‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 58 sur 249 · AFRIQUE ORIENTALE · texte numérisé non relu

AFRIQUE ORIENTALE

làufige Nachrichten. MiUheilungen de Petermann, 1868, n* 5, mai, p. 175-179.

— R. Bbenner^s Forschiingen in Ost-Afrika. Ihid., l? 10, octobre, p. 361-367.

M. Richird Brenner, dans cet aperçu général, donne un relevé des ruines, arabes pour la plupart, qae l'on trouYe en longeant la côte orientale d'Afrique sur un espace de S degrés à partir de l'équatenr vers le Sud; puis dans une deuxième section, il détermine les limites du pays littoral des Galtasau sud de Téqnateur, et donne une notice sur les cours d'eau principaux qui viennent déboucher vers cette partie de la côte. Le morceau est accompagné d*une gFande et belle carte de la partie littorale du pays galla dont M. Brenner a Visité plusieurs parties intérieures, entre le S* degré de latitude N. et le 6* degré de latitude S. C'est une très-intéressante addition à la carte de l'Afrique équatoriale.

250. Derniers renseignements relatifs à l'expédition entreprise par le baron de Decken dans TAfrique orientale. Annales des Voyages, nov. 1868, p. 161-172.

Principalement tiré d'une Notice lue par M. Brenner à la Société de géographie de Leipzig, le 2 juin 1868.

251. Ouiloa (côte orientale d'Afrique). Paris, corrigée en 1867. 1 feuille. (Publications du Dépôt de la marine^ n« 1 798.)

— Port de Mozambique. J&td., n' 1800.

^ Carte de la côte d'Afrique, du cap Conientes à Port Natal, /bid., n* 1868. (Corrigée en 1867.)

— Côte orientale d'Afrique, de Port Natal à la baie d'AIgoa. 76id., n* 1869.

— Port Natal. Jbid., n» 1873.

— Baie d'Algoa, Ibid., n« 1876.

— Côte orientale d'Afrique, de la Pointe Caldeira au C. Cor- , rientes. Corrigée en 1867. Ibid.j n»» 1751.

— Côte orientale d'Afrique, de la baie de Kwyhoo au port de Quiloa. Corrigée en 1867. PariSf Dépôt de la marine, n* 1749.

' Pourquoi reproduire sur nos cartes l'affreuse orthographe des cartes anglidses ?

Expédition de M. Richard Brenner à la côte orientale

du pays galla.

On sait quelle a été la triste fin du baron de Decken à la côte orientale d'Afrique ^ La famille de Tinfortuné voja-

1 . Voir le précédent volume de VAnnée géographique ^ p. 97 et 99.

geur, qui occupe dans la Hauovra uue grande position de fortuDOy organisa en 1866 une expédition chargée de remonter, autant que possible, jusqu'au théâtre même de la catastrophe; peut-être les premiers rapports étaient-ils exagérés et le baron avait-il échappé à la mort. Cette mission, qui n'était pas sans périls, fut confiée à deux hommes depuis longtemps familiers avec les hasards da« explorations africaines, M. Richard Brenner, qui avait été un des compagnons de M. de Deoken sur la côte d'Afrique, et M, Kinzelbach, qui fit partie de l'expédition allemande de 1860 à la recherche de Vogel. Ces deux meesienrs arrivèrent à Zanzibar au mois de novembre 1866. M. Kiiuelbach s'y arrêta momentanément, tandis que M. Brenner continuait jusqu'à Brava. Le témoignage qu'il y recueillit de la bouche même d'un témoin oculaire ne confirma que trop la réalité de la catastrophe; mais il s y procura aussi, soit de la bouche des anciens, soii par ses propres excursions aux environs de la côte, des informations nouvelles sur la géographie et les tribus de cette partie du pays somâli, qui est encore une des régions inconnues de l'Afrique. Ces renseignements, transmis en Allemagne, furent immédiatement publiés dans le précieux recueil géographique de Cotha^; mais M. Brenner, de retour en Allemagne, a publié depuis des notes plus circonstanciées sur aon expédition (ci-dessus, n<^ 249 et 250).

