‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 299 sur 425 · R01ILFS AU DESERT LIBYQUE · texte numérisé non relu

R01ILFS AU DESERT LIBYQUE

1 bordent immédiatement à l'ouest la vallée du Nil, et particulier sur la question controversée du Bahr la-Mâ, où « fleuve sans eau. »

Les deux mémoires de M. Jordan, astronome de zpédition (n^ 35 et 36), sont les premières relations entifiques que nous en ayons. Ces deux relations ne it pas double emploi : dans Tune (le n^ 36), Tauteur ccupe plus spécialement des instruments et des mé- )des d'observation; l'autre, celle des Mittheilungen^ est is particulièrement consacrée aux résultats obtenus. le-ci est en outre accompagnée d'une grande carte 1 300 000*) où ces résultats sont présentés dans une istruction graphique. Le travail de M. Jordan comnd d'ailleurs des remarques importantes sur les bases ronomiques de la géographie de l'Egypte. Pour apprér d'un coup d'œil ce que l'expédition de MM. Rohlfs Fordan apporte d'acquisitions réellement nouvelles à ^rte du Sahara égyptien, il suffit de comparer la carte M. Jordan à la deuxième feuille de la grande esquisse dix feuilles construite par Petermann et Hassenstein 1862, pour la grande expédition allemande du Souoriental qui se préparait alors [Mittheilungen^ ânzungsheft, n®8). Les bases fondamentales de toute e partie de la géographie africaine ont été posées Cailliaud dans ses voyages de 1818 à 1820. Les velles explorations n'y changent rien d'essentiel, s elles complètent ou rectifient les détails, et elles Ufient légèrement quelques points astronomiques; 3 apportent surtout des données obtenues dans de Heures conditions pour les déterminations d'altitude oasis comparées au niveau de la Méditerranée. Btte question, à laquelle la dépression aujourd'hui i constatée de quelques parties du Sahara donne un rand intérêt, était une de celles dont la mission de !. Rohlfs et Jordan s'était particulièrement préoccupée.

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L'oasis de Farafrëh, entre les oasis de Thèbes et Siwah, a été mieux étudiée] dans son ensemble, et le contour général en est mieux dessiné. Somme toute, Texpédition de MM. Rohlfs et Jordan fournit surtout un excellent contrôle des observations de Gailliaud et des autres voyages antérieurs.

8ar la dépression, aa-dessoas da niveau de la mer, des oasis do nord da Sahara.

Il convient cependant de nous arrêter un instant sur deux points particuliers parmi ceux que noua avons signalés : le fait de la dépression des oasis, et la question du Fleuve sans eau. Quelques éclaircissements sur ces deux points ne seront probablement pas sans quelque intérêt pour beaucoup de nos lecteurs.

Tout le monde sait ce que Ton entend par le terme oasiSy — mot d'origine égyptienne, et qui est spécial à la géographie africaine, où il désigne les parties culti-> vables et habitables du Grand Désert, particulièrement dans la zone qui confine à TÉgypte. 0 a souvent comparé les oasis à des lies au milieu des plaines sablonneuses du Sahara; il y a cette différence, toutefois, que les lies dominent la surface de TOcéan, tandis que les oasis sont des dépressions du sol inférieures au niveau de la Méditerranée. Les oasis doivent leur fertilité aux sources qu'elles renferment, et qui parfois s'y épanchent en cours d'eau permanents.

Toute la zone orientale et septentrionale du Grand Désert, à l'ouest du Nil d'Egypte et au sud de la région qui borde la Méditerranée jusqu'aux Syrtes, et le pied de l'Atlas jusqu'à l'Atlantique, renferme un grand nombre d*oasis, grandes et petites ; mais l'usage a particulièrement consacré sous ce nom celles qui avoisinent l'Egypte à l'ouest, à la distance de quelques journées de marche.

