‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 265 sur 337 · ORIGINES AMÉRICAINES · texte numérisé non relu

ORIGINES AMÉRICAINES

Uxmal par exemple, paraissent avoir été encore habitées au temps de la conquête, les habitants ne savaient rien de villes plus anciennes. La plupart de ces villes en ruine ont été envahies par ia végétation, et Ton sait que d'autres cités giseut ensevelies au milieu des forêts à peu près inexplorées.

On est mieux renseigné sur la circonscription mexicaine, centre de la civilisation azlèrpe au temps de la conquête; et bien qu'on ait quelques doutes sur certains points des premières descriptions espagnoles de la ville de Mexico, il est indubitable qu'un état de civilisation relativement élevé, quoique inférieur à celui du Oaxaca, du Yucatan et du Guatemala, existait dans la célèbre vallée où s'élevait la capitale aztèque, avec ses palais et ses grandes constructions religieuses.

La troisième circonscription de la zone centrale, — la première en partant du nord, et la première aussi dans l'ordre des temps, — se trouve dans le Nouveau-Mexique et TÂrizona, parmi les Indiens Pueblos, comme on les nomme, dont l'état social a pour trait caractéristique un mode d'habitation tout k fait particulier. Qu'on imagine un vaste bâtiment, un grand massif de forme quadrangulaire et composé de trois ou quatre étages superposés, chaque étage divisé en petites cellules où sont réparties les familles : c'est là, dans cette construction unique, qu'est concentrée toute la communauté. Ce sont des villages d'une nature toute spéciale. La construction, dans son ensemble, n'est pas sans analogie avec quelques-uns des grands édifices qui se voient plus loin dans le Siui, tels que le palais de Palenqué, ou la « Casa del Gobernador » h Uxmal. Ces bfttiments communs étaient en usage au temps de la conquête, et on en trouve encore d'habités on quelques endroits. Les Pueblos ont un degré de culture très-supérieur aux tribus errantes du Nord, avec lesquelles ils sont constamment en guerre.

268 AMÉRIQUE DU NORD. (n" 293-362.)

IIL Dans le Pérou encore^ les ruines consistent en cités, en palais, en forteresses, en grands travaux publics, notamment en aqueducs et en routes pavées, admirablement construites dans toute l'étendue de l'Empire^ Le caractère des constructions péruviennes différait de ceux de Tarchitecture aztèque. Elle était généralement unie et d'un style massif. Les temples des Péruviens n'avaient pas la forme de pyramides tronquées, et leurs grands édifices ne s'élevaient pas sur des terrasses. Leurs outils étaient en bronze, quoiqu'ils connussent le fer. Leurs notions astronomiques paraissent avoir été inférieures à celles des Américains du Centre.

En dehors de cet ensemble de faits réunis avec soin et discernement, nous ne suivrons pas l'auteur dans ses raisonnements sur l'origine et la génération des civilisations américaines. Il admet, ce qui paraît tout à fait manifeste, que la civilisation péruvienne et celle de TAnaliuac ont eu leur développement distinct et isolé ; mais quant à la culture morale et matérielle des diverses régions du Centre et du Nord, il serait enclin à en tracer la marche da Sud au Nord, tandis que la contraire paraît infiniment plus probable. Sur un autre point considérable, l'auteur paye son tribut aux hypothèses qui ont dominé si longtemps dans les spéculations scientifiques, à savoir, les prétendues anale* gies fondamentales que des savants sans critique ont cm trouver entre TAncien et le Nouveau-Monde, et les conséquences que l'on en tirait sur les origines de la civilisation plus ou moins développée des indigènes américains. Il fiant bien admettre un foyer originel de civilisation au sein de l'espèce humaine; mais on semble reculer devant l'idée que le même fait psychologique ait pu se produire au sein

1. Sur ce sujet des antiquités péruviennes,, il faut renvoyer au remarquablo travail de M. Squicr, ({ue nous avons analysé dans notre précédent volume (p. 162), et à celui de M. Cléments Markham dans le volume actuel (ci-dessus, p. 213^ n" 251).

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