‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 177 sur 425 · LE GABON · texte numérisé non relu

LE GABON

54. Walker (R. B. N ). Letter on a journey up the Ogpwé river, West kïnc3iJ Proceedingg of the Roy. Geogr, Soe. vol. XVII, 1871, p. 354-355.

Dans cette nouvelle tentative en amont du fleuve, à U fin da 1I7S| M. Walker a remonté jusqu'& une distance de près de SOO miUata»» glais ; les derniers 75 milles ne furent qu'une succession da n|MM difficiles, et souvent dangereux. Plusieurs canots furent renveraét tt mâà en pièces. Le point extrême où l'on parvint est, par observation, ta dtlà de 12* E. (de Greenw), environ par o* 8' S. Dans l'intervalle ptreoinii le fleuve ne touche nulle part k Téquatenr. Le cours est sinuenx; iMli la direction constante estE.— 0., entre 4' et lu' delatitndeS. St ItrfMT» très- variable, va de loo à i80i) yards (le yard un peu moins d*OB aè* tre) : là où M. Walker s'arrêta, la largeur du fleave atteigntit et dtr> nier chifl're. À 30 ou 40 au-dessus de ce point se trouve la grande ehatt d'Obowaï, que M. Walker a beaucoup regretté dt n'tToir pa viiittr.

« Ce que j'ai vu du fleuve suffit pour me convaintre, dit M. Wtlktr tt

OGOVAI. 53

Urminant «a Idtrv ulntaèa i U s«i«ti do GcugnpUa ds Londni, qna rogoiii cBt nue trii-grandï riiière, el qu'elle tsl U princlpilt wlir» ds l'Afrique éipïUTWe d« l'OneiL. Elle a pr^boblcmsiit u »□»■ dmi les parles «ceidaaUtea de la région eiplor«e pir le D' lirtngslMM.... ■ . Db Cohpiégne el Uarche. Lellre su prc^ident de la Société de Cèagrsphic de Paris. BuUttin de la Sociéic, mai 1874, p.S31'S34. La lall» ut datée d'AdiDlinanlinBo, confluent de rOgAout(l« Mgoural de la carie Pelermsan), O iictain lt73.

ijuatorûtle. le Comt-

i6 iii. Voyage dans le bmt Dgooué {nie}, àc la pointe Ptticbe à la riv. Iviodo, par MH. lo marquis V. de CoMPiÏQNBelAlrr. Uarcbc. BulUtin de la Soc. delagéogr. sept 1874, p. 31S-339. Avec une

7. VoyagH dm» l'Ogoway. Eitrait d'un Rapport adressé au ministre de la marine par M. le contre-amiral Du Qmuo, «UOmandant en chef de la division navale de l'Atlantique du nd, iladaie du 10 juillet 1873. Act'ue man'f. M wtcn., avril 1874, p. â-26.

7 bU. Cirledu delta de l'Ogow*. Ugunes dii Fernand-Va* etdu Ueiias. PanV, 1873, DÉpùi de la Marine. 1/3 feuille, 1 fr.

i8. Hedde. lieut. d« vaisseau. Noies sur les populaUoDi du Gabon el de l'Ogowav, 18&8-I869. Bulletin de la Sot. ie Giogr., févr, 1874, p. 193-198.

Vojag* da HH. da compiègna at mtcba i l'Ogerat.

ta voyage de M. de Gompiègne et de M. Marche dans • région du Gabon, et leurs tentatives d'exploration du nive OgOTal, se place ici d'autant plus naturellement, l'une partie de kurs courses sur le fleuve a été faite en Kioiaun avec M. Walker (n' 54), qui s'y trouvait aussi LKu le même tempe. Nous avons eu déjà plus d'une fois -Casion de parler de MM. de Gompiègne et Marche Oir notre précédent volume, p. 205); quoique l'objet ^incipal que s'étaient originairement proposé ces mes- ^urs fût la recherche des collections d'histoire naturells,

