PRINCIPAUTÉS
401. Faits commerciaux relatifs aux ports de la Turquie. Annales du Commerce extérieur, n" 1889, Turquie, n" 30 (avril 1872). 36 pages.
Ce n« présente un tableau complet da mouvement de tous les ports de la Turquie, en Europe et en Asie, pour Tannée 1868 en général, et pour quelques ports pour 1869 et 1870.
40*2. Paul Ghaix. Le Danube; amélioration de son embouchure. Le Glohe, journal de la Soc. de Géographie de Genève, t. XI, n* 3, 1872, p. 51-66.
• Le Danube est le premier fleuve de l^Eyrope, sinon par le volume de ses eaux et l'étendue de son bass'(i,du moins par son importance commerciale et celle des États quMl traverse et dessert. Il se décharge dans la mer Noire par trois embouchures, dont Tintermédiaire, celle de Soulina, est la seule employée malgré son faible volume d'eau, ses bancs et ses coudes, parce qo^elle n'est pas barrée. En vertu d'un récent traité, une Commission nommée par sept puissances européennes intéressées dans la question,, siège à Galatz pour administrer toat ce qui est relatif à la navigation des bouches du Danube, et la perfectionner. Cette navigation avait Tinconvénient de n'être possible que pour de très-petits bâtiments, d*exiger des transbordements très-incomniodes entraînant une grande dépense de temps et d'argent, d'obliger les vaisseaux à stationner dans une rade ouverte pendant une mauvaise saison. ce qui occasionnait d'innombrables sinistres. La Commission s'est mise activement à l'œuvre. Par des draguages et des coupures aux endroits convenables, par des digues prolongées fort loin dans la mer, elle s graduellement creusé et rectifié le chenal. Elle en a ouvert l'accès en toute saison à des bâtiments d'un assez fort tonnage. Elle a ainsi diminué dans une proportion énorme le nombre des sinistres et le temps requis par les besoins du service, en augmentant parallcffement le nombre des vaisseaux qui viennent prendre cargaison et le total des exportations. Les frais de tout genre ont été notablement réduits et le seront encore. >
403. Ferd. von Hochstetter. Das Vitos-Gebict in der Central-Tùrkei* Mittheil. de Petermann, 1872, n- 1 et 3, p. 1-4, 82-100; carte.
Morceau fort important pour l'orographie et l'hypsométriede la Turquie. Nous y reviendrons plus bas dans nos développements. — La partie historique des voyages de M. de Hochstetter comme géologue d'une commission d'études autrichienne pour le tracé du chemin de fer de Belgrade à Salonique (f?e{5« durch Ûumelien, etc.), est au Jour-
nal de]a Société de Géographie de Vienne (^Mittheilungen der Geogr. Gesellsch, in Wien)y 1870-1871. — Voir aussi notre volume précédent, p. 294, n* 476.
404. Â. BoDÈ. Die tûrkischen Ëiseubahnen, und die Géologie dcr Central-Tûrkei. Sitsiingsbericht der Wiener Âkademiej lx, 374. — Du môme : DerichtiguDgen zurHahn'schenKarte des Flussgebiets des Drin und des Yardar, in Nord-Âlbanien und Macédonien. Ibid,, p. 633.
Voir le vol. précédent de VAnnée Géogr.^ p. 294, n» 478.
405. Alb.DuMONT. Souvenirs de l'Adriatique. Revue des Deux Mondes^ l^'oct., l"nov., l"déc. 1872.
Morceau d'un vif et puissant intérêt, et en même temps d'une haute valeur comme étude historique, ethnographique et géographique. Nous y reviendrons ci-après.
406. Lebnert. Zur Kenntniss von Sùd-Albanien. Mittheilungen der Geogr. Gesellschaft in Wien, oct. 1872, p. 441-471 ; carte.
Les cartes de la côte albanienne, qui reposent toutes sur le levé de Marieni, datant de 1824, ne sont ni complètes ni d'une exactitude suffisante pour l'usage de la marine-, il a été décidé en 1870 que la côte de l'Albanie turque serait comprise dans le levé général de la partie orientale de l'Adriatique exécuté par les officiers de la marine autrichienne. M. Lehnert, lieutenant de vaisseau, chargé de la portion de ce travail comprenant la baib de Valona et Tembouchure de la Voïon88a,a mis à profit les facilités que lui donnait cette mission pour recueillir sur le pays les notes et les renseignements physiques, géographiques et statistiques dont se compose son mémoire. La carte, à l'échelle du 300 ooo*. est une excellente acquisition ; en la comparant i la récente carte de TÉpire et de la Thessalie de M. Kiepert, on comprend quels prodigieux changements un véritable levé de la Turquie d*Enrope apportera dans le tracé de nos cartes actuelles, tontes construites à peu près exclusivement sur de simples renseignements.
