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Aux tableaux qu*il a réunis dans son travail, M. Thomas ajoute les remarques suivantes :
c L'examen des tableaux qui précèdent, joints à oeux que Ton trouve dans les rapports de M. Hayden pour 1870 et 71, révèle quelques faits importants touchant la topcrgraphie de TOuest ; parmi ces faits, je puis mentionnffr les suivants comme étant d'un intérêt général.
« Le Llano Estacado, c la Plaine Palissadée », à son extrémité nord, immédiatement en deçà de la rivière Canadienne, varie en élévation de 1000 à 1200 mètres enfinm au-dessus de la mer, tandis qu'à l'extrémité sud, où la ligne du capitaine Pope l'a coupée, le Llano atteint une élévation de 1430 mètres. Au nord, le Llano est qaelqne peu irrégulier et accidenté, et le point le pius.élevé est ven le bord occidental ; au sud, il est beaucoup plus uni, et le plus haut point est près de l'escarpement oriental. L'altitude moyenne de ce large plateau est d'environ 1200 mètres au-dessus du niveau de la mer. »
Un fait nouveau dans 'l'hypsométrie de l'Amérique du Nord, c'est qu'une portion notable du grand bassin fermé compris entre les Montagnes Rocheuses et la Sierra- Nevada est au-dessous du niveau de la mer. Yoid à ce sujet ce que nous lisons dans le journal de la société de Géographie de Genève (n'* 3 de 1872), d'après une correspondance de San Francisco.
Dans une séance récente (juin 1872) de l'académie des Sciences de San Francisco, — nous apprenons du même coup que la Californie a maintenant son académie, — le colonel Gray, à la demande du président, a donné lecture d'un extrait de son rapport comme ingénieur de la compagnie a Southern Pacific Bailroad. » Se référant aa rapport fait précédemment par le professeur Williamaoïiy qui montre par des observations barométriques qu'une grande partie du désert du Colorado est au-dessous du
niveau de la mer^ il a troavé dans son dernier arpentage qne ce fait est vrai.
c Les notes que Tingénieur assistant E. A. Phelps a prises pendant qu'il déterminait les niveanx de la ligne entre la passe San Grorgonio et le fort Yuma, énoncent des fiiits remarquables, concordant avec le rapport du pro« fesseur Williamson.
c A une distance de 65 milles du sommet de la passe San Gorgonioy dans une direction sud, on atteint le niveau de la mer. Descendant par une pente douce^de 24 milles 6/10% la route arrive à 203 pieds (62 mètres) au-dessous du niveau de la mer. La plus forte dépression (66 mètres] se trouve à 6 !milles plus loin. Encore 20 milles, et Ton se retrouve au niveau de la mer.
< La longueur totale de la partie du chemin qui est audessous du niveau de la mer, est de 50 milles 6/10*. »
Un autre fait curieux de la géographie naturelle de la Californie, est l'existence des geysers, ou petits volcans d'eau chaude, dans une vallée pittoresque à une soixantaine de milles au nord de la baie de San Francisco. On s'est beaucoup occupé, dans ces derniers temps, des geysers californiens; une intéress^te excursion de M. Raoul Le Boy (n* 313) nous donne des détails précis sur le phénomène et la localité. Le voyageur termine son récit par ces remarques:
« Ce n^est guère qu'en Islande qne le phénomène des geysers a été étudié de près. Les gêyms d'Islande diffèrent en bien des points des sources jaillissantes de la Californie ; la différence principale, c'est que Teau de ces dernières est de composition sulfo-alcaline, tandis que celle des geysirs islandais est saturée d'acide silicique. On explique la formation des geysirs par l'infiltration des eaux dans les crevasses des roches volcaniques. Nul doute que les causes des éruptions ne soient les mômes en Californie. Tous les sommets voisins des geysers californiens sont couverts de neiges et de glaciers, donnant aussi naissance
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à id[-immeD8e8 quantités d*eau qui sUnfîltrent dans les fentes ^ les cavernes pour ressortir plus tard en colonnes jaillissantes et thermales. £n Californie, toutefois, la source est periba^ tente, quoique dans de moindres proportions; en Islande, le caractère prédominant des geysirs est Fintermittence.
Puisque nous ayons consacré ce paragraphe en grande partie à des mesures d'altitude , disons encore que MM. Bainier et Baker, officiers du Goast Survey, Ëtats- Unis, ont détennipé pour la hauteur du mont Bainier, point culminant du territoire de Washington, dans la chaine des Cascade Mountains, 14^444 pieds anglais (4402 mètres); c'est 4 pieds de plus que le mont Shasta (autre nœud plus méridional des monts Cascade, vers 41'' 1/2 de latitude). Ls mont Bainier est situé par 46<' 51' 9" de latit. N- et 121<^ 45' 28*' de longit. 0. de Gr. = IIQ^ 25' 18*'0. de Paris. L'altitude du mont B&ker (Colombie anglaise) a été antérieurement trouvée de 3278 mètres.
