‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 153 sur 337 · MM. PAYER ET WEYPRECHT · texte numérisé non relu

MM. PAYER ET WEYPRECHT

Yfaiflemblablemeiit se rattache k la Polynia de TEst. Vraisemblablement la meilleure voie vers ]e Pôle Nord. » On peiit juger de Témotion du docteur à cette annonce si peu att«ndue. (V. ci^dessus, n* 710.)

MM* Payer et Weyprecht avaient fait partie de la commission scientifique attachée à la deuxième expédition al-* lemande. Le premier, lieutenant dans Tarmée d'Autriche, est coonu par de nombreuses explorations géologiques dans diverses parties des Alpes; le second, originaire du pays de Bade, a le grade de lieutenant de vaisseau dans la marine autrichienne. Après le retour de la Germania^ la persuasion où ils étaient, par le rapprochement de différents faits, que la mer qui s'étend à l'orient du Spitzberg devait présenter une navigation plus facile qu'on ne le croit communément, les poussa à en tenter l'expérience. Ils se procurèrent, pour cette course assez hasardeuse dans une mer inconnue même des pêdieu'rs, une des barques à voile en usage chez les Norvégiens du nord; leur équipage se composait de sept hommes y compris le patron. Leurs prévisions ïie furent pas démenties. Non-seulement ils purent naviguer librement, — , non sans difficultés et sans peine, assurément, mais enfin sans trouver devant eux l'obstacle infranchissable des glaces fixes, — non-seulement, disons-nous, ils purent avancer librement, apjrèa avoir contourné le Spitzberg par le sud, dans le large bassin compris entre cette dernière terre et la Nouvelle-Zemble; mais arrivés, le 1*' septembre, au 78* degré 40' environ de latitude, par 42® 1/2 de longit. (chronométrique) à l'E. du méridien de Greenwich, ils virent 8*étendre devant eux, comme le porte leur télégramme, une mer également libre de glaces. — Leur première impression, exprimée dans leur message, c*est qu'ils se trouvaient là en présence de la meilleure route à suivre pour se porter vers le pôle (ci-dessus, n<^ 711, 712). Ce point est presque à distance égale du Spitzberg et de la Nouvelle-Zemble/ à

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TE. du premier, au N. 0. de la seconde. Les deux explorateurs n'étaient pas équipés pour une plus longue campagne ; ils durent revenir sur leurs pas. Nous n'oserions affirmer que leur conclusion, en ce qui touche la prolongation de la mer libre, est d'une logique irréfragable^ puisque les glaces fixes n'ont été rencontrées, directement au nord du Spitzberg, qu'aux environs du 81* parallèle; mais dans tous les cas, il paraît certain que cette rouie offre de meilleures chances que celle qui longe le Groenland oriental. Aussi le D' Petermann semble-t-il disposé à se tourner de ce côté.

Voici quelques remarques de MM. Payer et Weyprecht:

« La raison pour laquelle la mer de la Nouvelle-Zemble, au nord du 76* parallèle, est si peu connue et si décriée, est que tous les navires qui ont essayé d'y pénétrer y sont arrivés trop tôt dans la saison, et l'ont quittée également trop tôt. Notre propre expérience, confirmée par les dernières expéditions norvégiennes, montre que l'époque la plus favorable pour Tétat des glaces est le milieu, peutêtre même la fin de septembre. Nos relevés de température sous-marine nous indiquent que vers cette époque un puissant courant, tout à^fait pareil à de l'eau échauffée, contourne le cap Nord où il se partage, une branche continuant de monter au nord, Tautre se portant à Test, la couche s' amincissant et se refroidissant graduellement à mesure qu'elle avance dans ces deux directions.

c Nos sondages nous apprennent aussi tjue tout le bassin maritime à Test du cap Nord et de l'île aux Ours n'a qu'une faible profondeur, et que cette profondeur va diminuant vers le nord.

« On regardera comme d'un intérêt pratique que dans ces mers non visitées les cétacés sont tellement nombreux, que dans mainte journée nous n'avons pas cessé un seul moment d'en avoir en vue. »

Les résultats acquis par notre excursion, disent en ter-

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