407. F. Kanitz. Reiso im Bulgarischen Donau, Timok-und Sveti Nikola-Balkan-Gebiet. Mitlheil, de la Soc. de Géogr. de Vienne, 1872, n«' 2 et 3, p 61-72, 105-112.
Remarques sur les cartes de ces cantons mal connus. — Voir le précédent volume de VAnnée Géographique, p. 293, n» 474.
408. Du môme : Zur Synonymik der Orts-Nomenclatur West-Bulgariens. ¥iUheiU der Geogr. Gesellschaft in Wien, mai 1872 (xv, 5), p. 217-220.
Lista de localités de la Bulgarie occidentale, sous la double forme des noms, turque et bulgare.
409. H. KiEPfiRT. Carte de l'Ëpire et de la Thessalie. Berlin, 1871, 2 feuilles (au 500 000*).
Cette carte, sauf pour les côtes, n*est à vrai dire qu'une étude basée tor la combinaison des itinéraires fournis jusqu'à présent par les voyageurs. Dans, une certaine mesure, cette sombinaison peut conduire à
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placer d'une manière au moins approzimative les villes principales et les positions intermédiaires; mais le figuré du terrain et le tracé des. rivières restent forcément très- incertains et livrés en grande partie à Tarbitraire. — Voir nos remarques ci-dessas, au n» 406.
410. E. Degubernàtis. L'Épiro; relazione d'un viaggio da Janina a Valona. Bollettino délia società Geogr. italiana, toI. YlII. Octob. 1872, p. 1-25.
411. P. Dataillard. Les derniers travaux relatifs aux Bohémiens de l'Europe orienlale. Pans, 1872, in-S", 80 pages (Franck).
M- Bataillard s'est consacré depuis de longues années à Tétade des questions qui se rattachent à l'origine, aux migrations, à l'idiome et aux habitudes de cette race dégradée. On lui doit déjà deux publications sur ce sujet : De Vapparition et de la dispersion des Bohémiem en Europe j 1844 ; et Nouvelles recherches sur Vapparition des Bohé» miens en Europe^ 1849.
412. JuRiEN DE LA Grayière. Les missions extérieures de la marine. Délimitation du Monténégro. E6VU6 des Deux Mondes , l«'aTr. 1872, p. 573-596.
Souvenirs d'une mission qui remonte à i858.Poi:r qui voit dans Ildatoirc autre chose que le froid squelette du fait matériel, les lignes suivantes, qui terminent l'attachant récit de l'amiral Jurien de laGravière, ne peuvent être lues sans une sympathique émotion ; et ce pasnge n'est pas le seul où l'auteur de ces pages, écrivain non moins éminent que brave et savant marin, ait révélé par un mot, par on cri sorti du cœur, les sentiments qui à l'heure actuelle remplissent Tàme da dévoué patriote, du citoyen honnête homme : « Je n'essayerai pas, écritil, de contredire les philosophes qui prétendent que c la vertu est si « nécessaire aux hommes et si aimable par elle-même, qu'on n'a pas be- ■ soin de la connaissance d'un Dieu pour la suivre; » je n'en croirai pas moins cette doctrine tout à fait insuffisante pour entretenir dans les âmes le culte exulté de la patrie.... Les plus grandes nations, les plus nobles races sont exposées à fléchir sous le poids de leurs discordes in testines. On les voit alors s'éclipser pendant de longs siècles. L'histoire ne nous offre que trop d'exemples de ces désastreux effacements ; mais l'histoire nous apprend aussi que ces nations peuvent renaître du moindre germe, lorsqu'elles ont conservé le respect de leur langue, la mémoire des hauts faits du passé, et cette dernière étincelle de vie, la fol religieuse, capable à elle seule de tout féconder. »
S i*'. Ouverture des chemins de fer dans la Turquie d'Europe. Études orographiques. M. de Ilochstetter. M. Kanitc.
