GULF STREAM
SOD, que je m'effrayais grandement à Tidée de demeurer un hiver en Islande. Quel ne fut pas mon étonnement de trouver que non-seolement la température y est plus élevée qu'au Danemark où j'avais passé l'hiver précédent, mais encore que l'hiver islandais ne le cède en rien aux plus doux hivers de la Suède. Les moutons et les chevaux ordinaires y demeurent toute l'année en plein air. Les lacs près de Reykjawik ne gèlent guère que de deux pouces, et le plus grand froid qu'on y ait observé pendant treize années est de 12° R. :d La température de la mer qui baigne la côte occidentale de l'Islande est de + 80 en été, et + 2® en hiver....
Le Guif Stream subit entre l'Islande et les Faroer la même attaque qu'auprès do Terre-Neuve : moins violente il est vrai, car le coin du courant polaire est moins aigu cette seconde fois que la première, mais cependant assez forte pour que dans le mois de juillet les froides eaux de 0^ fassent plier les lignes isothermes de 2* de près do soixante-quinze lieues. Le treibeis (glace flottante en fragments), entrant dans le Gulf Stream comme les icebergs du Labrador, apparaît sur la côte orientale de l'Islande. Les résultats de ce second choc sont analogues à ceux du premier. De môme qu'à la hauteur de Terre-Neuve nue mince partie du Gulf Stream, se redressant sous le coup du courant polaire, a pris une direction Nord et a pénétré dans le détroit de Davis, de môme, au nord-est de l'Islande, au point où pour la seconde fois le courant polaire heurte le Gulf Stream, une dérivation assez considérable se détache du courant mexicain, et, mêlant ses eaux bleues aux eaux vertes du pôle, descend vers le Spitzberg. Elle refoule les icebergs, atteint la côte occidentale du Spitzberg, s'insinue dans ses fjords, le dépasse, puis, manquant de forces, s'arrête et s'arrondit devant un formidable cirque de glaces qu'elle semble maintenir. Sans doute, à 80" au nord de l'Equateur, par le parallèle du Smith Snnd, le Gulf Stream ne conserve pas les 6 degrés de chaleur qu'il possédait encore sur les côtes d'Islande ; mais on y trouve encore en juillet une moyenne de 2 degrés, et même de 4 sur certains points. Grâce à lui Thivernage est possible au Spitzberg.
Pendant qu'une branche du Gulf Stream descend ainsi vers le Spitzberg, le courant principal, toujours tiède de 8 à 6% se dirige toujours aussi vers le nord-est, enveloppant la côte de Norvège. Frûholm, à l'extrémité de la pointe la plus seplentrîonale de l'Europe, jouit en hiver du climat de Toulouse. La
Norvège entière , qui dépasse de cinq degrés de latitude le cercle polaire, vit da Gulf Stream, depuis Lindesnaes dans la mer du Nord, jusqu^à Vardô, près de la mer Blanche. Elle loi doit son commerce, sa nourriture de chaque jour, ses saumons, ses bancs de harengs qui couvrent la mer à la hauteur de Aaswer sous le cercle polaire...*
Deux fois déjà, à l'ouest et à Test du Groenland, le courant polaire a heurté le Gulf Stream par le flanc : deux fois il est sorti vainqueur du combat. La première, il a pu atteindre Fislande, les Faroer et les côtes d'Ecosse; la seconde, le Spitzbeig et les côtes de Norvège. Maintenant il touche à sa fin, ou du moins' il va se perdre en divers courants secondaires difficiles à suivre, même la sonde et le thermomètre à la main, dans la mer de Kara, le long de la Sibérie, et jusque dans le bassin libre de la Polynia.- . .
Nous ne suivrons pas plus loin M. Masqueray; c'est ail mémoire même que doivent recourir ceux qui voudront entrer à fond dans l'étude de cet important chapitre de l'hydrographie des mers occidentales.
391. Will. H. DixoN. La Russie libre, voyage trad. de Tangl. par E. Jonveaux. Parùj 1872, gr. in-8", 488 pages, avec 75 grav. dans le texte (Hachette).
La Russie Wrre est une étude complète et vivante de l'immense Empire, tel que Ta fait sa libération du servage. Ce n'est point par la façade trompeuse de Saint-Pétersbourg où tant de voyageurs s'arrêtent d'ordinaire, c'est par Arkhangel, la porte du Nord, le foyer glacé de la vieille f2mille moscovite, que l'auteur a abordé la Russie. Il descend profondément dans l'intérieur de ce peuple muet et si peu connu ; il aoBculte, pour ainsi dire, ses souffrances cacbées et sesvagues instincts d*nn destin meilleur. Il fait défiler devant le lecteur, en les observant et en les interrogeant au passage, ses prêtres, ses moines, ses pèlerins, ses mendiants, les sectaires de ses hérésies mystérieuses, les Cosaques et les Kirghis nomades qui chevauchent dans ses steppes à perte de vue. De cette investigation si curieuse résulte un livre rempli de faits nouveaux et d'aperçus pénétrants, qui, à l'intérêt d'une relation pittoresque, joint les révélations précises d'une solide enquête. On ne peut connaître la Russie nouvelle sans avoir lu le voyage de M. Dizon(Paul de Saint-Victor).
