Lam, en tibétain, signifie route
Quoique la maio de fer des autorités tibétaines assure ainsi le service régulier de cette route, il faut avoir présente à la pensée la grande élévation à laquelle elle «se trouve pour, se faire une juste idée des difficultés et des fatigues de la marche du pandit. Entre le lac Mansarovar et la lamaserie de Tadoûm, Taititude moyenne de la route au-dessus de la mer doit être de 15 000 pieds (entre 4500 et 4600 met.), presque la hauteur du Mont-Blanc; entre Tadoûm et H'iassa, la moyenne dépasse 4000 mètres. Une seule station descend à 11000 pieds (3353 met.); plusieurs des cols que Ton franchit approchent de 4900 mètres. Les voyageurs ordinaires, avec des animaux chargés, font de deux à cinq marches d'un tardjoum à l'autre ; les messagers spéciaux vont seuls d'un tardjoum à l'autre sans %'arrôter. Le pandit, dans l'intervalle des stations, n'avait pour reposer la nuit qu'une tente grossière ouverte aux vents glacés du plateau tibétain, et plus d'une fois il lui fallut dormir en plein air.
Du lac Mansarovar à Tadoûm (140 milles), il semble que des glaciers ont toujours été en vue du côté du sud; mais rien de très-élevé ne se montrait au nord. Après Tadoûm, sur une étendue de 70 milles, les montagnes au nord et au sud paraissent moins élevées ; enfin, plus loin à l'est, on apercevait au nord une chaîne neigeuse très-élevée qui court de Touest à Test pendant 120 milles, parallèlement au grand fleuve. De H'iassa, on ne voyait plus de montagnes élevées ; celles qui se montrent à rhorizon paraissent toutes à peu près de la même hauteur, et cette hauteur est médiocre au-dessus de la base. Aucune ne garde de neige, même en hiver.
Le tableau des observations de latitude et d'altitude consignées dans le Rapport du capitaine Montgomerie porte le nombre des premières à 39, et celui des secondes à 43. Nous nous bornerons à relever les principales.
Latitude. Altitude.
Pieds angl.
Khatmandoû 27» 41' 28" 4,044
Kirong 28 27 5 9,075
Tadoûm 29 39 21 14,187
Djanglatché 29 8 59 13,580
ChigâUé 29 16 32 11,822
Ghyangtzé 28 55 37 12,895
122 ASIE. (n°» 86-88)
H'Uma 29 39 IT 11,699
Almorah (Kemaoûm) 29 37 32
Srina^ar (Kachn^r) 30 13 10<
Des observations intéressantes furent présentées par plusieurs membres, après la lecture qui fut faite, le 23 mars dernier (1868), de la communication du capitaine Montgotnerie à la Société de Qéographie de Londres'. Le docteur Thomson, à qui la science doit une bonne relation du Ladakh ^, fit remarquer que ce n'est pas le manque d'énergie qui a empêché les voyageurs anglais de pénétrer dans le Tibet, mais la politique défiante de l'administration chinoise qui s'est toujours attachée à leur en fermer l'accès. La longue chaîne de l'Himalaya, depuis le Kachmîr jusqu'au Boutan, a été longtemps indépendante du gouvernement britannique. C'est seulement depuis le commencement du siècle que certaines parties de la zone himâlayenne sont devenues des territoires anglais, et aujourd'hui encore le royaume indigène du Népal, qui embrasse près de la moitié de la chaîne, est un terrain interdit aux Européens. Les Anglais peuvent alleràKathmandoû,la capitale du royaume, et
1 . Ainsi que nous Tavons dit, le pandit n'a pas fait d'observations de longitude. Les longitudes indiquées dans le rapport et qui ont servi de base à la carte, celle de Lhassa, par exemple , sont uniquement déduites des données de l'itinéraire, et conséquemment passibles d'erreurs ou d'incertitudes d'autant plus fortes qu'elles s'éloignent davantage du point de départ. Ainsi ^ le capit. Montgomerie estime que la longitude qu'il attribue à H'iassa (90» 59' 43" E. de Greenw.) peut être entachée de 15' d'erreur. Les latitudes, au contraire, sont sûres & une 1' près. — Les altitudes, calculées sur l'observation du degré d^ébullition de l'eau, sont pareillement passibles du degré d'incertitude que comporte ce mode d^observatioh. On a vu que Taltitude calculée de H'iassa (1 1 699 piedis anglais} péiit être 6n er^ur, en plus ou en moins, de 200 ou 300 pieds.