Lavant-veille, par conséquent, de la date de la lettre
Les cartographes ont placé cette route des Portugais beaucoup trop à Test. 11 est probable que la répétition des mêmes noms de rivières, chose commune dans ce pays, les aura trompés. Il y a jusqu'à quatre Loangouas qui débouchent dans le Nyassa.
c Au ];otal, notre marche jusqu'ici a été très-lente. Mes hommes ne peuvent faire plus de sept à huit milles par jour avec leurs charges ', et moi, qui n'ai que mon fusil, je trouve aussi que c'est assez. >
Ici se terminent les dépèches du 2 février 1867. Un long silence se fait de nouveau ; la difficulté des communications isole encore une fois le voyageur. Cependant un an plus tard, presque jour pour jour (le 5 février 1868), on avait à Zanzibar de nouvelles informations apportées par un marchand arabe qui arrivait du Grand Lac'; ces nouvelles viennent d'être confirmées par les lettres de Livingstone parvenues à Londres dans les premiers jours de novembre. I^les vont jusqu'au 14 décembre 1867. Au moment où nous traçons ces lignes, elles n'ont pas encore été textuellement publiées ; une note du président de la Société de géographie de Londres adressée au Times nous apprend seulement qu'à cette date l'explorateur était à Cazembé (à quelques journées vers le sud-ouest du Grand Lac ou Tanganika). Deux jours après il devait partir pour Oudjidji, sur la côte orientale du lac. U en avait exploré l'extrémité méridionale, où débouche une rivière qui porte différents noms, et qui traverse une chaîne de petits lacs ou de lagunes. D'après un télégramme expédié de Bombay le 5 octobre dernier, le steamer Olivia^ arrivant de la côte d'Afrique, aurait apporté la nouvelle « que le D' Livingstone était à iine semaine de Zanzibar. » Malheureusement cette annonce, ne s'est pas confirmée. .
Dans tous les cas, on peut dès à présent regarder comme
1 . A peu près 12 kiiom., trois à quatre petites heures de marche.
2. Dépêche du consul anglais à Zanzibar, datée du 7 février 1868«
ABTSSINI£. 265
oerlain qpe d'immenses additions vont être faites à la carte de k*Âfriqae australe, qui doit déjà tant aux précédents voyages de l'illustre explorateur.
L'EXPÉDITION D'ÀBYSSUOE.
RÉSULTATS GiCORAPHlQUES.
25G. U. Blanc, M. D. A Narrative of captivity in Àbyssinia; with some account of the late emperor Théodore, his couotry and people. Lond., 1868, in-S (Smith).
Ce volume est la reproduction amplifiée d*an récit que le D** Blanc, encore prisonnier de Tempereor Théodoros, avait trouvé moyen de faire parvenir dans l'Inde où il fut imprimé en 1867 dans les colonnes de l'Indtan Times, Rien de plus attachant et de plus instructif que ce simple récit, antérieur à l'expédition anglaise; Théodoros y apparaît sous un jour qui n'est pas toujours à son désavantage — Nous y reviendrons tout à rheure.
257. H. Bassau. Narrative of the brilish Mission to Théodore, emperor of Abyssinia. Londorij 1869, in-8 (Murray).
258. Rev. Stbrn. The captive Missionary; being an Account of our imprisonment and sufTerings in Abyssinia. Lond.j 18^8, in-8, with illustr. 21 sh. (CasseU).
259. B' G. M. Wilh. Schimper. Meine Gefangenschaft in Abessinien. MiUheilungen de Pelermann, 1868, n" 8, p. 294-298.
260. Routes in Abyssinia. Presented to the House of Lords by command of H. M. Lond,, 1867, in-8, avec une grande carte.
L'objet de cette compilation était de réunir tout ce que les voyageurs ont donné jusqu'à présent d'informations sur les principales lignes de communications intérieures de l'Abyssinie. Sans être à beaucoup près complet, ce travail renferme de bons renseignements, et il a dû être utile au général en chef ainsi qu'aux ofQciers de l'expédition.
"261 . Cl. R. Markham. On the physical geography of the portion of Abyssinia traversed by the english expeditionary force. Note lue à la dernière réunion de l'Association britannique pour
266 AFRIQUE. (n"" 256-271)
ravancement de la science, août 1868. Extrait analytique dans VAthenœum y n« 2131, p. 279.
On peut rapprocher de ce morceau celui que M. Ant. d'Abbadie a donné à un de nos recueils scientifiques à roccasion de rezpédition ; Cosmos de Tabbé Moigno, cah. des 6 et 13 juin 1868. C'est une excellente monographie ethnographique et physique du pays abyssin.
— Du même. On Ihe early portuguese expéditions to Abyssinia. Proceedings of the Roy. Geogr. soc, vol. XII, n" 1, janv. 1868, p. 11-19.
