donné sur la prétendue exactitude de cette édition, que monde savant était accoutumé à considérer comme un pe de l'original. C'est donc à M. Maury que je dois ée première de mon travail ; car les erreurs qu'il avait Qalées dans une partie de la table me donnèrent natulement à penser que les autres segments de Scheyb et Mannert n'en étaient pas exempts, et je résolus d'entrendre la révision complète de Tune et de l'autre édition ' les onze feuilles de la carte manuscrite, c Je commençai cette collation en 1867, lors d'unpre- )r séjour que je fis à Vienne en revenant des bouches du nube, où je m'étais rendu avec une mission de M. le nistre des travaux publics. En examinant sur l'original régions que je venais d'étudier sur place, mon attention portée tout d'abord sur une des erreurs les plus graves î puisse commettre l'éditeur d'un fac-similé. Personne gnore de quelle importance sont, en géographie com- *ée, les changements que le cours des siècles amène dans atterri ssements formés aux embouchures des fleuves de \ mers intérieures, quel intérêt nous avons surtout à conttre le nombre de leurs estuaires à une époque ancienne

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^ttrmiiiée. On m% qu'uigoqrd'hm le Pimnhi m % tpw. Sur 1% foi de réditipi» M<M[mert, j'^^vais cr« «n'ai tempe 4e l'Sknpire romam il en avait q^atre^ La oai^e orig^Mle en offre six. Une infidélité aussi grave, noA plua da^a la Iranaefiptien des noms, mais dana 1^ deselii même» me 8t Ojampren4re d'abord que ce n'était ni un calque pi nn faoounib que nova avions entre les mains ; je vos. mis dpne immédiatement en devoir de préparer une nonveUQ édition de ce 4o* cument, et je profitai de mop séjour 1^ Vienne ponr ftire une révision attentive dea segments 4a Ma^nert anr le travail du moine de Golmar. >

M. Defgardine, parmi les omissions et lee erreuie graves qui entachent l'éditiez de Sobeyb (reproduite plua tard avec le non) de Mannert), cite la suivi^nte ;

L'édition de Mannert nous montre sur la carte OotnaUa, à gauche de Cose(jUa^ commQ n*étant rattachée ^ cette, df^fnièn ville par aucune voie. On ne savait donc à quelle direction rapporter le chiffre de xxviiii lieues gauloises (équivalant à 64k.() qui se trouve inscrit à côté de ce nom. De là vient que les uns ont porté Coriallum à Cherbourg, comme Walckenaer; d'autres à Brest, eomme Sprûner et Menke ; e^ à Gro^oa, au and de Brestt dans le Finistère, comice le savant Ùkert ; d'antrea à Test de Cherbourg, comme le colonel Lapie ; d'autres encore à la Hague, comme le capitaine de frégate de H ostaing. Quelquesuns enfin, ne sachant à quel parti s*arrôter, n'ont pas osé lui donner une position ; c'est ainsi que la Commission de topogntphie deii Gaules A'a pas inscrit ce x^om aur sa graqde carte en quatre feuilles. Or, U existe sur le manuscrit de Vieqne un tracé de voie parfaitement visible et reliant CoriaUo à Cosediq, que l'on s'accorde généralement à identifier avec Constantia (Goutanoes) ; il en résulte donc que Corialh ou Coriaihim doit être cherché, de toute certitude, dans le nord du départefuent 4e la liianche et nou en Bretagne, et que cette loc^ité se t^^ouvait très- probablement à 6^k. {) de Coulances. Il est juste d'inouter que ce tracé figure dans les plus anciennes éditions, môme dans les deux Schedae publiées à Venise, chez les Aides, par Mare Welser dès Tannée 1591', et qu'il a été reproduit dans las enivres suivants jusqu'en 175a. Cet exemple et bei^vçQiip d'^iitrt*

^'àçe qiie cette nouvelle édition soit achevée, les anciei^es stionis de la Table, quoique souvent fautives, qui figurent les ouvrages de Bertz, de Welser, de Hom, de Jansaon et )rgier, de préférence à Fédition de Mannerl, et surtout à de Scheyh, la plus ine:(^çte de toutes. A 9ie^ jfWLy Ifi e^ire éçiit\oi^ <}u'on s^it donuée jusqu^ici de la Table de nger est encore la première, c'est-à-dire celle qui fût ïek Anvers, en 1598, par Jean Moret, d'après le dessin de Moller.

