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MM. PAT&R ET WEYPRECHT

mmant les deux explorateurs, en promettent de beaucoup plus grands à une expédition pourvue de moyens convenabk». Trois entreprises principales, trois entreprises sé^ parëaSi seraient grandement désirables.

«L'une serait une reconnaissance de la terre de Gillis', en se portant de là au nord-est ;

a L'autre serait une expédition polaire proprement dite, ime expédition qoi se proposerait d'atteindre les plus hautes latitudes, vers le 42* méridien E. de Greenwich*;

■ La troisième, enfin, devrait se porter à TE. de la Nonirelle*Zemble (conséquemment dans une direction parallèle i laeAte sibérienne), pour tâcher d'atteindre la Polynia idgnalée par le capitaine de Yrangell, »

Nous remarquerons que Tusage s'est généralement établi parmi les navigateurs des mers arctiques, de donner à ce terme polynia la signification de « mer ouverte, » c'està-dire d'une mer libre de glaces. C'est un sens que ce mot, qui appartient à la langue russe, n'a pas du tout par lui-même. Polynia signifie simplement une ouverture, un trou, une rigole dans la glace qui couvre une étendue de mer. M. de Yrangell, chez lequel on le rencontre fréquemment, ne l'emploie jamais dans une autre acception. Ce mot est un exemple de la manière dont les termes de convention prennent pied dans l'usage commun , et même dans la langue scientifique.

S 6. Expéditions projetées pour i$72. L'Allemagne. MM. Payer et Weiprecht.

La (iermania, La Suède, j

Parmi les expéditions dont ils signalent l'opportunité, MM. Payer et Weyprecht veulent en entreprendre une au

1. Et il faut maintenant ajouter de la Terre du Roi- Charles.

2. G'est-à-dfre sous le méridien même où ils se sont arrêtés, à une vingtaine de degrés à TE. du Spitzberg.

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moins de leur peraonne, — la plus importantei probablement, c^Ue qui yise au Pôle. Lee journaux allemands nous . appreiment que le gouvernement autrichien entre à son tour dans cette noble oompétiUon de la science où il est représenté par ces deux savants officiers, qui appartiennent l'un à Tarmée, l'autre à la marine impériale. Une somme de 5 000 francs a été donnée» comme premier fonds, par le trésor publici outre un don personnel promis par l'empereur.

Dans le nord de rAllemagne, une troisième expédition est à l'étude. Un comité qui s'est formé à Brome (point de départ des navigations de la mer du Nord) apporte un concours efficace à l'activité personnelle du D' Petermann, dont l'éùergie ni le dévouement scientifique ne se ralentissent. On ne peut dire encore quel plan sera adopté, quelle route sera choisie, ni quel chef aura la conduite de la prochaine expédition. Un dissentiment profond a éclaté entre le capitaine Eoldewey et le D' Petermann. Le ci*devant commandant de la âermania a répudié, aveo on certain éclat, la route d\i Grroenland oriental, tracée par les instructions de la dernière expédition. U affirme, — d'aocord en eela, d'ailleurs, aveo le coinmandant des expéditions suédoises, M. de Nordenskjœld, — que l'aocèi de k région du pôle est impossible par la mer comprise eali^ le Groenland et le Spitzberg; il se raUie à la route d» la mer de BafGn et du détroit de Smith , recommandée en Angleterre par le capitaine Osborn, et suivie par les explorateurs américains. Lel> Petermann, malgré les échecs subis jusqu'à présent, est loin de renoncer aux mers du Spitzberg; seulement rannonce, si décidément affirmative, de MM. Payer et Weyprecht, semble le faire incliner, ainsi que nous Tavons dit, vers le bassiu compris entre le Spitzbergetlà Nouvelle-Zemble. U y a là, en effet, un essai à faire, et il est assez présumable que l'expédition allemande de 1872 va se porter dans cette direction. Ne semble-t«il

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pas, dès lors, qoe le lieutenant de marine Weyprecht en devient le ehef désigné? lia résolution définitive paraît dé- .f&réa, désormais, an comité de Brème.

