‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 75 sur 337 · TEHUANTEPEC · texte numérisé non relu

TEHUANTEPEC

91. Man. M. Peralta de Costa-Ricâ. Costa-Rica. Ije GlohOj organe de la Soc. degéogr. de Genève. 1871, n* 1, p. 15-30.

Notes historiques, descriptives et statistiques.

292. Gabarrus, consul général de France au Guatemala. Renseignements statistiqqes sur TÉtat de Costa-Rica. Annales du commerce extérieur, Amérique Centrale, n** 1865. 1871. 12 pages.

S !•'. L'isthme de Tehnantepec.

Les détails qui suivent sont tirés d'un travail de M. Gabriel Marcel dans le Journal Officiel du 15 novembre

A la hauteur du golfe du Mexique, le continent américain se rétrécit successivement pour ne plus former, en arrivant à Panama, qu'une étroite bande de terre. Mais le lien qui unit les deux Amériques n'en est pas pour cela moins solide, car la Cordillère qui traverse le. continent d'un bout à l'autre forme en ce point un massif plus fort et plus épais que partout ailleurs. Sur toute la longueur de ces isthmes, quatre points, pour ne parler que des principaux, ont attiré de tout temps l'attention des ingénieurs. L'isthme du DarieD, le plus au sud, semblait, grâce au fleuve Âtrato, présenter quelques facilités. Le gouvernement des États- Unis Ta fait explorer par le capitaine Selfridje, qui vient, dans son rapport, de déclarer impossible en cet endroit rétablissement d'un canal inter-océaniqne. Les ingénieurs semblent avoir avssi renoncé à ouvrir l'isthme de Panama, à cause de l'énormité des dépenses ou plutôt de la nécessité d'établir un tunnel sous la Cordillère. Quant au percement par le Nicaragua, il parait^ au premier abord, présenter de grandes facilités grftce à la rivière San Juan ^t au grand lac qui se trouve à l'intérieur du pays, mais la science plusieurs fois consultée a répondu que tout canal de grande navigation y était impossible, à moins de frais

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considérables. Reste donc Tisthme de Tehnantepec \ bien qu'il n'ait pas été jusqu'ici l'objet d'études aussi sérieuses, il avait le plus anciennement attiré l'attention, et il est actuellement l'objet d'études nouvelles de la part du gouvernement mexicain.

Depuis le jour où Balboa découvrit l'Océan Pacifique, la préoccupation constante des Espagnols fut de trouver un passage, un détroit unissant les deux mers. Leur esprit d'aventures les y poussait, et surtout le désir de gagner oe pays des épices d'où les Portugais tiraient tant de richesses. Fem. Ciortès fit le premier reconnaître la côte orientale, en 8*aidant d'indications qu'il avait arrachées de Montezoma. D découvrit l'embouchure d*ime rivière considérable, le Guayacoalco, et constata qu'elle était navigable sur une grande étendue; il s'aperçut même qu'en cet endroit la. Cordillère s'abaisse sensiblement et que le continent est fortement rétréci. On en conclut dès lors qu'il serait fheile di'établir une communication entre les deux mers en reliant le Guayacoalco, rivière qui se Jette dans l'Atlantique, an Ghimalapa qui se déverse dans le Pacifique près de l^ehuantepec, au milieu de vastes lagunes. Ce désir de mettre en communication les deux mers n'abandonnait pas les Espagnols, et les explorations contmuèrent.

Dès 1550, un historien de mérite, Lopez de Oomara, proposait, dans son Histoire des Indes, d'effectuer la jonction des deux océans par trois points : Ghayres, Nicaragua et Tehnantepec. Ge sont précisément ceux qui jusqu'à présent ont réuni le plus de suffrages. Avec Charles Quint, toutefois, s'éteignit l'esprit d'entreprise, et pendant deux siècles on ne fit aucune nouvelle tentative. Il fallut, pour réveiller l'enthousiasme, qu'on découvrît à Yera Grux des canons fondus aux Plùlippines. Or, comme avant 1767 les Espagnols ne doublaient pas le cap Hom, que tout le transit se faisait par le Mexique, et que de si lourdes pièces 99 pouvaient avoir &it un tel trajet, on s'émut, et Ton finit par