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leur pensée s'était aussi tournée vers l'exploration géographique, et ils s'étaient munis des instruments nécessaires pour les observations. Comme tous ceux qui jusqu'à présent les ont précédés dans cette région, à commencer par du Chaillu, ils n'ont pu ni prolonger leurs courses, ni aller aussi loin qu'ils l'avaient projeté : néamnoins chacune de ces tentatives interrompues rapport^ quelque notion nouvelle, quelque utile indication, et peu à peu prépare la voie à la future exploration qui un peu plus tôt ou plus tard forcera l'entrée de l'intérieur. Nous l'avons dit plus d'une fois, et on ne saurait trop le répéter, rOgovaï est une des routes principales à suivre pour* les gnndes découvertes qui restent à faire dans la xone équatoriale, pour aller rejoindre les explorations de Livingstone et de Baker, de Schweinfurth et de Barth. Chaque pas qui se fait dans cette direction présente donc un intérêt tout particulier. Nous espérons bien que les notes recueillies par MM. de Gompiègne et Marche nous vaudront une bonne et intéressante relation.

Dans la lettre que ces messieurs écrivaient de TOgova! le 13 décembre 1873 (ci-dessus, n<» 55), on trouve qusl* ques particularités bonnes à relever.

ce Nous espérions dater cette lettre du pays des Okanda, bien au delà des rapides, mais les noirs ne comptent le temps pour rien, et malheureusement nous dépendons dee noirs. Bien que nous eussions pris d'avimee tous les arrangements nécessaires pour que le roi N'Tombé noBS conduisît sans délai chez les Okanda, nous avons d& différer notre voyage jusqu'à la nouvelle *lune de ce mois, c'est-ànlire environ jusqu'au 20 décembre. La gmads crue des eaux de TOgôoué, et le besoin qu'a le roi dWcomplir certaines cérémonies avant de partir, ont été la cause de ce retard. De plus, presque tout notre personnel gabonnais a refusé de nous accompagner au delà de i'Adaulinanlango. En présence de ces contrariétés, nmis

Uv'

«vons cepecdaDt cherché à mettre le temps à profit le mieux possible. C'eat ainsi que nous aïons exploré 1» rivière Aka.loiB, l'une des voies de cnmmuQication du lac Azingo avec l'Ogàoué ; cette rivière est intéressante sous beaucoup de rapports. C'est ainsi, égaiemenl, que dans le N'Gounié nous avona, avec l'aide de M, Walker et de son petit vapeur, élé jusqu'aux chutes dn Samba, dont mon ami Marche a pris plusieurs vues photographiques. Laissant M. Walker traiter différentes alïaîivs de caoutchouc et d'ivoire au pied des chutes, nousavon)^, Marche et moi, gi^nè Bouali, capitale des li.'ein (et non lïilis),fruidd en pirrignn les rapides qui pendant trois milles obstruent le N'&ounié, enfin planté le pavillon français à un po^t où n'avait encore pénétré aucun voyageur, et, naos en avons la preuve, aucunhlanc... »

A leur retour, MM.de GompiëgnoetMarahe, dans une note communiquée à notre Société de Créographle, ont présenté trëa-sommairement l'aperçu de leurs opérations i la reprise de leurs courses au commencement de 1B74. Ce futseulementi l'époque des ci'ues,qui permettaient de remonter plus facilement les rapides, que les deux explortv. leurs purent s'engager dans le cours supérieur de l'Ogovat.

Ils partirent le 9 janvier de la pointe Fétiche avec quatre pirogues montées par cinquante Gallois et trente Ineiiga, ces derniers sous la conduite de leur vieux roi aveugle Hénoqué. Le 13 ils arrivèrent i un grand village bakala! où se trouve la dernière factorerie européenne, tenue par un Qabonnaîs.Aquelque distance de cette station on trouve le confluent de la rivière Obanger par laquellu les indigènes prétendent que l'on peut communiquer rapidement avec l'caluaire du^ Gabon, ressource précieuie en cas de difficultés suscitées par les naturels dans les régions du cours inférieur de l'Ogovaï. On pasB» quatre jours sans rencontrer de vill^es ; le cinquième, les villages okoia se multiplièrent sur la rive gauche.

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Les habitations des Okota sont en mauvais état ; chassés de la rive droite par les Osiéba, ils vivent dans la misère et n'ont guère d'autre nourriture qu'un fruit légèrement sucré et très-pâteux qui pousse en abondance dans les bois. Leurs femmes montrent cependant plus de réserve que celles des autres riverains de TOgovaï. Leur principale ressource commerciale est la vente des esclaves. Il fallait obtenir du roi du pays le droit de s'engager dans les rapides. Les premières négociations furent heureuses parce qu^on les accompagna de cadeaux, car il est de tradition générale chez les roitelets nègres d'employer tous les moyens légitimes ou illégitimes pour tirer des voyageurs le plus de présents qu'ils peuvent.