S 2. Lei trayanx géodésiqaet duii la région de TOoest.
M. Daniel (jilman, dans une Address au sein de la société de Géographie de New York (janvier l37|), et Y American journal of Science dans un article spécial (cidessus, n* 342-343), ont l'un et l'autre passé en revue les travaux géodésiques récemment exécutés ou en cours d'exécution dans les territoires de l'Ouest des Étate-Uiiis : nous avons utilisé ces deux documents en rédigeant le résumé suivant :
L Rapport du corps des ingénieurs de V armée féd/èraie. La tftche principale de ce corps scientifique est, en temps dé paix, de surveiller la constmciion et Tentretien des fortifications, d'exécuter les travaux que le coounerce exige dans les ports, les ririères et les lacs. Il n'est question ki que de ce qui touche plus particulièrement aux choses di géographie.
— Reconnaissances des grands lacs, La reconnaissaDce des grands lacs intérieurs, maintenant sous la direction du major Gomstock, du corps des ingénieurs, a été poursuivie dans le cours de Tannée dernière sur les lacs Supérieur, Michigan, Saint-Glair et Ghamplain, et s'est étendue au fleuve Saint-Laurent. — Dans le lac Supérieur, on a complété le relevé des Apostle islands. La triangulation fondamentale a été portée des Porcupine Mountains à Duluth, ce qui fait une distance de 120 milles; la ligne de hase de Minnesota Point a été mesurée ; on a déterminé par le télégraphe électrique l'intervalle en longitude entre Duluth et Saint-Paul ; enjGin,on a fait des observations azimuthales de longitude et de latitude aux stations de premier ordre de l'extrémité occidentale du lac.
Des déterminations analogues ont été faites dans le lac Michigan, et l'hydrographie intérieure a marché de front avec le relevé des côtes. — La triangulation, l'hydrographie et la topographie du lac Saint-Glair sont complétées.
Une reconnaissance a été faite à partir du 45* parallèle (limite nord de l'État de New York), jusqu'à l'extrémité orientale du lac Ontario. Presque tous les signaux sont érigés pour la triangulation, et une partie des angles sont mesurés. La topographie et l'iiydrographie ont été portées du 45* parallèle jusqu'à 10 milles au S.-O.d'Ogdensburgh.
Plusieurs cartes ont été préparées pour la gravore.
La longitude de Détroit (oi!i est placé l'observatoire actuel pour la reconnaissance des lacs) a été déterminée à 24» 0*^ \% ±: 0»^ 02, par rapport à Washington. La longitude entre Détroit et Duluth, et entre Duluth et Saint-Paul, a aussi été déterminée par la connexion télégraphique.
— Nevada et Arizona» Une expédition organisée sous les auspices de l'administration du génie aux États-Unis, pour la reconnaissance des territoires inexplorés du Nevada méridional et de l'Arizona, expédition plac^ sous la
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direction du lieutenant G. M. Wheeler, s'est mise en campagne dans les premiers jours du mois de mai 1871, et a poursuivi ses travaux jusqu'au mois de décembre. Les neiges des Montagnes Rocheuses, et d'autres difficultési ont reculé jusque vers la fin de janvier l'arrivée de l'expédition scientifique à Washington, où les explorateurs sont actuellement occupés (mars 1872) à rédiger leur rapport officiel. L'objet principal de Texpédition était de faire la carte et la description d'une portion de la contrée inhospitalière sur laquelle on n'a eu jusqu'à présent que les rapports incohérents de quelques hardis prospectars.
Le corps entier de l'expédition, y compris l'escorte, etc., se montait à 80 ou 90 personnes, divisées en deux troupes principales qui devaient se réunir chaque mois à des points désignés. Le parti se subdivisait, d'ailleurs, selon les circonstances, de manière à embrasser la plus grande superficie possible. L'expédition ayant quitté le grand chemin de fer du Pacifique à Carlin et à Battle Mountain dans] le Northern Novada, les deux troupes se dirigèrent rapidement au sud et gagnèrent Belmont, où commencèrent les travaux sérieux de l'exploration. De ce point jusqu'au Colorado, les lignes à explorer formaient un réseau continu embrassant toute la largeur du Nevada, et s'étendant même sur la Californie et l'Utah. Les opérations, un peu restreintes sur certains points, furent poussées au Sud à travers l'Arizona, et se terminèrent à Tucson. Un petit détachement explora en bateaux le Colorado sur un espace de 200 milles, depuis le fort Mojave jusqu'au confluent de Diamond Creek, plus de 100 milles au-dessus du point où s'était arrêté le lieutenant Yves, et 40 milles au-dessus du débouché de Big Canon. De nombreuses vues photographiques ont été prises sur tous les points intéressants. Outre les opérations ordinaires au sextant, six points ont été fixés rigoureusement en longitude et en latitude par des observations zénithales. On a relevé sur toutes les lignes
parcourues des profils barométriques et] des observations météorologiques.
