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Les Nègres

NACHTIGAL. 55

; la peaUy là où elle est propre, est d'un bronze

Ils 86 distinguent par une incroyable agilité, par

briété peu commune et une extrême endurance,

UMÎ par la ruse, la dissimulation et la perfidie.

aiment, c'est la race du désert par excellence. Dans

itagne et dans la plaine ils se construisent des

fixes ou temporaires; mais ils habitent aussi dans

)tteB naturelles souvent très-spacieuses, ce qui

Talu le nom de Tibbou des Rochers. »

dbteur Nachtigal, échappé des mains des Téda, et

out heureux de sa fructueuse excursion, qui avait

uatre mois, était de retour à Mourzouk au com*

nent de septemblre (1869). Il lui fallut un peu de

pour se remettre des secousses qu'il avait éprou-

; reprendre ses forces ; ce fut seulement au prin-

de 1870 qu'il fut en état de se mettre en route pour

lou. La route à travers le plateau qui descend du

à la plaine basse du Tchad a été plus d'une fois

, ainsi que le côté occidental du lac Tchad ; on

3pendant encore recueillir plus d'une particularité

santé dans le récit de notre voyageur. Le Tchad,

on savait depuis longtemps, est le centre d'une

épression, et trois cours d'eau principaux y abou-

: au S. E. le Ghari, grande rivière qui vient des

s inconnus de l'Afrique équatoriale; au S. 0., le

lougou M'boulou ; à l'O., le Komodoubou Youbé.

Je dont on n'avait jusqu'à présent qu'une notion

3scure, c'est que le Tchad a lui-même, ou plutôt a

s le nord-est un écoulement auquel un large sillon

Bahr el-Ghazal servait de déversoir, et qui allait

r, à la distance de Cinq ou six cents kilomètres, à

Spresàion plus basse que le Tchad, dans un canton

> Bodelé. Aujourd'hui le Bahr ei-Ghazal et le Bo-

3nt tout à fait desséchés ; mais des gens âgés ont

à à M. Nachtigal que dans leur jeunesse ils avaient

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été en bateau d'un lac à l'autre. Il y a là une curieiue particularité de configuration réservée à l'étude attentive des futurs explorateurs.

M. Nachtigal a vu déjà, cependant, ces cantons inconnus, et en a rapporté d'importantes observations. U a pu constater (dit-il) que le pays d'Egaï, qui confine vers l'ouest au Bodclé, présente également une dépression plus basse que le Tchad, et que le point le plus bas de tous ces territoires est en effet le milieu du Bodelé où le Bahr el-Grhazal perd son caractère de ouâdi, et que le Borkou lui-même dans sa partie méridionale, voisine du Bodelé vers le nord, participe à cet abaissement général du sol. M. Nachtigal ne dit pas par quelles observations il a constaté d'une manière certaine la dépression relative de ces territoires et du Tchad ; c^est un point sur lequel la relation complète qu'il ])répare nous éclairera sans doute. Son excursion de Kouka (capitale du Bomou) au Bodelé, au printemps de 1871, fut d'ailleurs accomplie dans des conditions presque aussi hasardeuses que le voyage du Tibesti. Il lui fallut se confier à la garde d'une troupe d'Arabes du Kanem, véritables bandits sans foi ni loi, redoutés dans tous les pays environnants, qu'ils mettent régulièrement à contribution. Cette ^fois, cependant, sa confiance ne lui tourna pas à mal.-

Le pays de Borkou — nom que les informations antérieures mentionnaient sous la forme de Borgou — est, après le Tibesti, le canton principal des Tibbou; son étendue, toutefois, est moindre. Le Borkou, où M. Nachtigal a pénétré dans son excursion au Bodelé, est encore une conquête de notre voyageur : nul Européen avant lui n'avait approché de cette contrée intérieure. Le canton (analogue, à ce qu'il semble, à l'oasis de Farafrèh où MM. Rohlfs et Jordan nous ont conduits *) comprend une

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