MM. de Gompiègne et Marche, fatigués des atermoiements et des exigences du roi, le prirent de haut et continuèrent leur voyage de vive force.

Le passage des rapides est fort pénible, souvent dangereux, et d'autant plus difficile en ce moment à cause de la baisse extraordinaire des eaux : le pis fut que ces rapides souvent transformés en véritables chutes, se succédèrent .sur un parcours de plus de 150 milles; en sorte qu'on peut considérer l'Ogovaî comme descendant la pente occidentale très-étendue, quoique fort inclinée, d'un plateau central considérable.

Partout où les explorateurs se trouvèrent en rapport avec les indigènes, ils obtinrent l'assurance que le fleuve aboutissait à de grands lacs. Ces indications sollicitaient leur ardeur. Le 21 janvier, ils arrivèrent dans le pays (les Apingi, peuple doux, de relations faciles, industrieux^ qui récolte du caoutchouc et du miel, et qui cultive le hatchi. Ils savent tisser des nattes très-fines, font delà poterie avec assez de goût, possèdent beaucoup de (poules et de chèvres, et vivraient dans un état de bien-être supérieur à celui des populations noires s'ils n'étaient pas continuellement attaqués et pillés par les Osiéba ; de là vient sans

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doute qu'ils sont en petit nombre : un millier à peine.

Les voyageurs, dans cette note sommaire, ont dû laisser de côté bien des incidents de leur entreprise : mécontentements de leur escorte, révoltes, fuite des nègres, paniques occasionnées par des démonstrations hostiles des indigènes des deux rives, orages effroyables, cérémonies extravagantes pour conjurer les choses, les hommes et les dieux, naufrages partiels, fatigues et soucis de tout genre : tel est le fond de cette expédition.

En somme, l'exploration française, la seule qui ait pénétré aussi loin cette année dans les terres inconnues de l'Afrique, a été poursuivie sur un parcours inexploré de deux cent milles jusqu'au confluent de la grande rivière Ivindo. Malheureusement la population féroce et avide des Osiéba occupait depuis longtemps les deux rives du fleuve; il avait fallu changer d'escorte, montrer à différentes reprises une attitude hostile. Le 10 mars, les pirogues qui suivaient la rive droite reçurent une décharge de fusillade d'une embuscade des Osiéba, qui s'enfuirent immédiatement après ce beau coup dans les profondeurs des forêts qui bordent le rivage. Six hommes de l'escorte étaient blessés ou plutôt mutilés par les morceaux de ferraille avec laquelle les indigènes chargent leurs fusils.

MM. de Gompiègne et Marche réussirent pourtant à rassurer leurs nègres et à remonte^ pendant quatre milles le fleuve, qui après avoir suivi la direction de l'O. au N. E. s'infléchissait] alors vers le S., libre de tous obstacles. On n'était plus, au dire des Okanda, qu'à quatre journées des grands lacs. Pendant une halte sur une île située au confluent de TOgovai et de l'Ivindo, les Osiéba, en nombre considérable, se montrent sur les deux rives et ouvrent sur la petite troupe un feu nourri. L'épouvante de l'escorte fut à son comble ; ni prières, ni menaces ne purent arrêter les chefs nègres dans leur réso-

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lution de fuite. On redescendit le fleuve avec une rapidité insensée, et trois pirogues se perdirent dans les rapides. Après une succession d'alertes, de souffrances et d'épreuves de tout genre, les deux voyageurs, malades et désespérés, se virent rejetés sur le territoire des Okanda, de U à la pointe Fétiche, et enfin à l'hôpital français du Qrabon où ils furent sauvés d'une mort imminente,

Keconnaissances naatiqoes des officiers de notre escadre de l'Atlantique,

dans rogoval.

