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GABON

dans réliva de N'Commi, nouvelle lagune qui n'a pas moins de cinq à six milles de largeur. Le grand nombre dalles et même de bancs de sable et de vase qu'on y rencontre ne peut nuire à la navigation.

Cette lagune est alimentée par les eaux de l'Ogovay et par quelques autres petites rivières relativement peu importantes. La principale débouche dans la partie méridionale et porte le nom générique de Remboô (rivière) et celui de Rembo-Tsambey-Ovenga. Ses eaux sont douces et potables. De sa partie supérieure on se rend, disent les naturels, en douze heures de marche à une nouvelle lagune appelée Eliva Zouangué, qui se rapproche souvent beaucoup de Péliva N'Gommi, sans qu'on ait pu découvrir entre elles de communications directes.

Dans tout le pays de Camma, c'est-à-dire sur les bords de la lagune du Femand Vaz et de N'Gommi, le commerce ne se fait, comme au Gabon, que par l'entremise des courtiers; encore ces intermédiaires sont-ils devenus rares par suite des exactions et des entreprises des négriers. Aussi notre présence a*t-elle été accueillie par ces populations avec la plus grande faveur.

Le conmierce consiste actuellement en ivoire, caoutchouc, bois de teinture et bois d'ébène, et aussi en huile de palme. On a constaté en effet, sur les bords de l'Ogovay, l'existence d'un grand nombre de palmiers à huile, fait contesté par les explorations antérieures.

Les chefs indigènes nous voient venir avec joie. La population est alerte, laborieuse, toujours en quôte des produits que recherche l'Européen. Elle est un peu rare au nord de la lagune, plus dense au sud où le sol est plus riche, et où, suivant les renseignements donnés par quelques facteurs, on trouve de magnifiques plaines plantées de palmiers à huile. On ne trouve point chez elle les causes d'appauvrissement de races signalées si fréquemment chez les Pongwés et autres peuplades voisines. On peut dès aujourd'hui espérer que dans un avenir prochain les populations Orougouès et N'Gommi se mettront résolument au travail, et demanderont à l'agriculture et aux produits du sol les bénéfices qu'elles retiraient de la traite des esclaves, qu'elles paraissent abandonner définitivement.

En outre, les négociants qui depuis plusieurs années sont établis sur les bords de la lagune affirment que le pays est sain, ce qu'il faut attribuer au renouvellement continu des eaux, et au peu de largeur de la langue de terre qui sépare la la^ne

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de la mer et permet à la brise du large de pénétrer sans entraves dans Fintérieur.

En un mot, richesse du pays, activité et bienveillanct de là population, facilité de transport, climat, tout invite TËuropéen à venir commercer dans les lagunes du cap Lopez. Q est permis de penser que ce pays deviendra un centre commercial qui ne le cédera peut-être pas au Congo, où s'accuse depuis quatre années un développement remarquable.

$ 3. Un« ezennion dans le sad da Benguéli.

UÂfrique portugaise, dans son immense extension (plus nominale que réelle) d'une côte à l'autre de l'Afrique aua* traie, laisse aussi un vaste champ aux études des Mploim«teurs. Tous n'y feront pas d'immenses percées (^mme Livingstone dans ses deux premiers voyages; mais tons peuvent y faire d'utiles incursions, et remplir un à un les vides sans nombre que présente encore cette partie de la carte. C'est une acquisition de ce genre que Ton doit« dans un des coins du territoire occidental, k la visite d'un de not missionnaires (n° 232). La correspondance de ces homm6% apostoliques a d'habitude un tout autre objet que les reoherches scientifiques; mais M. Duparquet est un bota* niste et un observateur ; sa lettre est instructive et pleine d'intérêt. Son voyage dans le sud du Benguéla avait pour objet de chercher une localité favorable pour y fonder une Mission. Parti de Mossamédès, établissement portugais de fondation nouvelle au delà du 15" degré de lat. S., la petite caravane à laquelle s*était joint le missionnaire se dirige à l'est vers la Sierra de Chelldy à travers le pays des Jfodombès., « Ces Modombès sont des peuples nomades et pasteurs, qui habitent toutes les contrées situées entre la mer et les montagnes de la Chella. Ils ne vivent^ la plnpift^ que de laitage et de fruits sauvages. Lents armes sont les ilèches et la zagde. Ils n'ont pour tout vêtement que deux

morceaux de cuir attaehés à la ceinture. » Le voyageur dë^* crit en ces termes la Sierra de Ghella :

c Ce lieu est peut-être le plus eDchanteur que j*aie rencontré de ma vie. On y jouit d'une température admirablement salubre qui rappelle Madère. Il n'est ni chaud comme Gapangombé, ni froid comme les sommets du plateau. La terre arrosée par des pluies abondantes et par le ruisseau, y produit tous les fruits des pays chauds et des paysT tempérés. Un colon brésilien, M. Ignacio de Aguilar, s'est établi dans ce liou et y possède aujourd'hui une riche fazenda qui ne compte pas moins de soixante-dix personnes. * Le voyageur continue sa route et se prépare à gravir la partie supérieure ou Chella proprement dite.