L'Europe voit s'opérer en ce moment, ou tout au moins se préparer une transformation fort remarquable dans une de ses parties les moins accessibles, la Turquie. Ge qui fîit
autrefois lUIyrie, la Macédoine et la Thrace, ces pays de transition entre la civilisation romaine et la barbarie germanique, est resté jusqu'à présent une contrée en dehors de l'Europe chrétienne et civilisée, au point de vue géographique moins connue que Tintérieur de la Chine. Peu de voyageurs ont pu Tétudier d'une manière un peu sérieuse; aucune carte régulière n'en a été levée. Cet état de choses va changer, du moins tout Tindique. Un double réseau de chemins de fer, convergeant d'une part sur Ouskoub, au nord-ouest de Salonique, de l'autre sur Ândrinople, va porter la vie dans des provinces jusqu'à présent sans communications extérieures, comme des voies spacieuses ouvertes à travers les sombres cités du moyen ftge y jettent tout à coup l'air et la lumière. La Porte a accueilli les propositions de l'Autriche et concourt à ces grands travaux. Les études sont déjà terminées pour une au moins des lignes les plus importantes, la ligne de Belgrade à Salonique. Il va de soi que ces travaux préparatoires apportent à la géographie positive et à la cartographie des matériaux aussi précieux que nouveaux. La hauteur des montagnes, la forme des massifs, la direction des vallées, l'importance des pentes et des points de partage, le relief tout entier, en un mot, de ces contrées figurées d'une manière encore si incertaine sur nos meilleures cartes, malgré les études méritoires de Boue et de Yiquesnel, vont enfin reposer sur des levés directs et des mesures précises. Les communications du géologue de la commission d'études instituée par l'Autriche, M. Ferdinand de Hochstetter (ci-desssus, n<* 403 de la bibliographie), j.ermettent déjà d'apprécier Timportance des corrections qu'en recevra le tracé des cartes actuellement les plus autorisées, telles que la Turquie d'Europe en 4 feuilles de M. Henri Kiepert de Berlin, dont la seconde édition, presque entièrement remaniéei a paru Tannée dernière. Un savant voyageur viennois, M. Eanitz, qui réunit à l'habileté pratique de Ting^nieur
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le savoir de Tarchéologue et la main de l'artiste, a pu constater l'extrême imperfection d'une autre partie de la carie, celle oii se trouve la Bulgarie. Cette dernière province, que le Danube inférieur sépare de la Yalakhie et qui s'appuie au midi sur la chaîne des Balkhans, a toujours été regardée, au reste, comme la plus mal connue de toute la Turquie. M. Kanitz (n^ 407) en a parcouru dans tous les sens la moitié occidentale, il a traversé les passes du fialkhan sur un grand nombre de points, et la publication prochaine qu'il annonce ne peut manquer d'avoir une grande valeur ^ D'un autre côté, la Russie a obtenu de la Porte, il y a longtemps déjà, l'autorisation de prolonger jusqu'à la mer de Marmara la mesure du méridien de Laponie, ce qui permettra de lever trigonométriquement toute la Thrace orientale. Cet ensemble de travaux techniques n'intéresse pas seulement les géographes ; les changements dont ils sont l'indice dans la politique internationale des puissances, et ceux qu'ils apporteront dans les relations de l'Europe orientale, ont une portée qui n'échappe à personne.
Le travail de M. de Hochstetter, que nous venons de mentionner, mérite que nous nous y arrêtions d'une manière plus spéciale.
L'auteur était attaché comme géologue, en 1869, à une commission d'ingénieurs autrichiens chargés des études préliminaires du chemin de fer de Belgrade à Salonicjue. M. de Hochstetter a eu à sa disposition, pour la construs^ tion de sa carte, les levés et les études de la commission, qu'il a pu étendre sur certains points par ses investigations personnelles. M. de Hochstetter s'est appuyé, au point de vue de l'ensemble, sur la grande carte en 13 feuilles (au
1. Elle formera le coipplément naturel d'un très-beau et très-instructif volume publié par M. Kanitz, il y a quatre ans, sur la Servie : Serbien, historisch-ethmgraphische Reisestudien ; Leipzig, IS68, Ivol. in-8*.
864 000) de la Turquie et de la Grrëce par le capitaine de Scheda; mais il n'a pas tardé à reconnaître qu'à mesure -que du centre de la Macédoine on s'avance à l'ouest, on entre dans une région de plus en plus mal connue. La région du Vitocz, en particulier, était, on peut dire, absolument vide d'indications sérieuses; tout, sur les cartes, y est tracé à peu près au hasard.