En histoire naturelle, on a fait de nombreuses collections qui ne peuvent manquer de fournir une nombre considérable d'espèces nouvelles, et on a recueilli une masse d'informations sur la distribution des animaux et des plantes. En géologie, on a réuni des matériaux pour la construction approximative d'une carte de la région explorée, qui reliera Touvrage de Newberry, Blake et Ântisell sur TÂrizona à celui de Kîng au 40' parallèle.
A leur retour, M. W. Hamel, ingénieur en chef, et deux autres membres de l'expédition, furent massacrés par les Apaches. M. Hamel avait la réputation méritée d'un topographe d'une rare habileté; sa mort est une grande perte pour la science. Les résultats de son dernier travail ont pu être recueillis et seront d'un grand usage dans la construction de la carte.
— Levé du 40'' parallèle. Le levé du 40* parallèle est en progrès. On a fait une nombreuse série d'observations sur les conditions actuelles du climat du Grand-Bassin, ses lignes isothermes, ses moyennes annuelles et mensuelles de température, etCc Une double collection très-considérable, botam'que et zoologique, a été formée. La reconnaissance a conduit à un examen scientifique très-complet d'une zone qui traverse le système presque entier de la Cordillère. . Les roches de notre limite orientale, dit le rapport, sont déjà celles des formations atlantiques, et doivent être pour les géologues l'objet d'une longue étude. Les ressources agricoles du bassin sont très-limitées; sur 88 000 kilomètres carrés qui ont été examinés dans la région nord du Nevada, on estime que 2600 kilomètres sont susceptibles de culture, même en tirant parti pour Firrigation des rivières et des cours d'eau. La minute des cartes a été rapportée à l'échelle de 2 milles au pouce, et on en a fait par la photographie une réduction de 4 milles au pouce.
formant trois feuilles. Ces feuilles sont en préparation pour être gravées sur pierre. Les textes sont prêts pour l'impression.
— Reconnaissance des rivières de l'Ouest, La rivière de Cumberland a été levée, d'une part, depuis Nashville jusqu'à rembouchure de la rivière; d'autre part, di^puis Nashville jusqu'aux rapides du cours supérieur. De ce dernier point jusqu'à l'embouchure, le cours de la rivière est de 595 milles (957 kilomètres). Voici quelques altitudes rapportées à la marée moyenne à Mobile :
Au pied des chutes 235 mètres.
Rivière Laurel 209 —
Smith's shoals, à la tête 198 —
— au pied 182 —
Pointe Bumside 182 —
Nashville 111 —
Confluent de la rivière 87 —
On a fait une reconnaissance préliminaire de la rivière Wabash, depuis Wabash jusqu'à l'embouchure.
Le lieutenant Âdams, du corps des ingénieurs, a fait aussi une première reconnaissance de la French Broad river.
On a fait la reconnaissance d'une ligne propre à l'azécution d'un canal navigable entre Hennepin, sur la rivière Illinois, et Rock island sur le Mississipi, passant par GaneseOy canal dont la longueur serait de 65 milles, avec une branche d'alimentation navigable de 38 milles venant de Dixon.
Une série d'études a été faite sous la direction du lieutenant colonel Raynolds, pour l'amélioration du Mississipi et de ses tributaires.
Sur la côte du Pacifique, des reconnaissances plus ou moins détaillées de diverses rivières ont été faites dans plusieurs régions, notamment de la Villamette au-dessus d'Oregon City, de TUmpqua, et de plusieurs parties du Sacramento.
n. Les geysers de Jellowstone. Les geysers si remarquables gui ont ^té trouvés dans la vallée da haut Yellowstonp, la proposition adoptée dans le Congrès de réserver, pour en faire un parc national, la partie de la vallée la plus intéressante par ses phénomènes naturels, et enfin la possibilité que Ifi vallée de Yellowstone soit adoptée pour le tracé du Northern Padiic Railroad, ont récemment attiré l'attention générale. Les principales sources d*informations venues à notre connaissance sont les suivantes :
Description pittoresque de la région des geysers d'après les observations de l'exploration Washburne-Langford, dans le Scribner's Monthly de 1871;
La relation de Walter Trumbull, dans VOverland Monthly de mai 1871 ;
Le rapport du docteur Hayden, 1871^ dans V American journal of science^ vol. lîl, 1872, p* 161 et 294;
La relation d'une reconnaissance {1971} du capitaine J. W. Barlow du corps des ingénieurs, publiée dans différents journaux de janvier et de février 1872.
Sur les dernières cartes publiées (jusqu'à la fin de 1871} par le Bureau des ingénieurs , le cours supérieur des rivières Yellowstone et Fire Hole est assez faiblement dessin^; mais sur la carte de M. de Lacy, ingénieur en chef de la Montana, le tracé de ces deux rivières est mieux arrêté et la nomenclature plus circonstanciée.
jyi. RouU du tforthem Pacific Railroad. Des études d'uQ second chemin de fer à travers le continent, par le haut Missouri et \» vallée de la Columbia, ont beaucoup lyouté à notre connaissance de ces contrées. Cette région est celle dont le voyage de Lewis et Clarke en 1804, 5 et 6, nous donna les premières notions; elle fut de nouveau reconnue par le général Stevens en 1853, 54 et 55 (dont le rapport forme la l'* partie du t. XII de l'U. S. Pacific Bailroad Report), et elle a été encore examinée avec soin par le capitaine J. Mullan, qui a construit, de 1858 à 1862,
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une ronte militaire depuis le fort Walla Walla sur la Golumhia, jusqu'au fort Benton sur le Missouri. Le rapport du capitaine Mulian a été imprimé par ordre du gouvernement en 1863.
