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LA ZONE DES DÉPRESSIONS

considérable, au temps où Tlgharghar (le Niger des anciens) y apportait Timmense tribut des eaux du sud. De l'autre côté des Syrtes, au sud du plateau, Âoudjélah occupe aussi une dépression du désert ; mais on n'en a pas, jusqu'à présent, déterminé le chiffre, et Ton ne peut dire si elle descend au-dessous du niveau de la mer. Siwah est à peu près à mi-distance (seize à dix-huit journées) entre Âoudjélah et le Nil. Les observations barométriques de Gailliaud avaient déjà conduit à reconnaître que le sol de l'oasis de Siwah était à trente-deux mètres environ au-dessous du niveau de la Méditerranée (Angelot, dans les Nouv. Annales des Voyages, juillet 1845, p. 104) ; les observations de MM. Rohlfs et Jordan conduisent à très-peu de chose près au même chiffre.

Ces observations étaient pour eux d'un intérêt tout particulier. Les plus grandes précautions avaient été prises. « Un des plus importants problèmes de l'expédition, dit à ce sujet M. Jordan, était la mesure des altitudes des oasis et des montagnes. Pour être le plus possible indépendant des variations que souffrent toujours les baromètres anéroïdes, j'ai pris avec moi un baromètre portatif à mercure, qui a servi de régulateur pour les baromètres anéroïdes pendant tout le temps de l'expédition, et qui existe encore sauf. De cette manière les baromètres anéroïdes, dont j'avais examiné avant le départ les divisions et l'influence de la température, n'ont servi en quelque sorte que d'instruments subsidiaires. Gomme observations barométriques correspondantes, on aura les observations régulières de l'Observatoire royal du Caire, qui ont été mises obligeamment à la disposition de l'expédition par M. Ismaël Bey, directeur de l'Observatoire ; et, en outre , M. Hoks, directeur de l'École anglaise à Siout, a eu la bonté de faire les lectures d'un baromètra anéroïde pendant ces derniers mois. La méthode définitiist du calcul des hauteurs barométriques ne pourra du resté

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être adoptée qu'après la comparaison des observations correspondantes, parce que la distance des stations est très-grande. »

A l'est de Siwali, dans la direction de l'oasis el-Baha^ rièh ou Oasis Parva, une chaîne de petites oasis qui se suivent à de courts intervalles (el-Aradj, — 75 mètres; el-Bahreïn, — 50 mètres; el-Outtiah, — 30 mètres; el- Zittrahy — 15 mètres) occupent des dépressions dont le chiffre, comme on le voit, va se relevant graduellement à mesure qu'on s'éloigne de Siwah. El-Baharièh est à 50 mètres, selon le chiffre qui se déduit des observations de Gailliaud, à 100 mètres d'après celles de M. Jordmiiy au-dessus du niveau de la mer; mais, en poussant au N.*E. jusqu'au Faloum (qui n'est lui-même qu'une grande oasis contiguê au Nil), on retrouve une dépression de 3 à 4 mètres aurdessous de la Méditerranée.

Telles sont, d'une manière au moins fort approximir tive, les ondulations que le sol du désert présente dans ce qu'on peut nommer la zone des dépressions entre l'Atlas et le Nil inférieur. Dans les oasis du sud, le sol présente toujours une dépression plus ou moins considé* ble par rapport aux plaines sablonneuses du désert; mais cette dépression n'atteint plus nulle part un chiffre inférieur au niveau de la mer. L'oasis Baharièh, ainsi qa'on l'a vu, est à 100 mètres au-dessus de la Méditerrûiée; dans l'oasis Farafrèh, le plus grand enfoncement est à 25 mètres (Aïn-el-Ouadi, à l'extrémité nord de l'oasis). L'oabis de Dakhel esta 100 mètres (àMouth), et la longue oasis de Khardjèh à 75 mètres dans sa partie du nord, à 50 mètres dans sa partie du sud, également au-dessus de la mer. Ces chiffres, susceptibles de quelques corrections^ sont ceux de M. Jordan ; ceux qui se déduisent des ob» ssrvations barométriques de Gailliaud en diffèrent plus ou moins pour la quotité % mais non pour le résultat g6^

1. Voici^ pour ralUlude dei oasis du sudj les obiffrés auzqusb

LE FLtUVfc: SANS EAU. kl

irai, q[ui donne des altitudes inférieures au niveau de . mer dans les oasis de la zone littorale, et des altitudes ipérieures au même niveau dans les oasis intérieures.

