‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 94 sur 337 · ANGOLA · texte numérisé non relu

ANGOLA

etc., etc. Nous sommes convaincu que le sol peut tout produire en étant cultiTé: arachides, coton, etc., etc. Les légumes y pousseraient à merveille. Nous n'avançons rien en cela qui ne puisse ôtre prouvé. Mais rien, absolument rien, n'a été sérieusement exploité par les indigènes, ou si quelques-uns l'ont fait, ce n'est qu*acciden tellement. Leur unique préoccupation est la traite des noirs. Il faut donc régénérer les indigènes et les élever à se préoccuper uniquement des produits de la terre. Mais pour cela il faut anéantir la traite, et on n'y parviendra qu'en forçant les Portugais, nos voisins, à renoncer à ce détestable trafic. Privée de débouchés, la traite s'éteindrait bientét, et, rendues à elles-mêmes, ces populations recevraient avec la plus grande facilité telle impulsion que nous voudrions leur donner. >

S 3. Une tribu négroïde dn pays d*Angola.

La communication de M. Pries (d? 391), d'après ks lettres d'un voyageur anglais, M. C. Hamilton, donne des détails intéressants sur une tribu du pays d'Angola; on voit par là (ce que Ton savait déjà, du reste) que les populations mixtes ou négroïdes de la zone orientale et de l'intérieur de l'Afrique australe s'étendent jusqu'au milieu des purs Nègres d'Angola. Les Quissama — c'est le nom de cette tribu — passent pour anthropophages ; toutefois le cannibalisme n'est pas chez eux une coutume générale. Au point d^ vue physique^ ces hommes sont bien conformés ; la taille moyenne est chez eux de 5 pieds 8 pouces anglais (l']j,73). La leinle de la peau n'est pas noire, mais cuivrée; les cheveux sont longs, gros, quelquefois frisés. La tête, en général, est bien développée, et il n'est pas rare de voir des nez de forme grecque. Leurs armes nationales sont la lance et l'arc ; les fusils sont de provenance ou d'imitation portugaise. La chasse est une occupation favorite, pour les femmes comme pour les hommes. Ils sont monogames, sa marient jeunes, et paraissent prolifiques. Le nombro des

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hommes dépasse de beaucoup celui des femmes, ce qui semble devoir être attribué à rinfanlicide, sans que le voyageur en ait eu cependant aucune preuve directe. Les Qaissama croient à l'existence d'un être supérieur.

Sur bien des points , en lisant les détails donnés sur cette tribu du Sud, on se croirait transporté au milieu des Fans de la zone équatoriale.

S 4. Les contrées situées entre la colonie da Cap et le Zambézi. Explorations rapides. Karl Mauch. Eduard Mohr. W. Erskine, etc. Les gisements d'or et de diamants. Extension territoriale de la colonie du Cap.

Les explorations scientifiques se poursuivent avec une activité, avec une vigueur remarquables, dans les vastes contrées qui s'étendent au nord de la colobie du Gap jusqu'au bassin du Zambézi. Deux Allemands, MM. Kàrl Mauch et Eduard Mohr, ce dernier accompagné d'un géologue, M. Ad. Hûbner, sont au premier rang dans ces reconnaissances, appuyées de nombreuses détenninatîons astronomiques qui nous donnent la carte chaque jour periictionnée des Etats de Transvaal et d'Orange, région qui était autant dire inconnue il n'y a pas bien des années (cidessus, n°' 402 à 406). La reconnaissance de la moitié inférieure du Limpopo, un des fleuves les plus considérables du sud de l'Afrique, a été entreprise et menée à bonne fin par un gentleman anglais de Natal, M. Will. Erskine, en même temps que M. Mauch et M. Mohr en étudiaient le bassia supérieur. Le Limpopo débouche à la côte orientale vers Textrémilé nord de la colonie anglaise de Natal, à travers des pays où la colonisation peut s'étendre :

c Le résultat de l'examen que j'ai fait du pays au N. et au N. E. de Natal, dit M. Erskine, est d'avoir acquis la certitude que dans cette étendue, bien des fois plus grande que rAngle-

