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INDE ANGLAISE

lion puissante, avec les moyens dont elle dispose, peut seule obtenir; aussi accueillons- nous avec joie, nous qui depuis longtemps suivons avec un vif intérêt la marche des études indiennes et qui y avons eu une faible part, l'annonce des publications dont le premier spécimen est entre nos mains.

Il y a près de trente ans, en 1844, l'attention du gouvernement de Calcutta avait été appelée sur ce sujet. M. Thomason avait élaboré un plan de travail complet pour la description circonstanciée des « Provinces du nordouest, » c'est-à-dire des provinces dont se compose la présidence du Bengale. La description devait être faite district par district, et les éléments en étaient recueillis dans chaque district par les agents mêmes de l'administration, d'après un cadre uniforme dont il n*y avait qu'à suivre les indications et à remplir les cases. C'est à peu près ce qui a été fait en France sous le Consulat et au commencement du premier Empire ; et dans Tlnde même un travail analogue fut poursuivi officiellement dans les provinces du Gange inférieur, de 1807 à 1814, si ce n'est que la tâche était confiée aux soins d'un seul et très-capable investigateur, le D' Francis Buchanan (devenu plus tard sir Francis Hamilton), qui dut cependant la laisser inachevée. Suivant le plan de M. Thomason, les informations réu» nies dans chaque district venaient se concentrer à Calcutta, où les matériaux seraient mis en œuvre. Cette conception, quoique très-pratique, n'aboutit pas alors, ou du moins s'arrêta avant d'avoir donné de bien grands résultats ; on y revient aujourd'hui, avec la résolution de la mener à bonne fin. Il semble même que sans changer les bases proposées, et surtout sans en altérer le caractère essentiellement pratique au point de vue de l'administration, on ne se refusera pas à y faire entrer les éléments purement scientifiques dans une proportion plus libérale. Du moins, la description du district de Ghazipour, qui vient

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d'être publiée sons la direction de M. Wilton Oldham (ôdessus, n*" 122), présente-t-elle, sous ce rapport, des informations très-abondantes.

Voici Tordre que Ton y suit :

Le 1*' chapitre est consacré à la géographie physiqae du district, formes du terr&in, élévation du sol, rivières^ climat;

Le 2*", aux antiquités et à l'ancienne histoire, y comprU les monuments, dont quelques-uns, les plus importants, ont été figurés, notamment le pilier de Bitharî, avec un fao^ simile et la traduction de Tinscription appartenant à nn prince de la deuxième dynastie des Guupta, qui régnait à la fin du IV* siècle de notre ère.

Le 3'' chapitre contient Ténumération historique et de^ criptive des tribus entre lesquelles se répartit la propriété du sol;

Le 4* expose l'état du district sous le gouvernement musulman ;'

Le 5* et dernier chapitre contient un historique circonstancié des radjahs de l^énarès, vassaux du nabab d'Âoudh, jusqu'à la cession que ce dernier fut contraint de faire de la cité sainte et de son territoire à la Compagnie, en 1775.

; Suit une série d'appendices relatifs à différents objets d'administration, d'histoire et de topographie, entra autres une table des altitudes. Le point le plus élevé du district esta 291 pieds an^'lais (un peu moins de 89 mètres) au-dessus du niveau de la mer. La partie supérieure du Ghât principal de (Ihazipoûr (c'est-à-dire des gradins qui descendent au Gange pour les ablutions des dévots hin- • dous) est à 57 mètres au-dessus de la mer.

Le tout est accompagné d'une série de cartes où le district se présente sous ses diverses attributions, cartes ob l'on pourrait désirer — particulièrement dans la principale, la carte physique — plusde détails et uneplusgrande

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finesse d'exécution, mais qui renrerment, en somme, une quantité considérable d'indications importantes.

Ghazîpoûr est un des six districts dont se compose aujourd'hui la province de Bénarès, une des grandes divisions de ce que Ton a nommé les provinces du nord-ouest, dans la Présidence du Bengale. Il est situé au-dessous de Bénarès (ch.-l. d'un autre district), presque tout entier sur la rive gauche du Gange; sa superficie est de 2195 milles carrés anglais (5685 kii. carrés), à peu près l'équivalent d*uD département français. La population, d'après des relevés déjà anciens, était de 1 059 300 âmes, 186 habitants par kilomètre carré.

S s. Élude historique et économique du Bengale. Le livre de M. Hunier.

A côté de ces grands travaux entrepris sous l'autorité immédiate du gouvernement colonial, il se publie sur plusieurs parties du nord de l'Inde d'autres ouvrages considérables dont les matériaux sont en grande partie fournis par l'administration, et qui tirent de là un caractère demi-officiel. Telles sont les savantes et très-remarquables publications de M. Will. Hunter, directeur du bureau de statistique du gouvernement de l'Inde ; tel est aussi le Gazetleer ou Dictionnaire des Provinces Centrales, publié en 1867 par M. Charles Grant, et réimprimé en 1868 (V. notre précédent volume, p. 24). Les études de M. Hunter se rapportent au Bengale et aux territoires limitrophes; elles ont pour objet principal les tribus aborigènes, ce qu'on peut appeler les couches inférieures de la population. Un premier ouvrage s'est attaqué au côté linguistique de ces éludes (V. le t. VII de ÏAtméey 1868, p. 130, n" 98); celui dont nous enregistrons aujourd'hui la 5* édition (ci-dessus, à la Bibliographie, n° 123) s'attache à la vie physique et morale, aux habitudes, aux mœurs, aux

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idées religieuses, aux autécédents historiques. « Ou a écrit de beaux livres sur la puissance Jjritauuique dans Tlnde ; mais ces livres s attachent aux actes du ^gouvernement et à la biographie des gouverneurs, non à Thistoire du peuple. Les millions d^êtres qui portent silencieusement notre joug n'ont pas trouvé d'annaliste. »

Et ailleurs, après avoir cité ce passage de M. Hodgson : « Dans les vastes djangles, dans les cantons montagneaz de l'immense continent indien, il existe des centaines de milliers d'êtres humains dont la vie ne diffère guère de celle des Germains telle que Tacite nous la décrit, » après avoir, disons-nous, cité ce passage, M. Hunter ajoute : < Qu'une branche de la famille humaine, qui ne compte pas moins de trente millions d'âmes, ait véca durant un siècle sous la domination anglaise sans que le monde civilibé ait rien appris de son origine, de sa langue, de son genre de vie, c'est un fait qui, certes, donne matière à réflexion. Tandis que la race à peau blanche, qui s'est emparée des plaines, est devenue l'enfant d'adoption de la science contemporaine, les tribus à peaa foncée, les premiers maîtres du sol, sont restés ce que nous les avons trouvés, des êtres négligés, oubliés, relégués au fond des montagnes et des forets primitives où ils cachent leur vie méprisée. L'étude des langues ariennes a plus fait en un demi-siècle pour expliquer l'histoire de l'homme, que n'avaient fait auparavant les efforts de cinquante générations de savants. De la découverte du sanscrit date une nouvelle ère pour la pensée humaine. La grammaire sanscrite est devenue la clef de voûte de la philologie, et la doctrine des écoles brahmaniques a marqué de sa profonde empreinte la philosophie moderne. Mais on a complètement négligé les autres races; et cependant ces races ont une histoire plus ancienne que les Aryas, — une histoire non moins instructive peut-être, si nous en pouvions retrouver la trace. Le peu d'mvestigateurs qui, à une épo*

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