Le rapport du contre-amiral de Quilio sur ces reconnaissances est un document notable dans l'histoire géographique deTOgovaï*. L'amiral de Quilio a remonté le fleuve jusqu'à environ 160 milles de son embouchure; il a eu affaire à de nombreux chefs de tribus qui tous se sont montrés fort bien disposés non-seulement pour lui, mais pour la France, avec laquelle presque tous ont des traités, et dont quelques-uns même veulent absolument reconnaître la suzeraineté. Le pavillon français jouit partout d'une grande influence. II est porté par les chefs dans toutes leurs expéditions, et l'un d'eux entre autres, N'Gombl, dans son respect pour ce pavillon, a déposé devant lui son bâton de commandement, déclarant à l'amiral que par suite de sa présence dans ses domaines cet insigne lui devenait inutile, tout le pays étant à la France. M. du Quilio a pu, en effet, terminer par la seule manifestation de son opinion, des différends pendants depuis longtemps entre diverses tribus.

Presque toutes ces peuplades parlent la langue pongoué, ce qui tendrait à faire croire qu'elles font partie du groupe auquel appartiennent aussi les Grabonnais.

1. Dans plusieurs des volumes de V Année, nous avons recueilli différents documents antérieurs de môme nature.

Il se fait Ik un commerce aasoz actif, notamment de caoutchouc et d'ivoire. Ge son! les Bakala! qui prennent la plus grande part à ce commerce. Il y a peu de temps encore, La traite s'y exerçait sur uiu: grande échelle. Les Inengas amenaient de l'intérieur k'^i esclaves que les Orongous et les Camaa vendaient aux traitants portugais. C'est pourquoi la langue portugaise, parmi lea langues bufO' péennes, est la mieux connue de ces sauvftges,

La flore et la faune de l'Ogovaï ^o rapprochent de celles (hi Gabon. 11 y a beaucoup do boia rouge et de bois d'é- Jiène; on y trouve lepatmiiTà huilc,laliane àcaeutchouc, le palmier bambou, le bananier, le manioc, la patate, l'arachide, la canne à sucre, l'ananas, le papayer, le chasr vra indien et le tabac. Les animaux sont représenteB par l'éléphaDl, l'hippopotame, les antilopes, les bœuf* sauvages, les sangliers, le Umentin, et un grand nombre d'oiseaux, parmi lesquels de belles variétés de perroquets.

Deux maisons européennes surtout font le copimerce dans ces régions: ce sont la maison anglaise Hatton et Gookson, et la maison allemande Wolberg.

Sn remontant le fleuve, M. l'amiral du Quilio a pu foire quelques observations importantes. Il a fait relever entre autres la topographie de La pointe Fétiche. Il n'a pu malheureusement se rendre jusqu'au Lac Onangué, dont OB rapporte des merveilles. U a en même temps constaté l'impossibilité de rejoindre le Fernand Vaz par les canaux 6t par rigongonoué. Le delta de l'Ogovaï est surtout formé par des ramifications se dirigeant vers le S. ; toutes celles qui paraissent courir un moment vers le N. reviennent promptament se perdre dans la branche centrale du fleuve.

Il y a, en outre, dans le Ut de ce fleuve et de ses affluents, des bancs de sable mobiles et dos lies en voie de formation qui rendent la navigation très-pénible, si»

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ce n'est avec des pirogues conduites par des indigènes.

L*Ogovar, notice degcriptive.

Une notice descriptive sur la partie dès à présent connue de rOgovai ne sera pas sans quelque utilité ; nous reproduisons cette notice d'après l'appendice ajouté, dans la Revue Maritime^ au Rapport de M. le contre-amiral du Quilio.

<c L'Ogova! est un grand et beau fleuve, dont le delta, d'une longueur de près de 100 milles, s'étend de Sangatang au cap Sainte-Catherine, et au milieu duqp^ se trouve rile Lopez ou Manjy. Ce delta est sillonné par une multitude de canaux ou arroyos encore très-peu connus, qui font communiquer entre eux les différents bras du fleuve. Les crues se présentent deux fois par an et font monter les eaux de deux à trois mètres. Elles ont lieu en octobre-novembre, et en mars-avril. Ces crues font fréquemment varier le chenal d'une rive à l'autre, ainsi que nous l'avons constaté sur le croquis de M. le lieutenant de vaisseau Ay mes. Le fleuve est bordé de nombreux canaux et de grands lacs avec lesquels il communique* Le caoutchouc se trouve en très-grande quantité aux abords de ces lacs.

