MONGOLIE
de la Mongolie entre la haute Selinga et Péking. Ce morceau avait d^jà paru dans le Bulletin (Isvestïa) delà Société de Grëographie russe. M.Przevalski a fait cette traversée au mois de mars 1871. Bien que se trouvant là sur un terrain déjà foulé par de nombreux Européens, l'explorateur paraît jftvoir beaucoup ajouté à la précision des notions antérieures sur les conditions physiques et la configuration de ce grand trait du jelief de TAsie.
De Eiakhta (800 mètres au-dessus de la mer}, le Plateau de la Mongolie s'étend Tespace de 200 versteSy jusqu'à la rivière Karagol, sans changer sensiblement de niveau ; là il s'élève brusquement d'environ 450 mètres, puis on monte constamment sur un parcours d'environ 150 verstes, pour gagner un nouveau gradin dont l'altitude est de près de 2000 mètres. A une cinquantaine de verstes plus loin, on atteint le maximum de l'altitude de cette région, 2180 mètres; puis, sur un parcours de 340 verstes le niveau descend graduellement à 1067 mètres, à mi-chemin environ entre* Ourga et ELalgan. Ici le terrain se relève de nouveau durant un parcours de 380 verstes, et l'on gravit ainsi le troisième étage du Plateau jusqu'à ce que se termine l'escarpement méridional, et dont la hauteur est presque de 2000 mètres.
Dans la contrée montagneuse du nord du Plateau il y a des forêts qui plus au sud disparaissent entièrement. La dernière forêt se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud d'Ourga. Parmi les arbres de ces forêts domine le Pintts sylvestriSy auquel se mêlent çà et là le Pinus LariXy le Betula et le Populus Tremula. Par contre, le fond des vallées et la pente des hauteurs se couvrent partout d'une herbe haute d'un pied à un pied et demi, qui fournit toute Tannée une pâture excellente aux troupeaux des Mongols.
A 250 verstes environ au sud d'Ourga commence le Gobi proprement dit, désert qui s'étend de l'ouest à l'est sur un espace immense, tandis que son étendue du nord au sud, là où
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le voyageur Ta traversé, n'est guère que de 600 verstes, à peu près 650 kilomètres.
Le Gobi manque absolument de bois; ç& et là seulement, au pied d'une hauteur ou sur le bord d'un courant desséché, on trouve un arbre isolé, objet d'une vénération religieuse pour les Mongols. Dans la maigre flore du Gobi, les espèces dominantes sont les graminées et les composites.
La population diminue dans la même proportion que les moyens de subsistance; elle devient plus rare et plus dispersée à mesure que Ton s'enfonce dans la région qui vient d*étre décrite. Le Mongol rompu aux intempéries, et le chameau son fidèle compagnon, peuvent seuls habiter ces solitudes sans bois et sans eau, que brûle en été un soleil tropical, et que pénètre en hiver un froid polaire.
La limite naturelle entre les hautes terres et les plaines basses de la Chine est nettement et fortement marquée. Elle est formée par une chaîne étroite d'un caractère bien accusé, quoique sa hauteur verticale ne dépasse pas l'altitude du Plateau. Des passes à parois verticales, des gorges profondes, des sommets escarpés et des masses colossales de rochers à pic, enfin un caractère constant de stérilité sauvage : tels sont les traits qui caractérisent cette chaîne frontière , au long de laquelle court la célèbre muraille de la Chine. Le chemin qui la traverse conduit par un étroit défilé de 25 verstes de longueur jusqu'à la ville de Kalgan. Cette passe descend par une pente rapide, particulièrement dans sa partie supérieure. Plus loin la pente est moins raide ; en somme, Kalgan est plus bas d'un millier de mètres que le rebord du Plateau.
L'extrait suivant se rapporte an bassin de TOussouri. Quoique cette description nous ramène à l'article précédent consacré à la Mandchourie russe, nous ne croyons devoir ni la transposer ni la supprimer. La connexion physique domine ici la division politique.