Sur l'orographie de la Turquie centrale, M. de Hochstetter fait les remarques suivantes :
« Les écrivains de l'antiquité mentionnent comme les plus hautes montagnes de la Macédoine et de la Thrace le Bertiscus^ le Scardus^ VOrbelus^ le ScomiusoM ScombruSj le Bhodope et VHaemus, Nous trouvons en même temps chez eux cette idée, que ces montagnes coupaient en ligne directe la péninsule Illyrique depuis l'Adriatique jasqu^à la mer Noire. Cette vue a été non-seulement adoptée par les modernes, mais on l'a transformée en cette fausse hypothèse d'une chaîne alpine centrale parcourant sans interruption la Péninsule depuis les Alpes jusqu'au Pont ; et cette chaîne prétendue a figuré sur les cartes et dans les livres, jusqu'à ce que les découvertes de Boue, de Viquesnel, de Grisebach, de Lejean et deHahn, aient graduellement montré la fausseté de cette conception. Les travaux des explorateurs dont je viens de rappeler les noms nous ont fait connaître, au moins dans leurs grands traits, les montagnes de la Roumélie; mais il n'en reste pas moins encore un problème des plus difficiles, celui de se rendre nettement compte du chaos orographique que présente la Péninsule.
(c Déjà Grisebach avait démontré d'une manière péremptoire que le Bertiscusde Strahon répond aux Alpes d'Albanie, et le ScorduSy ou Scardus^ au Ghar-dâgh actuel. On sait que VHaemus n'est autre que le Balkan, et que le Rhodope porte encore aujourd'hui le même nom. Restent YOrbelus et le Scomius, le premier ordinairement identifié avec
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le Périm et le Rilo-dâgh, qui sont les plus hautes sommités du Rhodope k Touest et au nord-ouest, et le second avec le mont Vitocr, ou Vilos.
Le Vitocz s*élève entre le Balkan et le Rilo. Le puissant massif syénitique qui forme cette grande montagne repose snr une base presque circulaire, et se dresse, pareil à un cône volcanique, à la hauteur de 2330 mètres au-dessus da niveau de la mer. Quatre des principales rivières de la Turquie d'Europe, la Maritza^ la Strouma^ VIskèr et la Morava de Bulgarie (du moins par un de ses principaux affluents, la Nischava)^ y ont leur origine, de même que quatre systèmes de montagnes ont là leur point de rencontre au cœur de la Roumélie : le Balkhariy les montagnes centrales de la Roumélie, le Rhodope, et les montagnes de la haute Mœsie. o
A cette occasion, dans un autre ordre d'études, je rappellerai le très-remarquable voyage que M. Albert Dûment, un des élèves distingués de notre école d'Athènes, a fait en Roumélie (rancienne Thrace) de 1868 à 1869, dans un but de recherches archéologiques, et dont les résultats généraux nous sont connus par un rapport publié en 1871 (Voir notre précédent volume, p. 296). Des travaux tels que ceux de Ni. Albert Dumont, tels aussi que la Mission archrolngique m Macédoine de M. Léon Heuzey, dont la 8* livraison a paru récemment', soutiennent dignement dans la géo^Taphie savante le vieil honneur scientifique du nom français. La belle étude que M. Albert Durnont vient de donner sur l'Albanie, et k laquelle nous consacrons le paragraphe suivant, est digne de ses savantes communications sur la Thrace.
1. Grand in-4^ texte et planchos. M. lïpuzey, drjà connu dans le monde savant par un voyage intituh' Le Mont O'ympe et l'Acarnaniej 1860, 1 vol., est, comme M. A. Dumont, un élève de TÉcole d'Atbdnes.
ALBANIE. 3â3
S 2. L'Albanie.
ins l'été de 1872, M. Albert Dumont poursuivait, dans larties littorales de rAlbanie, les investigations archéo- [ues qui lui ont donné en Thrace de si importants Itats. Il y trouva, comme Français, un accueil dont il heureux et fier. « Nous pûmes voir *, dit-il, en Albaet en Ëpire, combien les derniers événements ont peu igé dans ces parties reculées de l'Europe Tidée qu'on ait de la France. Ces peuplée ont suivi avec une surlante curiosité tous les incidents de la guerre; pour la nière fois des bulletins turcs, grecs, italiens, les tenaient courant des batailles livrées en Occident. Les musuli8 sont pour le voyageur français tels que je les avais en 1864 et en 1868. Il m'a été impossible de saisir le ndre changement dans leur manière de se conduire à *e égard. Us ont sur cette guerre une opinion très-simet toute fataliste : l'épreuve a été cruelle ; il faut attente lendemain. Les chiffres de l'emprunt ont pénétré B ces provinces. C'est une surprise tout à fait étrange d'entendre votre hôte, un paysan ou un petit propriée qui vous reçoit dans unp cabane perdue au fond des stagnes, à quatre ou cinq jours delà mer, vous parler des iiards que nous avons souscrits. Ces sommes, dont nul 86 fait une idée quelque peu précise, sont devenues lédaires comme les trésors d'un prince aussi riche que Francs, le calife Haroun-al-Raschid. Ni les Albanais, les Grecs, ni les Slaves, ne pensent autrement que les pcs. Pour ces contrées nous sommes ce que nous étions r, ce que nous serons domain. La foi dans nos destinées pas été atteinte. Nous contribuons du reste à la mainir en ne changeant rien en Orient à nos anciennes
M« Dumont était accompagné d'uii artiste, M. Chaplain.
