LE TURKESTAN
TDBKESTAN INDÉPENDANT. TARKAND. KACHGAR, etC. '
156. Meer Izzut Oollah. Travels in Central Asia, 1812-13. Translated by Capt. Henderson, CalcuUay 1872, in-8*».
Tradaft da manascrit persan. Ce voyage était déjà connu par la version partielle que Klaproth en a donnée en 1826 dans le 2* volume de son Magasin Asiatique. Pour ceux qui n'auraient pas sous les yeux cet important recueil, nous en lirons Tintroduction suivante dans la« quelle Klaproth fait bien connaître Tobjet et la nature de la rela-> tion:
c £n 1812, H. Moorcroft, qui avait le projet de visiter les contrées
ASIE
situées ao nord de THimâlaya loriqu*ane occasion favorable se rencontrerait pour entreprendre cette excursion, y envoya à l'avance Mir rzzet-Ullah, qui était attaché à son service. Celui-ci alla de Dahli m Karhmir^ de 1& au Tibet, de ce pays à Yarkand, de cette ville i Kachgar, d'où il gagna la frontière de la Chine. li revint par Khokand, Samarkaîidj Boukhdrn, Balkh^ Khoulm, Kaboul, Bamiânt et retourna dans les plaines de THindoustan. pendant cette longue course, il tint un journal exact dans lequel il nota les dilTérents endroits où fi passa, et les objets qui fixèrent eoa attention. Comme il était dAué d^intelligence et de sagacité, il recueillit beaucoup de renseignements précieux, quoiqu'ils ne soient ni aussi détaillés ni aussi précis que ceux de Mooreroft luiHBQéme. >
167. Resultsof the observations taken by M. R. B. Shaw durix^ iiis journey to Yarkand in the year 1870; caiculattd by W. Ellis, of the Royal Observatory, Greenwich. Journal of the Roy. €eogr. Soc, vol. XLI, 1871, p. 373-392.
Les observations calculées par M. Ellis se rapportent à la iatltade, à la longitude par les distances lunaires, à la déclinaison magnétiqne et aux altitudes au-dessus du niveau de la mer. Les éléments de cet diverses observations sont consignés dans une suite de tableaux, et d*autres taËleaux contiennent les résultats, il nous a paru utile de grouper dans un tableau d'ensemble les principales données qui se tirent de documents.
Localités.
^ aS à. V
Longitude.
Altitude
en mètres.
Déclinaison
delà boussole.
Latitude.
E. de Grpenw,
E. de Taris.
Tchagra.
Maâmik, Passe.
Pamzal.
Gogra.
Sommet du Col.
Patsalang.
Grim, Passe.
Tchouichou, Passe.
36 53 ko
Kochtak.
Kargalik.
Yanghl Bazar.
Yarkand.
lono
Oultoughrak.
Olbek.
Tchibra.
Kara-Tàgh, col.
Somdo.
158. Du môme : On the position of Pcïn, Tcharchand, Lob Noor, and other places in Central Asia. Vroceed, ofthe Roy. Geogr, soc., XVI, n* 3, p. 242-253.
Essai d'éclaircissement des chapitres de Marco Polo qui touchent à ces parties de l'Asie intérieure.
TURKESTAN ORIENTAL. I&l
M* Shaw a auftii la à la réanion de rAssociation Britannique à Brighton, au mois d'août dernier, un mémoire on the phyùcdl featutes oftht Pamir, and itt Âryan inhabitantt. Comme résultat de~ses propres ei^servatioas et de ceUes de M. Haywcrd (voir le précédent vf^on de VAnne'e^ p. S5 et 44), M. Shaw représente les hautes steppes de Pamir non eomme an plateau ouvert et continu, soutenu par une ehalne méridienne app^ée montagnes de Bolor (c'est Hdée qu'on fl%n est faite généralement ^sqa*à présent), mais comme un ensemble de chaînons dirigés parallèle»ent de l^Est à l'Ouest, aToc des lacs dans les dépresÉions d'oà s'épanchent des cours d'eau qui m portent les uns au levant, lesautresau couchant. Les tradiUons de deux grandes branches de la race arienne placent leur berceau dans cette région; aujourd'hui encore elle e«t occupée par une race entièrement différente des populations tàtares, et qui se dit du même sang que les Tadjiks de Bokhara, dont Ik langue est le persan. Leur peau est blanche, les cheveux souvent de couleur claire, les yeux brun-clair, les traits fins, la physionomie régulière et d'une coupe européenne. A en juger'par le court vocabulaire que Tauteur a pu recueillir, leur langue a une affinité plus directe avec le sanscrit qu'avec le persan moderne.