ûoi le plan que M. firaest Desjardûui s'Mt traoé powr iblioation de la Table et pour les tri^vaui «caef^^OÛNf y fi joints :

i carte sera publiée dans Iq9 dim^sioBi «odiiM ^ jscrit original, et coxpms celuir^ part^géç ep opx^ les ou segmente; on y reproduira mteie, au mo^yen 4<P romo-lidiograpbie, le ton qa# présentent le^ feuiUos .anuscrit.

le introduetion de l'éditeur traitera: r de rbîstorigu^ lonument, c'est-àrdire de l'origine première non pAS ment du manuscrit, mais de la carte ancienne ^qjûX c^ i&crit n -es t que la copie . On montrer]^ len lulditioiis qui ai\t hi cette carte, les traipisformations qu'elle n «ubies ci(h son plus ancien cfre^^^manl jusqu'au treizième «iècle, oji été prêtée dans la forme que nous lui voyons aujpuiv , et la destinée de ce manuscrit; on examinera eufin iblications qui en ont été feitee, depuis celle de Weleer l) qui ouvre la liste, jusqu'à oelle de^Mannert (199fc) I tern\ine. L^éditeur rechercbera enfin quelle exptîcal'état actuel de la soienee permet de donner çle ce ment.

éditeur a jugé non moins utile d'accompagner ces cmv- 3 deux tables: la première, qu'il appelle table de délemerU^ suivra l'ordre géographique et donnera tous oms qui figurent dans les onze segments, avec l'or^l^fH le de Toriginal, les diverses lectures des éditions pré-

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cédentes, le redressement justifié de ces noms si souvent défigurés par le moine 4e Colmar/ puis le dépouillement géographique de tous les auteurs ancienst de toutes les inscriptions et de toutes les médailles qui nous ont conservé la mention de chacun de ces noms, puis les transformations que ces noms ont subies à travers le moyen âge (d'après les documents tant diplomatiques que numismatiques), pour arriver à la physionomie qu'ils ont reçue dans les temps modernes; enfin l'identification de ces noms de la Table avec ceux des localités modernes correspondantes, lorsque cette identification est certaine. Lorsqu'elle ne Test pas, on rapportera les opinions des géographes les plus autoriséSi depuis les Ortels, Jes Welser, les Cluvier, les Valois, les Gellarius, les d'Anville, les Durandi, jusqu'aux travaux plus récents de Eatancsîch, de Mannert, dTkert, de Fo^ biger, de Walckenaer et de la Commission de topographie des Gaules; sans omettre, bien entendu, les mémoires consignés dans les grands recueils académiques, dans les re« vues ou bulletins d'archéologie et de géographie; sans négliger enfin les informations locales, si nombreuses et si précieuses souvent, que Ton peut tirer des publications de la province et des diverses localités de l'Europe ùh. ces sortes de travaux sont en honneur. « Je compte ne prendre part directement à ces discussions, ajoute trop modeste» ment. M. Desjardins, qu'autant que mes voyages ou mes travaux personnels m'auront pennis d'apporter des documents nouveaux dans le débat. »

Une seconde Table, suivant Tordre alphabétique, donnera de nouveau tous les noms de la carte originale avec des naméros de renvoi aux planches et au texte de la table de di^ pouiUement.

Enfin, il a paru qu'il ne serait pas sans utilité pour le commun usage que cette nouvelle édition renfermât encore deux cartes de redressementj construites d'après les proc^ lés modernes. L'une de ces cartes comprendra le

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ict des pays, avec le réseau des routes et tous les noms scrits dans la carte originale, mais à leur place, avec leur bhographe rectifiée, et identifiés autant que possible aux ms modernes correspondants.

L'autre carte, dressée à une échelle beaucoup plus pelite, comprendra que les contours des mêmes contrées avec > nomades régions et des peuples. Son objet sera de gager de Tensemble tout un système géographique que . Desjardins regarde comme distinct et antérieur au tracé s voies.

Nous n'avons rien à ajouter à un pareil programme, ce n'est qu'il est rempli avec l'érudition la plus conscienmse. Six livraisons parues en moins d'une année témoient à la fois de l'activité de l'éditeur et du prodigieux laur qu'exige une tâche ainsi conçue. Chaque nom de la rte est l'objet d'un commentaire , et il est tel de ces mmentaires qui renferme les éléments d'un véritable médire.

b. Le Monument d^Ancyre.