« A 160 milles de son embouchure, l'Ogovaï reçoit par la rive gauche un affluent considérable, le N'Gounié. A partir de ce point le fleuve prend le nom d'0/canda. L'Okanda n'a pas encore été exploré, par suite des rapides que Ton rencontre à 35 milles environ au-dessus de la pointe Fétiche, et qui en rendent la navigation difficile et dangereuse. Le N'Gouniéaété remonté jusqu'à 60 milles ; mais là encore on a été arrêté par les rapides.

« L'Ogovaï coule constamment sur un lit de sable. Aussi ses eaux, qui ont une teinte légèrement rougeâtre.

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sont-elles claires et limpides, agréables au goflt. La plug grande partie des terres du dolta sont basse», Bougent noyées, couveries de palétuviers, de pandanuB et de palmiers bambous. Mais à mesure que l'on remonte on voit bientâl des arbres d'une hauteur extraordinaire, des palmiers à huile. Ce n'est guère qu'à quatre-vingt milles de remboucbure que l'on commence à rencontrer quelles collines.

" La coDstitution géologique de l'Ogova! se rapproche beaucoup de celle du Gabon. Il en est de même de la flore et de la faune. La tlore possède beaucoup d'essences susceptibles d'être employées comme bois de charpente et de cunstructioD. Le bois rouge et le bois d'ébëne sont très-abondants, ainsrquo le palmier à huile et la liane à cuoutchouc. Le palmier bambou est une ressource pràcieuse pour les habitants, qui l'emploient dans la construction de leurs maisons. La feuille du pandanus sert à confectionner toutes les nattes dont on se sert dans le Qeuve. Les plantes alimentaires sont le bananier, le manioc, la patate, l'arachide, la canne à sucre, l'ananas, le papayer et la chanvre indien. Le labac proprement dit croit sur les bords de l'Ogovaï, mais les noirs ne savent pas le préparer.

« La faune des abords de l'Ogowal est des plus riches ; les éléphants, les antilopes, les bœufs sauvées, les sangliers, les cabris y sont très-communs. On y trouve aussi le lamentin, les hippopotames, plus nombreux que nulle part. Les sii^es sont en très-grandes troupes, et c'est dans cette région qu'on trouve le gorille. Les oiseaux sont nombreux et d'espèces très-variées; perroquets, aiglespêcheurs, pélicans, ibis, grues, m ar tins-pêcheurs, canards sauvages, ramiers, pigeons verts, tourterelles. Le poisson est très-abondant, surtout dans le lac et les UToyos où le courant se fait sentir.

« Depuis l'embouchure du fleuve jusqu'au N'Gounié,

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quatre peuplades dominent; mais elles appartiennent à la même race et parlent la même langue, le Ponguéj ce qui porte à croire que les Gabonnais ont aussi fait paftie de cette famille.

ce Les Orongous, appelés aussi Lopez^ habitent la côté depuis Sangatang jusqu'à Tîle Lopez, et la rive droite de rOgova! jusqu'à la pointe Dembo. Ils sont depuis longtemps en rapport avec les Européens, surtout avec lés Portugais, dont quelques-uns parlent la langue. Us ont longtemps servi de courtiers pour la traite. On peut évaluer leur nombre à trois ou quatre mille. Leurs principaux chefs sont N'Ghégué, de Sangatanga ; Rein^olo Kéro, de la baie de Nazaré; Niangué Nioula, de File Lopez; Songué et Renenqué, de la rive droite du fleuve. Tous ces chefs ont des traités avec la France.

Les Gamas habitent les bords du Mexias, de Fernand Vaz au Rembo , et s'avancent jusqu'à TOgovaï dont ils occupent les deux rives depuis la pointe Rembo jusqu'au village d'Achouka. Les Gamas sont plus nombreux que les Orongous. Us sont aussi depuis longtemps en rapport avec les Européens, et servaient autrefois de courtiers aux négriers. Leurs principaux villages sur TOgovaï sont N'Dougo, chef de N'Diogo; N'Gombi, Oviri, Evenga, chef Ougoula.

