OU SOUDAN ORIENTAL
ï. D' G. NACHTIGAL. Dar Fôr, die neue àegyplische Provinz, und D' Nachtigars Forschungen zwischen Kouka und Chartum. MiUheilungen de Pej^rmann, 1875, n* 8, p. 281-:286, et carte.
u D* NACHTIGAL, Ucbcrsicht seiner Reisen und der auf denselben gewonnenen ResulUte. Verhandlungen der Gesellschaft fur Erdkunde xu Berlin, Bd 2, 1875, p. 109-136.
Exposé général la à la Société de géographie de Berlin, par le Hf Nachtigal, dans la séance du 2 juin 1875, de Tensemble de ses iroyages dans le Soudan oriental, et de leurs principaux résultats pour la géographie de l'Afrique. — ' En attendant la relation détaillée que le Yoyageor prépare, cet exposé est le récit le plus circonstancié que BOOi on ayons Jusqa'A présent. C'est un mémoire complot et d'un haut intérêt scientifique. Néanmoins il y faut joindre Taperçu des MUtkeilvngen (ci-dessus, n* 43), aperçu beaucoup plus sommaire, mais qui est aeeompagné d'une carte construite sinon par le voyageur lui-même, du moins sous sa direction immédiate, et qui a pour titre: Originalkartt von Wadai und Dar-For^ und den Làndtm in^SMdtn dMon, Ton D' G. Nachtigal (au 4 500000* environ. — 25 mill. au degré), Nous supposons que la lecture faite par M. Nachtigal à l'Académie britannique (fin de juillet) ne différait pas de sa communication à la Société de Berlin ; mais nous n'en avons qu'une reprodnetion tout i fait insuffisante dans les journaux de Londres. Nous donnons ei-i4>rès la traduction du mémoire des VerKandlungtn^ an peu resserrée à cause de l'étendue considérable du document.
Il faut rapprocher de la carte des Mittheilungen celles de M. Richard Kiepert (fils de M. Henri Kiepert), dans le journal [ZeiUchrift) de la Société de géographie de Berlin, et de M. Ravenstcin, dans le Geographical JUagatine de Markham (nous en transcrivons les titres ci-aprés}. Ces trois cartes, construites par d'hahiies et savants cartographes sur les notes et les documents communiqués par le voyageur, ne diffèrent en rien d'essentiel; celle de M. Ravenstein, qui s'appuie sur les deux autres, s'étend plus à l'ouest que la carte des àUtthtifungen^ laquelle, par contre, donne plus complètement le Kordofan.
j. Originallcarte der IJindor im Sûden von Wadai und Dar-For, nacb seincn Reisen und Erkundigungen zuaammengestellt, von D* G. Nachtigal (gezeichnet von Rich. Kiepert). Dans la Zeitsehrilt der Gesellschaft fur Erdkunde su Berlin, 1875 (n* 56, t. X).
Cette carte est accompagnée d'une lettre de M. Nachtigal, écrite du Caire au mois de février 1875, p. lto-ll7.
46. Nap illustrating D' NachtigalFs traveU, 1869-1874; chiefly trom jy Nachtigairs maps published in the Zeitsehrift of the Berlin Geographical society and in Petermann's Mittheilungen, By E. G. Raveinstein (au SÛOO 000*. — 22 millim. au degré). Dana le Geographical Magazine de Markham, juin 1875.
Avec une note de M. RavensteiQ, p. 178'179.
Voyage da D' Nachtig&l da Bornou an haut Mil.
