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RÉGIONS AURIFÈRES

(( Mais le plus grand bienfait pour la colonie du Gap, c'est la découveirte de mines*' de charbon dans le district de Stormberg.

• i{ Toutes ces nouvelles se succédant rapidement, ont opéré d'une manière magique sur Tesprit et le caractère d^une population indolente et habituée de longue date au farniente.

u Aujourd'hui, la colonie du Gap fait l'effet d'une fourmilière; on y sent une activité. dont, il y a quelques mois, on n'aurait jamais cru les habitants capables. On annonce d'Angleterre que trois bâtiments chargés d'émigrants sont en partance pour le Cap de fioone-Espérance ; d'autres navires sont attendus d'Amérique et d'Australie.

« Cette affluence d'émigrants amènera sans doute un changement dans la situation des pays situés dans cette zone africaine. »

Les Boers de TÉtat-Libre avaient prétendu que les terres où se font les fouilles étaient dans leurs limites, et nn millier d'hommes, armés de mousquets, avec une batterie de campagne, soutenaient leurs prétentions. La froide décision du nouveau gouverneur, sir H. Barkiy, a bien vite eu raison de ces démonstratioA^. Une proclamation a rappelé aux Boers qu'aux yeux de la loi ils n'ont jamais cessé d'être sujets britanniques. Cette proclamation résume les principaux points de la question : la demande, adressée par Waterhoer et sa tribu au gouvernement, de devenir sujets anglais ; l'accueil favorable fait par la reine k cette demande, pourvu que le parlement du Cap approuve l'annexion; la requête envoyée par le parlement dans sa dernière session au gouverneur du Cap, afin qu'il prenne les mesures nécessaires pour^ maintenir Tordre parmi les Diamond-fields ; la revendication par la république du Transvaai d'une portion de ce territoire, et la décision du lieutenant-gouverneur de Natal ; enfin la revendication par la république du Free State d'une portion de ce territoire, et le refus de ce gouvernement de soumettre la question à un arbitrage.

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L'annexion du territoire des Btssontos est nn fait consommé, à la date da 27 octobre 1871.

Une seconde proclamation a mis en vigueur, sur le territoire des Griqua, les lois de la colonie, sauf les modifîca* tiens qui pourront être jugées nécessaires.

Une troisième a divisé le nouveau territoire en trois districts, dont chacun sera administré par un fonctionnaire appelé magistrat résidant et commissaire civil. Les trois districts seront dénommés Klipdriftf Pniel et Griqua- Town.

Une quatrième proclamation établit pour le territoire des Griqua une haute Cour, dont les attributions seront à peu près semblables à celles de la Cour suprême de la colonie.

Une cinquième, enfin, contient les règlements relatiâ k Texploitation des terrains à diamants.

S s. Les contrées de la côte orientale. Avenir commercial. Les Sonâhlli.

L'ouverture du canal de Suez va contribuer pour sa part, et contribuer dans une mesure considérable, à ramener ou à développer la vie scientifique et commerciale sur les plages orientales de l'Afrique. Pendant qu'une grande et belle publication consacre les abondants documents conquis au prix de sa vie par le baron de Decken (n* 409), un voyageur déjà connu par des courses antérieures dans ces parties, M. Rich. Brenner (voir notre volume précédent, p. 42, n* 48), y a fait récemment, au compte de plusieurs maisons du nord de l'Allemagne, une grande reconnaissance commerciale. L'objet spécial de cette expédition n'a pas empêché le voyageur de songer aux intérêts de la science; sa récolte a même été singulièrement abondante, si l'on en juge par une liste de matériaux et de documents que donne le D* Petermann dans un des derniers cahiers des Mittheilungen (1871, b? 10, p. 390), où ils seront publiés.