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habitndeB. Si la station navale du Levant a été diminnéai cette rédaction est provisoire, et notre drapeau a para oetto année sur tous les points où il se montrait d'ordinaire. •
M. Domont était entré dans le pays^par la Dalmatia ; il trace de cette contrée un aperçu qui appartient aa géographe par Tezactitude et la précision, k l'artiste par sacooleiir et sa vie. < La Dalmatie a une des formes les plus biiarres que présente la géographie politique de l'Europe, forme tout artificielle, sans limite naturelle, si ce n'est à l'oocident, où elle s'arrête à la mer. C'est un long triang^ dont la base est tournée au nord, et qui, descendant ensuite van' le sud, se rétrécit rapidement,. au point de n'avoir plus, quand il se termine, que 3 ou 4 kilomètres de large. Dans le district de Raguse, tel est ce peu de profondeur, que les Turcs, de leurs montagnes, pourraientbombarder par-dessos l'empire d'Autriche une flotte qui naviguerait dans l'Adriatique : violation de la neutralité qui n*a pas été prévue par le droit des gens. Autre bizarrerie : le territoire ottoman coupe la Dalmatie en trois morceaux. Pour aller par terre d'Almissa à Slano, et de Gasteinovo à Gravesa, il faut en demander la permission aux soldats du Grand-Seigneur.
« Cette province n'est qu'une bande de terre, un véritable ruban. Plus de quatre-vingts îlots forment devant la côte une guirlande de 200 milles de longueur. On navigue au milieu des fiores. Le sol est pierreux, d*un rouge-brun, accidenté par de grands rochers, découpé comme une dontelle. Ces teintes, tristes et pâles quand le ciel est voilé, s'illuminent de couleurs dorées dès que le soleil, qui se fyEche rarement dans ces contrées, les inonde de lumière. A l'orient s'élèvent les hautes chaînes de l'Herzégovine et de la Bosnie; à l'occident, l'œil se perd sur les flots de l'Adriatique. Cette navigation a toutes les beautés que peut donner la triple réunion de la mer, des montagnes et du soleil, l'intérêt d'un voyage où Ton passe d'un canal à un
utre, aans perdre jamais Je vue Ii tecrs, W a hamps, le Eperlacle (la l'actirité homaiiu. TatlAt lab oDge des edtes botsies. découvre de vertes et fnT ~ ' 19, comme le canaldes CaileQi, qtte Im aoblea w nient couvert autrefois de villas ; uaUJl. à Sebm («mple, il entre dans des golfes prolindi, BiiDeax, OÉ I ler encidsaée et paisible semble ne plus ftra qB*!» lar^ auve. Partout les jeu de la Inmièra et d« Tew aoat ifijiis, dans ces criques, soos ces rochers pro&HMk, mr et* ings détroits qne te ciei colore de teûitea toDJoan tvUt», spois les loagnes traînées pilissanlM, miflécs de piillaOw nllsnles que laisse le soleil conchani, jnsqn'i l'A Qx du midi. Plus on descend vers le sud, pins les a it de grandeor. Les bouches de C«tiaro sont on i laui points da monde. A. peine a-t-on àipasté Tïta ['on ne voit plus l'Adriatique. Elle forme îâ hd | c, qni liu-mÊme en forme cinq antres, lac e onUi^es à pic, partout eonven de chantiers, de d I vîUftges, de forteresses. C'est U Saiase, mats * )leil d'Orient, m» Suisse ob le pied dee i gn^B dans la mer.
« Lbs villes, ponrsnil le voya^enr, sont sur U eAt« ou as les lies. On entre en ^én^ral ea Itelnutie par Zara ; BU la oapilals de la province est à l'utréffle lund, tor la pbce siafrulière poar un cheT-ljea, qai ia rutimèniA M pririléf» ai par sa ricliesve ni par m papol*-