‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 20 sur 337 · LES VILLES DE BAZAN · texte numérisé non relu

LES VILLES DE BAZAN

planches doDt se compose l'ouvrage de M. de Vogué, cent quarante-cinq sont depuis quelque temps déjà dans les mains du public, et le peu qui reste à graver ne ne rapporte pas à de nouvelles constructions, mais bien k celles qui figtirent déjà dans d'autres parties de l'ouvrage. Gommé les planches sont rangées dans Tordre chronologique, et que la date réelle ou approximative du bâtiment est gravée sur chaque planche, il ne peut y avoir de doute sur la conclusion à laquelle ces messieurs sont arrivés. Cette conclusion est celle-ci : c'est que toutes les constructions qu'ils ont trouvées dans leHaourân, et toutes celles qui font l'objet de leur publication sur le nord de la Syrie, ont été érigées durant les six siècles qui se sont écoulés depuis le temps du Christ jusqu'au temps de Mahomet. D'autres travaux sur ces cités, d'un carflttëre moins scientifique, ont été publiés; mais autant que je sache, aucune des constructions que M. de Vogué et ses compagnons dé voyage n'ont pas examinées, n'invalide, quel qu'en soit le style, les conclusions auxquelles ils sont arrivés. — Je crains bien, dit M. Fergusson en terminant, que les faits^ autant quHls sont actuellement connus, ne soient tout à fait en désaccord avec les hypothèses de M, Porter. »

Ce dernier tient bon, néanmoins, et ses raisons sont loin d'être méprisables. Loin de là : il semble que le «compromis atquel il s'arrête doive rallieir tous les esprits qui ne se renferment pas dans le culte de l'absolu. Voiei comment M. Porter s'exprime dans la préface de sa relation qu'on vient de réimprimer (n° 20) ; à ceux qui ont dit, avec une nuance de dédain, que « ce qu'on a nommé les villes des Géants de Basan, ce GiantCities, » n'avaient par le fait rien du tout de gigantesque, que c'étaient tout simplement « des villes provinciales du temps des Romains, » à ceux-là M. Porter répond carrément que pour parler ainsi il ne faut connaître ni le sujet ni le pays. « On pourrait tout aussi bien nier que Londres existe que nier l'exis-

t^nce d'Edreïy de Eénath, de Eérioth et de Salkah, qui étaient 9 la Bible nous l'atteste, les villes d*Og, le roi < géant » de Basan et du nombre de ces < soixante villes défendues par de hautes murailles, des portes et des barres » qui existaient dans la province d'Ârgob et qui furent prises par les Israélites conduits par Moïse. J'ai marché dans les rues de ces villes, je suis entré dans leurs maisons, comme avaient fait avant moi Burckhardt, Buckingham, Grahm , Wetzstein et jusqu'à un certain point M. Freshfield lui-même ^

« Nier Texistence de ces villes, ou leur origine telle que la rapporte la Bible, serait tout simplement absurde. Le seul point que Ton puisse discuter est l'antiquité de quelques-unes de leurs constructions. Qu'il y en ait beaucoup de l'époque grecque et de l'époque romaine , je l'admets. Qu'il y en ait quelques-unes d'origine arabe, je l'admets encore. J'ai décrit nombre de temples, de théâtres, d'églises et de mosquées de cette catégorie, et j'en ai donné la date. Mais j'ai établi, et je le maintiens, qu'il se trouve là en outre des constructions privées d'un âge beaucoup plus reculé, constructions basses, massives, d'un style simple, avec des toits et des portes en pierre. Elles sont parfois à demi enterrées sous les temples et les palais grecs et romains. Des observateurs superficiels peuvent ne pas les apercevoir ou affirmer, comme le fait M. Freshfield, que « dans l'esprit de la plupart des voyageurs du Haourftn elles éveillent l'idée non du roi Og, mais des Ântonins,non de la conquête hébraïque, mais de la conquête arabe; » mais ceux qui explorent avec soin les restes des grandes cités et qui visitent parmi les petites villes celles qui ont été les moins modifiées par les Romains et les Arabes, n'y peuvent pas méconnaître les restes de l'architecture

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