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ABYSSINIE

d'une ceinture de hauteurs. M. Munzinger signale cette localité, à laquelle son élévation donne la plus heureuse température, comme appelée à devenir le site d'une ville importante. La notice toute topographique de M. Munzinger est d'ailleurs peu susceptible d'analyse ; son meilleur résumé est la grande et belle carte qui l'accompagne^ et dont l'intelligent observateur a fourni les éléments. La table des altitudes observées comprend 62 points; les observations ont été calculées par M. Hahn, de l'observatoire de Gotha.

S 2. La reconstitution politique de l'Abyssinie.

En Abyssinie, le gouverneur de la province du Tigré, après une lutte heureuse soutenue contre un compétiteur, s'est 'fait couronner à Axoum, la capitale religieuse du royaume; le nouveau souverain, après sa consécration par l'Abouna ou Patriarche d'Ethiopie, a pris comme chef de dynastie le nom de Joannos. Une correspondance de Massâoua donne les df^lails suivants sur la solennité, qui a eu lieu le 14 janvier 1872 : « Kassaï (c'était le nom du nouveau Négous avant son couronnement*) , parti le 4 janvier d'Adoua, capitale du Tigr(', arriva le 12 à Axoum avec sa suite, ne faisant que de courtes étapes et s'arrêtant. souvent. Le 13, eurent lieu de grandes manœuvres auxquelles assistèrent, comme spectateurs, environ trois mille prêtres abyssins, venus pour honorer la fête. Kassaï s'était, place' au sommet d'une petite colline; le clergé était à sa droite, l'armée occupait la gauclie.

• Le 14 janvier au matin, Kassaï entra dans la cathédrale d'Axoum, et s'y fit soleuDcUement couronner. La cérémonie terminée, il s'avança, suivi de la foule, vers le nouveau pa-

1. Le Négous Thcodoros, tombé à Magdala dans sa lutte trop inégale contre TAngleterre, s'appelait aussi Kassaï de son nom de prince.

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lais qu'il avait fait construire pour cette fête ; il y fit son entrée la couronne sur la tête, et prit plac3 sur un tW^ne élevé de douze marches: La joie des assistants était extrême. Les coups de fusil éclataient continuellement et remplirent d'une fumée épaisse la salle où se trouvait le roi. Liiss festini durèrent trois jours de suite; quatre cents iiommes entraient àla fois dans la salle, et faisaient place à d'autres aprèsavoir mangé. Pendant ces trois jours, le roi ne quitta pas sa place. Environ quatre mille vaches furent tuées, et plus de cinq cents ocques de miel furent employés à faire l'iiy* dromel.

c Le prince Kassaï, maintenant Nepfous Johannos d'Ethiopie, a dû partir le 23 février pour Gondar. »

On ne pourrait qu'applaudir à cette proinesse de reconstitution politique, si malheureusement le nouveau règne ne s'annonçait par des dispositions de periiécution contre les missionnaires catholiques.

AFRIQIE \L8THALE

10. Capt. S. H. Mii.KS. On the Somali counlry. Proceedingt of Ikê Roy. (iciHjr. soCj viil. XVI. ii" ."j, ji. l'iO-l.'u.

R;q)purt ailrcssc d'Adeii, le 17 avril 1871.

;>0. Rich. F. BuRTOX. Zanzibar; city, islaad, and coast. Lond, 1872, 2 vol. ix'lil in S".

S^'iiVftiiirs rctros[U!Ctifs de l'expédition de 1858 en conrpagnie da Gapi'.uiiic spukc, t'xpudltiiiii qui a eu pour rosultuts tu premièrQ reconnaissatice du grand lac central (le Taiig-inlka) et la découverte du Victoria Nyaii/a, points de dopai l des voy.iges ultérieurs de Baker, de Livingstoue et de Stanley, qui out si puissamment occupé et oocuptot encore ruttcntiun du inonde géographique.

21. Le R. P. Hi)i!iNEM. Voyajîe à !a cùt<' oritMitale «l'Afrique pendant l'année 18GG. Paris, 18V2, in-12, *267 pages, 3 fr.

Zanzibar et contrées avoisinanted.

32. Kbith Johnston. Notes on the Rev.-Thomas Wakefîeld^s Map of Eastem Africa; Procçed. of the Roy. Geogr, soc,^ vol. XYI. n» 2, febr. 1872, p. 125-129.

Comparez ci-dessus, le n» 8.