Sar le Bahr beU-BI& ou fleute sans eau. Quettion débattue.

La question des vallées sèches, ou du Bahr hcla-Mâ, )uche par plus d'un point à celle des oasis ; ce sont des hénomènes plus ou moins connexes dans Tétude physiue du Sahara. Cette dénomination arabe de Bahr bêla" tây qui signifie littéralement le Fleuve sans Eau, a été ppliquée à un large et profond sillon que Ton rencon- *e dans le désert à l'ouest du Faïoum, qui se retrouve à ouest des lacs Natroun dont il n'est séparé que par une mgue crête de sable, et qui va se terminer vers la Méiterranée à environ 70 kilomètres à l'ouest du Delta, omme des traces analogues ont été coupées ou suivies xr d'autres points au sud des précédents, jusqu'aux oas do Dakhel et de ELardjèh, on en a conclu, peut-être rématurément et d'une manière trop généralisée, que le ahr bela-Mà présente à l'ouest de la vallée du Nil, et ms une direction parallèle, l'aspect d'un véritable fleuve asséché, qui semble avoir servi de lit à une dérivation X Nil dans les temps antérieurs à l'histoire, sinon duint la dernière période géologique.

M. Jordan n'accepte pas cette conclusion, non plus que 8 tracés plus ou moins hypothétiques du Bahr bela-Mft

de ses embranchements supposés, tels qu'on les a fi-

»tait arrêté H. Russegger, le savant voyageur viennois, tant d'aprèi s obsenrations personnelles que d'après celles de Cailliaud et d'au- }s ezidorateurs :

Oasis de Bahariëh (au-dessus de la mer) 35 m. 40

— Farafrèh — 33 45

— Dakhel — 55 21

— Khardjèh — 104

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gurés sur les cartes. « L'examen de ces vallées sèches faisait partie, dit-il, du programme de Texpédition; et dans la séance extraordinaire de l'académie du Caire, qui eut lieu le 5 décembre à Toccasion du départ de la mission, ce sujet nous fut recommandé d^une manière toute particulière.

ce Nulle trace d'un enfoncement de ce genre ne se montre entre le Nil et Farafrèh, poursuit M. Jordan [Geographische Aufnahraerij p. 369), et dans les autres endroits que nous avons examinés sous ce rapport il ne se trouve que do petites dépressions purement locales. Il faut donc définitivement effacer le Bahr bela-Mâ de la géograpliie de l'Egypte, en tant que bras du Nil. » M. Rohlfs s'est exprimé à peu près dans les mêmes termes au sein de l'Institut d'Egypte [Bulletin de FInstitui égyptien, n* 13, p. 70).

Si les inductions que Ton a tirées des faits connus relatifs aux vallées sèches ont été trop affirmatives, et si l'on a poussé trop loin les hypothèses, nous craignons que M. Jordan, à son tour, ne soit bien absolu dans ses restrictions. Et d'abord, l'expédition de 1874 est bien loin d'avoir reconnu tout l'espace qui borde à l'ouest la vallée du Nil entre le Faloum et l'oasis de Khardjèh; trois ou quatre lignes seulement, partant du Nil et pénétrant au sein du désert, ont coupé transversalement cet espace de quatre degrés de latitude. M. Jordan ne saurait donc apporter une autorité directe et personnelle dans ses objections, non plus que d'autres dans leurs affirmations. La question reste à peu près entière, jusqu'à ce qu'une étude locale plus complète en ait repris tous les éléments. En attendant, on ne saurait disconvenir que les faits signalés par des observateurs con;ip6teals ne fussent de nature à suggérer au moins quelques-unes des conséquences que Ton en a tirées. Il parait certain que le remarquable sillon désigné pa les Arabes sous la

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