SOUÂHILl. 231

Un mîssionsaire anglais, le Rév. Steere, a écrit un mémoire qui mérite une mention « sur les tribus et les langues de TAfrique orientale » (n° 410). Les observations du Rév. Steere se rapportent principalement aux Souâhili. On sait que ce peuple, qui habite la côte de Zanguebar immédiatement au sud de Téquateur, en regard de la grande île de Zanzibar, — Zanzibar, Zanguebar, deux noms qui n'en sont qu un au fond, et qui sous une forme arabe dir versement modifiée désignent la côte ou le pays des Zindj, ancienne tribu somâli de cette région littorale * ; — on sait, disons*nous, que ce peuple souâhili est une des branches^ ou, pour mieux dire, un des groupes les plus remarquables de la nombreuse famille des populations mixtes de l'Afrique australe désignées sous la qualification de Négroïdes ou demi-nègres, — une race blanche, soit arabe, soit gallâ, greffée sur un fond noir. « La langue, dit M. Steere, montre chez eux le mênie caractère mixte que la configuration physique. L'histoire de leur côte n'est qu'une série de conquêtes arabes, et ils se recrutent constamment, d'un côté, d'immigrants arabes; de l'autre, d'esclaves amenés de l'intérieur.... Le dialecte de Lamoi), que les indigènes appellent toujours Amou (VI n'étant apparemment que l'article arabe), est regardé comme le meilleur, bien que les formes en paraissent quelque peu vieillies pour l'usage habituel. Le dialecte de Mombaz (que les indigènes appellent mvita) est celui qu'emploie quiconque prétend parler élégamment; mais le dialecte qui semble vouloir prendre la prépondérance est celui de Zanzibar — Voungouya^ comme disent les Souâhili. Toutes les autres villes sont maintenant en décadence, attendu que le commerce de toute la côte, depuis Lamou jusqu'à Ealoua (la Quiloa des Portugais), se

1. Ceux que cette question intéresse peuvent voir ce qui en est dit dans notre U? re Le Nord de l'Afrique dans VantiquUé grecque et romaine^ p. 210 {farU, Impr. imp., 1863, gr. in-S**).

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concentre à Zanzibar. On comptait déjà, il y a quelques années, que cette dernière ville avait une population permanente de 100,000 âmes, et saps nul doufë elle s'accroît rapidement. Le dernier sultan, Seyed Madjid, fonda sur la côte, à une quarantaine de milles (environ 65 kilom.) vers le sud de Zanzibar, une nouvelle ville dont il voulait faire le point central de tout le commerce du continent, et peut-être une rivale de son ancienne capitale. Je crois que son principal titre était que le port étant entièreinent couvert du côté de la mer, la place ne serait pas tout à fait autant à la merci d'un ennemi venant du large.... »

L'auteur entre dans quelques détails sur Tile de Zanzibar et son histoire ; et revenant à ses observations ethnologiques sur les Souâhili, il ajoute * c Par suite du grand mélange de races sur la côte souâhili^ on ne voit prédominer aucun type bien distinct de formes ni de traits. La meilleure classe parmi les Souâhili — ceux qui peuvent faire remonter le plus haut leur généalogie — tient plus de TArabe physiquement que du Nègre. Et même à l'occasion ils se prétendront purement Arabes, en même temps qu'ils regardent leur idiome comme un simple dialecte de la langue du Coran ; mais les gens des Gomores, qui nonseulement ont les traits négroïdes très-prononcés, mais qui de plus exhalent avec une grande intensité l'odeur particulière aux Nègres, se disent aussi Arabes. Le fait est que la langue soufthilî appartient à ce qu'on a nommé la famille Bantou, qui est répandue dans toute l'Afrique australe. Les Souâhili les plus purs sont bien faits , mais de taille assez petite. Le teint est brun clair, et la barbe faible. On Toit ci et là une nuance de peau tout à fait particulière : on dirait que la face a été noircie d'encre, puis lavée. >

M. Steere entre dans d'autres détails, où nous ne pouvons le suivre, non-seulement sur les Souâhili de la côte et de rtle^ sur leur langue et leurs usages,' mais aussi sur beaucoup de tribus de l'intérieur du continent, entre le

Zanguebar et le lac Tanganika. Au total, c'est an morceaa d'une véritable valeur ethnologique.

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