De 5 à €00 kilomètres
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montueuse. La sol est riche, de nombreux ruisseaux l'arrosenf, et pour TAfrique, Tair y est frais. Son inclinaison est au nord ,et à l'ouest, mais je n'y ai trouvé aucune partie au-dessous de 1000 mètres d'altitude. Le pays d'Ousango, situé k l'est de l'espace indiqué, est aussi un plateau qui donne des pâturages aux immenses troupeaux de bétail des Basango [les Ouasango des Arabes '], race remarquable par la teinte claire de la peau, et qui se montre très-amicale envers les étrangers. Ousango forme le côté oriental d'une grande vallée encore élevée malgré sa dépression. L'autre côté, le côté occidental, est formé par ce qu'on nomme les monts Koné, au delà des mines de cuivre de Gatanga. C'est encore plus loin à Touest, au delà de la chaîne ou du plateau de Koné, que se trouve, dit-on, sous le nom de Djambadji, l'origine de notre vieille connaissance le Zambézi. L'extrémité méridionale de la grande vallée comprise entre Ousango et la chaîne de Koné est entre 11 et 12 degrés de latitude sud. Il est rarement possible ici de voir une étoile; mais une nuit, m' étant éveillé entre 2 et 3 heures, j'en trouvai une qui me donna pour latitude 11^ 56' S., et nous étions alors en plein sur le plateau. A mesure que nous avancions, les cours d'eau, évidemment permanents, devenaient nombreux. Quelques-uns se dirigeaient à l'ouest vers la Loangoua; d^autres [en plus grand nombre] allaient [au nord] et au nord-ouest se réunir au Tchambézé. Trompé par une carte qui applique à cette rivière la dénomination de « Zambézi, branche orientale, D je la pris en effet pour la rivière méridionale de ce nom; mais le Tchambézé, avec tous ses tributaires, coule de l'est vers le centre de la grande vallée du plateau, laquelle probablement est la vallée du Nil. C'est une rivière intéressante en ceci, qu'elle contribue à former trois lacs, et qu'elle change trois fois de nom dans les 5 ou 60O milles (8 ou 900 kilomètres) de son cours . Les premiers qui la traversèrent furent les Portugais, qui cherchaient de Tivoîre et des esclaves et ne s'enquéraient de rien autre. Une personne qui a tout recueilli, môme les ouï-dire géographiques des Portugais, sait par le fait si peu de chose du pays, qu'elle met ici une grande rivière qui remonte une montagne de 3000 pieds et qu'elle appelle « le Nouveau-Zambézi. m
1. OuGj ra, ha^ ma sont des particules initiales qui, dans toute l'Afrique australe, depuis la frontière des Hottentols jusqu'à l'équateur et au delà, servent à former les noms do peuples ou de tribus.