c Là, dit-il. m'attendaient les surprises les plus agréables et les plus variées que. puisse éprouver un botaniste. Tout à coup le climat et la végétation changèrent, Tair devint de plus en plus vif et frais, les arbres de nos pays septentrionaux apparurent à mes regards émerveillés. Ce fut d'abord la cinéraire, si cultivée dans nos serres, puis la ronce, la renoncule jaune de nos prairies, d'élégantes fougères, et sur les pierres du ruisseau les frondes verdoyantes de l'hépatique, i

Le P. Duparquet a recueilli deè renseignements nombreux sur les peuples de cette région. £n voici quelques* ans :

£n partant de Huilla et se dirigeant vers le nord, on rencontre les Quillengues^ qui ne comptent pas moins de cent mille habitants et qui sont gouvernés par sept sovas ; puis Cacouda, Bihé^ Bailondo et autres contrées désignées sous le nom général de Nano, C'est dans le Nano que sont les sources du Cunèné et du Cubango. A Test se trouve le royaume de Quipongo, à l'ouest Humpata, la Chella et les ifondom&es jusqu'à la mer. Au sud, en descendant le Caculovar, on rencontre d'abord Jau^ Hay et Quihita, puis les Gambos et enfin Humbé, vers la jonction du Cunèné et du Caculovar. Près de Humbé, le Cunèué, même pendant la saison sèche, est assez considérable pour qu'on puisse y naviguer en canot ; dans la saison des pluies, il déborde si loin que la vue peut à peine atteindre la rive opposée. Il est extrêmement poissonneux, mais infecté d'un grand nombre de

crocodiles. C'est à Humbé que se trouve la dernière forteresse portugaise. La population de ce royaume peut s'élever à quatre-vingt mille habitants ; elle est de mœurs douces et hospitalières.

Sur les rives du Gunèné se trouvent des populations nombreuseSy telles que Camba, Dongonaj Mulondo^ Lucèqué, etc.

En remontant vers le nord, on se rapproche tellement du Gubango (le Kavango du docteur Andersen), qu'une distance de deux jours seulement sépare les deux fleuves. Je ne sais si M. Andersen a cru faire une découverte en rencontrant ce fleuve, mais il y a longtemps que les Portugais le connaissent et que les agents y vont trafiquer jusqu'à Mucussa, ville célèbre située sur ses bords. Il est probable qu'il va se jeter dans un des affluents du lac Ngami; ce qui est certain, c'est qu'il se dirige vers Test, et offre par conséquent, dans l'une et dans l'autre hypothèse, une voie facile jusqu'au bassin du Ngami. D'un autre côté, le pays des Ovampos^ tant convoité par les ministres protestante, n'est qu'à quelques journées de Humbé. Le Quanhama seul sépare les deux royaumes. Je tiens ces détails de M. Brochado qui a résidé quatre ans dans le Quanhama, et qui, tous les jours, y voyait arriver les Ovampos. Bien plus, d'après ce que dit M. Hahn dans la préface de sa grammaire héréro, il paraîtrait que les Damaras eux-mêmes viennent jusqu'à Mossamédès, car ils vont, dit-il, jusqu'à Mabaeca, pays des Portugais. Or, ce nom n'est autre que le nom indigène de Mossamédès.

M. Duparquet touche ici à des localités qui appartiennent aux missionnaires de la communion protestante, et sur lesquelles deux d'entre eux, MM. Hahn père et fils, ont transmis récemment de très-bonnes observations. (V. cidessus, n°' 233 et 234). Plus au sud, en descendant jusqu'au Gap, nous avons à noter aussi des documents importants pour la géographie et la statistique (n** 240 à 242).

ORANGE-FRBSSTATE. 24b

S S. Las dftt RéiHilitiqiiet dM Boen de 11ntéri«itr* (L'État Vbn éa 1I«ot« Orange, et la répabliqae TraniYaal;)

Le pays qui tondie k Test à TOranje Ri?er Freestatd, entre cette petite répnbliqae d'aooiens colons hollandais du Gap et le territoire anglais de Natal, est habité par les tribus de BassontoSy une des branches de ce que nous nommons la race Gafre. Des contestations de dépendance et de limites, entre ces tribus et TÉtat d'Orange, ont amené, depuis longtemps déjà, un état d'hostilité permanente qui se traduit par des dévastations en quelque sorte périodiques. On écmait du Cap, il y a quelques mois, qu'en vue de mettre fin i cette guerre désastreuse, le gouverneur britannique de la colonie du Cap, sur la demande de Moshesh, chef des BassoutoSy venait de proclamer officiellement, à la date du 13 mars, l'annexion du territoire Basaouto à la colonie anglaise. On annonçait le prochain départ de sir Philip de Woodehouse pour Aliwal North, ville frontière de la colonie du Cap, où devait se tenir une conférence entre le gouverneur du Cap, Moshesh, et le président de l'État d'Orange. H y a là une question d'humanité autant qu'une question politique.

