‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 218 sur 337 · GEOGRAPHIE BIBLIQUE · texte numérisé non relu

GEOGRAPHIE BIBLIQUE

ment aux mains des deux partis qui attachaient à sa possession une égale importance. Jean Hyrcan en fit son quartier général.

«Malgré les indications très-précises contenues dans divers textes sacrés et profanes^ malgré les renseignements fournis par VOnomasticon d'Eusèbe, qui place Gezer à quatre milles romains d'Emmaûs-Nicopolis, localité aujourd'hui parfaitement connue, la ville de Gezer, en vain cherchée, n'avait pu jusqu'à ce jour être retrouvée. C'est en compulsant une vieille chronique arabe d'un certain Nudjir-ed-din, que M. Glermont-Ganneau a rencontré accidentellement un passage qui l'a mis sur la voie de sa découverte.

ce L'historien arabe raconte que vers Tan 900 de THégire, nn engagement sanglant eut lieu entre Djanboulat, émir de Jérusalem, et un parti de Bédouins pillards, entre le village de Khulda et le village de Tell-el-Gezer. Ce dernier nom signifie à la lettre Colline de Gezer^ et le nom arabe est la reproduction aussi exacte que possible du nom hébreu.

« Comme le village de Khulda existe encore, et que d'après les détails contenus dans la narration très-précise de l'auteur arabe Tell-el-Gezer en était assez rapprochée pour que les cris des combattants fussent entendus d'un point à un autre, cette dernière localité paraissait d'avance facile à déterminer. Cependant, aucun village de ce nom ne figurait sur les meilleures cartes de la Palestine.

<c Après avoir déterminé théoriquement et a priori l'endroit exact où devait se trouver le Gezer arabe et hébreu, M. Ganneau fit une excursion sur le terrain, afin de vérifier l'exactitude de son hypothèse. Au point marqué d'a-« vance, il retrouva le Tell-el-Gezer de Nudjir-ed-din et les ruines d'une grande et antiqne cité occupant un vaste pla« teau. L'explorateur reconnut aussi des carrières immenses qui ont fourni les matériaux de construction pour la ville ;

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des pnitSy des restes d'aqaeducs, enfin une quantité considérable de tombeaux creusés dans le roc. Il est vraisemblable que des fouilles exécutées en ce lieu donneraient d'importants résultats. L'identification de Gezer intéresse la topographre générale de la Palestine ; la découverte de sa situation doit modifier le tracé des limites des territoires d'Éphraïm, de Dan et de Juda.

Je ne puis que mentionner la communication faite par M. Wetzstein à la Société de géographie de Berlin, communication dont une courte analyse est insérée au journal de la Société {Zeitschrift, n» 38, 1872, p. 205-20tJ).

AKABIE.

85. D** 0. Blau. Ârabischc Spracbsludien. Zeitschriftder DeuUchen Morgenlàndischen Gesellschaft, l. XXV, 4" cah., p. 525-592.

Travail très-savant et d'une application presque entièrement géo* graphique, mais d'une lecture tingalièrement laborieuse. Après tout, ceux que la géographie comparée de TAsie sémitique intéresse n'ont pas à regretter leur peine.

86. D** Âloys Sprenger. On the campaign of iElius Gallus inÂrabia.

Mémoire lu au mois de juin au sein de la Société royale de Littérature de Londres (la Société de Littérature répond à notre Académie des inscriptions).

Nous ne connaissons encore de ce mémoire qu'une courte analyse insérée dans ['Athen.Tum et dont voici la traduction :

Le D' Sprenger montre que la description de l'Arabie dans Strabon est beaucoup plus obscure et plus maigre que celle qu'avait donnée Jaba avant la campagne; l'auteur en conclut que Strabon eut en vue de justifier Gallus, qui était son ami personnel, du reproche de ne pas avoir fait la conquête d'un pays si peu connu. Le D' Sprenger s'attache ensuite à identifier les diverses places mentionnées dans la description de Juba telle que Pline la rapporte, et dans Strabon. Parmi ces identifleations, la plus importante est celle des Minaei des écrivains grecs avec les Kindites de l'Arabie et des historiens byzantins. Le résultat des recherches du D** Sprenger est que l'armée romaine pénétra en Arabie jusqu'à RadmAn, et que là il fut ramené en arrière par les tribus que les Arabes comprennent sous le nom do Madghij, secoudées peut-être par les tribos himyaritiqaes d'An«

Noat aaroBi à revenir toat à Theare sur qaelqaet-nnes de ces questions par llmportante relation de M. Ualévy.