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découvrir qu'apportées par mer ellea avaient remonté le Ghimalapa, gagné par terre le Guayacoalco qu'elles avaient descendu jusqu'à son embouchure, d'où par mer elles avaient atteint Yera Cruz. Le vice-roi Bucarelli chargea aussitôt l'ingénieur A. Cramer d'étudier la question. Celuici, dans son enthousiasme, prétendit que la jonction pouvait se faire sans écluses et sans plans inclinés. Il ne paraît pas que ces projets aient été suivis d'effet, et le çonseU des Indes, soit négligence, soit mauvais vouloir, ne donna pi^i suite aux études commencées.

En 1814 les certes espagnoles avaient décrété le projet; mais la guerre de l'indépendance vint encore une fois recu^i-' 1er la solution du problème. Cependant quelque temps après, le gouvernement mexicain fit explorer l'istlpmae de Tehuantepec par le général du génie D. José Ojrbegoso ; mais les instruments dont il se servit ét^^ent en muavais état, et l'on ne peut avoir aucune confiance dans ^fd& 9^9^ tiens scientifiques. Ce projet semblait donc encore ^n^ fois oublié, lorsque le 2 mars 1842 D. José Garay ol^tint du Mexique un privilège pour louverture d'une voie de comr munication entre les deux océans. Les nombreiix gouvernements qui se succédèrent au milieu de la go^rr^ çiv^l^ ou étrangère lui accordèrent plusieurs délais, sans quHl ço^mr mençât autre chose qu'un chemin de charroi. G^ mépris des conventions stipulées força le gouvernement mexicain à adresser en 1852 une note aux agents diplojiBalrqi^s étw^ gers. Il y déclarait que le concessionnaire avait subreptua ment et sans l'aveu du gouvernement transporté son privilège d'abord à une maison anglaise, puis à une compagnie . américaine, dans le secret espoir que ces gouvememenls interviendraient dans la question; enfin que les délais étaient périmés et le privilège entièrement annulé. Malgré cette déclaration, la maison Hargous, de la Nouvelle* Orléans, qui avait acheté le privilège de âaray, ne ae découragea pas; elle obtint même la permission d'aller

reconnaître provisoirement le terrain en attendant la décision du Congrès.

Ce ne fut, toutefois, qu'en 1858 que fut ouverte une voie carossable partant du port de la Yentosa, sur le Paci6que, et aboutissant à Xucbil sur le Guayacoalco. A cet endroit, des bateaux à vapeur, descendant le fleuve, transportaient rapidement, les voyageurs à la Nouvelle-Orléans. Mais la guerre de sécession aux État-Unis, et l'expédition française au Mexique, vinrent arrêter encore une fois la solution de cette importante question. En 1870, toutefois, le congrès mexicain a voté en entier le projet portant concession du canal à travers l'isthme. Le gouvernement paraît avoir, cette fois, compris tous les avantages qu'il peut tirer de l'établissement d'un canal ; car il envoya aussitôt sur les lieux une commission qui devait en étudier le tracé. Enfin, le capitaine Schufeldt, qui avait été mis à la tête de cette commission, annonçait, dans un rapport daté de 1871 et adressé au secrétaire de la marine, qu'il avait découvert une route facile pour le percement d*un canal inter-océanique, avec d'excellents ports aux deux extrémités et une grande abondance d'eau sur tout le parcours.

L'isthme mesuré du rivage de Tehuantepec à Tembouchuredu Guayacoalcoaune largeur de 220 kilomètres, que les lagunes de Tehuantepec permettraient facilement de réduire à 200. Cette longueur n'a rien d'excessif, car il existe en France et en Angleterre des canaux plus étendus ; elle serait en tout cas compensée par la facilité du travail. Le bief de partage serait établi sur le plateau de Tarifa, élevé de 208 mètres au-dessus du niveau de la mer, élevé par conséquent un peu plus que le point de partage du canal du Languedoc. De Tarifa au Pacifique, la distance est courte ; la plaine, presque plate, est arrosée par laChimalapa, qui pourrait peut-être fournir la quantité d'eau nécessaire.

Tel est, pensons-nous, le tracé général auquel s'arrêtera

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