‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 245 sur 337 · SUR LA 'POPULATION DE LA CHINE · texte numérisé non relu

SUR LA 'POPULATION DE LA CHINE

nistère apostoliqae et de ses recherches d'histoire naturelle, le savant abhë a beaucoup vu, beaucoup observé; il est revenu riche de matériaux nombreux qu'il espère être à même un jour de publier. Quelques notes jointes à sa lettre sont de nature à faire désirer la prompte réalisation de cette espérance.

Voici ce que M. l'abbé David dit de la population de l'empire, sujet difGcile sur lequel il y a eu tant d'avis différents:

« Mes voyages dans une grande partie de la Chine m'ont convaincu que l'énorme population de quatre à cinq cents millions d'âmes qu'on lui attribue n'est pas une exagération Mje s ravages desTaïpings, des Nienfei^desTangsmao^des Mahométans,ont eu beau détruire le^ villes et les bourgades, elles ressuscitent comme par enchantement et en peu d'années. C'est qu'en Chine tout le monde se marie de bonne Hheure, et qu'il faut très-peu à un ménage pour vivre et prospérer, les Chinois ayant trouvé l'art de réduire à leur plus simple expression leurs besoins pour le logement, l'habillement et la nourriture. Aussi, l'accroissement des familles est tel, que l'excès de la population commence à se déverser en masses épaisses hors des limites de l'ancienne Chine. — Ainsi, j'ai vérifié, dans mes voyages de Mongolie, qu'un large espace de la région qui touche à la Grande Muraille est devenu exclusivement chinois en peu d'années. Même le grand pays des Ortous ou Ordos, qui était encore tout mongol à l'époque du passage de MM. Hac et Gabet, est maintenant habité et cultivé un peu partout par les familles sorties du Chan-si et du Chen-si : de manière que la race mongole, qui dépérit et diminue à vue d'oeil, se refoule vers l'intérieur des hauts plateaux, en abandonnant aux habiles envahisseurs leurs meilleures terres, lisurgit en peu d'années d'innombrables hameaux, des

1. C'est aussi l'opinion de M. le D' Martin. Ci-Jessus. n*» 184. l'année géogr. XI. 1-i

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bourgs et des villes, cpi continuent à dépendre des mandarins du lieu de leur origine, et non point des princes mongols.

« D'un autre côté, lé gouvernement impérial a fait tout son possible pour encourager et favoriser le lamanisme, et il a obtenu par là plus que ce qu'il prétendait par la gigantes» que construction de la Grande Muraille, c'est-à-dire la sécurité contre les incursions des populations turbulentes de l'Asie centrale, où la vie nomade du pasteur n'est pas tonjours une ressource suffisante pour Texistence. En effet, j'ai vu que maintenant toutes les familles mongoles se font un devoir de consacrer au célibat du lamanisme tous lesgar-^ çons en général, à l'exception d'un seul; et, chose curiensel il paraît, d'un autre côté, qu'il y naît fort peu de filles. Le fait est que la population mongole est aujourd'hui tràs-clairsemée, et se soutient misérablement et avec peine du re« venu incertain de ses troupeaux, tandis que les industrieux enfants de l'empire du Milieu profitent de toutes les occasions pour avancer leurs empiétements. Et ils font bien : l'activité et l'intelligence, avec l'aisance relative, remplacent peu à peu l'inertie et la misère des pasteurs mon« gols, qui paraissent avoir fini leur temps, ou peu s'en faut.

« Quant à l'intérieur de la Chine, je dois observer qiye plusieurs deâ principales grandes villes 4e l'empire sont en décadence évidente. Ainsi, on sait que depuis le passage des rebelles, Nanking est à peu près vide d'habitantfl à l'intérieur de ses murailles; sa fameuse tour de porcelaine n'existe plus. La réunion des trois villes d'Ou-tchang, de Han-keou et de Han-yang, dans le Hou-pé, qui &isait, d'après les relations anciennes, un centre de population porté à six ou sept millions I ne contient plus peut-être que le tiers de ce chiffre, grâce encore aux ravages des Taïpings. Péking lui-même ne renferme pas aujourd'hui un million d'âmeSy bien que les Chinois affirment le contraire : la cause de cette diminution est dans la misère provenant de

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