M. Brenner ne bornait pits là ses plans d'exploration. De retour à Zanzibar au mois de février 1667, il t'y prépara à une longue excursion dans l'intérieur, et il ne tarda pas à réaliser son projet. Ses lettres, à cette époque, vont jusqu'au mois d'août. Il avait déjà reconnu, sur ime partie de leur parcours, la Dana et l'Osi, deux rivières qui descendent des montagnes élevées à la distance de dix à douze

I . Milthiikm§m du D' PêUrsuinii, juillet IMI. Ce moreeau a M Induit dans le cahier des Annales des voyages, mai 18ÇS.

ATRIQUi WIINTALB. i51

jonméit dt k oMi, M qm «rrifiiiit i la met «Mr« 1# 3* ^ 1« 4* dtgré. di I«liiM^ aiislnle; t|^ mb preaôtrai re^ ooimiîasaxicMr il «mt lo dcMiôn de s'aventawr jusqu'à Berdenb, le Iku i«êin« oii ^mfortu^é Daokeu «v^ât trouva k morl» Du deoM (h hoii mrâ dtpuis c«« d9rmèT«4 lettres ifuii fait MttoB de l^tioies iiiqiiiétudei ; uu tâl^^ graauuii i««b il y t quelques jouie Mulam^nt, 1m e eufiu ealni<M. L'intr^f^ toyagtur éMût de retour à Zeosibflr depuis le asoii de léfrîsr (19M). 0 eveit poucsé sm explo** rtlioBe faire le lifîlrt Oaua «| le Djob supir^ur, o'est4^ dire eu eoMir mfimi du pl^ys des Somilf et il euuonoe de nombreuses iabraietiens sur les rivières de l'Afrique 4qpatoiiele, einsi que sur les Semftl et les âallsii*

Ces bsDuss uoufelles ne sent mslheureuseuieut pss sens mdlenge* KiezellMii» qui «wt aussi le projet de s'aveueer dens l'intérieur» mais que les drcoastanaes avaient retenu à le o6te| est.morl entre le SO et le &6 ianvier de (Hitte au* née, deas la maison du sultan de DjilMdi, petite tille somâli à 4 heures de M alidicbou (près de 8 degris au N« de réquateur). Encore un nom qui va grossir la liste déjà si noflsbreuse des vicUines du climat africain.

Je me suis d'autant plus volontiers arrêté sur ces premières eiplorations des parties du littoral africain qui touchent à réquateur, qu'elles ouvrent une des voies par lesquelles on entamera tôt ou tard une région de l'Afrique absolument inconnue, et qui offre cependant un intérêt tout particulier, non-seulement un intérêt géographique, mais aussi et surtout au point de vue de l'ethnographie. Je veux parler de la contrée des Gallas, race nombreuse dont les tribus occupent, au sud et au sud-est de l'Âbyssinie, un pays qui peut bien avoir deux fois l'étendue de la France. Le» Somâl, dans la large corne que l'Afrique orientale projette vis-à-vis de l'Arabie, sont uns branche des Gallas Cieus«*ci ne sont guère connus jusqu'à présent que par

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leurs incursions en Abyssinie depuis le seizième siëde, et le portrait que les anciens missionnaires portugais en ont trace se ressent de la terreur qu'ils inspiraient. Les Gallas n'ont rien de commun avec les Nègres. Par la chevelure, les traits et la couleur, c'est une race blanche. En même temps que la noblesse relative des traits, ils ont les aptitudes d'amélioration intellectuelle que la nature n'a départies aux Noirs que dans des proportions infiniment moindres. Ils n'en mènent pas moins, comme les anciens Numides, une vie toute pastorale, et ils ont la barbarie des peuples nomades. C'est une race à conquérir par le Christianisme.