IhQ, Letters from M. G. W. Hatwa'rd on his explorations in Gitgit and Yassin. Journal of the Roy, Geogr, Soc.^ vol. XLI, p. 1-46; wiih Map.
On a réuni ici les dernières lettres de M. Hayward, mort assassiné dans les hautes vallées de THindou-koh, et les détails que Ton a recueillis sur la catastrophe (voir notre précédent volume, p. 85 et 38). On trouve à la suite plusieurs vocabulaires des dialectes de Ghilghit, de Tchitral, et une série d'itinéraires qui seront d'un grand prix pour la cartographie.
Voici quelques remarques et une ou deux observations de llnfortuné voyageur :
t Nos cartes placent une ville de Kachgar vers la tête de la vallée de Tchitral ; il n'y a pas là de place de ce nom. Tout le pays est apyteU Kachgar. » Cette assertion positive, venant d'un observateur tel que M. Hayward, tranche la question si longtemps débattue des deux Kachgar. Le voyageur ajoute : « Les districts de Yassïn, Ponyal et Mastoûk forment le haut Kachgar; le Tchitral forme le Bas- Kachgar. >
€ J'ai trouvé pour la latitude de Yassïn 36"22'38" N., et 7765 pieds au-dessus du niveau de la mer (2367 mètres), par le point d'ébulliUon de l'eau. La vallée de Ghilghit varie en altitude de 5ooo à 5600 pieds (de 1500 à 1700 m.). Les calculs d'altitude s'appuient sur l'altitude adoptée pour Skardo par les ingénieurs de la grande triangulation, 2703 mètres.
« L'observation a donné pour la latitude de Ghilghit 35*»55*2''-, et pour la latitude de Yassïn 36*22'44''.,>
La remarque suivante a surtout une importance capitale : « J'ai tonjoars été d*opinion que la vraie route de l'Inde à Yarkand est de PeTehavèr par la vallée de Tchitral, ou du Kachmir par les vallées de Tassïn et de Ghilghit, et non par la chaîne de Karakoram. Je suis plus que jamais porté à maintenir cette opinion, depuis que j'ai vu l'excellente route qui remonte la vallée de Yassïn. »
160. Route d^lBBAHiM-KBÀN de Kachmir à Tarkand par Tassïn, en
152 ASIE. (n" 156-162.)
J870. Proeeedings ofthe Roy. Geogr. Soc, XVI, n» 3, p. 387-
Cette route de Tlnde à Yarkand par les vallées du Dardistan, recommandée par-dessus toutes les autres par M. Hayward, est précisément celle qu*a suivie en 1870 Ibrahim-Khân, attaché aux travaux de la triangulation de l'Inde, un des indigènes employés par M. Montgome-* rie dans la reconnaissance scientifique du Tibet et du Turkestan, c'està-dire des régions de la haute Asie difficilement accessibles aux explorateurs européens. Nous avons ici un itinéraire complet de Srinagar
* à Yarkand mesuré en kôs de station en station, mais sans di-
■ rections.
161. Major T. G. Montgomerie. A Havildar journey through Chitral to Faizabadin 1870. Ibid. p. 253-261.
Extrait do rapport général du major Montgomerie sur les opérations de la triangulation de Tlnde durant la campagne de 1870-71 (voir ci-dessous, le S 2 des développements).
1^2. Du môme : Report of the^ Mirzd's exploration from Caubul to Kashgar (1868-69). Journal ofthe Roy. Georg, Soc, vol. XLl, p. 132-193. Map.
Ceci est moins le Rapport proprement dit de l'explorateur persan formé à Tëcole des ingénieurs anglais de Tlnde et que l'on ne désigne que Sous Tappellation de JUirza^ qu'un mémoire du major Montgomerie où le Rapport est accompagné d'un commentaire perpétuel. C'est on morceau précieux pour la géographie de toute cette haute région. (Voir ci-dessous, S I). — Le Rapport proprement dit fait partie da General Report du colonel Walker on the trigonometrical survey publié à Rourki en 1870 en un vol. gr. in-4o de 113 pages, avec 5 cartes. (Voir les Mittheilungen de Petermann, 1872, n» 1, p. 40.)
Les explorations anglaises de la haute région au nord>ouest de Tlnde*.
