Ci-deasus, p. 64t
568 NIÎCROLOGIE.
suite des yoyages aux Oasis d^gypte, et comme la première relation elle parut (en 1823) dans le format in-folio.
Cailliaud était resté dans le pays pour suivre l'expédition armée que Méhémet-Ali allait envoyer dans la Haute-Nubie sous les ordres de son fils aîné Ismall-Bey. Une recherche d'un grand intérêt, celle de l'emplacement de Méroé, avait été particulièrement recommandée à Cailliaud ; il fut assex heureux pour retrouver ce site, et il le retrouva sur le point même où notre grand géographe d'Anville Pavait indiqué d'après la combinaison des données anciennes. Cette découverte n'en est pas moins restée le principal titre de gloire du voyageur. Il s'avança fort loin encore au delà de Méroé, et atteignit le Fazokl, en remontant le Bahr el-Azrek ou Fleuve-Bleu jusqu'au 10* degré de latitude. Aucun Européen n'était encore allé aussi avant dans les hautes contrées de la Nubie. Après le meurtre d'IsmaU-Beyi Cailliaud revint en France. Formé par ses voyages mômes et désormais en état de se passer dUntroducteur auprès du monde savant, ce fut lui-même cette fois qui publia sa relation, dont l'importance géographique dépasse de beaucoup celle des courses aux Oasis. Cette troisième relation est dans le format in-octavo ; mais elle est accompagnée d'un atlas ^rand in-folio en deux parties, l'une pour l'histoire naturelle et la partie pittoresque, l'autre pour la géographie. La carte du cours du Nil et du Fleuve-Bleu en 10 feuilles, depuis Syène jusqu'au Faxokl, fondée sur les reconnaissances de Cailliaud et de son compagnon Letorzec, et sur les déterminations de latitude de ce dernier, est encore la base principale de cette partie de la carte d'Afrique.
M. Cailliaud, de retour dans sa ville natale, avait reçu pour récompense dé ses travaux d'explorateur la croix de la Légion d'honneur et les fonctions de conservateur du musée de Nantes. Voici l'indication bibliographique de ses publications : Voyage à Poasis de Thèbes (publié par M. Jomard), 2 parties in-fo, 1821. — .Voyage à l'oasis de Syouah (publié par le môme éditeur), in-f , 1823. — Voyage à Méroé^ au fleuve Blanc^ etc., Paris, 1823-26, k vol. in-8^ et atlas in-f<». — Recherches sur les arts et métiers^ les usages de la vie civile et domestique des anciens peuples de V Egypte^ de la Nubie et de V Ethiopie, etc. Paris, 1831-37, in-4, texte et pi. {Notice de Vapereau modifiée et complétée).
Charmoy (François-Bernard), orientaliste, mort au commen-
Il de 1869. C'était un élève de M. de Saçy. Gelni-ci; lié en 1817 par le ministre de Pinstruction publique de e sur un choix de personnes capables de fonder à Saint- •bourg l'étude des langues orientales, désigna M. Gharpour le persan et le turc. M. Ghannoy y apporta, en effet, mconrs utile. En dehors de sa carrière de professeur, il liqoa à Fétude des sources de l'histoire des Mongols et de aire de la Russie au moyen âge. 11 donna, en 1839, à lémie de Saint-Pétersbourg, un mémoire intitulé : Relation uoudff et d'autres auteurs musulmans sur les anciens Slaves. pages des Mém. de l'acad., in-d.) C'est un pendant du sa* travail de M. Fraehn sur les Slaves et les anciens Russes Ibn-Fdtlan et d'autres relations arabes, sans avoir tout à I môme valeur critique. M. Charmoy s'était aussi appliqué langue et à l'histoire des Kurdes, et il avait entrepris la ction d'une histoire de cette nation écrite par Ghérefi un de ses princes. Depuis longtemps il avait quitté la ie pour raison de santé, et il s'était retiré dans le Midi de ance. C'est là qu'il est mort à l'âge de soixante-quinze ans. lait de publier depuis quelques mois à peine le premier ne de sa traduction de Chéref-eddin^, qui ne renferme le introduction ethnographique et géographique, tirée en i des sources nationales, en partie des voyageurs euro- I, avec un immense développement de notes (sous forme andice), où il y a une grande dépense d'érudition spémais qui auraient gagné à être resserrées. J'ignore si la letiOD de l'histoire elle-même verra maintenant le jour.
RORDiàu (Benoit- Henri), ingénieur-hydrographe en chef» 8 avril 1805 à Paris, mort le 1*' mars 1869, dans la même Fit le tour du monde de 1835 à 1837, sur la corvette la (9, et travailla en 1838, sous M. Beautemps-Beaupré, au des côtes de France. Collabora depuis aux Mémoires hy- 'aphiques et aux Annales hydrographiques, publiés par le t de la Marine, et a attaché son nom à un grand nombre artes publiées par cet établissement. Membre du Bureau •ongitudes depuis 1865.
llfus-Gros (Auguste), voyageur géologue, né au Havre le ars 1840, mort dans la même ville le 3 juillet dernier. Âu-
U-desstts, p. 316, n* 361.
570 NÉCROLOOIB.
guste DoUfus était fils d'an des principaux armateurs du Hafre; mais sa famille était une branche des Dolifus d'Alsace, si haut placés par leur position industrielle, par leurs sentiments philanthropiques, et par les encouragements considérables que la science a reçus de plusieurs d'entre eux. Le jeune Dolifus avait reçu une éducation pratique bien rare dans nos habitudes sédentaires; de très-bonne heure son père l'avait associé aux voyages que chaque année il se plaisait à faire dans quelque partie de l'Europe. Aussi, à dix-huit ans, Auguste Dolifus parlait et écrivait quatre langues étrangères, l'anglais, rallemand, l'espagnol et l'italien. Au milieu de ces courses, la géologie était restée l'étude favorite du jeune homme; aussi vint-il à Paris suivre les cours de l'École des Mines. Dans le même temps, Auguste Dolifus, libre et riche, consacrait ses soirées à faire des cours gratuits aux ouvriers du faubourg Saint-Antoinoi exemple rare et bien méritoire au milieu de l'atmosphère do désorganisation morale qui nous enveloppe.
Après la constitution de la Commission scientifique du Mexique, Auguste Dolifus réclama l'honneur de faire à ses firais partie des voyageurs qui allaient entreprendre, sous les auspices et avec les instructions de la Commission, Texploration de la vaste contrée comprise entre le golfe du Mexique et l'Ooéan. Malgré les difficultés locales qui se présentèrent, de belles études furent accomplies dès le début de la campagne, notamment une magnifique coupe géologique de la route de TMft* Cruz à Mexico '• De compagnie avec M. de Mont-Serrat, Aa«> guste Dolifus gagna par mer le Guatemala en avril 1866; et leur étude géographique, ethnographique et géologique de cette extrémité septentrionale de l'isthme américain a fourni les matériaux d'un remarquable volume qui restera un des plus précieux des publications de la Commission '.
c Pour quiconque a vu de près l'Amérique Centrale, a dit M. Marcou, le travail de Dolifus est l'œuvre d'un géant; géant de persévérance, géant de bravoure personnelle, géant de dévouement à ia science. C'est plus que de la témérité, mais bien un subUme sacrifice, que d'avoir osé explorer ime partie quel^ conque de TAmérique Centrale pendant les mois de mai, juin.