Le conseil du Northern Pacific Railroad a publié, Tannée dernière, le rapport d'une reconnaissance de la route faite en 1869 par le général W. Milnor Roberts. Le même ingénieur a consacré Tété de 1871 à l'examen du point de partage des Montagnes Rocheuses, entre lapasse Lewis-and- Glark au nord et la passe Deer-Lodge au sud, distance de près de 100 milles qui embrasse tous les cols de la grande chaîne dont le Northern Pacific Road peut profiter. Il a ensuite descendu la vallée de la Yellowstone, ainsi qu'il a été dit plus haut.
Dans le même temps, le général T. L. Rosser a reconnu une route entre le Missouri à fort Rice et la Yellowstone.
M. Frank Wilkeson a également étudié, dans le cours de Tété dernier, la géologie de la région comprise entre Gadotte's Pass et Deer-Lodge Pass , au point de vue du charbon et du fer.
M. Gh. A. White a traversé la Grande Plaine de la Golumbia et la Grande Goulée.
Ges quatre rapports ont été imprimés en vue d'une prochaine publication.
IV. Carte des routes de transport dans le Minnesota et le Dakota. Une carte des routes du Minnesota et du Dakota, comprenant les chemins de fer, vient d'être construite par le général Holabird, quartermaster en chef du département de Dakota, et publiée à l'échelle de 10 milles au pouce. Les cours d'eau, les lacs et les chemins sont soigneusement indiqués, de même que les établissements des colons et les villages; naturellement le relief est dessiné d'une manière moins précise. Gette grande contrée attire maintenant tellement l'attention et se développe si rapidement, que cette carte préparatoire, dont l'exécution présentait de grandes dif-
ficaltés, est d'un intérêt tout particulier. Parmi les indications notables que donne la carte, nous citerons les lacs, qui sont un des traits si particulièrement caractéristiques du Minnesota et du Dakota oriental, la ligne du partage des eaux entre le golfe du Mexique et la baie d'Hudson, l'esquisse du a Coteau des Prairies >« et du « Coteau du Missouri, » et enfin le tracé du chemin de fer du Pacific du Nord.
S 3. La région da Far West Suite. La Californie. Géodésie. État politique
et social.
Parmi les publications, généralement si remarquables, qui se rapportent aux investigations géologiques et aux opérations géodésiques poursuivies sur les nouveaux territoires de rOuest, il en est peu d'aussi importantes et d'aussi complètes que celles de M. Whitney sur la Californie. « Tout le monde parle, dit M. Gilman, des immenses ressources naturelles du Golden State, le pays de VOr; mais peu de gens, même parmi ceux qui l'habitent, se rendent bien compte des admirables recherches dont ces richesses ont été l'objet de la part du chef de la commission géologiquoi et de la belle exposition qu'il en a faite dans ses rapports. Il nous paraît que si le mot géologie a pour quelques-uns un charme particulier, d'autres n'y attachent qu'un sens trop restreint. On ne se dit pas assez que sous cette désignation générale se trouvent compris bien d'autres objets d'une attribution toute pratique : de belles cartes, habilement élaborées, du territoire entier, avec des plans à plus large échelle des localités d'une importance particulière ; une vaste étude de la (jpnfiguration physique du pays, comme première base des investigations sur le cli mat, sur l'agriculture, sur les facilités de communication et les conditions de salubrité d'une contrée neuve encore, et qui appelle tant de développements; une analyse toute
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lioayelle du sol et de ses couches inférienres, non-seulement sous leur aspect théoriquement scientifique, mais surtout au point du vue des applications usuelles; enfin^ une étude complète des animaux et des plantés indigènes. L'étendue de l'État y ses magnifiques ressources, les beautés qu'il renferme, la rapidité merveilleuse de son développement, ses perspectives de richesse et d'influence, tout cela tendait fort désirable que la nouvelle et complète explbrsdon fût entreprise sur un bon plan, d'après de bonnes méthodes et par des observateurs compétents. Toutes ces conditions ont été remplies. H en était une encore tout à fait nécessaire : des subsides suffisants. Il y a eu quelque hésitation; mais aujourd'hui l'État paraît décidé à faire achever l'œuvre comme elle doit l'être. Quelcpe argent qu'elle ait coûté, on peut affirmer qu'une telle dépense né sera jamais regrettée. Les principes d'une stricte économie exigent eux-mêmes qu'une pareille œuvre soit vigbttreusement poursuivie et complètement achevée. » D'après le relevé qu'en fait M. Oilman, voici quel était l'état (lies publications au commencement de l'année 1872 :
1® Une carte de la baie de San Francisco et de ses environs, à l'échelle de 2 milles au pouce; 2o une carte en 4 feuilles, à l'échelle de 6 milles au pouce, comprenant 60,000 milles carrés environ (155,000 kil. carias), de la partie centrale et la plus peuplée de TËtat : deux feuilles de cette carte sont à peu près terminées, et les deux autres sont entre les mains des graveurs; 3® une carte générale de l'État, à la fois topographique et géologique, à l'échëlIë de 18 milles au pouce, également très-avancée; 4» quatre volumes de texte illustré, outre le Guide Yosémite* et diverses brochures, le premier de ces volumes consacré k la configuration générale de l'État, les deux suivants à la paléontologie, le quatrième à l'ornithologie. Il y aura en