L'étude de ce grand centre de population gallft est à peine abordée, et déjà l'on y peut entrevoir des échappées d'une portée incalculable. Soit que le regard se dirige au Nord et au Nord-Ouest dans la vallée du Nil et vers la région de l'Atlas, ou au Sud à travers le Plateau de TÀfrique australe, ou à l'Oae&t dans toute la longueur de la zone équatoriale, on voit rayonner dans toutes ces directions, plus ou moins nettement selon que les contrées nous sont plus ou moins connues, des populations qui se rattachent à ce que par opposition à la race Nègre on peut nommer la race Blanche africaine. Là où elle ne s'est pas conservée pure, elle a formé, par son contact avec les Noirs, des groupes de populations mixtes que Ton a très-heureusement désignées sous le nom de Négroïdes. L'Afrique australe compte beaucoup plus de Négroïdes que de Nègres purs. La zone équatoriale, au contraire, — et ce n'est pas là un des phénomènes les moins singuliers de Tethnologie africaine, — cette zone que l'on a cru si longtemps absolument inhabitable à cause de l'extrême chaleur, est précisément, autant que nous en pouvons juger par ce que nous en connaissons, une des parties du continent où la race blanche africaine a conservé ses traits essentiels. Un peuple nomade, qui de proche en proche s'est étendu à l'ouest jusqu'au golfe de Bénin et aux approches du Qabon,

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les Fftn, présente dans sa configoratioii les traits caractéristiques de la nice cancasique : le teint dair, la chevelure' longue et douce, le profil européen.

On peut juger par là de l'intérêt que doit offrir la complète exploration de cette large ceinture, encore en blanc sur nos cartes, qui court parallèlement aux deux côtés de l'équateur depuis la mer des Indes jusqu'au golfe de Bénin et au Gabon. C'est aussi dans cette zone que se trouve le dernier mot d'un problème ouvert depuis des siècles à la curiosité des peuples, la découverte des sources du Nil.

LE D' LrVINGSTONE.

252. E. D. YouNO's Report on the proceedings of the expédition sent to the research of the fate of the D' Livingstone. Proceedings of ihe Roy. Geogr, soc, vol. XII, n* 2, mai 1868, p. 79-86.

— * Discussion. IHd.^ p. 86-91.

253. E. D. TODNO. The search after Livingstone; a diary keptduring the investigation of his reported murder. Revised by the Rev. H. Waller. Lond., 1868, in-8 (Letts).

254. H. Faulkner. Eléphant haunts; being a Sportsman's Narrative of the search for D' Livingstone. With scènes of éléphant, buffalo, and hippopotamus hunting. Lond.y 1868, in-8. 15 sh. (Hursi).

M. Faulkner faisait partie de Texpéditioa de M. Young.

256. Letters from D' Livingstone. Proceedings of the Roy. Geogr, soc., vol. XII, n" 3, juillet 1868, p. 175-186.

Notre deruière Revue annuelle ^ nous laissait sur la nou-

1. Voir le précédent volume de V Année géographique y p. '»0 et niiT.

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velle désastreuse de l'assassinat de Livingstone. Depuis lorSy les choses otit bien changé de face, «» et les amis de la géographie, non moins que les amis du voyageur^ doi<» vent s'en réjouir du fond de Tème. Les alternatives eitrêmes de rumeurs sinistres et de nouvelles rassurantes n'au«> ront pas manqué à Tetpédilion du grand explorateur»

Nous avons à peine besoin de rappeler qu'après deux voyages antérieure qui avaient immensément ajouté à nos connaissances positives sur TAfrique australe^ le D' David Livingstone entreprit en 1865 une troisième expédition, dans laquelle il se proposait tout à la fois de compléter ses propres découvertes en reprenant l'exploration^ inachevée de la moitié supérieure du Nyassa ou lac Maravi, qui se déverse par la rivière Chiré dans le Zambézi inférieur, et de les relier avec celles de Burton et Speke, en explorant l'intervalle encore inconnu de cinq à six degrés qui sépare, dans une direction nord-ouest, le lac Maravi du lac Tanganika. Il était important aussi de constater, par des reconnaissances directes^ l'ensemble du système hydrographique du Tanganika (ce que Burton ni Speke n'avaient pu faire en 1858), et particulièrement de vérifier si ce grand lac central se relie par une communication direote, comme on l'a suppo'ié, aux lacs équatoriaux vus par Speke et par Baker, et s'il se rattache ainsi au bassin du Nil. U y a là encore, dans toutes ces parties intérieures, bien des découvertes à faire et d'immenses lacunes à combler, et nul n'était mieux préparé que Livingstone à entrer dans oe nouveau champ d'investigations.