392. L. DE FoNTENAY. Voyage agricole en Russie. Paris, 1872, in-8'.
393. F. Reht. Die Rrim, in etbnographischer, landschaftlicher, und hygienischer Deziehung. Leipzig, 1872, petit in-8'*, xiv-244 p. Carte et fig.
394. F. J. WiRDEMANN. UcbcF dlc Nationalitut und die Sprache der jetzt ausgestorbencn Krecwinen in Kurland. mémoires de Vaead. impér» de St. Pétersb.j t. XVII, n» 2, 119 pages, gr. in-4",
Monographie complète, ethnographique et linguistique, de cette tribulive des Krévinghcs, qui a joué un rôle assez considOiable dans l'ancienne histoire de la Russie.
312 EUROPE. (n~ 391-400.)
39o. H. HowoRTii. The Finns and some of ther allies (Mémoire lu le 3 juin 1871 au sein de TÂnthropological institute de Londres).
D'après la note analytique insérée dans rAthencam, l'objet de ce mémoire est, en premier lieu, d'établir nettement la distinction qui sépare les Finnois des Lapons, deux peuples entièrement différents par les destinées historiques, la conGguration physique, les osages et le genre de vie (quoique les deux idiomes soient de la même famille) ; et en second lieu, de montrer que les Esthoniens appartiennent à la branche finnoise plutôt qu*à la branche lapone. L'auteur a réuni nne série de témoignages montrant, contre l'opinion commune, qoe l'établissement des Finnois et des Esthoniens dans leurs demeures actaeUes est de date très-récente ; il remonte jusqu'à leur première patrie acdelà.de la D\ina, où les Norses ou Norvégiens les connurent aoas le nom de Biarmiens, et les premiers chroniqueurs russes sous le nom de Tchoudes Sarraloks,
396. Bulletin {îsvestïa) de la Société impériale de Géographie russe. 1. VII, cah. 5-8, 1871; t. VIII, cah. 1, 1872 (en russe).
Voici l'indication des principaux morceaux contenus dans ces cahiers :
T. VIII, 6« cah. Notices sur les Turkomans ; — Przevalskif Notée sur le S. E. de la Mongolie (V. ci-dessus, p. 166) \ — Krapofkïn, Étades scientifiques en Finlande. — 7* cah. Véuioukoff^ Notice sur la population d'une partie de la Dtoungarie (le khanat de Kouldja et la prov. de Semipalatinsk oti Dzoungarie russe);— du même : Carte du Nord-Ouest de la Mongolie, et Notice explicative (v. ci-dessus, p. 166). — 8* cah. PalladiuSj les Alantzi de l'Oussouri (v. ci-dessus, p. 165); — Ktfniotikoff, Eléments de la population du Territoire de l'Amour. — T. VIII, l" cah., Fedchenko'j sur son voyage à Kokand (v. ci-dessus, p. 157).
397. Compte-rendu annuel des travaux de la Société de Géographie russe. St. Pétersh., 1872, in-8', 170 p. (en russe).
3D8. Mémoires de la Société de Géographie russe. Géographie générale; section mathématique et physique. T. II, rédigé par P. Séménoiï; St, Pétersh.^ 1869, in-8% 719 pages, avec 3 cartes (en russe).
Danilefgki, Recherches sur le delta du Kouban ; Carte. — Du même. Quelques réflexions sur la terniinoloc;ie géographique des Russes, à l'occasion des mots liman et ihnen. — Extraits d'une lettre du même, sur les résultats de son voyage à la Manitch. — 77«imcr«cn, sur la question de Tensablement de la mer d'Azof. — P. Tetiékoff^ le terri toire du Touroukhansk.— V. Latkïn^ l'industrie du cercle de Ienisseï.
— T. IV, rédigé par P. Krapotkïn. St. Pétersh,, 1871, in-8«/ 536 p, avec 6 cartes et 7 tableaux*.
J. B. Auerbach^ lemontBogdo, étude géologique et paléontologique.
— E. Lens, Ce que nous savons de l'ancien cours de l'Amou-daria ; Cartes. — A. Kouchakavitch, Aperçu géographique, ethnographique et économique du cercle de Kodjend; Cartes. — C. If t»c/icnfeo//i, Observations faites durant l'expédition de la vallée de Zérafchàn ; — Archiman-