XX NOTE SUPPLÉMENTAIRE
encore récents de Tlnde inspiraient la représentation des scènes qui se rattachent aux cultes populaires de la Péninsule gangétique. En d'antres termes, les probabilités qui se tirent de la vue des sculptures nous reportent à des 'temps qui oscillent autour de l'ère chrétienne, soit au delà soit en deçà, et conséquemment nous placent à des époques qui sont aussi celles de tant de monuments bouddhiques de rinde elle-même, dont la date, pas plus que celle des constructions du Kambodj, ne se détermine avec la précision chronologique que nous cherchons dans l'histoire.
Après avoir étudié avec un vif intérêt, et fixé dans une suite de plans et d'admirables dessins ces restes curieux de l'art religieux du bouddhisme oriental, M. de Lagrée, et les autres membres de la Commission, regagnèrent, par le grand lac, la branche principale du Mékong, dont ils allaient maintenant remonter le cours. Le 9 juillet on était à Gratièh, dernier village kambodgien dans la vallée du fleuve, par 12^ 28' environ de latitude N. (Saigon est un p6u en deçà du 11° degré). Bientôt après on sort de Eambodj, et après avoir franchi une zone de pays à peu près désert et couvert de grands bois, on entre dans le 'Laos.
Le Laos est eue contrée d'une étendue très-considérable, dont les chefs, qui portent encore le titre de rois, reconnaissent depuis longtemps la suzeraineté du gouvernement siamois. Il est renfermé de l'est à l'ouest, entre la Cochinchine et le royaume de Siam proprement dit ; du sud au nord il mesure en ligne directe de six à sept degrés de latitude, c'est-à-dire au moins 700 kilomètres. Le Mékong, qui en traverse la partie moyenne, y décrit un vaste circuit et de nombreuses sinuosités. C'est un pays montagneux, surtout dans sa partie nord, déjà notablement élevé au-dessus du niveau de la mer, et beaucoup plus tempéré qu'on ne le croirait d'après sa situation dans la zone torride. En latitude, il s'étend à peu près du 13* au 20* parai-