M. Cléments Markham, un des secrétaires de la Société de géographie de Londres, avait été adjoint k, l'expédition comme observateur scientifique.
262. Gerh. Rohlfs. Von Magdala nach Latibala, Sokota und Antolo, april-mai 1868. Mittheilungen de Pelermann, 1868, n" 9, août, p. 313-324, avec une carte.
M. Rohlfs, comme M. Markham, accompagnait l'expédition anglaise en vue d'observations scientifiques. (V. les Annales des Voyages, août 1868, p. 333.) L'itinéraire ici décrit a été suivi au retour de Tarmée. après la prise de Magdala.
263» Du môme. Der Aschangi-See in Abcssinien. ZeiUchr. der GêsetUck. fur Erdkunde xu BerHUf 1868, III, n** 15, p. 229-232, avec une petite carte.
264. Die ersten Aufnahmen der englischen Armée in Abessinien, Nov. 1867 bis Jan. 1868. Mittheilungen de Petermann, 1868, n» 2, févr., p. 66-68, avec 2 cartes.
— Der englische Feldzug in Abessinien, Jan.-Apr. 1868. Ihid., rr 5, mai, p. 180-181, avec 2 cartes.
Suivant' son excellente coutume, dans laquelle toutes les autres publications géographiques de l'Europe ne le suivent que de très loin, l'actif «t savant directeur du précieux journal de Gotha donne ici, avec ,, une promptitude réellement surprenante, les premiers résultats, topographiques des marches de Tarmée anglaise à partir de la côte.
265. Travels in Abyssinia and the GaUa country. Edited from the Mes. of the late Walter Plowden, by his brother Trevor Chichcle Plowden. Xond. , 1868, in-8, Maps. 18 sh. (Loogman).
266. M. Th. VON Heuglin. Reise nach Abessinien, der Gala-Landern, Ost-SudAn und Chartûm, in den Jahren 1861 und 62. J9na^ 1868, in-8, carte et illustr.
Sans rien diminuer de notre très-haute estime scientifique pour le savant voyageur, qui a rendu de si grands et si nombreux services i la géographie des contrées du haut Nil, nous devons dire que ce volume se ressent an peu de la précipitation d'un livre de circonstanoe.
AfiYSSINIE. S67
267 . Theod. Gilbert. Notes sur l'Abyssinie. Bulletin de la Soc, de Géogr, janr. 1868, p. 48-77.
Notes succinctes d'ane course de Masâàoua à Gond^ar.
2C8. De RivoiRE. La baie d'Adulis et ses alentours. Ibid,, févr., p. 236-267.
269. Arnauld d'Abbadie. Douze ans dans la haute Ethiopie (Abyssinie). Paris. ^ 1868, in-8, iv-637 pa.:es, avec une carte. (T. I.)
Toutes les pubUcations récemment faites sur l'Abyssinie s'effacent devant celle-ci. Nous allons y revenir tout à l'heure.
270. Glossar der Tigre-Spracbe, gesammelt von Moriz von Beor- MANN, bearbeitet und mit eincr grammatischen Skizze, und eiuem Lebensabriss des Snmmlers, herausgegeben von D' Merx. Sechster Jahrcsbericht des Vereins von Freunden der Erdkunde (1866), Leipz., 1868, p. 3MU.
M. de Beurmann a péri en Afrique au milieu de Tannée 1862, lorsqu'il s'efforçait de pénétrer du Bornou dans le Ouadâi avec l'espoir d'y recueillir des informations certaines sur le sort de Vogel, et de recouvrer les papiers du malheureux compagnon de Barth Mais il avait fait antérieurement, de 186» à 1861, un premier voyage dans la haute Nubie et si^r les frontières du nord-est de l'Abyssinie: c'est durant cette, course qu'il recueillit les éléments du Vocabulaire de la langue du Tigré, édité ici par le D*" Merx. Beurmann était né en 1835 à Potsdam.
271. D' F. ScHMiDT, Abriss der Shoagallagrammatik. Zeitschrifl der Deufschen Morgenlând. Gesellsch.j t. XXII, cah. 1-2, p. 225-248. Leips., 1868.
Les finales sonore-^ de la langue palla rappellent l'italien Le galla, dont leD'Schmidi donne ici la Orammaire pour le dialecte du Choa, se partage en cinq dialectes principaux, mais assez ra reprochés pour que les plus septentrionaux comprennent sans trop de peine leurs frères du Sud. Ce sont : 1" dans le nord du Choa, le dialecte des Gallas musulmans, c'est-à dire des Vollo, des Baïa, et d'autres tribus; 1° à l'E., vers la contrée des Somàlet dei^ Adal ou AfAr, dans la direction do la mer des Indes, le rialecte iVfou, que parlent les /ffo»/, les Arronsi , \cs h'<irnïou et les Alnha; 3" au sud du Choa, le dialecte des Galbis du Havasch, usité par les tribus qui campent aux deux côics de lu rivière ; /é" le dialecte (/oJ;o, que parlent les Gallas duMetcha, delEnarea, du Koutcha, et toutes le* tribus qui demeurent au sud et au nord du Godjeb ; 5« enfin le dialecte des Gallas de l'équateur, qui est celui qui s "éloigne le plus des autres. On a signalé dans le galla beaucoup d'analogies sémitiques; mais on reconnaît aussi, même dans les éléments d'étude encore incomplets que nous en possédons, un grand nombre de ressemblances indo-européennes.