AFBIQUE AUSTRALE. RÉQONS AURIFÈRES. âSt

terre, il y a des districts fertiles et sains tant pour l'homme que ponr les animaux, et qu'aujourd'hui on peut à peine dire habités. La mouche disparaîtra devant l'occupation civilisatrice, ainsi que le gibier. Il n'est pas une seule tribu indigène qui puisse opposer de résistance sérieuse à Tinvasion graduelle du pays par les blancs. On peut s'introduire aisément dans cette contrée par la baie Delagoa ou par l'Inhambane,' et elle est assurément saine à moins de 150 milles de la côte. Mon frère Townsend est en ce moment occupé à examiner la route de la baie Delagoa au nom de la compagnie de Glasgow et de l' Afrique australe, afin de pénétrer plas facilement dans les pays situés sur les confins du territoire de Amaswazi. Il serait bien à désirer que la contrée qui sépare le LimpopO de la Sabia fàt explorée et que cette dernière rivière pût être navigable. C'est précisément là que les anciens géographes ont placé leur Sofala ou Ophir et leur Monomotapa, si célèbres par leurs mines d'or. •

Cette vieille célébrité des régions aurifères du sud-est de rAfrique est en train de ge renouveler aujourd'hui. D'anciennes exploitations et de nouveaux gisements ont été signalés par M. Mauch ; et quoique le voyageur ait désavoué la responsabilité des rapports exagérés qui en ont été faits à la première heure (voir notre dernier vol., p. 52), il y à là un élément qui contribuera sans nul doute à l'extension des établissements européens. Bien plus, la découverte toute récente de terrains à diamants au voisinage de la rivière Yaal a frappé les imaginations d'un véritable vertige. Que Ton en juge par quelques passages d une lettre écrite au mois de juillet dernier (1871) par un émigrant allemand. La lettre est datée d'une ville dont on chercherait vainement le nom sur les cartes, Pniel, sur les bords du Yaal, rivière qui borde la frontière de la Réptt^ blique du fleuve Orange^ au nord de la colonie anglaise du Gap.

a Cest une ville née d'hier, écrit le correspondant du journal allemand ; la population est environ de 6000 âmes, qui logent

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sous des tentes oa dans des voitures, dans des maisons de bois, de fer ou de pierre, sous des huttes de paille ou de terre. Des magasins bien approvisionnés fournissent tout ce qu^on peut désirer ; on trouve un grand nombre d'hôtels et de trinhhauser ou débits de boisson, où les mineurs peuvent venir satisfiûre leur soif ardente.

« Si la ville 'ne compte encore que 6000 habitants, plus de 15 000 colons, la plupart avec femmes et enfants, travaillent le long des deux rives du Vaal, sous un soleil brûlant, occupés à fouiller le sol pour en extraire la pierre précieuse. Les résultats sont merveilleux ; ils surpassent ce qu'on a raconté des mines d'or, et à plus forte raison des mines de diamants du Brésil. D'après les documents officiels, dans l'espace d'un seul mois (du Ik septembre au 13 novembre de Tannée dernière) bn a expédié d'ici pour le marché européen 2326 diamants d'une valeur de 64 135 livres sterling. Mais ce n'est là qu'une faible partie des trésors tirés des entrailles de la terre; je sais une société, venue de Natal, consistant en quatre associés, accompagnée de travailleurs noirs, et qui, en quelques semaines, a recueilli, dans le môme trou, 23 diamants, vendus en Angleterre 150 000 livres sterling. Le plus gros pesait 107 carats, celui qui venait ensuite, 37 carats. Une succursale d'une banque anglaise, établie à Pniel, facilite les transactions commerciales, et fait des avances sur les diamants qui lui sont présentés.

« I^a colonie du Gap de Bonne-Espérance ne peut manquer de profiter de cette prospérité rapide ; au reste , là aussi des découvertes importantes ont été faites dans les derniers temps, s'il faut en croire le correspondant de la Gazette d'Augshourg, Tandis que dans la Cafrerie britannique les fermiers essayent d'acclimater le coton, et que la tentative parait réussir, on a trouvé des diamants dans deux localités : à Jagersfontein (5 milles anglais de Faure-Smith), et à Goffeefontein , entre Faure-Smith et la rivière de Riet. Puis est venue la nouvelle qu'on avait trouvé de l'or à Queenstown, ainsi que dans le district du Prince-Albert; des échantillons sont en route pour l'Angleterre. Les nouvelles des gisements aurifères de Tatin, découverts en 1867 par M. Mauch, sont meilleures.

« Tatin est située dans le Mosilikatsi, non loin des montagnes de Kolobeng, par 21® 17' lat. S. et 28® long. E. de Greenwich ; l'endroit, comme on voit, est assez éloigné des côtes, et les chemins qui y conduisent ne sont pas précisément carrossables.

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