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encore qu'à la maiBon de Habsbourg, qu'il faut reprocher l'absence en cette province d'une capitale naturelle. Zaraa des magasins, un corso et des fonctionnaires. Sebenico, Spalato, Trau, Almissa, Raguse,Cattaro, gardent un aspect plus original. Ce sont de vieilles communes du moyen ftgc, perdues sur les derniers rochers de TEnrope, slaves et occidentales^ civilisées et barbares. De petites rues tortueuses qui grimpent en escalier, pavées de cailloux blancs ou de grandes dalles glissantes, — des maisons solides et noires, bâties de grosses pierres brunies par les sièdeSi bardées de barreaux de fer, ornées d'écussons, de basreliefs, de statues, — la place publique où est le palais de la commune, la loggia où siégeait le juge, — la douane, édifice important dans un pays qui en tirait le plus clair de ses revenus, — le port, petit, bien fermé, flanqué de hautes tours, accessible par un goulet étroit, véritable prison où on mettait les navires sous clef, — le dôme et les églises, que vingt générations ont comblées de présents : toutes ces villes ont le même aspect; elles sont aujourd'hui ce qu'elles étaient au seizième siècle.... »
« Dès qu'on s'éloigne de la côte, ou ne trouve plus que de grands villages. Enin, Obravatz, Scardona même, ne peuvent prétendre au titre de villes. Nombre de chefs-lieux de district, inscrits en lettres capitales sur la carte, sont des créations administratives nées d'hier et qui pourraient disparaître demain. Le Dalmate moderne n'aime pas les agglomérations ; comme ses ancêtres, dont le Porphyrogé» nète disait, « Ce peuple ne peut souffrir que deux cabanes soient Tune près de l'autre, » il disperse ses maisons sur de grands espaces. Vous arrivez à Zemenico, vous en sortez sans avoir vu autre chose qu'une église et un poste de soldats. Vous demandez le chef-lieu du canton, on vous répond que vous y êtes; votre guide vous montre à droitCi sur une hauteur, cinq ou six maisons; vous en découvrez quelques autres dans la plaine et sur une seconde colline :
ce mot (te Zemenico est une exprassioD géographique. Les savants (|ui coQHulient la carie de la Dslmalie publiée récemmeni en vingt feuilles par l'étut-major auLricbien peuvent être sQrs que toutes les localités qui oot l'honneur de -fl^rer sur ce document resaentblenl plus ou moins b Ze-
L'Albaaie. oli M. Albert DumonI entre par Scutari, le plaiM au milieu d'un nouveau champ d'observations. En Dalmatie, c'est le pays aurlont qu'il étudie; en Albanie, c'est la peuple. L'Albanais, — le Skypétar, comme il se nomme loî-méme, — est un peuple vierge, presque ua peuple primiUr, qui n'a rien d'Européen. Familier avec l'antiquité hellénique, M. Dumout est i chaque iusiant frappé, dans le coïtame, dans les mœurs, dans les habitudes, d'analogies qui lui rappellent les Grecs des temps bumériques. Les Skyp^iars occupent, du reste, ce qui fut autrefois la
I des Pélasges, et il y a grande apparence qu'une par- .u moins du sang de la race primordiale coule encore
daos leurs veines.
L'Albanais a une psrfaite distinction; la têle petite, ie fin, l'œil vif, ouvert en amande, le oou long, le corps maigre, les jambes hautes et nerveuses, il rappelle le type premier du Grec, tel que la sculpture arcbaïque l'a reprélenté sur les marbres d'Égi ne. 11 n'est pas Jusqu'au coslume qui ne fasse souvenir de l'antiquité. La fustanelle blanche rappelle ce que devait être la tunique plissée à la teinture; les grandes guêtres qui enveloppent les jambes nsqu'aui genoux sont les cnémides de l'âge héroïque. Le loslame n'est pas étoffé et flottant comme à la belle époque meqiie; mais on toÏ' bien, par les vases d'ancien style, |ue les Hellènes d'autrefois n'avaieut pas »■" ' '*<
lubitudes des contemporains de Périclèa. C ju'U faut chercher aujourd'hui l'expUr-p"!"- ■ ioBt urnes helléniques.
II n'y a pas de lien entre
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banie, dit encore M. Albert Dumont. Elles parlent des dialectes peu différents, portent un nom commun, se réunissent contre l'ennemi étranger. En temps de paix, chacime d'elles reste isolée dans sa montagne. Leur pays est divisé en clans qui s'administrent comme il leur plaît, on plutôt, — car le mot administrer est faux, — qui vivent à leur guise. Aucune organisation n'est plus simple : les vieillards ou pliaks s'occupent des rares questions qui peuvent se présenter, par exemple de l'époque où on conduira les troupeaux au pâturage, de la division de ces pâturageSi des réclamations qu'il faut faire à un clan voisin, des débats qui s'élèvent entre deux habitants. Ce n'est pas qvfil y ait une règle établie, encore moins une loi écrite; mais les chefs de famille se réunissent naturellement pour les décisions qui les intéressent. Il en était de même dans toute la Grèce primitive, où les gouvernants de chaque tribu s'appelaient les vieillards^ y^povteç. Ces anciens ren* dent la justice, assis en cercle sur des pierres, comme ceux qu'on voyait sur le bouclier d'Achille.... »
Le voyageur dit encore : « L'ancien Monténégro et la Mirditié actuelle font bien comprendre ce qu'était l'état homérique, réunion de plusieurs clans, déjà plus avancé, plus près d'une organisation régulière que le p/iar albanais. Le gouvernement y était celui de tous, surtout celui des vieillards ; un chef, dont l'autorité, tantôt contestée, tantôt acceptée, n'avait rien de défini, gouvernait avec les notables et avec le peuple. C'était la nécessité, non une constitution ou même la réflexion, qui avait établi cet état de choses; il ne prit quelque force que par la consécration religieuse. Les rois grecs furent puissants quand ils rattachèrent leur origine aux divinités de TOlympe ; les princes de Mirditié et de la Montagne-Noire, quand ils eurent un caractère religieux. »
Et enfin cet autre passage : <c La vie albanaise est trèssimple; — ces peuples ne sont pas agriculteurs, et ils'ont