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NAGHTIGAL. 57

izaine de petites oasis, c'est-à-dire des vallées à palmiers ; L est situé entre les 17* et IS"* parallèles, et les 19' et 20* egrés de longitude à l'est du méridien de Greenwich^ le bétail se compose d'un assez grand nombre de chaleaux et de quelques troupeaux de chèvres. Le sol est lontueux seulement dans le nord. Le défaut d'ordre et 'autorité politique fait du Borkou un pays presque inha" itable. Les Arabes du Eanem le regardent comme une »rre qui leur appartient, mais ils ne l'occupent pas, à luse du peu de ressources qu'on y trouve. Ils y font une pparition- seulement tous les trois ans pour mettre la lainsur la récolte de dattes, seul moyen d'existence des lalheureux indigènes.

Le Va/nyanga et la Bidéyal sont des territoires contins au Borkou et au Ouadâi, et qui sont dans la même mdition politique que le Borkou, si on peut appeler cela ne condition politique. Ils sont de même assujettis aux >urses périodiques des Arabes du Kanem, véritables >rbans de cette partie du désert. Le D' Nachtigal n'a as poussé jusque-là, mais il a eu, dit-il, assez de gens e ces territoires à sa disposition, pour avoir pu constater u'ils n'appartiennent pas à la famille Tibboû. C'est un roupe de même famille que les Zoghava^ laquelle se ipproche du Nègre plus que les Tibbou.

Après un séjour de dix mois dans le Borkou, M. Nachgal put revenir au Bornou. Il eut occasion, au retour, B visiter la partie sud-est du Kanem, et de voir la tombe a malheureux Beurmann, assassiné chez ces barbares.

était de retour à Kouka au mois de janvier 1872.

1. Lequel est à 2" 20' 14" à l'O. du méridien de Paris, d'après les instatations récentes qui ont légèrement modifié le chiffre adapté ■écédemment dans les éphémérides. — Les chiffres astronomiques )nnés de temps à autre par M. Nachtigal ne doivent être reçus, d*ailurs, que comme des approximations ; nous ne voyons pas que le »yageur ait fait lui-même des observations: — encore un rapport de us avec le D' Barth.

b6 AFRIQUE. (n" 43-46)

Après quelques détails historiques sur le BomoUy le D' Nachtigal nous conduit au Baghirmi, pays dont Vhidr toire connue, qui commence avec l'introduction de Télé^* ment musulman, ne remonte guère au delà de trois cents ans. Le Baghirmi proprement dit — car le royaume a ea ses annexions — ne renferme guère qu'un million d'habi* fants. Au nord il a pour limite le lac Tchad; à Touest, au S. 0. et au S., le Chari; à TE., une contrée montagneuse habitée par les tribus païennes de Sokoro et de Boua. De l'autre côté du Chari, sous la domination du Baghirmi, habitent les Muzzagou, les Kouahg, les Ndamm, les Miltou et les Nyillèm, dans un territoire qui s'étend vers le sud et le sud-est ; en même temps que les Somrhaî, les Gaberi et une partie des Sara, demeurent entre les branches de Bousso et sur le Logon.

La population du Baghirmi se compose en grande partie d'esclaves et de descendants d'esclaves ; il est difficile de dire quels sont les hommes libres. La tribu actuellement régnante s'appelle, comme le pays, Baghirmi; elle a une proche parenté avec les Sara. La grande affinité des dialectes relie entre elles les deux tribus. D'autres tribus de même langue habitent également le Kouka et le Fittri, aux confins N. E. du Baghirmi.

Des marchands arabes que M. Nachtigal avait vus à Kouka lui avaient dit tant de bien du roi actuel du Ouadâi, qu'il résolut d'en hasarder le voyage. On sait que jusqu'à présent l'entrée en avait été fermée aux étrangers, et qu'Edouard Yogel, le compagnon de Barth, qui s'y était hasardé en 1856, y fut assassiné. Beaucoup de gens dans son entourage la déconseillaient fortement, et ceux qui devaient l'accompagner s'y refusèrent au dernier moment. M. Nachtigal persistait néanmoins, et l'arrivée à Kouka, dans l'hiver de 1872-73, d'un envoyé du Ouadâi en mission commerciale, le décida tout à fait. Cette fois il n'a pas eu à se repentir de sa résolution. Il ((uitta Kouka

Nachtigal. m

1^ l*' mars 187d en eompagnie de l'envoyé, et au commeD-

ment d'ayril il arrivait à Abêchr^ résidence actuelle du

i du Ouadâi. La distance peut être de 900 à 1000 kilo-

êtres; les caravanes y emploient de vingt-huit à trente-

uatre jours (30 kilomètres par journée en moyenne). Â

tt-distance environ on longe le bord septentrional du lac

'iihi; le pays environnant, sur une médiocre étendue, est

ibité par les Boulalà. C'est tout ce qui reste du royaume

a Boulalày que Léon l'Africain (fin du xv« siècle) vit

ms sa puissance. Le Roi réside à Yava^ ville située à

aelques heures do Tendroit où le lac reçoit le Batha,

rincipale rivière du Ouadâi.