La 2à' livraison du Voyage archéologique en Galatie de M. Georges Perrot et Guillaume, qui a paru il y a quelesmois (Y. ci-dessus, p. 495, n** 702), est une des plusimrtantes de cette grande publication ; elle renferme le texte it entier, traduit en français par M. Perrot, du Testamt politique d'Auguste : dénomination consacrée sous }uelle, comme on sait, on a désigné la célèbre inscription . le glorieux fondateur de l'Empire romain expose les its dominants et les actes de son règne. Cette page présuse de l'ancienne histoire est d'un grand intérêt, en usieurs de ses parties, pour l'histoire géographique du onde Romain. En renvoyant nos lecteurs au texte bilinle de l'inscription et à la traduction complète du sa-

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yant oxplorfi^ur, ain^i qu'au pjrofond coimni^t^e que M. Mojumsen, Tépigraphiste de Berlin, en ^ 4wn^ 4éj^ il y a quatre ans sous le titre de Res gest^i Divini. A,Ufgu9ti ex Monumento Ancyrano (V. YAnnée géogr. t. IV„ p. 48^, n"" 600), nous croyons devoir consigner ici les paragraphes de l'inscription qui touchent aux guerres et aux acquisitions extérieures de l'flmpire à cette grande époque réparatrice de rhistoire de Rome. Les passages qui nouç. tQuchept particulièrement commeacent avec le § 26, et se continuent jusqu'au 33*.

XXVI. Toutes les provinces du peuple romaii\ q\ii tpuchaieiit à des nations non encore soumises à notre empjir^ put vu reculer par moi leurs limites. Les provinces de Gaule et cl'Espagne, du côté où les baigne TOcéan, je les ai pacifiées, de Gadès jusqu'à Pembouchure de l'Elbe. Les Alpes, depuis le lerritone voisin de TAdriatiquo jusqu'à la mer Tyrrhénienne, ont été ajoutées par moi à l'empire, sans que j'aie jamais fait ii^i^stement la guerre à aucun peuple. Par mon ordre, le comman* dant de la flotte, partant de l'embouchure du Rhin, a navigué vers rOrient jusqu'à.... dans une région où aucun Romain n'était encore parvenu ni par terre ni par mer. Les Cimbres, les Charydes, les Scmnons, et d'autres peuplades germaniques de cette même contrée, ont, par des ambassadeurs, sollicité mon amitié et celle du peuple romain. Par mon ordre et aous mes auspices, deux armées ont été conduites à peu près en même temps en Ethiopie et dans l'Arabie qu'on appelle Heureuse. Les deux peuples que nous attaquions ont éprouvé des pertes cruelles sur le champ de bataille, et nous )eur avoua ù^i un grand nombre de prisonniers. £n Ethiopie les armes romaines furent portées jusqu'à la ville de Nabata, qui est toute proche de Méroé. En Arabie l'armée pénétra jusqu'aux frontières des Sabéens, jusqu'à la ville de Mariba.

XXVII. J'ai ajouté l'Egypte à Tempire du peuple romain. La Grande Arménie, après la mort de son roi Artaxias, je pouv^ en faire une province ; j'ai préféré, suivant l'exemple de nos ancêtres, transférer ce royaume à Tigrane, fils d'Artavasdès, petit-fils du roi Tigrane, et j'ai chargé de ce soin Tib. Nero, qui n'était encore que mon beau-fils. Quand ensuite cette même nation s'agita et «e révolta, elle fut 49mpté^ par iff^i^ fus

1 99i il09 M^9s Avtat)4kze, e^ ^près «a v^T^^ à 9^ 0J[^ ^JT* K^ Qe dcfT^w nyaB^ été tué, j'w a^vç^yé d^s^ FQ^a^p^^ f^ is^u 4y s%ng ^^ roj^ arméft^ena. TP^tes les pr^yiuc^i^ A AB 4^1^ ^9 la mer Adri^.^ique du côté 4e rOrient, ^}^^ \ Cyrépjilque, {^v^iient été ea graade partie ^pdciuu^^ ïk ^i? étr^^Qgeii; je les ai reprises, cpiume j'avais ^ait aup^r t \9^ Sicile e( la Siards^gu?, qu'une gu^^Pfe servile ^y^t lées de l'empire,

9IU. J'ai étftUi en Afrique, ^ SicUe, çu Macédoipe, dans aux Ëspjtguee, en Acbale, en Aaie, en Syrie, 4^Qi^ \^ Narbennaisa, en Pisidie, des colonies militaires. Quaut ^ 3, elle possède vingt-l^ui^eplonie^ de même nature f^dée^ ^oi, et qui, 4e mon viyapi, ont é^é tr^pwpl^?^ rt trjffrr lantes.