Sur la carte du Rev. WakeGeld, missionnaire à Mombiz, et les Notes de M. Keith Johnston, voir notre précédent vel., p. 233, no* 414 et 413. Cette carte, insérée au vol. XL du journal de la société de Géographie de Londres, est une carte d'informations natives. Elle est basée principalement sur les itinéraires et les notes obtenues d'un indigène, Sadi bïn Ahédi, informations qui par leur précision et leur abondance > ont presque la valeur d'une relation européenne. »

Je transcris deux ou trois remarques importantes da M. Keith Johnston :

c Les particularités les plus frappantes de la nouvelle géographie qui nous est ainsi ouverte, particularités que l'on pourrait presque qualifier de découvertes, sont l'existence de nombreux sommets, outre le Kénia et le Kilima-Njaro, au long du bord extrême du plateau, entra autres le Dôenyo Ngaï, déjà mentionné par Erbardt, et que l'on dit être plus élevé que le Ktlima-Njaro, quoique n'offrant pas un massif aussi considérable.... La montagne volcanique deNjèmsi présente cet intérêt particulier, que sauf le volcan d'Artali décrit par M. Munzinger dans le p2>ys des Afar, c'est le seul cratère connu qui paraisse encore en activité sur le continent africain. Ce que Sadi bïn Ahédi rapporte de ce volcan est confirmé par d'autres informations recueillies par M. Erhardt et par le D*" Krapf.

* On a ici des indications spéciales sur la direction générale du lac d'eau douce de Baringo ^ou Bahari'Ngo), dont la situation par rapport à roukara, ou Victoria Nyanza, est à peu près celle que lui assigne Speke, bi ce n'est qu'au lieu d'être en communication avec le lac Victoria, il en est séparé par un canton montueux et bien peuplé. •

23. Nachrichten von Cari Mauciî im Innereii von SUd-Afrika, bis zum 27 Juli 1871. Antrilt seiner neuen Reise nach Manica. Die Gold- und Diamniitenfelder in der Transvaal-Republik. MUthei' lungende Petermann, 1872, n» 3, févr., p. 81-82,

— Cari Mauchs Enideckung der Ruinen von Zimbaoe, 5 sept. 1871. Ibid. n« 4, mars, p. 121-126.

Voir le précédent volume de VAnnéej et ci-après nos développements.

24. [U. Habenicht). Die neuesten Forschungen in der Transvaal- Republik unddem Matebele-Reich. Ibid n» 11, p. 421-422.

"Note explicative sur les bases et la construction de la grande et belle carte qui accompagne ce cahier, et qui a pour titre : Oriùinalkarte der neuesten Entdeckungsreisen in Sud-Afrika, von Mauch, Mohr, Hûbner, Haines u. A., nebst Uibersicht sàmmtlicher Forschungen in der Transvaal-Republik und Mosilikatse's Reich (au 2 000 ooo*)-

25. Account of M. Baines's exploration of the gold-bearing rtgion, belween the Limpopo and Z:imbesi rivers. Prepared from

M. Baiiies's joiirnals, by Roh. J. Mann. Journal of the Roy. Geogr. soc, vol. XLI, 1871, p. 100-131; with Map.

Bon itinéraire à rapporter à la carte de M. Mauch. Les données scieniifiques du journal de M. Baines, et en particulier les observations d'altitude, sont utilement groupées en forme de tableau, de la p. 112 à 131.

26. Képublique de l'Afrique méridionale, ou de Trans-Vaal-Bocr», Revue Marit. et Colon., sept. 1872, p. ^27-435.

Renseiçnements extraits des Annaes do Connelho UJtramarinOj par M. C. Neveu, aide-commissaire de la Marine. Ces notes portent sur les forces militaires, les ressourcées fin.-tncières, Torganisation intérieure, etc. Quoique le sujet soit pour nous d'un intérêt médiccre. comme il est peu connu, nous en extrayons ci-après quelques passages.

27. Cap. Fred. Elton. Journal of exploration of the Limpopo river (extracl). Proceedings of the Ixoyal Geogr. soc, vol. XVI, n° 2, p. 89-101.

— Extracls from the journal of an exploration of tbc Limpopo river, undertaken of the purpo.se ofopening up water communication, ami a more convcuiont rout»^ from ihe sottlement on the Tati river to the sea coast. Natal, 1871, in-4° 3.') pages.

Voir les MitihcHungen de Petermann, Ibli, n" 10, p. 40*2.

28. J. Mackenzie. Teii years north of Ihe Oranjfe river. A story of every-day lifc and work among the South African tribes, from 1859 to 18G1). Edinhurgh, 1871, in-8'''7 sh. ^ (Edmonstone).

(Euvrc estimable d'un Missionnaire. Teu de matière géographique.

29. Th. IIahn. B-îitrage zur Kunde der Ilotlentotten. Jahreshericht VI-Yll des Vereins fur Erdkunde zu Dresden, 1871, p. 1-73.

