‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 36 sur 337 · MANDCHOURIE · texte numérisé non relu

MANDCHOURIE

Les premières lettres de rarchimandrîte ont été communiquées au mois de mai 1871 k la Société de géographie russe, et le secrétaire de la Société, M. d'Osten-Sacken, en a fait un résumé qu'il est intéressant de reproduire. Ces premières lettres contiennent le récit sommaire de la trayersée de Péking à Blagovestchensk, capitale du nouveau Territoire russe de l'Amour.

Le trajet jusqu'à Blagovestchensk par les villes de Moukden, Ghirin, Pétoun, Tzitzikar et Merghîn, s'est efiectué en 47 jours, depuis le 30 avril, 1870 jusqu'au 17 juin. — L'archimandrite est le premier voyageur savant qui ait pris cette route pour se rendre de Péking au fleuve Amour. Quelques parties du pays avaient été vues déjk, k la vérité : dans le nord par les Russes, dans le sud par différents missionnaires. Les bateaux k vapeur russes ont remonté le Boungari jusqu'à Ghirïn; en 1863, M. Malévitch a fait le voyage de Blagovestchensk à Tzitzikar par terre, et l'année suivante le prince Krapotkïn s'est rendu du poste russe de Tzourouk-HaUouïevsk, situé sur TArgoun aux confins du Transbaîkal, dans la Mandchourie occidentale jusqu'à la ville de Merghïn , d'où se dirigeant vers le nord il a regagné la ville d'Aîgoun sur l'Amour. Les relations de ces voyages ont été publiées dans les Bulletins de la Société de géographie russe.

Pour les parties plus méridionales de la Mandchourie, outre diverses excursions récentes faites de Péking ou du port de Nïn-Tchouan à Moukden, il faut citer en première ligne les courses du Rév. Williamson dont il est question dans l'article précédent. On se flatte néanmoins que la mission de l'archimandrite Palladius aura rempli de nombreuses lacunes laissées par les publications récentes et par les documents plus anciens.

Le 30 avril les voyageurs quittèrent Péking, et le 4 mai ils atteignirent la ville de Young-ping, à l'angle nord- est de la Chine proprement dite. Cette ville a été considérée

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depuis les temps les plus anciens comme un point très-important sous le rapport militaire. Le 6 mai ils traversèrent la frontière delà Chine, et ils entrèrent dans la province de Ghing-king; le 14 ils arrivèrent à Moukden. Le 17, l'archimandrite arriva à la frontière de la Mandchourie, franchit la ligne de partage des eaux, et entra dans le bassin du Soungari.

Après avoir passé la ville de Ghirïn, l'archimandrite continua le voyage en longeant le Soungari, qui porte ici le nom de Ghirïn-oula. Voici quelques remarques que le voyageur a communiquées sur les productions de la province de Ghi« rïn. Jadis cette province était renommée parla recherche du célèbre gin-seng {Panax quinquefolium) ^ et dans ce but toute la contrée était partagée en lots de teriain.Les Mandchoux des bannières étaient obligés d'aller à la recherche de cette racine précieuse réservée à la cour et aux princes. Actuellement cette industrie a disparu. Le gin-seng est devenu rare ; on ne le trouve qu'à l'est de TOussouri, et ce sont les Chinois qui s'occupent de cette recherche. On dit que c'est également dans la province de Ghirïn que se fait le commerce clandestin de l'or que l'on exploite dans les ramifications septentrionales des monts Tchan-pe-chaûi où, dit-on, se trouvent des mines très-riches. L'exploitation en est sévèrement défendue dans la Mandchourie, et les chercheurs d'or, connus sous le nom officiel de Tsin-fei^ sont' jugés comme de grands criminels d'État. Cependant on sait qu'une bande composée «de 10 000 hommes s'occupe activement de l'exploitation des gîtes aurifères; le gouvernement ferme les yeux, parce qu'il n'est pas en état de disperser cette troupe qui est disciplinée militairement.

Dans les temps qui ont précédé l'occupation du pays de l'Oussouri par les Russes, la province de Ghirïn foiumissait des zibelines aux empereurs de la Chine. Si cette province a perdu une partie de son territoire où se faisaient ces chasses, elle a pris une importance pohtique toute nou-

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