<c Les Gallois, dont les villages sont placés à proximité du lac Onangué et sur les deux rives du fleuve jusqu'au N'Qounié , sont au nombre de dix mille environ. Leurs fétichcurs sont en grande renommée jusqu'au Gabon. Rien ne justifie aujourd'hui leur ancienne réputation de férocité ; les pirogues des traitants reçoivent dans leurs villages un excellent accueil, surtout de la part des femmes, qui ont une grande réputation de galanterie. Quelques villages de Bahalais, chassés du Rhamboé par les Pahouins, se sont établis tout récemrqent sur le territoire des Gallois,

QABONi S3

i' Les /t'i7i>ontHu8»i quelques \ilJagfs au milieu de ceux

des Gallois. Ils ^D^mblont habiter principalement les

rallées des monts Achoukoles.

" Les Inevgas, plaW'S au confluent du N'Gonnié et de rOkanda, ont été longtemps la terreur des autres populalione. C'est par eux que les esclaves vouaient de l'intérieiii' et étaient remis aux Otongous et aux Gamaa, qui les livraient aux négriers. Les chcf^i inengas demandent aujourd'hui au commerce les revenus que leur a enlevés l'abolition de la traite.

n Au-dessus de la pointe Fétiche, la rive droite de l'Okanda est habitée par les Pakouins venus de l'intériour el qui tendent tous les jours à un rapprocher de la mer. La rive gauche est habitée par les Bakalaï ou Dakalois, peuplado industrieuse. LesBakalais récoltent presque tout le caoutchouc qui sort de l'Ogovaï, et chassent l'éléphant, dont l'ivoire constîluc une des principales branches du commerce. »

Lm papnlttions du Gabon.

La note suivante, écrite par M. le lieuten&ot de vaisseau Eedde, a été publiée par le Bulletin de la Société de géographie (ci-dessus, n* 58).

« Considérations ethnologiques. L'exploration du continent africain, qui a donné à la science géographique des résultats déjà si précis sur plusieurs points, est bien peu avancée en ce qui concerne la partie équatoriale , qui vient aboutir à l'établissement français du Gabon. Cette absence de résultats est due à plusieurs causes ; la principale est la grande diversité des tribus rivales qui veulent monopoliser le traËc avec les Européens, et sont par suite intéressées à arrêter les explorateurs dans leurd découvertes, et même & leur fournir des rDDseigiiements inexacts.

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«Sur d'autres points de rAfrique,ona réussi à rencontrer des peuplades nombreuses ayant une certaine organisation et des chefs puissants, dont l'alliance a permis de pénétrer plus loin. Mais la région équatoriale du Grabon et de rOgovaï n'offre pas cette ressource.

« Sur les bords de la mer on rencontre d'abord, au Gabon, les3/';7on^ot^,et à la bouche de TOgova! les OroungovSj de race similaire, population peu nombreuse (jui avait le monopole de la traite des esclaves entre les Européens et les races de l'intérieur.

ce Depuis l'établissement de comptoirs européens au Gabon et dans le pays de Gamma (cours inférieur de TOgovaï et du Fernand Vaz), on se passe de ces indigènes, ou bien oncles emploie comme agents avec les peuplades voisines, qui sont les Pahouins ou Fans sur le Gomo (principale rivière du Gabon), les Galois dans le pays de l'Ogova!, et les Bakalais sur ces deux rivières. Les tentatives faites jusqu'ici, par le moyen de barques ou d'avisos de rivière, pour dépasser ces peuplades, n'ont pu aboutir, à cause de difficultés matérielles telles que les rapides ou le manque d'eau. Il est donc à présumer que de nouveaux explorateurs, malgré leur dévouement, ne sauraient dépasser de beaucoup les bornes des connaissances actuelles, obtenues soit par le naturaliste du Ghaillu pendant son séjour dans la région de TOgovai, soit par divers négociants anglais. Cependant ces connaissances pourraient sans doute s'étendre d'une manière indirecte, par une étude attentive des populations, et surtout du groupe qui attire plus spécialement l'attention par son importance relative, le groupe des Bakalais et des Pahouins,

« Ces deux peuplades sont assez voisines de mœurs, de langage et d'origine. On les rencontre souvent ensemble, formant de doubles villages où chacune des deux tribus vit de sa vie propre, on bien les villages de chaque tribu alternent le long d'une même rivière.

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