1. V. le précédent vol. de Vannée Céographiquef p, 119, n*24l.
CALIFORNIE. 255
outre un volume pour la botanique, un autre pour la conchyliologie, un autre pour la géologie propre. L'œuvre, on le voit, a des proportions tout-à- fait monumentales.
A côté de ces appréciations nationales en ce qui touche le développement et les ressources de là Galifomie, on verra avec grand intérêt l'appréciation étrangère faite dans de bonnes conditions d'exactitude. Voici quelques extraits du rapport adressé an ministre de la Marine et des Colonies par l'amiral commandant en chef la division française de rOcéan Pacifique. Ce rapport contient d'ailleurs des informations toutes nouvelles sur la colonie française dé San Francisco.
Depuis l'époque à laquelle je visitai la Californie, en novembre 1857, jusqu'à ce jour, que de progrès en tous genres à constater, aussi bien dans l'ordre moral que dans l'ordre matériel!
Le comité de vigilance qui avait purgé San Francisco de ses bandits, la loi de Lynch, encore en pleine vigueur dans les placera éloignés, ne son^ plus que des souvenirs qui ne se retrouvent que dans la conversation des plus vieux pionniers. Partout, maintenant, régnent la sécurité et le respect de la loi. San Francisco, avec sa population de 172 000 habitants dont 10 000 Chinois, est parfaitement gardé psur un corps de cent policemen, et ce n'est plus que dans les districts éloignés, les plus près des Indiens, dans ces parties reculées de l'Etat où l'esprit d*aventnre8 conduit encore des squatters et des chercheurs de mines, que se renouvellent les scènes de meurtre et les applications de la loi de Lynch si fréquentes dans les premiers temps de cette colonisation cosmopolite.
Cette amélioration morale s*est fait également sentir parmi nos Gompatnotes si fortement mêlés à l'origine.
En ce moment, il n'existe pas ailleurs un point où Ton puisse trouver une population française plus patriote, plus travailleuse, plus sagement économe que celle qui réside à San Francisco. Le nombre en a grandement diminué ; de vingt à vingtcinq mille auquel on les estimait en 1857, il est peut-être, en ce moment, dans tout PËtat, réduit à une dizaine de mille, dont trois ou quatre mille habitent San Francisco. Quelques-uns
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seulement ont acquis une belle position de fortune ; mais l'aisance est générale parmi eux, et l'estime dont ils jouissent est universelle. Cette estime, ils la doivent à leur probité en affaires, à leurs habitudes de travail, et aux établissements qu'ils ont fondés à grands frais au moyen de la mutualité, soit pour venir en aide à toutes les infortunes, sans distinction de nationalité, soit pour inculquer ou fortifier ces principes d'économie et de prévoyance....
Grâce à ces institutions si libérales et si utiles, où la différence de nationalité n'est jamais une cause d'exclusion, la colonie française de San Francisco jouit d'une honorabilité Justement méritée, et l'on ne voit, pour ainsi dire, jamais le nom d'un de nos compatriotes devant la justice américaine.
Pendant la guerre, cette population a donné plus d'un million, et plusieurs de ses enfants ont quitté volontairement les positions les plus belles pour courir à la défense du pays.
Le commerce français est à San Francisco et en Californie ce qu'il est partout dans le Pacifique. Les nouveautés, les articles de Paris, les modes, la bijouterie, la parfumerie, le commerce des vins, occupent la plus grande partie de nos nationaux. Quelques-uns sont à la tète d'importantes maisons d'affaires, ou ont fondé des fabriques de lainages qui donnent de forts beaux résultats ; tandis que par l'industrie de quelques autres, le jardinage, et surtout la culture de la vigne, se sont si largement développés, que la production du vin s'accroît en Californie dans une vaste proportion.
Quant à notre commerce maritime, il a été représenté, en 1870, par 20 navires avec 9760 tonneaux, et en 1871, par Ik navires avec 6328 tonneaux.
Cette diminution dans nos importations directes à San Francisco n'est point un fait isolé dans le commerce général de cette place ; la facilité des transports par le chemin de fer transcontinental a amené un résultat semblable pour toutes les importations maritimes, et surtout pour celles des ports des États-Unis de l'Atlantique....