La seconde république boer, celle de Transvaal, se recommande par un autre titre à notre attention actuelle. Une carte construite dans le pays même par MM. Jeppe et Marensky, d'après leurs relevés personnels et ceux de plusieurs autres Allemands de la colonie, et en première ligne de Cari Mauch, a été envoyée à Ootha avec un mémoire descriptif de M. Jeppe. La carte, remaniée par le docteur Petermann, qui a pu l'appuyer de nouveaux documents publiés depuis quelques années en Europe, a été gravée avec soin, et accompagne le mémoire qui remplit un des cahiers complémentaires des MiUheilimgen (n® 238). C'est la première

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description que l'on ait en Europe de cette grande contrée intérieure, et elle ne sera sûrement pas surpassée tant que des observations astronomiques n'auront pas fixé d'une manière tout à fait rigoureuse les points auxquels se rattachent les itinéraires employés.

S 4. K. Maacb et ses courses au sud du Zambézi. Sa découverte de gisements^ d'or. Grand toyage projeté.

Nos lecteurs connaissent déjà M. Mauch, un voyageur allemand) naturaliste et géologue, qui a pénétré depuis plusieurs années dans Pintérieur de l'Afrique du Sud pour y faire des recherches scientifiques (v. notre précédent volume, p. 107). Se^ voyages dans TËtat de Transvaal et dans les contrées avoisinantes ont déjà fourni, et promettent encore une ample addition aux très-faibles informations que Ton avait jusque-là en Europe sur les vastes territoires qui s'étendent à l'ouest de la Cafrerie et au sud du cours inférieur du Zambézi. M. Mauch a largement contribué aux matériaux sur lesquels est basée la grande carte du Transvaal qui vient d'être publiée dans les MittheilungeU; et dont il est question dans le paragraphe précédent. Ce sont là dee travaux que la science honore, mais dont la renommée ne va guère au delà du cercle limité où la science se ren* ferme ; une heureuse découverte vient de donner au nom de l'explorateur un tout autre retentissement. Dans une excursion de huit mois qu'il a faite en 1867 dans la direction du Zambézi, à une grande distance vers le nord du Transvaal, M. Mauch a trouvé un gisement aurifère qui parait abon* dant. Le lieu est vers le 17* degré de latitude australe, sur un affluent de l'Oumfoulé (celui-ci est un tributaire de la droite du Zambézi), à une quarantaine de milles allemands (vers rO. S. 0.) de la vlUe de Tété, eonséquemment à 90 milles environ, ou 150 lieues (650 kilomètres) vert le N. 0. de So&la. La richesse en or de toute cette région est

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connue depois longtemps ; à Tépoqae de la puissance portugaise dans ces ptrages, et plus anciennement au temps des Arabes, Sofala fournissait une quantité d'or considérable qui venait de deux à trois journées dans Tintérieur. On a , cru y reconnaîtra rOphirde Salomon ^. Les localités découverteSy ou plutôt retrouvées par M. Mauch, portent ellesmêmes les tracea. d'anciens travaux.

Quoiqu'il en soit de l'avenir de cette découverte, elle produit une grande sensation parmi les colons de Natal, où M. Mauch a transporté des échantillons minéralogiqnes. On voit là une nouvelle Californie, ce qui n*est pas imposable, après tout. On parle déjà de compagnies formées et de nombreuses émigrations. Si les prévisions de l'explorateur devaient se réaliser, et (ju'il se formât de nouvelles colonies dans ces cantons à peioo habités et à p^u prte inconnus» la civilisation générale et la géographie ne pourraient qu'en retirer de grands avantages.

M* Mauch, cependant, ne se laisse pas éblouir par le mirage des placers. Il s'est fortifié, à l'observatoire de Pietermai^tzburg, dans la pratique des instruments de précision, et il a fait des préparatifs pour un nouveau voyage bien plus étendu encore que les précédepts. Son ambition d'explorateur ne s'arrête pas cette fois avant i'éqnateur.

M. Mauch, qui n'a eu jusqu'à présent pour soutien qu'un faible subside du comitéde Gotha, est un exemple de ce que peut on xèle ardent pour des recherches de cette nature, même avec les moyens pécuniaires les plus modestes. Trop de déploiement, au contraire, peut devenir funeste en provoquant l'insatiable avidité des cbefis indigènes : témoin la triste fin du baron de Decken en 1865, au milieu des Somâl de la côte orientale.

t . Ce ae Mratt pas, dans tous les eas, oèiai de la Geoèse.

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AFBIQUE AU8TBAIJS.

(Suite.)

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