87. F. WQ8TENFELD. Dic Strasse von Baçra nach Mekka^ mit der l«and8chaft Dharija, nach arabischen Quellcn bcarbeitet. Gœt' tingetif 1872^ in-4*', 43 pages et une carte. 3 fr. (Dietcrich).

Extrait des Mémoires de la Société des Sciences de Goettingne). — Le D' Ferd. ^VustenfeId, à qui l'on doit déjà do nombreux et savants travaux sur l'Arabie et ses populations ^ poursuit dans ce nouveau mémoire le dc])0uillemcnt des sourchs arabes sur les routes de caravanes qui sillonnent la grande péninsule. Des travaux de cette n:iture ont une double utilité, bien que la date à laquelle ces matériaux remontent ne laisse à beaucoup d'indications qu'une valeur historique : ils apportent un ntile complément à nos informations actuelles sur l'intérieur de rAr<ibie, et en outre ils servent souvent à rectifier la nomenclature des relations européennes. Après tout, les choses et les noms ont dans ces contrées de l'Orient une fixité et une durée dont la mobilité de l'Occident permet difficilement de se former une juste idée.

88. Heinr. Freih. v. Maltzan. Rosultate cincr irii Wintcr 1870-71 unternomraencn Reise in den sû<lwesllichsten Theil der Arabischen Halbinscl. Zeitschrift der GeselUchaft fur Erdhunde $u Berlin, \ll (n° 37), 1872, p. 1-19.

Voir le précédent volume de VAnnée Géographique, p. 18.

*- Du môme : Dic V61kcr SQdarabiens und die Bewohner von Aden. Ihid., VI (n* 35), 1871, p. 479-491.

89. Du même : Geograpbische Forscbungen in $ûd-Arai)ien. Jft7theilungen de Pertermann, 1872, n" i), p. 1G8-174, avec une carie rédigée sur les matériaux rapportés par M. de Maltzan, et une note analytique de M. Ilanemann sur cette carte (p. 173-74).

— Du même : Ucber das Klima des westlichen und sûdlichen Arabien. Ihid,, W 9, p. 330-332.

90. Du môme : Notes de voyage sur les régions du sud de l'Arabie. Le Globe, organe de la Société de Géographie de Génère, t. X, 1871, p. 12rj-lô6; avec l'esquisse d'une carte du pays visité.

Dans cette communication au journal géographique de Genève, aussi bien que dans la suivante à la Société de liOndres, M. de Maltzan reproduit au fond ses commuoicatious aux journaux géographiques de Berlin et de Gotha.

1. Muhammed Ben-Habîb, ûher die Glcichhcit und Vcrschiedenheit der arabisckn Staimiietiamen, texte arabe et introduction, 1830, in-S"; — liegister zu den genealogischcn Tahellen der arabischen Stâmme, in-8» et allas in-4", 1853; —dtcuon Mediiha auslaufenden Hauptstras^ «en, in-4'', 18C2; — di« Wohtuilse und Wanderungeti der arabischen Stàmmc, ln.4«, 1868.

96 ASIE. (n- 85-97.)

91 . Du môme : Geography of Southern Ârabia. Proeeedings of ihe Royal Geogr. toc. ofLondofiy vol. XVI, n» 2, 1872, p. 115-123.

92. Du môme : Beitrâge zur Kenntniss der geographischen und sprachlicben Verhâltnisse Yon SiXàsirsbien.Zeitschr, der DetUseh, Morgenlànd. GeselUeh. B*. XXV, 3*- heft, p. 491-498. Leipx.^

Notes qui ont rortoot pour objet de constater l'exactitude des renseignements donnés par M. de wrâde sur le Hadramaut. Y. notre précédent vol., p. 17.

93. Du môme : Ueber den Dialect von Mahra, genannt Héhri, in Sûdarabien. Zeitschr. der Deutschen Morgenlànd, GeseUsehaft, t. XXV, cah. 1-2, p. 196-214. Leipx., 1871.

94. Geognostische Verhâltnisse Hadhramaut^s. Ein Bruchstûck aus den nachgelassenen Papieren Âd. v. Wrbde's. Zeitschr, der GêselUch. fur Erdk, xu Berlin, VII (n* 39), 1872, p. 224-234.

Voir le précédent vol. de VAnnée, p. 15, n? 31, et p. 16.

95. Capt. S. B. Miles and Werner-Munzinger. Account of an Excursion into the interior of Southern Arabia (1870). Joum. of the Roy, Geogr. soc, vol. XLI, 1871, p. 210-245. Map.