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Elles forment une chaîne qui commence à la hauteur de Thèbes et qui, se prolongeant au nord, puis à l'ouest, conduit à l'oasfs célèbre d'Ammon, appelée aujourd'hui oasis de Siwah. « Par leur position, disait il y a quatrevingts ans l'ingénieur de Rozière (Constitution physique de l'Egypte 4ans la Descr. de VÈg., t. XX, p. 296, édit. in-8*), ces oasis se trouvent dans une certaine dépendance de l'Egypte. Elles lui ont été soumises dès les temps les plus reculés ; elles participaient à son régime ancien, et possèdent encore des monuments analogues à ceux de la Thébalde et de la Nubie. Par suite des troubles perpétuels du gouvernement des Turcs et des Mamelouks, et de leur extrême incurie, elles n'ont plus depuis longtemps avec l'Egypte que des relations de commerce; Ce sont les stations, les lieux de rafraîchissement des caravanes qui partent chaque année de l'intérieur de l'Afrique et qui traversent le désert pour se rendre en Egypte. »

Les anciens, et les Arabes au moyen âge, ne connaissaient à l'ouest de TÊgypte que trois oasis. Pour les Grecs et les Romains, c'étaient VOasis Magna (notre oasis d'el-Khardjèh), rOom Parva (oasis el*Baharièh), et Y Ammonium (oasis de Siwah). Pour les Arabes, les oasis égyptiennes, dans leur ensemble, étaient désignées sous l'appellation générique d'el-Ouâhas; mais ils n'en eurent qu'une notion assez vague. C'est aux récents explorateurs européens que Ton doit d'avoir enfin des informations précises sur le nombre, la position et la topographie des oasis égyptiennes. Elles sont au nombre de cinq principales [el-Khardjèh , dite aussi oasis do ' Thèbes et Grande Oasis, Dakhel, Farafrèhy el-Baharièh et S/i>t;a/i),dans l'intervalle et autour desquelles il y on a plusieurs de moindre étendue. La Grande Oasis, ou oasis à'el'Khardjèh ^ est directement à l'ouest d'Esneh et du site de Thèbes, à la distance de quatre longues

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journées. — L'oasis de Dakhel est à l'ouest de la précédente, à la distance de trois journées. — Au N. N. 0. de Dakhely à la distance de quatre journées, est l'oasis de Fàrafrèhy groupe composé d'une douzaine de très-petits emplacements habitables; à quatre journées de Farairèh Ycrs le N. £. est l'oasis de Baharièh^ dite aussi Petite Oasis (par comparaison à celle d'el-Kardjèh). Enfin, à rO. N. 0. de Baharièh, à la distance de dix journées, on arrive à l'oasis de Siwah, la plus célèbre de toutes.

Un trait caractéristique de l'oasis de Siwah est la dépression considérable que le sol y présente par rapport au niveau général des plaines environnantes. Cette particularité remarquable de la configuration du désert n'appartient pas d'ailleurs exclusivement à l'oasis da Siwah : elle est en quelque sorte commune à toute la zoi^e littorale du nord de l'Afrique, depuis l'extrémité orientale de l'Atlas jusqu'à la tète du delta du Nil. On la retrouve dans toute cette longue bande non pas d'une manière continue, mais sur différents points séparés par de plus ou moins grands intervalles; et si l'on franchit l'isthme de Suez, elle se continue par une dépression infiniment plus considérable que toutes les autres, dont le fond est occupé par la mer Morte et la vallée du Jourdain. Ces accidents de la configuration terrestre dans la partie S. E. du pourtour de la Méditerranée sont dignes de la méditation des physiciens. La dépression la plus occidentale se trouve au pied même du mont Aurès, à la limite do l'Algérie et du pays de Tunis ; elle est occupée par la vaste lagune de Melgh'ir que d'autres lagunes prolongent à Test vers le fond de la Petite Syrte ou golfe de Gabès. Le nivellement très-exact exécuté récemment par M. Roudaire et M. Henry Duveyricr a fixé à 27 mètres ati^ dessous du niveau de la Méditerranée le point le plus enfoncé de la cuve du Melgh'ir, bassin aujourd'hui plus qu'à demi desséclié, mais qui fut autrefois un réceptacle

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