Travail particulièrement recommandable au point de vue linguistique.

30. Côie méridionale d'Afrique. Du Ciip des Aiguilles à la baie MOôsel. Paris, 1872, Dt''pôt de la Marine (n" 293.'»).

— Do la biiie Mossel au cap S. Fiancis (n" 293G).

S 1. Le capitaine Miles, sur le pays des Somàl.

Le capitiine Miles, qui a fail récemment, de compagnie avec M. Munzinger, une très-iutéressaote excarsion dans r.ne partie jusqu'à préseDt inexplorée du Sud-Ouest de TArabie*, a visité launée suivanie (au commencement de

1. Nous en rendrons compta ci-nprcs dans la section consacrée à l'Arabie.

SOMÂL. 41

1871] un canton non moins inconnu da pays des Somâl, sur la côte opposée du golfe d'Aden, où il a pénétré dans rintérieur jusqu'à une grande vallée appelée Ouâdi Djaïl. Le capitaine Miles a rendu compte de cette course dans une note adressée à la Société de Géographie de Londres (ci-dessus, n° 19) ; nous allons en extraire quelques passages.

Bander Marayah (Mouraïo des cartes), situé sur le golfe d'Aden par 11^ dS' de latitude nord *, est le pricipal fort de la grande tribu somâli des Medjertaïn. La place est assise' au pied d'une rangée de hauteurs portant le même nom ; cette chaîne s'élève, à un mille environ en arrière de la ville, k la hauteur de 1200 mètres. La ville longe la baie sur une longueur de près d'un demi-mille (7 à 800 met.); elle compte au delà de 200 maisons. La population permanente n'est que de 6 à 700 âmes; mais à l'époque de te grande foire, quand les caravanes arrivent de l'intérieur avec des gommes et d'autres produits, et que les matrchands arabes traversent le golfe, ce chiffre peut bien être doublé.

Quant à Torigine des Somâl, le capitaine Miles regarde comme probable que ce peuple est issu d'une immigration arabe venue dans le pays il y a plusieurs siècles, et qui forma, par son mélange avec les Gallas, une population mixte représentée par les tribus actuelles. Leur idiome, composé de mots en partie gallas, en partie arabes, appuie suffisamment cette hypothèse, à ce que pense M. Miles, ainsi que leur culte qui est celui de Mahomet, et leurs traditions qui tiennent en grande vénération des ancêtres de nation arabe. Ils font remonter celte immigration à quatre ou cinq siècles.

Celte vue du zélé voyageur appelle quelques réserves. Qu'une paît considérable doive être faite à l'élément

1, A 56 milles anglais vers ro. du cap Guardafuy.

arabe dans la nationalité somâli, cela est tout* à fait inhabitable ; mais ce que Ton connaît de l'idiome des Somil paraît le rattacher directement à là souche galla, et dès lors rimmixtion arabe, quelle qu'en puisse être Timportance historique, n'a plus, au point de vue ethnologique, qu'une valeur secondaire. En d'autres termes, les Somàl sont un peuple galla mêlé d'Arabes, et non pas seulement, comme le voudrait M. Miles, un peuple arabe enté sur un tond galla.

Le nom de Somâl, quelle qu'en soit l'origine , n'a pas été connu des anciens; mais leur établissement dans U contrée comprise entre le fond du golfe d'Aden et le cap Guardafuy n'en remonte pas moins à une époque de beaucoup antérieure à Tère musulmane, ainsi que le prouvent les noms mentionnés par les auteurs du temps des Ptolëmées et les périples de l'époque romaine, noms qui, pour la plupart, se reconnaissent encore dans la nomenclature actuelle. Le capitaine Miles tente quelques rapprochements de géographie comparée ; nous ne le suivrons pas sur ce terrain classique, pour n'avoir pas à relever de grosses erreurs. Ces erreurs, trop communes chez les voyageurs rarement préparés par des études spéciales, n'enlèvent rien, heureusement, à la valeur des observations locales. Celles du capitaine Miles, nous l'avons dit, nous portent au milieu d'un territoire inexploré. Le voyageur a remonté d'une cinquantaine de milles le Ouâdi Djaïl. Un croquis topographique aurait été ici bien utile, pour suppléer à rinsufhsance forcée de la description écrite.

S 2. Suite des explorations de M. Cari Maucb, entre le pays Transvaal

et le Zaïnbézi.

Cari Mauch, l'explorateur allemand, poursuit activement ses recherches dans la région à peu près vierge qui s'étend entre le Zambézi et le Transvaal. Les MitthcUun' gen du D' Petermann, ce précieux répertoire de toutes les

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