S 1*'. Le Mirza.
On voit par ces relevés bibliographiques combien les explorations poursuivies avec persévérance depuis queU qnes années par les Anglais dans la haute région qui confine au nord-ouest de l'Inde sont importantes , et quels résultats considérables en sont déjà sortis pour la connaissance physique et topographique de ces pays jusqu'à présent si peu connus. Parmi les voyages que nous avons notés, celui du Mirza mérite une attention tout à fait particulière, à cause du très-remarquable commentaire dont le major Montgomerie Ta enrichi (ci-dessus, n° 162): nous nous y arrêterons un moment.
CONTRÉES AU N. O. DE l'iNDE. 153
Le major Montgomerie , en traçant d'abord un aperçu général de Titinéraire du Mirza, depuis Kaboul jusqu'à Kachgar, fait remarquer que dans le Badakchân et la vallée du haut Oxus, les données fournies par le nouvel explorateur sont en parfait accord avec celles du lieutenant Wood, compagnon d'Alexandre Burnes en 1836 ^
« Pandja, d'après les déterminations chronométriques du lieutenant Wood, se place au 72' degré 41' de longitude orientale (Grreenw.), par 37" 2' de latitude; les observations du Mirza donnent pour la latitude 37" 5', et pour la longitude 72" 39'. » Ce rapprochement est, en effet, un précieux certificat de la valeur du nouvel itinéraire.
« De Kaboul au Badakchân, et de là à Kachgar, le Mirza a fait une reconnaissance complète de la ligne parcourue. Les directions ont été notées au moyen d'une bonne boussole prismatique, et les distances mesurées au pas, le Mirza et deux ou trois de ses hommes se relevant dans cette tâche. Ils avaient à la main un chapelet dont ils faisaient glisser un grain de cent pas en cent pas, avec un grain plus gros pour marquer le millième. Des déterminations de latitude ont été prises au moyen de l'observation du soleil et des étoiles , sur différents points importants, à Kaboul, à Khoulm, à Faizabad, au Sirikoul, à Kachgar, etc. Jusqu'à Pandja, on peut comparer ces observations de latitude avec celles de Griffiths et de Wood, et les résultats concordent généralement à 2 ou 3 minutes près, accord aussi satisfaisant qu'on peut le désirer , les voyageurs n'ayant sûrement pas faitleurs observations précisément aux mêmes points;... on peut donc conclure avec certitude que, sans avoir la pré-
l. L'intérêt que les nouvelles explorations ont ramené sur ces contrées où si peu d'Européens ont pénétré, a fait penser à réimprimer l'excellente relation du lieutenant John Wood, la première, et jusqu'à ces derniers temps la seule que l'on eût sur l'Oxus supérieur (o Personal Narrative of a journey to ihe source of the river Oxus, Lond. 1841, 1 vol. avec carte). Un mémoire de M. Yule donne un nouveau prix à cette réimpression (18TZ, J. Murray).
cifiion rigoureuse qu'on ne peut guère attendre que d'un astronome de profession, les observations du Mirza, Ik ok l'on ne peut les contrôler, d(mnent les latitudes vraies aviC un écart maximum de 4 à 5 minutes. »
Voici la liste des déterminations .principales du Mirsa, auxquelles le major Montgomerie a fait les correctionfl j»» gées nécessaires :
Longitude.
AlUtlMlB
Localités.
Latitude.
£. de
Greonw.
E. de Paris.
en mètrec.
Khoalm (Tàchkoiirgàn).
Koundoaz.
UouBtak.
3ti S8
FaTzabad.
Ichkaschtm.
Pandja.
Lac Pamir, on Barkàt Yassïn.
Sirikoul (Tàchkourgàn).
Tanghi-Hissar.
lS8i
Kachgar (Yangha Chèbr, ou la
Ville-Neuve).
Le Vieux Kacngar.
C'est sur cet ensemble de données que la carte qui compagne le rapport, ou, pour mieux dire, le mémoire du major Montgomerie, a été construite.
Les altitudes ayant été déduites du point d'ébuUilion de l'eau, laissent place , ainsi que le fait observer M. Mont gomerie, k un certain degré d'incertitude ; elles peuvent dn moins fournir une approximation satisfiiisante de l'altitude relative des différentes places.