Au commencement de 1866, il arrivait à la côte orientaie d'Afrique, vers l'embouchure d'une rivière appelée la Bovouma, qui a son origine dans la direction du lac Maravi, et qui se jette dans la mer des Indes à 4 degrés environ au sud de Zanzibar, un peu en deçà du 11* degré de latitude australe. Livingstone était accompagjoié d'une assez nombreuse escorte de porteurs et d'hommes armés, et

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tre autres d'une dizaise d'insulaires de Johanna (plus corfêetetnent Anjouan, une des Gomoree), sons la conduite d*tin certain Âli Monsa. Il se proposait, ce qu'il fit en effet, de remonter la Rovouma aussi baut que possible, et de là de gagner directement le Nyassa-Maravi *, premier but de son voyage. Le 18 mai il était à Ngomano, sur le haut de la rivière, k 3 degrés environ de la côte, près d'un chef qui Tavait parfiedtement accueilli; c'est de là que sont datées ses dernières lettres. Â partir de Ngomano, le silence se fiiit et l'on perd les traces du voyageur. Sept mois s'écoulèrent ainsi sans que l'on en couçût d'ailleurs aucune inquiétude, sachant bien qu'une fois entré dans l'intérieur on n'a plus avec la cAte que des communications incertaines et rares, et l'eipérience consommée du voyageur, jointe à sa prudence bien connue, inspirant toute sécurité. Mais le 6 décembre (1866), le bruit d'une catastrophe se répand dans Zanzibar. Ce fut un coup de foudre. Les Johannais de Tescorte de Livingstone, avec leur chef Ali Mousa, arrivaient de l'intérieur par Quiloa, apportant la iulièbre nouvelle de la mort du voyageur. Les détails étaient précis. Livingstone, après avoir quitté Ngomano, venait de traverser le Maravi dans sa partie du nord, lorsqu'il fut assailli à l'improviste par une troupe de Mazitous eomme il se trouvait en avant du gros de ses hommes; abattu d'un coup de hache, il tomba pour n% plus se relever. Les Johannais affirmaient l'avoir trouvé mort lorsqu'ils étaient arrivés sur le lieu du combat, et lui avoir creusé une fosse où ils le déposèrent. L'assassinat avait été commis non loin d'un lieu appelé Mapounda, à peu de distance du lac. La triste nouvelle, immédiatement transmise par le consul d'Angleterre, arriva à Londres dans le courant de mars 18Ô7.

l • Nyatsa, qui so pronoDce aussi Nyanza^ est un terme générique dont 1^2sage s'étend du bas Zambézi à l'équateur, avec le sens de lac, on grand9eau.

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U était difficile de n'y pas ajouter foi. Cependant, le président de la Geographical Society, sir Roderick Murchison, frappé de certaines invraisemblances dans le récit des Jobannais, avait conçu quelques doutes; tou^ au moins devait-on à la mémoire'' de Livingstone de constater directe^ ment le fait et de connaître le tbéàtre de la catastropbe. Une eipédition de recbercbe fut rapidement organisée pai la Société de Géograpbie» avec le concours du gouvernement, et la direction en fut confiée à un marin, M. Young, qui avait déjà l'expérience de l'Afrique orientale.

La petite expédition quitta la Tamise le 6 juin; le 13 juillet elle toucbait au Gap^ le 27 elle arrivait aux bouchea du Zambézi, et le 6 septembre elle entrait dans le Nyassa ou lac Maravi, après avoir remonté la rivière Ghiré, qui verFO les eaux du lac dans le Zambézi inférieur. Déjà, même avant de toucher au lac, des rapports de la nature la plus encourageante avaient été recueillis. Plusieurs indigènes parlaient d'un blanc qui était arrivé du Nord l'année précédente par l'orient du lac, et qui, après avoir inutilement attendu une barque arabe qui devait le porter à l'autre rive, s'était décidé à descendre jusqu'à l'extrémité méridionale, qu'il avait contournée pour remonter au Nord. Ces indications ne semblaient pouvoir se rapporter qii'à Livingstone. Sur le bord occidental que M. Young remontait dans son petit vapeur, il recevait à chaque station de nouvelles informations qui confirmaient de plus en plus les premiers rapports. Sur un point où M. Young fit relâche, Livingstone avait séjourné deux jours venant du sud du lac, et il en était reparti pour continuer sa route vers le Nord après avoir renouvelé ses provisions. Le chef ajoutait que quelques jours après, les hommes de Johanna qui accompagoaient le voyageur étaient revenus, disant que le Blanc les renvoyait chez eux. Plus loin encore, vers le haut du lac, dans un lieu appelé Marenga, le voyageur blane, — on peut mettre ici avec toute certitude le nom

de Livingstone, — * s'était procuré soixante ou quatre-vingts porteurs, et là, il avait quitté les bords du lac pour s'avancer vers rÔuest ou le Nord-Ouest en plein continent. Le chef de Marenga affirmait que s'il fût arrivé un accident au voyageur, même à la dislance d'un mois de marche, il l'aurait certainement appris.