L* expédition de Tarmée anglaise en Abyssinie s^est termii^ée avec une rapidité foudroyante que nul n'aurait pu
gens de la côte armés de fusils, sinon le D*" Livin^stone luimême?
Telle était la conclusion naturelle qni ressortait de cette communication, que vint bientôt après coofîrmerle rapport de M. Young. On pouvait seulement s'étonner, et l'objection était des plus sérieuses, que l'explorateur, sachant qu'une caravane allait bientôt retourner à la côte, n'en eût pas profité pour donner de ses nouvelles à ses amis et à l'Europe.
Cette difficulté suffisait pour ébranler la confiance que les lettres de Zanzibar et le rapport de M. Young étaient si bien faits pour inspirer. Mais de nouvelles informationS| tout à fait décisives, sont bientôt venues confirmer toutes les espérances et dissiper les derniers doutes.
Cette fois elles proviennent de Livingstone lui-même !
Elles sont écrites du centre de l'Afrique australe et datées du 2 février 1867, quatre ou cinq mois après la date supposée de la prétendue catastrophe.
Ce qui s'était passé dans l'intervalle, nous l'apprenons par les lettres du Docteilr, un peu succinctement, mais suffisamment pour nous édifier sur la cause et les circonstances du retour des Johannais. Les dépêches dont il s'agit sont datées du 1*' et du 2 février 1867, et elles ne sont arrivées en Angleterre qu'au bout de quinze mois, à la fin de mai dernier ; à quoi il faut ajouter que la Céographical Society ne les a elle-même publiées in extenso dans son Bul^ letin que six semaines plus tard, au milieu de juin, — car on est loin d'avoir à Londres, pour les nouvelles de cette nature, le souci de prompte publicité dont les Mittheilungen d'Augustus Peterman donnent en Allemagne un si louable exemple. Nous reproduisons celle qui est adressée à air Impey Murchisoû, président de la Société de géographie de Londres ; mais en la complétant par différents passages que nous tirons des autres dépêches écrites le même jour par
LIVINGSTME. 259
le voyageur. Toutes sont datées de Bemba, 2 février 1867. Lîvingstone lui-même y indique la situation précise de cette localité, dont le nom était déjà connu par les relations as* sez vagues des pombeiros portugais ^
a Mon cher sir Roderick, voici la première occasion que j'ai eue d'envoyer une lettre à la cô*6; j'en charge une caravane d'Arabes noirs de Bagamoïo, près de Z mzibar, qui foftt le commerce des esclaves. C'est la première fois qu'ils pénètrent jusqu'ici ; ils y sont venus par un chemin plus court que le mien. Dans ma dépêche à lord Clarendon*, je n'ai pu consii^^ner qu'un assez maigre rapport géographique, irttendu que les Arabes ne voulaient pas s'arrêter plus d'une demi-journée; mais ayant écrit celle-ci dans la nuit, j'ai obtenu d'eux qu'ils me donnnassent une heure ou deux ce matin. Si la lettre qui vous est destinée est plus ample que celle de Sa Seigneurie , elle lui servira de complément.
« Je dis dans ma dépêche à lord Gîaiendon que je n'ai pu contourner l'extrémité nord dii Nyassa', parce que les hommes de Johanna auraient fui à la première vue du danger; comme en effet ils se sont enfuis à son extrémité sud, i-.uv le simple rapport des actes de cruauté des terribles Mazitou. Si j'avais pu les conduire de l'autre côté du lac, ils seraient restés avec moi; mais tant que nous rencontrions des troupes d'Arabes trafiquants d'esclaves retournant «à la côte , il n'y avait pas à compter sur eux. Tous étaient d'ailleurs de fieffés voleurs, et sous ce rapport ce fut un vrai soulagement d'être déoarrassé d'eux, quoique par là ma suite se trouvât réduite à neuf jeunes Africains libres, élevés dans une école à Nassik , de la province de Bombay,
f Mon intention en quittant la ville de Ngamano,[sur la haute
1. On la trouve marquée sur rexcellente carte do l'Afrique du sud, tout récemment construite par Aug. Petermann d'après les documents récents, pour la nouvelle édition de l'Atlas de Stieler. (Gotha, chez Perthes.)