« Je traversai le Tchambézé par 10® 34' S., ainsi que plusieurs de ses affluents sud et nord aussi grands que PIsis à Oxford,^ mais plus rapides et dans lesquels il y a des hippopotames. Je mentionne ces animaux, parce que dans ma navigation du Zambézi j^ai toujours pu conduire hardiment le steamer là où je les voyais, sûr de n'y pas trouver moins de 2 mètres 1/2 d'eau. Le Tchambézé va se jeter dans le lac Bangouélo , et quand il en sort il prend le nom de Louapoula. Le Louapoula coule au nord jusqu'au delà de la viHe de Cazembé; à 12 milles au-dessous de cette place il entre dans le lac Moero. A sa sortie du Moero, à l'extrémité nord du lac, il franchit une fissure des mcmtagnesde Roua; et sous le nom de Loualaba, prenant son cours au N. N. 0. [il devient très-large] et forme l'Oulènghé dans le pays à l'ouest du Tanganika. Je n'ai vu le Loualaba qu'au point où il sort du Moero et se fraye son passage à travers les hauteurs de Roua ; mais je ne doute pas que même avant d'avoir reçu le Sofunso qui vient du Maroungou, et le Sobouri qui vient du pays de Baloba, il ne suffise à former rOulènghé, soit que ce nom désigne un lac avec beaucoup d'Iles, comme le disent quelques-uns, ou, comme d'autres l'assurent, que ce soit seulement une séparation du courant en plusieurs branches, — une sorte de Pendjab, si je puis employer ce terme. Ces branches, dans tous les cas, portent toutes leurs eaux à la Lcufira, grande rivière [qui a ses sources entre 11 et 12® S.], et qui, par elle-même et ses nombreux tributai res, arrose le côté occidental de la « grande vallée. j> Je n'ai pas vu la Loufîra ; mais partout où on me l'a désignée vers l'ouest au delà du 11« degré S., on m'a toujours dit qu'on n'y pouvait naviguer qu'en canot. Ceci est une information purement native. Des hommes intelligents m'ont assuré qu'après avoir reçu les eaux de l'Oulènghé, la Loufira coule au N. N. 0. vers le lac Schowambé, que je conjecture être le même que le lac découvert par M. Baker *. D'autres croient qu'elle va se jeter dans le Tanganika à Ouvira, et que le Tanganika luimême se déverse au nord dans le Tchowambé par une rivière appelée la Loanda. Sur tout cela je suspends mon jugement. Si je suis ici dans Terreur et que je vive assez pour la reconnaître, je me rectifierai. Mon opinion, quant à présent, est que si le grand volume d'eau que j'ai vu se portant au nord ne
1. C'est-à-dire TAlbert Nyanza. Je ne puis, sur ce point, que m'en référer à mes remarques précédentes.
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suit pat, à l'ouest, une direction parallèle an Tanganlka, elle doit s'écouler du Tanganlka même, et, selon toute probabilitéi par la Loanda. »
Après avoir exposé ses vues sur ce grand problème dont l'observation directe peut seule donner la solution, -— et nous devons tous désirer qu elle soit réservée au docteur Livingstone lui-même, — le voyageur reprend sa narration. Il va nous faire connaître un nouveau lac qu'il a vu le premier non loin de l'extrémité méridionale du Tanganîka, et décrire sommairement l'aspect et la nature d'une région lacustre avant lui complètement inconnue.
« Je reviens au plateau. Il est partagé en districts, Lobîsa, Lobemba, Oubengou, Itava, Lopéré, Kabouïré, Maroungou, Lounda ou Londa, et Roua. Le nom des tribus est précédé de l'initiale Ba; les noms de pays sont précédés de Lo ou de Ou. Les Arabes adoucissent 6a en oua^ conformément à leur dialecte souahéli; les indigènes, jamais. Sur la pente nord du plateau, [dans le pays de Baloungou *], le 2 avril 1867, j'ai découvert le lac Lièmba. Il est situé dans un creux dont les côtés descendent en pentes rapides à une profondeur de 600 mètres; le site est fort beau, les côtés, le sommet et le fond étant également couverts d'arbres et d'arbustes. Les éléphants, les buffles et les antilopes paissent sur les pentes escarpées, tandis que les eaux pullulent de crocodiles, d'hippopotames et de poissons. Le canon étant inconnu, les éléphants ont ici leun coudées franches, si ce n'est que çà et là il y en aura un de pris dans les fosses. C'est un véritable paradis naturel, tel que Xénophon aurait pu le souhaiter. Sur deux îles rocheuses, des pêcheyrs cultivent le sol, élèvent des chèvres et prennent du poisson ; les villages qui entourent le lac disparaissent sous les palmiers à huile de la côte occidentale d'Afrique. Quatre cours d'eau considérables descendent dans le Lièmba; et un grand nombre de ruisseaux de 10 à 12 pieds de large — ce qu'en Ecosse on appelle 6ums, ruisseaux à truites — se précipitent en franchissant les rochers de schiste argileux d'un rouge brillant, où ils forment de magnifiques cascades devant lesquelles