A côté de la relation complète da ctpit. Miles, qui s'est étendoe à l*Est depuis Àden jusqu'à Btr'Ali (un peu en deçà de R&s el-Kelb), en partie en longeant la côte, en partie dans l'intérieur, il faut mentionner le résumé qui s'en trouve dans les Proeeedings (vol. XV, 1871, p. 319-334), à cause des remarques du Rev. G. P. Badger. La carte de MM. Miles et Mnnzinger complète sur plusieurs points celle que le docteur Petermann a construite sur les matériaux du baron de Maltzan.

96. Jos. Halévt. Rapport sur une mission archéologique dans le Témen (adressé au Ministre de Tinstruction publique le 21 juillet 1871). Journal Asiatique, jauv. 1870, p. 5-98.

Les inscriptions • sabéennes », rapportées par M. Halévy au nombre de 686, ont été publiées dans leur caractère original au cahier de février-mars 1872 du Journal Asiatique, p. 129-266, sans transcription, annotations ou commentaire d'aucune sorte.

La traduction partielle et provisoire des inscriptions a été donnée au cahier de juin, p. 489-547.

— Du même : Rapport sur une mission arcbéologique dans le Yémen. Archives des Missions scientif, etlittér., publiées sous les auspices du Ministère de Vinstr, puhl., t. VII, 1872, p. 233-

Ce rapport ne diffère pas de celui qui est noté ci-dessus, an n*96.

Je reviendrai tout à l'heure sur le trftfr-important voyage de M. Jos. Halévy envisagé spécialement au point de vue géographique ; mais je veux citer dès à présent le jugement que M. Renan a porté sur l'en-

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LE SUD-OUEST DE l'aRABIE. 97

semble de la mission, au nom d'ane commission spéciale nommée par TAcadémie des inscriptions :

« La Commission est tombée d'accord, à Tunanimitë, snr la bante valeur des recherches exécutées par le courageux voyageur. Avec des ressources très-limitées, M. Halévy a réussi à pénétrer dans des pays que jamais Européen n'avait visités depuis le consul flius Gallus, an tenrps d'Auguste, lors de ion expédition aussi faneste pour lui que stérile pour la science. La force d'àme avec laquelle notre modeste missionnaire a supporté les fatigues et les périls de son entreprise, ainsi que les privations inévitables an milieu de populations pauvres, rapaces et soupçonneuses, est au-dessus de tout éloge. Avec une patience des plus rares, il est parvenu à réunir environ 680 textes épigraphiques, tous inconnus jusqu'ici. Plusieurs de ces textes sont de peu d'étendue ou à peine lisibles ; madi la plupart ont un développement plus ou moins considérable. Les plus modernes ne peuvent guère (lescpndre au-dessous du premier siècle de notre ère, et tons, par un c6té ou par un autre, sont d'un curieux intérêt pour la philologie sémitique et pour l'histoire ancienne de l'Arabie. Les circonstances ont rendu impossible à M. Halévy de rapporter les empreintes des monuments qu'il a découverts ; du moins s'est-il appliqué à en prendre des copies exactement figurées. Ici, du reste, la nature presque monumentale du caractère himyarite rendait le manque d'estampage moins regrettable que s'il se fût agi d'un système d'écriture tant soit pea cursive. En examinant les résultats du travail si considérable et si minutieux à la fois que nous avons eu sous les yeux, eo tenant compte des énormes «difficultés qu'a dû surmonter le voyageur pour mener à fin son entreprise, nous nous sommes dit plus d'une fois qn*on Israélite oriental, réunissant toutes les qualités propres à sa race, la persévérance, la sobriété, et d'autres encore, indépendamment de rétendue et de la solidité de son instruction, y pouvait senl réussir.

97. A. Le Gras. Instructions pour naviguer dans la mer Rouge; d'après R. Morcsby et T. Elwon , et les documents les plus récents. Paris j 1«71, in-8% 362 pages. ( Public, du Dépôt de la marine. Bossange. 6 fr.)

S l*^ État physique, géographique et politique de Tangle sud-ouest de l'Arabie, d'après les informations réunies par M. de Maltzan.

A rextrémité sud-est de la péninsule arabe, sur la limite sud du Yémên, entre l'entrée de la mer Rouge et Aden, et plus à Test encore, entre Aden et la limite du Hadramaut, il existe une contrée d'une étendue considérable où nul Européen n'a jamais pénétré, sauf Seetzen, en 1811, qui y est mort assassiné. Aussi cet angle extrême de la grande péninsule en est-il une des parties absolument inconnues. M. le baron de Maltzan, k qui l'on doit déjà tant de sa-

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