La limite occidentale à Otiadâi est à peu près au 8* degré 1/2 à l'est du méridien de Greenwich ^ Sous le léridien d'Âbèchr, capitale actuelle du royaume (par 1* E. de Gr.), le Ouadâi peut avoir du nord au sud une tendue de trois degrés et demi, et quatre degrés en longitude sous le 13* parallèle; mais, par suite de l'irrégusirité du pourtour, on ne peut guère évaluer la superficie plus de 165000 kilomètres carrés*. Il a pour limite au A^ le désert ou pays de steppes de Borkou ; au sud, Bahr es-Salamat ; à l'est, le Darfour. Ces limites sont ^es 'du Ouadâi proprement dit. Si l'on y rattache les ritoires qui en dépendent d'une manière plus ou moins oite comme tributaires, l'étendue naturellement s^a lucoup plus grande. C'est, à Touest, tout le Fittri, et partie le Kanem et le Bahr el-Ghazal ; au nord, une pardu Borkou, le Yanya et le Bidëîat ; au sud le Dar »unga et le Routi. Ces adjonctions comprises, l'étendue royaume se double, et la population peut s'évaluer à i million et demi ou deux millions d'âmes. Le pays est

1. Vers 16* 10' E. du méridien de Paris. Voir ci-dessus notre ro-

urque de la page 57, note.

22* Plus du quart de la superficie de la France.

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médiocrement fertile, attendu que plusieurs de ses parties sont pauvres en eau, notamment dans le nord; mais au centre et dans les parties orientales, là où se forment le fleuve Batha et la Bétéha, le royaume est riche en eau, et le sol léger est tout à fait propre à la culture. Le Batha et le Bétéha n'ont d'eau, cependant, que durant une courte période, au temps des pluies ; néammoins l'eau ne manque pas, même dans la saison sèche, parce que partout, dans le lit sablonneux ou pierreux de ces rivières, on trouve de Teau à la profondeur d'un demi-mètre à un mètre et demi.

Dans le nord l'autruche est commune ; dans le sud, vers le Bahr es-Salamat et dans le Kouti, l'ivoire est extraordi« nairement abondant. Dans le voisinage du Batha on rencontre très-fréquemment le rhinocéros à deux cornes. L'industrie est, on peut dire, nulle; les habitations mêmes sont misérablement construites, et encore ce qui se fait ici de travail intérieur est-il dû en grande partie à des gens de Baghirmi et du Bornou. Pour le commerce, les OuadâïR ont la même indolence; malgré tout, le trafic est ici supérieur à celui des contrées environnantes^. Les routes commerciales sont au nombre de trois. L'une conduit directement au nord vers Benghazi, par le Vanyanga et le Kouffara; l'autre va vers Tripoli, parle Borkou, le]Tibesti et le Fezan; la troisième se dirige vers le Mil.

La population se compose de différents groupes. Le plus important est celui des Maba, qui sont les maîtres du pays. Ils occupent la région du nord. Au centre habitent des tribus dont la langue ne diffère de celle des Maba que par de légères différences dialectiques. D'autres tribus répandues sur les frontières du nord ont des langues

1. Ces assortioDS ne sont guère compatibles ; il y aura sûrement à modifier quelque chose dans les apppréciations du voyageur.

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Férentes. Les Arabes sont plus nombreux que dans le mou; les uns élèvent des chameaux^ d'autres des che- IX. La couleur de la peau tient le milieu entre le bronze icé et le gris tirant au noir (zwischen tiefer bronzefarbe d grauscbwarz]. Les Arabes, dont la pureté est très uivoqùe, ont en partie mêlé à leur sang le sang des urnes esclaves, et naturellement ils présentent toutes nuances des races mixtes. Quelques-uns seulement it restés purs.

iprès des détails historiques assez étendus sur l'état

3sé et actuel du Ouadâi, le D' Nachtigal revient à ses

srçus géographiques. Dans une excursion au sud, après

)ir franchi le Bétéha et le Batha (c'était au temps des

lies), il arriva au Bahr es-Salamat. Parmi les ensei-

ements qu'il eut occasion de recueillir sur les terri-

res païens situés au sud du Ouadâi, il entendit parler

beaucoup de rivières qui coulent de l'est à Touest. Ses

brmations s'étendirent, à ce qu'il pense, jusque vers

5» degré de latitude, où il était question d'une grande

ière que M. Nachtigal croit être celle que le D"^ Schwein-

th a vue dans le pays des Mombuttou, et qu'il croit

la tête du Ghari*. Il est certain du moins que beau-

^ d'autres cours d'eau qui arrosent ces contrées du

et qui ont leur direction au N. 0. appartiennent au

lin du Ghari. L'Aukadebbé, dans le Dar Rounga,

e à l'ouest. Plus au sud, sur la limite du Dar Banda,

t les habitants appartiennent vraisemblablement à la

ille des Nyams-Nyams ou à une race congénère, le

r el-Abyadet laBahrel-Azrek (deux rivières qui n'ont

;ommun que le nom avec les deux branches supé-

res du Nil) vont au N. 0. également vers le Ghari. Il

est de même du Bahr el-Ardhé, encore plus méridio-

H. Nachtigal a plus tard combattu ce rapprochement. Voir ci« usy p. 28.

62 AFRIQUE. (n"' 47*75.)

nal. M. Nachtigal aurait bien désiré pousser jusqu'à ces rivières et coiistater lui-même leur direction; mais sur le Bahr es-Salamat le voyageur fut atteint des fièvres pala«déennes, et contraint de revenir sur ses pas. Finalement il quitta Âbêchr le 17 janvier 1874 pour traverser le Darfour et gagner le Nil.

La fin du voyage du D' Nachtigal à travers le Darfour et le Kordofan garde le même intérêt géographique; mais, comme nous n'y serions plus sur un terrain al)iolument nouveau, nous arrêtons ici notre extrait, déjà fort étendu.

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