‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 155 sur 337 · LE CAPITAINE HALL · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE HALL

1IIOJ0118 tràs-aérieox et présente eertainement de grandes dmiicei de rëossite. Voici, sur le voyageur et l'expédition, âm détails qu'on lira avec grand intérêt ; ils ont été donnéfl, d'après les joumanz américains, dans un article de nétin Officiel.

Le capitaine ^r. Hall était, en 1850, graveur dans la ville de Cincinnati. Ce fut la première expédition organisée anx frais du négociant Henri Grinnell pour la recherche de Franklin qui attira son attention sur les explorations arotiqnes. H se prit alors de passion pour ces études, et pendant dix années il y consacra tous ses loisirs. Lorsque le docteur Bae découvrit les premières traces des deux équipages disparus, il ne put résister davantage au désir qui l'entraînait vers ces contrées lointaines. Mac Glintock venait de partir sur le Fox^ navire équipé aux frais de lady Franklin. Hall prit passage à bord du baleinier le 89 mai 1860, et se fit débarquer sur la cftte occidentale du détroit de Davis avec un canot et des traîneaux. La perte de son embarcation l'empêcha d'accomplir son voyage prqjeté dans l'ouest , peut-être de partager avec Mac CÛintock llionnenr de découvrir l'endroit où les demieirs compagnons de Franklin avaient succombé au froid et à l'épuisemmit. Mais il retrouva des traces très-intéressantes de l'expédition de Frobisher, qui trois siècles auparavant aivait, par ordre de la reine Elisabeth, visité ces contrées. H rectifia, sur quelques points, la géographie de cette r^on. j

De retour aux États-Unis, le 13 septembre 1862, il en repartit en 1864 avec les deux Esquimaux Joé et Hannah, qui depuis son premier voyage n'ont pas cessé de partager son existence aventureuse. Pendant cinq années consécutives, il explora les cêtes de la baie d'Hudson. Il s'était entièrement dénationalisé. Vivant avec les Esquimaux, et, comme eux, de viande crue et d'huile de poisson, il se perfectionna dans la connaissance de leur langue. Il étudia

leurs mœurs et leurs tradidons, et lorsqn'Q revint en Amé- TÎqé» en 1869, il était admirablement préparé ponr la grande expédition an pAle, but suprême de ses efforts.

n s'occupa sur-le-champ de l'of^aniser. Bien que ses amis le détournassent de cette tentative, il adressa une pétition au congrès afin d'Sbtenir Tappui du gouvernement. En attendant qu'il fût statué sur sa demande^il vécut, avec sa petite famille d'Esquimaux, des lectures qu'il donna sur ses précédents voyages. La décision se -fit d'ailleurs longtemps attendre. Il éprouva même, paratt-il, plus d'un désappointement dans le cours de ses démarches et de ses sollicitations. Il a raconté lui-même qu'il retrempait alors son courage dans une étude assidue delà vie de Christophe Qolomb,etque l'exemple de l'illustre navigateur l'a fortifié plus d'une fois dans sa résolution de persévérer.

Enfin il obtint qu'on lui àbandonnftt un des navires demeurés sans emploi depuis la fin de la guerre de la sécession. Il fit choix d'un remorqueur de 400 tonneaux, le Pi- \hlej primitivement construit pour naviguer dans les glaeèï^set le baptisa du nom de Polaris, Le Polaris a été reconttrai! presque en entier; on a revêtu d'une cuirasse de fer ses parties les plus exposées. Il a été muni en outrîe d'une puissante machine à vapeur, et l'installation inférieure n'a pas été moins soignée. Le bastingage, élevé de quatre pieds au-dessus du pont, est recouvert d'un toit depuis la cheminée jusqu'à dix pieds en arrière du grand mât. Lorsqu'on prendra les quartiers d'hiver, ce toit sera prolongé sur toute l'étendue du navire. On emporte les matériaux nécessaires pour le construire, ainsi qu'un grand nombre d'agrès de rechange entièrement neufs. L'hélice est disposée de manière à pouvoir être mise à l'abri du choc des glaces lorsqu'elle ne fonctionne pas, et les cabines, la salle à manger, la bibliothèque, sont aménagées de manière à protéger, autant que possible, les voyageurs contre la rigueur du climat.

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