On ne peut parler de la Californie sans dire un mot de sa production minière.
Si on ne s'en rapportait qu'aux publications officielles, cette production aurait beaucoup décru, car au lieu de 300 millions de francs environ à laquelle on l'estimait en 1857, nous trouvons, d'après ces documents, que les exportations d'or et d'argent, en 1871, n'auraient été que de U5 millions de francs. Si
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on y ajoute les 94 millions de francs de pièces d'or et d'argent frappées cette même année par la Monnaie de San Francisco, on n'arrive qu'au chiffre de 239 millions de francs. Mais si l'on tient compte des découvertes récentes de mines très -riches d'or et d'argent, des moyens perfectionnés employés actuellement pour leur exploitation, des nombreux capitaux qui sont venus en aide à l'industrie minière, on ne trouve pas exagéré le chiffre de 400 millions qui m'a été donné comme représentant le rendement actuel des mines de la Californie.
Ne fût-il réellement que de 239 millions de francs, quelle situation meilleure actuellement pour ce pays, se suffisant nonseulement à lui-même, mais pouvant exporter 90 millions de francs des produits de son sol, quand on la compare à celle de l'époque où les mines lui donnaient 300 millions, mais qu'il fallait échanger contre des objets de première nécessité; maintenant nous trouvons qu'il a pu vendre à l'étranger, en 1871 :
Laine 33 750000 fr.
Blé 1 5 900 000
Farines 8 700 000
Vins 3 660 000
Eaux-de-vie du pays 555 000
Fourrures 555 000
Cuirs 1 905000
Peaux 1 730 000
Saumon salé 740 000
Bois de construction 1 610 000
Mercure 4 985 000
Minerais de cuivre 610000
Minerais d'argent 4 900 000
Métaux divers (l'or non compris). 4 100 000
Produits divers 6 280000
Total 89 980 000 fr.
Les exportations générales de la Californie se résument pour 1871 par :
Or et argent 144 770 000 fr.
Produits du pays 89 980 000
Exportations des marchandises de provenance américaine ou étrangère 55 185 000
Total 289 935 000 fr.
l'année Gt!OGR. XI. 17
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Le produit vinicole de la Californie, en 1871, aurait étô de 7 millions de gallons, soit 28 millions de litrrs ou 128000 de nos barriques , dites bordelaises ; mais comme il y a encore beaucoup de jeunes vignes, que Ion en plante continuellement, que leur rendement est énorme, fabuleui, dirai-je, on pense qu'avant cinq ans ce produit sera doublé.
Les plants de France, d'Espagne, d'Allemagne, de Madère, du Levant, même ceux de la vigne sauvage de Californie, ont été mis à contribution; mais, partout, ce sont les plants français qui dominent, ce qui est dû autant à leur bonne qualité qu'à ce que ce sont nos compatriotes qui ont introduit cette culture en Californie comme au Chili.
Jusqu'à ce moment, les vins sont de médiocre qualité; cependant, j'ai trouvé quelques bons oiidinaires.
S 't. Le dernier recensement des États-Unis.
Le recensement périodique d'une grande nation est toujours un important sujet d'étude à bien des points de vue; cela est vrai surtout pour un pays tel que les Etats-Unis, où tous les éléments nationaux, où toutes les forces sociales sont dans un travail continu de développement et de transformation. M. le vicomte de Borelli, dans une note communiquée à la Société d'anthro))ologie de Paris, a mis en saillie quelques-uns des faits généraux qui ressortent du neuvième recensement de TUnion américaine (voir à la Bibliographie, n*'*349, 350, 35 J , 352), particulièrement en ce qui touche à Taccroissement des diverses classes de la population aux États-Unis.
L'augmentation du nombre des Noirs {coloured population) depuis la fin du dernier siècle se résume ainsi :
Esclaves 697 681
Libres 59 527
Esclaves ^ 3 953 760
Libres 488 070
1670 (esclavage aboli)
Nombre total . . . . • 4 rtSO 00 J
Voici, pour la même période, la progression de la population blancbe :
Iinini^'rants Date. Population, pendant la dccade.
1860 26922 537 lî 508 214
lti70 33 586 989 2 491214
Indiens, Les Indiens taxedy c'est-à-dire cito}'en8 des États-Unis et soumis à Timpot, étaient en 1860 au nombre de 44,021; il n'y en a plus actuellement que 25,731. Le chiffre a donc diminué de près de moitié. C'est dans les Ëtats de Californie et de Micbigan qu'ils sont le plus nombreui:
Eu Californie 7241
Daus le Michigaii 4926
Le nombre total des Indiens se décompose ainsi (IS'iO):
Taxés îi5 7;n
Nomades (appruximativeiueiit; ... ;'3 1 740 Recensés. ' 1J3 2il
Total de la population iiidicmic . . . cb'6 712
En somme, les 33 586 989 hommes de race blanche, les 4480000 Noirs et les ;J83 712 Indiens ,' auxquels il faut ajouter 6 î 254 Chinois, donnent aux JÉlatr-Unis, à la date de 1870, une population totale de 38 513 955 âmc^
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seulement ont acquis une belle position de fortune ; mais l'aisance est générale parmi eux, et l'estime dont ils jouissent est universelle. Cette estime, ils la doivent à leur probité en affaires, à leurs habitudes de travail, et aux établissements quUIs ont fondés à grands frais au moyen de la mutualité, soit pour venir en aide à toutes les infortunes, sans distinction de nationalité, soit pour inculquer ou fortifier ces principes d'économie et de prévoyance....
