EXPÉDITION BAKER
dont il s'agit, n'est guère qu'à troifi degrén au N. de Véquateur.
« Il est impossiiile de concevoir an plus beau pays : le climat est relalivement frais; l'altitude moyenne au-dessus du niveau de la mer, est de douze cents mètres, et le paysage représente un vaste parc doué, par la nature, de collines rocheuses, d'arbres splendides, de fertiles vallées, de claires rivières coupant la route de mille an mille, et bouillonnant sur des rochers ombragés d'acacias, et en£n un horizon que de hautes montagnes ferment dans le lointain. »
L'inconvénient do ces climats de i'équateur, pour noua autres Européens, ce sont les pluies. Elles durent ici dix mois sur douze, non pas sans discontinoation, cependant, mais la saison sèche proprement dite n'est que de deux mois. En général, il pleut durant deux ou trois jours de suite, avec quelques relâches chaque jour. Ainsi une forte pluie va durer une heure, deux heures, parfois trois ou quatre heures; puis vient une édaircie. Il n'est pas rare que cinq ou six jours se passent sans, une goutte de pluie, même en pleine saison pluvieuse.
s Enfin, le 4 septembre au maUn, nous apercevons Khartouœ, la capitale du Soudan égyptien. Cette ville est bâtie juste à l'angle que font, en se joignant, le fleuve Bleu et le fleuve Blanc, et elle s'étend sur la rive S. du lleuve Bleu dont les eaux sont de beaucoup les plus pures. C'est un amas assez vaste de maisons en maçonnerie pareilles & celles de la haute Egypte, abritées par de beaux arbres. Le long du quai sont rangées de nombreuses barques, qui indiquent un commerce actif. On remarqua l'hAtel des Missions catholiques, habité en ce moment par quatre moines tyroliens, qui vivent du produit d'un fort l'imhke ciooa. xm. 7
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beau jardin. Les maladies ont presque détruit ces magni* fiques missions qui avaient, il y a une vingtaine d'années, des succursales jusqu'à Qondokoro, et qui s'élaient alors rendues célèbres autant par leurs travaux géographiques que par le bien immense qu'elles étaient parvenues à faire parmi les peuplades nègres. Mais le climat d'une part, le commerce des esclaves de l'autre, ont malheureusement anéanti leur œuvre. Les martyrs n'ont pas manqué à cette glorieuse phalange; mais, cette fois, ce ne sont pas les sauvages qu'il faut en rendre responsables. <c Plus loin on remarque le jardin zoologique, où se trouvent réunis de nombreux échantillons de la faune de TAbyssinie et du fleuve Blanc, Le jardin avait alors pour directeur le fameux Miani, qui vient de mourir tout récemment durant une course dans le S. Enfin, il &ut citer le palais du gouverneur, monument remarquable pour le pays. »
Déterminations astronomiqaes.
La route de l'expédition a été jalonnée de relèvements astronomiques que nous allons réunir ici. Les deux premières déterminations, dues à M. de Bizemont, méritent une confiance absolue ; les autres, faites par le lieutenant J, Baker, neveu de sir Samuel, n'ont peut-être pas, surtout pour les longitudes, le même degré de certitude. Dans tous les cas, les écarts ne sauraient être trèsgrands.
Latit. N. Longit. E. do Paris.
Korosko 22'>3V56' 30<» 0'33''15 Khartoum 30 16 /|5«
Fachoda, port égyp. 9 64 30 6
1. Sur la longitude de Khartoum, on peut voir nos remarques au t. X (1872) de V Année géographique, p. 30.
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