M. Montgomerie fait remarquer que la position de Kachgar, telle qu'elle se déduit des observations du Mina, est plus orientale que sur la carte du Turkestan construite en 1867 sous la direction du colonel Walker, « déplacement que j'avais prévu il y a déjà plusieurs années, ajonte le major, lorsque j'essayai de fixer la longitude de Yarkand, celle de Kachgar m'ayant paru dès lors devoir être portée plus à Test. 9
LE babakciiAn. 155
M. MoB%omerie fait encore remarquer k ce sujet que d'après les récents explorateurs russes, la longitude de Kacbgar, telle que la donnent les cartes antérieures , demande à être reculée d'environ 2 degrés vers l'est, ce qui la mettrait par 75'' 57' environ (G-reenw.). « Mais il convient de remarquer que cette approximation, qui est de 15' plus occidentale que la longitude 76*^ 12' à laquelle je me suie arrêté, ne se rattache encore qu'à un seul point fixé astronomiquement, à savoir, l'extrémité occidentale du lac Issikoul, dont le chiffre pourra bien, peut-être, recevoir quelque correction. »
Dans . rétat actuel des choses , les géographes auront à choisir entre ces deux approximations, celle des astronomes russes et les combinaisons du major Montgomerie. Dans l^ncertitttde, et, en attendant une vérification directe, on pourrait s'arrêter à une moyenne provisoire.
S 2. Le Havildar.
Dans sa communication, également fort importante, sur la reconnaissance faite par le Havildar (ou sapeur) de Pelchavèr au Badakchftn (ci-dessus, n"* 161) , k major Montgomerie en résume les principaux résultats dans le passage suivant :
c La longueur de la route reconnue est de 286 milles (460 kilom.), à travers un terrain tout k fait neuf pour l'explorateur européen. La route touche un grand nombre de <iistricts, et détermine avec toute Texattitude désirable un certain nombre de places importantes. Elle donne à la géo- . graphie environ 13000 milles carrés (de 33 à 34 000 kil. c.) de cette terra ignotay et elle aidera k ébaucher la géographie d'un area encore plus étendu. La route est échelonnée par .vingt . observations de latitude faites sur cinq points. Les observations du point d*ébullition sont très* maigres, le havildar, qui en était à sa première expédition.
n'appréciant pas suffisamment celte nature d'observations. D'après l'existence d'un glacier et la présence de la neige en septembre, ainsi que par d'autres inductions, il croit pouvoir conclure cpie le col de Naksân (dans l'Hindou-koh oriental) dépasse 17 000 pieds d'altitude (5200 mètres), et que la passe de Dora peut être de 16 000 à 16 500 pieds (de 4900 à 5000 mètres).
« La position de Tchitral a toujours été un grand desideratum ; or, le havildar en a déterminé la latitude par trois observations concordantes auxquelles on peut avoir confiance, et la distance parcourue, combinée avec cet élément^ donne vers le nord de Peïchavèr une position en longitude qui ne peut pas s'éloigner beaucoup de la position vraie.
c En somme, le havildar a rempli sa mission d'une manière satisfaisante, et, de plus, il a fixé, par le relevé des directions, la position d'un certain nombre de pics, qui aideront à préciser sur la carte les montagnes environnantes. »
Le colonel Walker (dont la carte a été mise en cause) n'a pas tout à fait la même confiance dans le concours des auxiliaires indigènes, ni dans les résultats de leurs explorations. Toutefois, il fait remarquer que la détermination de l'altitude de Tchitral par le havildar à un peu plus de 2100 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, est un fait remarquable dans la géographie physique de cette région. Quand on considère que les seuls pics de l'Hindoukoh dont on a jusqu'à présent déterminé la hauteur, ont de 6500 à 8500 mètres , ce fait que Tchitral descend presque à 2000 mètres, quoique situé à peu de distance de la chaîne, a pu d'abord paraître très-douteux, jusqu'à la détermination de l'altitude de Yassïn par M. Hayward à 7700 pieds anglais (2350 mètres environ) , Yassïn étant à peu près à la même distance de la ligne de faîte de l'Hindou-koh que Tchitral. II paraît donc probable que la chaîne, dans cette partie, éprouve une dépression considérable.
Quand nous Connaîtrons mieux la géographie de cette contréoy nous aurons probablement à faire subir de grands changements au système de montagnes tel que nos cartes le représentent. Le massif fortement accentué qui représente actuellement la ligne de partage entre l'Oxus et le Gophës se trouvera sans aucun doute beaucoup moins élevé que nous ne le supposons, et il pourra bien arriver que les plus hautes sommités du système soient au sud de la ligne de faîte.