Grâce à ces institutions si libérales et si utiles, où la différence de nationalité n'est jamais une cause d'exclusion, la colonie française de San Francisco jouit d'une honorabilité justement méritée, et l'on ne voit, pour ainsi dire, jamais le nom d'un de nos compatriotes devant la justice américaine.
Pendant la guerre, cette population a donné plus d'un million, et plusieurs de ses enfants ont quitté volontairement les positions les plus belles pour courir à la défense du pays.
Le commerce français est à San Francisco et en Californie ce qu'il est partout dans le Pacifique. Les nouveautés, les articles de Paris, les modes, la bijouterie, la parfumerie, le commerce des vins, occupent la plus grande partie de nos nationaux. Quelques-uns sont à la tôte d'importantes maisons d'affaires, ou ont fondé des fabriques de lainages qui donnent de forts beaux résultats ; tandis que par l'industrie de quelques autres, le jardinage, et surtout la culture de la vigne, se sont si largement développés, que la production du vin s'accroît en Californie dans une vaste proportion.
Quant à notre commerce maritime, il a été représenté, en 1870, par 20 navires avec 9760 tonneaux, et en 1871, par Ik navires avec 6328 tonneaux.
Cette diminution dans nos importations directes à San Francisco n'est point un fait isolé dans le commerce général de cette place ; la facilité des transports par le chemin de fer transcontinental a amené un résultat semblable pour toutes les importations maritimes, et surtout pour celles des ports des États-Unis de l'Atlantique....
On ne peut parler de la Californie sans dire un mot de sa production minière.
Si on ne s'en rapportait qu'aux publications officielles, cette production aurait beaucoup décru, car au lieu de 300 millions de francs environ à laquelle on l'estimait en 1857, nous trouvons, d'après ces documents, que les exportations d'or et d'argent, en 1871, n'auraient été que de U5 millions de francs. Si
CALIFORNIE
on y ajoute les 9k millions de francs de pièces d'or et d'argent frappées cette même année par la Monnaie de San Francisco, on n'arrive qu'au chiffre de 239 millions de francs. Mais si Ton tient compte des découvertes récentes de mines très -riches d'or et d'argent, des moyens perfectionnés employés actuellement pour leur exploitation, des nombreux capitaux qui sont venus en aide à l'industrie minière, on ne trouve pas exagéré le chiffre de 400 millions qui m'a été donné comme représentant le rendement actuel des mines de la Californie.
Ne fût-il réellement que de 239 millions de francs, quelle situation meilleure actuellement pour ce pays, se suffisant nonseulement à lui-môme, mais pouvant exporter 90 millions de francs des produits de son sol, quand on la compare à celle de l'époque où les mines lui donnaient 300 millions, mais qu'il fallait échanger contre des objets de première nécessité; maintenant nous trouvons qu'il a pu vendre à l'étranger, en 1871 :
Laine 33 750 000 fr.
Blé 1 5 900 000
Farines 8 700 000
Vins 3 660 000
Eaux-de- vie du pays 555 000
Fourrures 555 000
Cuirs 1 905000
Peaux 1 730 000
Saumon salé 740 000
Bois de construction 1610 000
Mercure 4 985 000
Minerais de cuivre 610000
Minerais d'argent 4 900 000
Métaux divers (l'or non compris). 4 100 000
Produits divers 6 280000
Total 89 980 000 fr.
Les exportations générales de la Californie se résument pour 1871 par :
Or et argent 144 770 000 fr.
Produits du pays 89980000
Exportations des marchandises de provenance américaiDe ou étrangère 55 185 000
Total 289 935 000 fr.
l'année Gt'OGR. XI. 17
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Les lodiens sous la juridiction des États-Unis occupent aujourd'hui des concessions de terrains d'une surface totale de 228473 milles carrés, soit 137 8'46 971 acres. En en déduisant le Territoire indien au sud du Kansas, il reste, pour 172 Oûû Indiens, une étendue de terrains réservés de 96 155 785 acres, ou 558 acres par habitaut. Le terrain de ces concessions est généralement de bonne qualité, et susceptible d'une culture productive. Des traités en garantissent la possession aux Indiens contre l'immigration des blancs.