M. Young, regardant ces rapports comme tout à fait décisifs et jugeant le but de sa mission atteint, s'était décidé à revenir sur ses pas. Dans les premiers jours du mois de janvier dernier, M. Young rapportait à Londres l'heureuse assurance que l'histoire racontée par Âli Mousa et se^ Johannais pour expliquer leur retour était une pure invention, et que, sans aucun doute, le grand explorateur, plein de vie et de santé, poursuivait en ce moment même, au cœur de^l'Afrique australe, l'étude des problèmes qu'il avait entrepris de résoudre (ci-dessus, n"" 253).

Déjà même avant le retour de M. Young, des informations parvenues à Londres dans le courant de novembre par une autre voie avaient préparé à cet heureux changement. Une caravane était arrivée au Zanguebar vers le milieu de septembre 1867. Il fut alors beaucoup question d'un blanc qui avait été rencontré fort loin dans l'intérieur, aux environs du lac Tanganîka (le grand lac central). Un Souahéli, qui faisait partie de cette caravane (Souahélis; c'est-à-dire « gens du littoral , » est le nom que les Arabes donnent aux habitants indigènes de la côte de Zanzibar), fut présenté au consul anglais et au D" Kirk, l'agent consulaire, et on l'interrogea avec précaution. Le blanc en question avait été rencontré à deux mois de la côte, dans le pays de Maroungou, vers l'extrémité sud du Tanganîka. n avait avec lui treize noirs qui parlaient le souahéli. Us étaient tous armés de fusils. Le blanc qu'ils escortaient donna au chef de Maroungou un miroir, et il refusa Tivoire qu'on lui offrait, disant qu'il n'était pas un marchand. Que

pouvait- ce être que ce voyageur blanc, avec son escorte de l'année géogr. vu. 17

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gens de la côte armés de fusils, sinon le D'' Livin^stone luimême?

Telle était la conclasion naturelle qni ressortait de cette communication, que vint bientôt après confirmer le rapport de M. Young. On pouvait seulement s*é tonner, et Tobjection était des plus sérieuses, que Texplorateur, sachant qu'une caravane allait bientôt retourner à la côte, n'en eût pas profité pour donner de ses nouvelles à ses amis et à l'Europe.

Cette difficulté suffisait pour ébranler la confiance que les lettres de Zanzibar et le rapport de M. Young étaient si bien faits pour inspirer. Mais de nouvelles informations^ tout à fait décisives, sont bientôt venues confirmer toutes les espérances et dissiper les derniers doutes.

Cette fois elles proviennent de Livingstone lui-même!

Elles sont écrites du centre de l'Afrique australe et datées du 2 février 1867, quatre ou cinq mois après la date supposée de la prétendue catastrophe.

Ce qui s'était passé dans l'intervalle, nous l'apprenons par les lettres du Docteur, un peu succinctement, mais suffisamment pour nous édifier sur la cause et les circonstances du retour des Johannais. Les dépêches dont il s'agit sont datées du 1" et du 2 février 1867, et elles ne sont arrivées en Angleterre qu'au bout de quinze mois, à la fin de mai dernier ; à quoi il faut ajouter que la Géographlcal soeiety ne les a elle-même publiées in extenso dans son £i4letin que six semaines plus tard, au milieu de juin, — car on esit loin d'avoir à Londres, pour les nouvelles de cette na* tura, le souci de prompte publicité dont les Mittheilungen d'Augustus Peterman donnent en Allemagne un si louable exemple. Nous reproduisons celle qui est adressée à air Impey Murchison, président de la Société de géographie de Londres ; mais en la complétant par différents passages que nous tirons des autres dépêches écrites le même jour par

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