S 9. Les aofres routes du bassin polaire. Le détroit de Bering

et M. Ootave Pavy.

L'aooès du bassin arctique, en partant de l'Atlantique et du grand Océan, s'ouvre, en effet, par trois larges rouies : ao nard de TEnrope, les mers du Spitzbei^; à l'ouest du Groenland, le détroit de Smith auquel on arrive par la mer de Baffin; entre TÂmérique et l'Asie, le détroit de Bering. On sait qw cette dernière voie est celle qu'avait choisie notre compatriote, le malheureux ânstave Lambert. Nous avons raconté dans tous leurs détails les péripéties par lesquaUts rentreprise de Gustave Lambert a passé depQÎB 1868. (Voir les deux derniers volumes de l'Annie Biographique.) Au mois d'août 1870, un subside de 100 000 francs, voté par le Corps législatif, aUait dénouer une aiftnation devenue presque sans issue, lorsque éclata la guerre avec la Prusse, et bientôt après la catastrophe du 4 aapt«nbre. Puis vint le siège de Paris, durant lequel Ijuôbert tomba dans nne sortie sous une balle prussienne. Lsa circonstances, depuis lors, n'ont pas permis de reprendra le projet si tristement suspendu. Mais âustave Lambert avait près de lui un ami, un auxiliaire. Octave Pavy, qui a voulu réaliser une pensée à laquelle il avait, depuis trois ans, concouru d'une manière active. M. Pavy est aussi, nous dit-on, un homme instruit et de haute capacité, un homme d'action et d'initiative ; c'est un caractère. Il a repris le plan de Gustave Lambert, mais en le modifiant profondément. U en garde le point de départ, qui est le détroit de Bering, mais il a adopté de tout autres moyens d'exécution. Il s'est inspiré des précieuses leçons que le Voyage du capitaine de Yrangell, il y a undemi-siède, nous

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donne sur ces parages. Au lien du lourd bfttiment où Lambert JELvait englouti le plus clair de ses ressources, et qui gtt inaetify en ce moment encore, dans un bassin du Havre, M. Pavy a imaginé un système de traîneaux susceptibles à la fois d'avancer sur la glace et de prendre la mer. U a donné à son appareil le nom de modified Monitor Rafî^ «Badeau-Monitor modifié. » C'est en Amérique, où il a longtemps vécu, qu'Ootave Pavy a définitivement arrêté ses plans et réuni ses moyens d'exécution. Son point de départ a été San Francisco. Il a dû s'y embarquer coDune passager sur le paquebot de Tokohama, d'oti il ga« gnera, par les voies ordinaires, le port de Petropaulovsk au Kamtchatka. C'est là, paraît-il^ qu'il construira son radeau, réutiira son personnel en même temps que ses provisions, et fera ses derniers préparatifs. Son équipage doit se composer de huit personnes, dont trois Kamtchadales; les autres sont choisis dans la race des pécheurs habitués de longue main à la rude pratique des mers arctiques. M. Pavy se réserve, bien entendu, le soin des observations scientifiques. Il doit se pourvoir à Petropaulovsk de cent rennes, à la fois bétes de trait et provisions de réserve, et d'un attelage de cinquante chiens. Son radeau sera traîné par terre , de Petropaulovsk au cap Yakan, visà-vis de la terre de Vrangell : c'est de ce point que commencera l'expédition. Nous la suivrons de tous nos vœux. Telle qu'elle est conçue, les résultats, même partiels, qu'on en peut attendre, ne peuvent être que très-précieux pour la solution de cette grande question préliminaire, la mer libre.

s 7. La route du détroit de Smith. Le capitaine Hall.

L'expédition américaine du capitaine Hall, qui prend la route delà Mer de Baffin, est organisée aussi avec des

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