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LES TRAVAUX FRANÇAIS EN PALESTINE

M. de Saulcy rappelait à rAcadémie qu'en 1869 elle demanda au ministre de la guerre Tenvoi en Palestine de deux officiers d'état-major pour dresser la carte du pays commencée lors de l'expédition de Syrie» en 1860. MM. Derrien et Mieulet furent chargés de cette mission, et s'en acquittèrent avec zèle. Ils sont revenus avec tous les documents nécessaires pour construire la carte. Or, il serait grandement désirable que ces matériaux fussent mis promptement entre les mains des géographes. Si le résultat des études de MM. Derrien et Mieulet n'est pas publié à bref délai, la carte de la Commission anglaise précédera la nôtre, et nous aurons perdu l'honneur d'une initiative auquel nous avons droit. M. de Saulcy a demandé à l'Académie d'exprimer au ministre de la guerre le vœu que MM. Derrien et Mieulet soient mis en mesure de dresser sans retard la carte de la Palestine. D'autres membres s'associent à la proposition de M. de Saulcy, qui a été adoptée par la Compagnie.

Ce vœu sera-t-il entendu? C'est une autre question. Pour des publications de cette nature, l'inertie du département de la guerre est traditionnelle. Il y a sept ans, d'abondants matériaux envoyés du Mexique pour l'éta» blissement d'une carte de cette grande contrée, passèrent par les mains de la Commission du Mexique, qui devait les mettre en œuvre : c'était un des principaux objets de sa création, et sans contredit le plus important. L'administration de la guerre réclama l'emploi de ces documents, en promettant de construire elle-même cette carte, qui serait d'un grand prix pour la science. La Commission fut ainsi dépouillée, et les matériaux ont été s'enfouir dans les cartons d'où ils ne sortiront peut-être pas d'ici à un demi* siècle. Les administrations ont cela de commun avec la diplomatie, qu'elles ont horreur de la publicité.

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S 4. Un des plos anciens sites de la Palestine retrouYé.

M. Glermont-Ganneau, agent consulaire français à Jé« rusalem, dont le nom a récemment conquis une grande notoriété au sein du monde savant par sa découverte de l'inscription de Dhibân et par ses doctes commentaires sur cet antique monument, a aussi enrichi la géographie biblique d'une découverte dont la note suivante, qu'il a lue au sein de TÂcadémie des inscriptions (16 août 1872), fait ressortir l'importance.

ce La ville chananéenne de Gezer est une des plus anciennes de la Terre Sainte, puisqu'elle est antérieure k l'arrivée et à l'établissement des Israélites dans cette contrée. Le livre de Josué la range parmi les villes royales du Ghanaan. Son roi, Horam, fut battu par Josué au moment oii il se portait au secours de Lakisch, attaqué par les envahisseurs hébreux. Plus tard, après la conquête, elle fut comprise dans le territoire de la tribu d'Éphraïm, dont elle marquait l'extrême limite occidentale. Les Éphraîmites y tolérèrent la population chananéenne qu'ils y avaient trouvée. La ville fut attribuée aux Lévites de la famille de Eehat. £lle fut prise plusieurs fois dans les guerres de David contre les Philistins, au territoire desquels elle confinait. Sous le règne de Salomon, un Pharaon d'Egypte, pour des motifs que nous ignorons, entreprit une expédition qui se termina par la prise et l'incendie de Gezer. Elle avait une telle importance stratégique, que même ruinée on lui jugeait encore assez de valeur pour figurer dans la dot de la fille de Pharaon, devenue femme de Salomon. Le roi hébreu fit aussitôt reconstruire Gtezer, et Bethoren-la-Basse dont elle était voisine.

(c Gezer reparaît sous le nom de Gazara au temps des guerres entre les Macchabées et les Séleucides; prise d'assaut une première fois par les Juifs, elle passa successive-

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