GRANDES COMMUNICATIONS DE L'ASIE CENTRALE
Les observatioiis astronomiques de M. Johnson à Htcht, mettent cette vîIIq par 37^8' de latitude, et 79^25' £, du méridien de Greeni^rioh (77^4'50''£. de Parie. Voy, notre précédent ¥olame, p. 207).
S 7* Le eolonel Rawlinfloo, sar les routes de eommerpe entre
rinde et le Turkestan.
Le colonel Rawlinson a lu Jl la séance de rentrée de la Société de gédgraphie de Londres, le 9 novembre dernier (1868), un mémoire important sur les routes nouvellement signalées entre l'Lude et les nouvelles possessions russes du Turkestan, à travers les hautes régions de l'Asie centrale. Qe travail ne sera pas imprimé avant un an au plus tôt dans le Journal de la Société. Mais nous en trouvons dans VAthenteum de Londres une analyse très-probablement rédigée par l'auteur lui-même ; nous nous empressons de Ja reproduire ici.
La grande chaîne des monts Karakoroum, prolongation orientale de rHiadou-koûch, avait été regardée jusqu^à présent comme un obstacle à peu près insurmontable aux relations de commerce entre Plnde et les contrées populeuses de l'Asie centrale ; on a montré récemment qu'elle est praticable, même pour des chameaux chargés. A partir de Lèb, dans le Petit Tibet, la route indiquée, au lieu de monter droit au nord pour gravir la passe de Karakoroum, prend une direction orientale. Elle laisse à droite l'extrémité nord-ouest du lac de Pangong, remonte la vallée du Tchang-tchèn-mo, gagne la rivière Karakàch, et de là, suivant le cours de cette rivière, touche à Skadoula pour atteindre litchi dans le Rhotan, et de là Yarkand*. Cette route a été dernièrement décrite par M. Douglas Forsyth, et elle avait été déjà indiquée par M. Johnson, du corps des ingénieurs de
1. On suit les étapes de cette route nouvelle sur la carte qui accompagne la relation du voyage à Khotan de M. Johnson, dans le XXXVII* volume du Journal de la Société de géographie de Londres.
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rinde, en 1861. Ce dernier, lorsqu'il franchit le Kouèn-loun, entendit parler d'une autre route encore plus orientale par le Tchang-lîiang, d'où Ton peut se rendre à Lèh môme en chariot.
Les populations du Turkestan oriental, depuis qu'elles ont secoué le joug de la Chine, cherchent de nouveaux débouchés pour le commerce. Actuellement le thé doit suivre, pour arriver chez eux, une route de 5000 milles (par Bombay, Bokhara et Kokand), tandis que si la route qui a été décrite était ouverte au commerce, elle nécessiterait seulement un voyage de 500 milles.
M. Hayward, qui voyage sous les auspices de la Société royale de Géographie, a récemment envoyé à Londres la copie d'un itinéraire obtenu d'un marchand de Yarkand, qui s'était rendu de Yarkand à Djélalabad et à Peïchavèr par les steppes de Pamir, les sources de l'Oxus et la passe de Tchitral. C'est la première information que nous ayons eue sur cette route depuis le voyage de Benedict Goez dans le seizième siècle, voyage dont les géographes, et le colonel Yule lui-même dans son Cathay and iheway thither, avaient tiré peu de parti, mais qui devient à présent tout à fait intelligible. C'est la route que Marco Polo a décrite*. Deux cols de médiocre altitude se trouvent entre Yarkand et la steppe de Pamir ; la troisième passe, qui est plus élevée (celle de Tchitral), est praticable pour les voitures durant neuf mois de l'année. M. Rawlinson lui-même, lorsqu'il se trouvait à Djélalabad il y a vingt-six ans, remonta dans une certaine étendue la vallée de Tchitral, laquelle s'ouvre vers la rivière de Kaboul où on la nomme t la Porte du Turkestan, » comme elle l'est en effet.
1. « Et que Ptolémée avait mentionnée d'après Marin de Tyr, * ajoute le colonel Rawlinson. Ce rapprochement est pour le moins très-douteux. Il est infiniment plus probable que la route des caravanes de la Sérique, notée par Marin de Tyr, passait beaucoup plus au nord par les plaines de la Boukharie et la vallée du Jaxartes.
TIBET. ^û9
(Suite.)
86. Capt. T. G. Montgomerie, R. E. Report on the trans-hima<» layan explorations in connexion with the great trigonometrical survey of India, during 1865-67. Dehra-Doon^ 1867, in- 4", 96 p.
— Route survey from British India into Great Tibet through theLbasa territories^ and along tbe upper course of tbe Brabmaputra River, or Nari-chu-Sangpo, made by Pundit *** and compiled from the original materials by Capt T. G. Montgo- MERiE. Great trigonometrical Survey of India office, Dehra- Doon, déc. U'67, 1 feuille (au lOOOOÛO*).
87. Reisen und Aufnamen zweier Punditen in Tibet, 1865-66. Mittheilungen de Petermanii, 1868, n*** 7 et 8, juilletraoût, p. 233-243, 276-290, avec une carte au 2000000*.
Ex^ts et traduction analytique de la publication, texte et carte, du capitaine Montgomerie.