IX. Un grand nombre d'enseignes romaines perdues par :es généraux, je les ai reprises sur les Espagnols, les •1.9 et )çs Oalm^^^^s, après ^vpir vaUiç.u le^ e^ÇQi^s qui ^'en it emparés. J'ai forcé îes Parihes à rendre les dépouilles 3 drapeaux de trois armées romaines, et à demander, en iants, Tamitié du peuple romain. Toutes ces enseignes, je i déposées dans le temple de Mars Vengeur.

X. Les n^tioni^ panuonienues, chez lesquelles, av^nt mon ip^i^t, aucune armée romaine n'avait pénétré, opt été vainpar Tib. Néron, qui était alors mon beau-fils et mon ; je les ai soumises à l'empire romain, et j'ai reculé les iu de la province d'Illyrie jusqu'au Danube. Une armée de 1,^ qui avait frs^nchi cette liipite, a ^té, sous qies ausp^ces^, e et paillée eu pièces; jjlu^t^r^ p^qu arn^ée^ conduite au de ce fleuve, a contraint les peuples de la Dacie à se sou- 'e aux ordres du peuple romain.

XI. Des ambassades mV)nt été souvent envoyées de l'Inde es rois de ce pays; jamais jusqu'alors on n'en avait vu i^ d'^UCUU çti^f dei^ I\pmain8. P^r ^a voix de leurs députés, astarnes, les Scythes et les rois de Sarmates qui habitent 3çà du Tanaïs, com.rae de ceux qui habitent au delà, les des Albanes, des Hibères et des Mèdes, m'ont demandé tié du peuple romain.

;mi. @Qnt venus se réfugier auprès de moi, en suppliants, oi^ 4^ Partîmes, Tiridate, et ensuite Pl^raate,fils du roi ate, le roi des Mèdes Artavaédès, le roi des Albanes, Arrès; les rois deç Bretons Dumnobellaunus et Tim..., des

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Sugambres, Mœlo, des Marcomans et des Suèves, plusieurs autres chefs. Le roi des Parthes, Phraate, fils d'Orodès, a envoyé près de moi, en Italie, tous ses fils et petits-fils, non pas à la suite d'une défaite, mais afin d'obtenir notre amitié au moyen de ces gages pris dans sa propre famille. Sons mon principat, beaucoup d'autres nations qui n'avaient jamais eu avec le peuple romain aucune relation diplomatique , aucun commerce d'amitié, ont fait l'épreuve de notre loyauté.

XXXIII. C'est à moi que se sont adressés les Parthes et les Mèdes.par la bouche des principaux personnages delear nation, envoyés vers moi comme ambassadeurs, afin d'obtenir pour rois, les Parthes , Vonoiiès , fils du roi Phraate, petit-fils da roi Orodès, et les Mèdes Âriobarzane, fils du roi Artavasde, petit-fils du roi Ariobarzane, et ils les ont reçus de mes mains.

c. Sur les anciennes langues de Titalie et la parenté indo-«iiropéeiiiM

de rétmsque.

De cette période du monde ancien que nous pouvons contempler à la pleine lumière des monuments et de la critique, d'autres travaux nous font remonter aux époques obscures de l'origine des peuples. Deux ouvrages de natnre très- différente, publiés depuis quelques années , ont été pour M. Alfred Maury l'occasion de reprendre à fond, au point où la science les a conduites, les questions qui touchent à la filiation originaire des principales nations de l'Earope primitive. Ce travail du docte académicien forme plusieurs articles du Journal des savants , où nous sommes heureux de voir enfin appelé un digne interprète des sciences géographiques, qui depuis si longtemps n'y étaient plus représentées.

Parmi ces problèmes toujours si difficiles et si complexes des origines ethnologiques, un des plus obscurs est celui des Etrusques. M. Maury en avait fait déjà l'objet d'une étude spéciale dans un travail communiqué, il y a douze ans, à l'Académie des inscriptions; le Recueil des

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