‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 190 sur 425 · REGION DES GRANDS LACS · texte numérisé non relu

REGION DES GRANDS LACS

durant notre récente expédition, des rapports, que j'ai recueillis de la bouche de plusieurs marchands indigènes, ont ébranlé la conviction où j'étais qu'il n'y a pas de communication d'un lac à Tautre. Deux de ces hommes m'ont affirmé qu'ils étaient allés en bateau d'un lac à l'autre, mais qu'ils avaient renoncé à ce mode de voyage parce que les bateaux dont on se servait étaient trop petits pour transporter l'ivoire. « Ces hommes, ajoute sir Samuel, n'avaient aucun motif de faire un faux rapport, aucim intérêt à me tromper. » Non, sans doute. Mais nous en avons tant vu de ces affirmations d'informateurs indigènes que la vérification a démenties, qu'il ne faut recevoir celle-ci, comme toutes les autres, qu'avec les plus extrêmes réserves. D'autant plus, nous le répétons, qu'elle est absolument contraire au fait constaté de visu par Livingstone et Stanley, qui ont vu une rivière non pas sortir de l'extrémité N. du Tanganîka, ce que supposerait le dire des marchands arabes, mais s'y déverser. Alors même qu'il resterait du doute sur ce point, on ne saurait mettre en balance le témoignage de nos deux explorateurs et ceux que M. Baker a recueillis de la bouche des traitants indigènes. Donc réservons notre opinion définitive sur les rapports de ce grand système de lacs, jusqu'à la reconnaissance directe d'un voyageur européen. Espérons que les expéditions actuelles ne resteront pas sans nous apporter quelque lumière nouvelle.

La mtntion des grands lacs dans les anciennes relations portugaises.

A ce propos on a rappelé la mention que les vieilles relations portugaises du seizième et du dix-septième siècle font des grands lacs intérieurs. En 1578, et dans les années suivantes, un Portugais, nommé DuarteLopez, résidait au Congo. Le roi du pays le chargea, en 1587, d'aller à Rome solliciter du pape l'envoi d'un plus grand

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sombre de missioimaires. Ge fut à cette ooeasion que Duarte Lopez, se trouvant «n rapport i Rome aT«c Filippo Pigafetta, lui communiqua les informations qu'A avait recueillies sur rÂfiiqtie durant sa longue résidence au Congo, informations qui devinrent, sous la plume de Pigafetta, le sujet d^un livre écrit, en quelque sorte, sous la dictée de Lopez^ Sur la carte, on voit tracés deux laos dans lesquels on peut reconnaître le Victoria et rAlberlr Nyanza, et au S. de celui-ci un autre grand lac qu peut figurer le Tanganîka. Une rivière est BMurquée d*im lae 4 l'autre, et près de cette rivière est inscrite la légende Lagoa do Nilo^ c'est-4-dire Marais du Nil. Le fak est intéressant et montre que la notion de la grande région lacustre parvint de bonne heure aux Portugais d'Âfri^e par les rapports des indigènes ; mais il n^y a aucune coq^ séquence positive à en tirer quant à la communiealion du Tangantka avec le Nil. C'est une question, encore une fois, que l'exploration directe peut seule mettre bon de eontroverse. Jusque4à, toute discussion, toute spéedfttfon porte à vide.

Une contrée de la zone équatoriale. Fatiko.

Voici le tableau, sol et climat, d'un pays situé à trois degrés seulement au N. de l'équateur, dans cette zone torride qui fut si longtemps regardée comme inhabitable, avant que l'expérience eût appris combien le climat, même dans les parties du globe qu'un soleil presque vertical couvre constamment de ses feux, est modifié par Télévation du sol et Tensemble des conditions physiques. Fatiko,

1 . Ce rare et curieux livre de Fil. Pigafetta fut publié k BxncûB en 1591 ea un volume in-4; il a pour titre : Relatione dslreame diCm^o e délie circonvicine conirade, iratta dalli scritti e roffUmtmenH di Odoardo Lope;if Portoghete, da Fil. Pigafetta.

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