‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 101 sur 425 · LES ITALIENS A LA NOUVELLE-GUINÉE · texte numérisé non relu

LES ITALIENS A LA NOUVELLE-GUINÉE

« J'ai beaucoup souffert des fièvres ; maintenant je vais mieux. Un de mes deux domestiques, un Polynésien, mourut lin mois après mon arrivée; Tautre est resté malade durant plus de onze mois. Le bâtiment qui m'a emmené n'est resté que cinq jours dans la baie de l'Astrolabe ; et cependant, au retour, sur 200 hommes d'équipage, nous en avons eu 80 de malades de la fièvre, ce qui nous a obligés de rester six semaines à Ternate. En ce moment, nous cinglons vers les Philippines et Ilong- Kon<r pour changer de latitude, à cause de nos malades. Après avoir visité les Negritos à Luçon, je compte me rendre aux îles de la Sonde, d'où je retournerai à la Nouvelle-Guinée, mais sur une autre partie des côtes de nie.

c Depuis deux ans et demi, je suis privé de tout commerce avec le monde européen civilisé; aussi je voudrais bien apprendre quelque chose du mouvement scientifique de ces derniers temps. Peut-être pourrez-vous me faire parvenir quelques anciens cahiers de vos Mittheilungen, en même temps que les derniers numéros. J'ai beaucoup de choses, énormément de choses à rédiger; je vous en communiquerai bientôt les résultats, que je vais mettre en ordre à Batavia. »

$ 'i. Les navigateurs et les naturalistes italiens à la Nouvelle-Guinée. MM. Ccrruti, Beccari et d'Albertis.

Dans le même tomps, la marine italienne manquait sa place, et une place déjà fort honorable, dans ces parages encore si peu connus.

Depuis moins de quatre ans, des obsorvateura exacts, d'habiles marins, des naturalistes éminents appartenant à ritalie, ont apporté un contingent notable aux reconnaissances suivies dont la Nouvelle-Hollande commence à être l'objet.

Leurs courses, jusqu'à présent, n'ont touché qu'à l'extrémité N. 0. de cette grande terre insulaire ; mais dans l'espace relativement restreint qu'elles embrassent, elles y ont enrichi la carte de découvertes importantes.

Les voyages de M. Émilio Cerruti avaient un ol)jet princinalcmont commercial, Il cherchait, au milieu des

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vastes îles et des innombrables archipels qui couvrent de ce côté le continent asiatique et s'étendent jusqu'à l'Australie, un point favorable à un établissement italien. Après un premier voyage qui ne dura pas moins de cinq ans, de 1861 à 1866, il revint dans les mêmes parages à la fin de 1869, cette fois investi par le gouvernement d'une mission quasi officielle, et accompagné d'un officier du corps des ingénieurs, le capitaine Giuseppe de Lenna. A Singapore, M. Gerruti fréta un yacht anglais, VAlexan- (ira, avec vingt hommes d'équipage. Après avoir visité les deux groupes des îles de Ki (ou Keï) et d'Arrou, situés au S. de la longue péninsule profondément découpée qui forme l'extrémité N. 0. de la Nouvelle- Guinée, groupes sur lesquels elle recueillit d'intéressantes et nombreuses informations, la mission atteignit la péninsule même, dont les côtes furent reconnues sur une étendue de plus de cinq degrés, jusqu'au cap Anglais (English Point), le plus occidental du continent de la Nouvelle-Guinée (par 1* 28' de latit. S.). En regard de ce cap s'étend l'île Salavatti, dont la longueur, du S. au N. E., est de près de 60 kilomètres, et qui sur toute cette étendue est séparée du continent par un détroit semé d'îles. M. de Lenna a fait la carte de ce détroit, qui a reçu le nom de Galcvo. Une fort belle carte, construite par M. Guido Gora sur les minutes du levé, accompagne le compte rendu de l'expédition dans le troisième cahier du Cosmos (ci-dessus, à la bibliographie, n© 454).

Les détails suivants sur MM. Beccari et d'Albertis sont fournis par les correspondances du Cosmos de Turin et des Ilighways de Londres,

Odoardo Beccari est un jeune naturaliste, Florentin de naissance, plein d'ardeur pour ce qui peut enrichir sa science favorite. Le marquis Doria, qui venait d'achever

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