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LE SUD-OUEST DE l' ARABIE- 99

rintérieur. Là l'été et la saison des pluies sont régoliëres. Elles tombent même avec une telle abondance , que presque tous les ans on parle d'inondations. L'intérieur pourrait être un vaste jardin, si les indigènes y étaient aussi industrieux que ceux de Lahedj, qui ne perdent pas Une goutte d'eau inutilement, et qui retiennent toujours une provision du liquide précieux pour les mois de sécheresse, par le moyen des écluses.

« Les habitants de ces vastes régions, presque tous Bédouins, appartiennent pour la plupart à la race himyarite. Ils ont la peau noire, presque aussi noire que les nègres, mais les traits et le corps d'une grande noblesse et d'une grande régularité. C'est indubitablement le sang sémitique qui coule dans leurs veines. Ils sont tous maigres, mais forts et nerveux. Leur barbe est fort rare, quelquesuns restent même toujours imberbes. La grande souplesse de leurs articulations les rend les meilleurs monteurs de chameaux de toute TArabie....

«c Dans la plupart des Etats règne la démocratie, ou plutôt une anarchie presque complète. Toutes les tribus sont libres. Le mot même de « tribu, > usité au pluriel, qui est qobâyel en arabe, est synonyme aussi de liberté. Il est vrai que chaque tribu a son chef, appelé ici aqel, et chaque réunion de tribus son chef suprême ; mais leur autorité se borne au commandement en cas de guerre* En temps ordinaire, elle est presque nulle. Us ne peuvent ni prélever des impôts, ni rendre la justice. Celle-ci s'exerce par les membres des tribus, d'après les traditions de la vendetta. Toute tribu est solidaire pour chacun de ses membres....

< Presque tout sultan possède un certain nombre de châteaux qui sont de vraies forteresses contre les indigènes et leurs armes imparfaites. Dans les montagnes, ces châteaux sont en pierre; dans les plaines, en briques cuites au soleil. Ils ont tous au moins quatre étages, et sont flanqués de tours couronnées de terrasses aveo mâchicooh's. Les

murs sont percés de nombreuses meurtrières. Les fenêtres, toujours très-petites, ne commencent qu'à une hauteur de cinq à six mètres. Outre le sultan, presque chaque membre de sa famille possède au moins un château. Les villes renferment ainsi souvent quinze ou vingt châteaux, habités par les chefs et leurs soldats, une mosquée, un marché et une infinité de huttes en paille de palmier. Aucune ville n'est murée : les châteaux suffisent à la défense. Dans tout centre d'une tribu ou d'une subdivision de tribu, il se trouve aussi un pareil château, autour duquel sont distribuées les huttes de paille ou de branches des indigènes. Les Bédouins mêmes habitent de pareilles huttes. La vie sous la tente, si caractéristique pour les Arabes du Nord, est inconnue ici. Je n'ai entendu parler que de trois tribus, dont les territoires sont placés tout à fait au Nord, vers le Djôf, qui, à ce qu'on m'a dit, ]|)ossédaient des tentes. Parmi les châteaux, il y en a quelques-uns d'une très-grande antiquité et d'origine himyarite. Ils sont bâtis avec de grandes pierres bien taillées et d'une maçonnerie très-solide. Généralement, cependant, les anciens châteaux himyarites sont délaissés. La superstition les croit le séjour de mauvais génies, de sorte que les Arabes ont peur d'en approcher....

<c La seule industrie, pour ainsi dire, connue dans les villes de l'intérieur, telles que Qâ'teba, Niçâb, Habbân, est celle de la teinture. Ces teinturiers ne se servent que d'une seule couleur, celle de l'indigo, plante cultivée beaucoup dans le pays. Presque tous les vêtements des Arabes sont teints de cette couleur et très-rarement blancs. Les juifs de quelques villes fabriquent des étoffes avec du coton qu'ils font venir d'Aden, car le pays cotonnier d'Abiân manque d'industrie et exporte ses cotons à Aden. »

M. de Maltzan donne la liste d'une douzaine de petites principautés ou territoires qu'il a visités dans un certain rayon autour d'Aden. Il a recueilli de la bouche des Arabes des notions sur beaucoup d'autres cantons et sur un grand

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