Le Territoire indien proprement dit est situé à Tonest du Missouri et de TAïkansas, et au sud du Kansas. D'une superficie de ^4 154 240 acres, il contient environ 60 000 habitants. A l'est du 96° de longitude, le sol y est d'excellente qualité, bien arrosé, et peut largement rémunérer les travaux du colon. A Tuuest du 96\ entre ce degré et la vallée de l'Ai kansas, le terrain est montagneux et d'une culture moins avantageuse. Il s'y trouve de riches dépôts de charbon, et probablement d'autres mines dont l'exploitation serait lucrative. Dans la vallée de l'Arkansas, le sol est d'une excellente qualité sur une (.'tendue de 10 milles; plus à l'ouest, quoi([ue moins fertile que dans la partie orientale du territoire, il est propre ^ l'exploitation: le Territoire indien no compte actuellement qu'un habitant par 630 acres. Si Ton por.^ait y transporter tous les Indiens de la Ilépubliquo, à l'exception de ceux de l'Alaska et de ceux qui sont dispersés dans les Etats nommés plus haut, chacun d'eux aurait 180 acres de terniio, c'est-a-dire plus qu'il n'en taut pour vivre confortablement. Et d'un autre côté, leur dépiirt des territoires qu'ils occupent aujourd'hui ouvrirait au travail des blancs une contrée d'une surface de 93 6^-2 731 acres. Réunir toutes les tribus indiennes dans un territoire comparativement restreint estleproblèrae qui s'impose maintenant à nous. De sa solution dépend, en grande partie, la destinée de la race indienne.^! ses
membres arrivent à se faire une juste idée de leur avenir, ils reconnaîtront qu'à moins d'accepter les bons offices de notre goavemement, et de s'efforcer franchement de travailler pour leur part au progrès, les difficultés et les dangers de leur existence actuelle ne peuvent que s'aggraver par suite du flot croissant de l'émigration des blancs qui rëdament chaque jour avec plus d'insistance les terrains de chasse et les concessions actuellement occupés par eux. Plusieurs tribus le reconnaissent et sont disposées à se prêter aux mesures q^ie nous suggérera le soin de leurs intérêts: avec de la prudence et une rigoureuse observation des traités, il n'est pas douteux qu'on ne puisse réussir dauE le plan exposé plus hau i.
Ajoutons, d'après la lettre d'un missionnaire (Bibliogr., n*^ 323), un détail assez curieux sur l'organisation intérieure des Ghérokis, la principale -des tribus groupées dans rindian Territory :
c Les délégués des douze tribus continuent de se réunir et de discuter les lois fondamentales destinées h servir de base à la Confédération. La tribu des Ghérokis parait ne pas être âivorable à Tadoption d'une Constitution écrite. Son objet, snsi que le disaient tout dernièrement ses délégués, est de fonder un gouvernement d'opinion, avant de songer à faire un gouvernement de paroles.
« Nous devons, ont dit les chefs de la tribu, nous occu- « per à graver les institutions dans le cœur de nos conci- « toyens; celles-là seules sont durables. Quant à les in.scrire « sur du papier, autant vaudrait les coniier h l'écoree de c Tarbre. Le chêne de la forêt croît tous Iok ans, et il change c d'écorce chaque année. Il en est de même de la nation « indienne. Il n'y a que deux choses qui ne passent point: « l'esprit de l'homme et le cœur du chêne. Tenons- nous-en « à l'esprit, si nous voulons vivre et durer. »
« Au dépari du dernier courrier, on était géncralement d'avis de laisser sommeiller les questions constitutionnelles.
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pour ne s'occuper que de Torganisation intérieure des tribus et des rapports qui doivent les lier. »
S 6. Notes archéologiqaes.
Jetons, avec M. Baldwin (n^'dSS), et avec Texamen substantiel qu'une plume compétente en a fait dans YAthenssum de Londres, un coup d œil sur les anciens temps de la race américaine.
Ce que nous savons des origines américaines, nous le devons, en partie, aux observations des récents explorateurs, en partie aux récits plus ou moins impartiaux, plus ou moins dignes de foi des Espagnols du seizième siècle. Ces observations et ces récits sont consignés dans de nombreux volumes écrits en espagnol ou en allemand, en français ou en anglais, et beaucoup de ces poudreux in-folios ne sont pas d'un accès facile pour la généralité des lecteurs. Réunir ces matériaux épars et en présenter une vue d'ensemble, tel est Tobjet que s'est proposé M. Baldwin.
Les restes de Tancienne civilisation américaine — la civilisation autochthone antérieure à l'arrivée des Européens — se retrouvent dans trois foyers^ dans trois centres séparés mais presque contigus, ou du moins reliés entre eux par des vestiges intermédiaires.
Celui du Nord embrasse la vallée du Mississipi et de ses tributaires; c'est un large triangle dont le sommet touche aux grands lacs, et dont la base s'appuie au golfe du Mexique.
Le foyer central couvre le plateau mexicain et se pro* longe dans l'isthme qui relie les deux Amériques ; il commence à la vallée du Nouveau-Mexique et aux plaines d'Arizona, et se termine au delà du Yucatan et du Guatemala.
Le troisième foyer, celui du Sud, occupe une longue bande de pays entre le Pacifique et les Andes, depuis le