Un extrait analytique beaucoup moins étendu (et sans carte) a été donné dans les Procetdings de la Société de Géographie de Londres (vol. 13, n* 3, p. 146-164); mais avec cet extrait se trouve une intéressante discussion (p. 164-173) à la suite de cette lecture au sein de la Société. Nous reviendrons tout à l'heure sur les importants documents fournis à la science par le voyage de l'ingénieur Johnson à Khotan, et par les explorations tibétaines des deux pandits ou lettrés hindous.
88. Le P. DES GoDiNS, missionnaire catholique. Renseignements sur le Tibet; lettre écrite de Gumra, frontière du Tibet, le 19 déc. 1866. Les Missimis catholiques^ n*» 12 et 13, sept. 1868.
% l**. L'exploration scientifique du Tibet. Première tentative et premiers jalons. Voyages de deux pandits ou docteurs hindous, instruits dans les écoles anglaises. Lhassa et le Brahmapontra.
Depuis longtemps les Anglais et les Russes se partagent la t&che assez vaste des explorations de TAsie intérieure.
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Ce que les uns font au nord et à Touest du Grand Plateau central^ les autres le font au sud. Quelle part, dans cette lutte de découvertes, revient à la rivalité politique ou commerciale, quelle part à T émulation scientifique, nous n'avons pas à le rechercher; toujours est-il que dans leur marche simultanée, les deux grandes puissances se rapprochent de jour en jour, qu'aujourd'hui il n'y a plus entre
I elles que la largeur du Turkestan chinois, — un intervalle de huit à dix journées, — et que bientôt elles vont se donner la main, — une main amie, nous l'espérons, — pardessus les grandes montagnes qui séparent l'Oxus du Sindh, les eaux du Nord des eaux du Sud, le domaine
- russe du domaine anglais. Les événements qui depuis 1849 ont annexé le Pendjab à l'empire britannique et fait du- roi de Eachniîr un allié soumis, en prolongeant au Nord-Ouest les opérations de la grande triangulation de rinde, ont conduit les ingénieurs anglais aux dernières limites du bassin de l'Indus, là où elles confinent aux crêtes inexplorées de THindou-koûch et aux plateaux de la Tàr« tarie, en même temps que la campagne récente dia âoutan nmaiiait i'attentioB vers le Tibet, cette autre terre jusqu'à présent fermée aux Européens.
Les eoBvoitises de la science se sont éteillées; mais elles sont ici difficiles à satisfaire. Dans le Tibet, de même que dans les eoulrêes musulmanes de la Haute^Asie, la présence des Européens, des Anglais surtout, excite une défiance plus ou moins justifiée. Un des frères Schlagintweit en a bit à Tarkand, il y a onze ans, la toiste expérience.
D*iut autre edté, on sait que les Asiatiques, même ceux qui relèvent du gouvernement britannique, vont et viennent librement fort loin an delà des fi^ntières anghôses; ils voyagent dans l'Asie centrale et dans riùtêriétl^ du Hbet, soit comme marchands, soit comme simples particuliers, sans empêchement et sans éveiller le soupçon. Plus d'une fois on a eu par ce moyen d'utiles informations sur
des* contrées peu connues. II suffit de rappeler Mir Izzet Oullah, l'auxiliaire du regrettable Moorcroft. Seulement, les Orientaux, ayec leur éducation incomplètCi n'ont ni le coup d'œil| ni le zèle, ni l'esprit d'investigation scientifique des Européens; utiles comme éclaireurs, on n'a jamais eu d'eux une véritable relation dans le sens élevé du mot.
Mais ne pouvait-on pas faire plus? N'était-il pas possible de donnera quelques indigènes une éducation véritablement scientifique, d'en former de vrais observateurs?
Cette pensée fut soumise en 1861 au gouvernement colonial de Calcutta, et elle parut parfaitement réalisable.
Deux pandits ou brahmanes lettrés, originaires d'une des vallées de l'Himalaya, se montrèrent on ne peut mieux disposés à recevoir cette éducation européenne. Ils furent attachés à l'état-major de la grande triangulation, afin de les rdhipre à la pratique du métier d'ingénieur. Sous la direction du chef de la triangulation du Nord-Ouest, le capitaine Montgomerie, ils furent bientôt en état de faire les observations astronomiques et physiques qui forment la base d'une reconnaissance scientifique. Il ne s'agissait plus que de leur tracer un bon itinéraire.
Cet itinéraire fut déterminé par le capitaine Montgomerie. n s'agissait, dans ce premier voyage, de relever la route qui descend de Gartokh à Lhassa en suivant la vallée du Tarou-dzang-bo, le grand fleuve du Tibet (qui devient plus bas le Brahmapoutra). Gartokh est un grand centre commercial du Tibet occidental, non loin des sources du Sindh, vers le N. 0. du lac Mansarovar et de la source du Satledj, à un mois de marche à l'ouest de Lhassa. De Lhassa, les voyageurs devaient revenir au Mansarovar par une route plus septentrionale. Le cours du Yarou-dzang-bo n'a été tracé jusqu'à présent sur nos cartes que d'après les documents chinois^, et la position elle-même de Lhassa, laca-