Le docteur Nachtigal, dans son importante communication à la société de Géographie de Berlin, rappelle l'origine de son voyage, auquel il ne songeait nullement lorsqu'en 1868 il allait chercher à Tripoli un climat ûl» vorable à sa santé. Ce voyage, qui apporte une si large contribution à notre connaissance du nord de l'Afrique, et qui tiendra une si belle place au milieu des explorations contemporaines, est dû à une circonstance tout à fait accidentelle. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet, que nous avons touché plusieurs fois dans les précédents volumes de V Année (voir notre dernier volume, p. 214) ; nous ne pouvons nous arrêter qu'aux informations directes que le voyageur a répandues en grand nombre dans son très-intéressant exposé. Chose singulière et bien remarquable ! deux explorateurs éminents et bien préparés, Eduard Yogcl et M. de Beurmann, ont tenté, à quelques années d'intervalle, de pénétrer dans la région inconnue qui s'étend à Test du Fozzan et du lac Tchad dans la direction du Nil, et tous deux ont payé de leur vie leur hasardeuse entreprise; et voici qu'un voyageur improvisé, pourrait-on dire, que le hasard a jeté sur cette voie périlleuse, s'y avance en quelque sorte sans parti pris, sans but déterminé, et, trouvant des circonstances inespérément favorables, pousse devant lui, se fortifie à mesure qu'il avance, s'attache au rôle d'explorateur qui lui est venu inopinément, et finalement recueille une masse d'informations précieuses sur une vaste étendue de pays
NACHTIGAL. 53
lorés et de peuples inconnus. Le docteur Nachtigal LS seulement coupé sur une ligne unique ces convierges du Soudan oriental : d'heureuses excursions conduit à droite et à gauche vers les parties latéra- )t l'on peut voir par les cartes où sont tracées ses 3 de route et où ses informations sont rapportées vaste champ elles embrassent et quel détail im- 9 les remplit. M. Nachtigal, avec une modestie qui >rey revendique seulement le rôle de pionnier dans arène nouvelle ouverte à l'exploration scientifique ; ce rôle, toujours difficile, il l'a rempli d'une maadmirsJ)le. Ce que Barth, de glorieuse mémoire, a . y a vingt ans pour le Soudan occidental, le doc- Nachtigal vient de Taccomplir pour le Soudan tal.
Tibesti, grande oasis montagneuse située à quelques .ées du Fezzan vers le S. E., est la première terre îlle qu'ait vue M. Nachtigal. Ce pays, dont les anfaisaiënt une des demeures des Blcmmyes, avait is longtemps attiré l'attention des voyageurs ; mais mutation du peuple est telle, que tous avaient craint mpromettre, dans cette excursion périlleuse, l'objet important de leurs entreprises. M. Nachtigal tenta iture, mais sa résolution faillit lui coûter cher; il rtit vivant que par miracle de ce pays barbare. Ce 3ur lui un rude apprentissage du métier do voya- II n'en a pas moins rapporté de sa pointe aventudes informations d'autant plus précieuses, qu'elles les premières et les seules que nous ayons de cette i du Grand Désert. Le véritable nom du Tibesti, m que les habitants eux-mêmes donnent au pays, ou; il s'étend à peu près du 18« au 21" degré de de nord, et du 16« au 19« degré de longitude à l'est léridien de Greenwich. C'est une terre de rochers 3 et nus (cin nacktes, kahles Felsenland), dont la
54 AFRIQUE. {n«* 43-46.)
partie culminante est le mont Tarso, puissant massif qui peut s'élever à 2 500 mètres au-dessus de la mer. Le Tarso se compose de chaînons rocheux, bas, irrégulierSy présentant un large dos granitique dont l'axe se dirige du N. 0. au S. E., et que domine le Toussidéy point le plus élevé de tout le pays. Le Toussidé est un sommet volcanique, près duquel s'ouvre un large cratère de forme régulière. Les seules, parties habitées du pays sont les vallées latérales qui s'ouvrent sur les deux pentes du massif. La population, au total, est peu considérable. C'est une population pastorale, sans demeure fixe* Qfl recueillent l'eau de pluie dans les citernes naturelles des rochers, pour leur usage et celui de leurs troupeaux. Les vallées qui se dirigent vers l'est sont les meilleures bous le rapport de l'eau et de la terre ; elles ont des sources nombreuses, et permettent la culture du palmier, et même d'un peu de blé et de millet noir. En somme, le nombre des habitants s'élève au plus à 10 000, et c'est à peine si le sol fournit aux besoins de cette faible population.
<c Les habitants du Tibcsti sont appelés par les Arabes Tibbou, mais eux-mêmes se nomment Téda^ au singulier Tedelou, Ils appartiennent à la même race que les Tibbou du sud, qui habitent le Borkou (ou Borgou), le Bahr el-Ghazal et le Kaneni ; tous parlent la même langue, ou du moins des dialectes très-rapprochés, dialectes qui sont dans une étroite parenté avec la langue du Bornou, le kanouri, ce qui a conduit Barth à ranger Ie§ Tibbou parmi les peuples nègres. Pour moi, les Tibbou sont une race mixte, entre les populations du nord de l'Afrique* et ceux de l'Afrique centrale*. Leurs traits sont fins et réguliers, et leurs membres bien propor-