‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 308 sur 425 · CHOTTS ALGÉRIENS · texte numérisé non relu

CHOTTS ALGÉRIENS

jorsque toutes les observations géodésiques et géo-

liques fiâtes par la mission auront été mises au net

3S cartes, vous y trouverez sans peine un très-notable

es vers la connaissance exacte du Sahara algérien

UJ.

jes réceptacles naturels que les Arabes appellent

(au pluriel Chotoûl)y poursuit M. Duveyrier, ont aractères particuliers qui les distinguent du pays )S environne. Pour mieux saisir leur nature, il ikut r une comparaison avec les parties avoisinantes du *a.

iu nord du pays des Ghotts, en deçà de la ligne de signes qui borde le Sahara, le terrain est composé, ne grande étendue, de terres végétales solides, môl'argile ou de marne,- qui" ont été apportées par les

d'eau de l'Aourâs^, ce dont témoigneraient les galets d'argile non encore délayée qu'on voit à El-

dans le lit de TOuâd EI-'Arab. En se rapprochant montagne du côté de Negrïn, la plaine se couvre de es arrondies, de véritables galets durs ou de cailroulés qui reposent sur une terre sableuse, rougeâ- )u côté de Biskra, une nappe de sable recouvre des i d'une roche calcaire, c[ui affleurent par endroits. Si, partant de cette ligne, on descend vers les chotts, arche sur une terre sableuse et marneuse, chargée d, qui devient de plus en plus légère jusqu'à être ^rulente. Les lits des nombreuses rivières qui trant cette contrée n'ont, à peu d'exceptions près, de courante qu'en hiver et au printemps, c'est-à-dire à que des pluies et de la fonte des neiges dans la :agne. A mesure qu'ils gagnent le pays bas, et avant »rd des Ghotts, ces lits do rivières se divisent chacun

Du Àurès.

CQ plusieurs bras, qui se subdivisent encore et forment d'innombrables ramifications....

« Du côté ouest, le grand bassin s'arrête à la rive du CSiott Melghîgh, et, s'il n'est pas bordé partout par une ligne continue de relèvement en forme de berges, la plaine du Sahara vient, s'abaissant en étages, mourir au bord du bassin salin.... Ici, les lits des cours d'eau venant de l'ouest, et le lit de l'Igharghar ou Ouad Rîgh venant du sud, entrent dans le Ghott sans former de deltas....

« C'est entre le Ghott Es-Selâm et la frontière tunisienne que la mission a trouvé le plus de nouveautés géographiques. Sur une longueur de plus de cent kilo^ mètres ouest à est, et sur une profondeur de cinquante kilomètres nord et sud, au milieu de la contrée menacée ou envahie déjà par les sables mouvants, sont de nombreux chotts dont les contours prennent des formes irrégulières, et dont les lits sont orientés dans le sens du nord au sud ou dans le sens de l'est à l'ouest. Ge sont les chotts Mouïa El-Tâdjer, El-Hadjîla, Mouïa El- ToHa, Ez-Zehâhîf, El-Asloûdj, boû Dhouîl : ce dernier est plus près du grand cliott El-Gharsa. De petits plateaux et de longs renflements du sol sortent des sables, séparant quelquefois ce chott du chott suivant ; mais ces séparations ne sont pas aussi absolues qu'on le croirait, si on ne faisait que traverser le pays sur une seule lig^e d'itinéraire. Dans tel long bourrelet de terrain qui parait ceindre un chott et fermer entièrement la dépression, on trouve tout à coup une solution de continuité par laquelle passe un bras de chott, allant tomber dans le chott suivant.

« Les chotts du Sahara du département de Constantine ont des caractères qui leur sont communs à tous. Tous marquent des dépressions, à sol uni, dont la pente est ordinairement beaucoup trop faible pour que la vue suffise pour l'apprécier. Tous forment des bassins qui re-

it des lits de cours d'eau, dont les uns sont visibles r etnbouchure, parce qu'ils passent sur un terrain )t dont les autres y sont cachés, parce qu'ils passent 1 terrain depuis longtemps enyahipar les sables. Ce er cas est fréquent surtout dans la partie sud-est du 1 algérien. Tous les chotts ont un sol qui, au moins ir&ce, contient une grande quantité de sel. Qucl- \Sy dans les endroits secs, les sels s'y déposent en ) ou en efQorescence qui blanchissent leur lit....» 18 regrettons,' commandés par l'espace, d'avoir à ant de coupures dans ces aperçus instructifs. M. Dur décrit les marches de la mission jusqu'au retour ra, et il indique les observations auxquelles, personïent, il a pu se consacrer. Outre la physique, Thisaturelle, la météorologie, les déterminations astro- ;ue sont été nombreuses. L'ensemble des opérations mission nous assure une bonne et belle carte d'une i jusque-là imparfaitement connue. Nous ne pouni ne voulons rien préjuger quant au projet de mdaire, dont est saisie une commission de l'Aca- ; mais dans tous les cas il nous aura valu des no- 3récises sur une étendue considérable du Sahara m.

ion italienne en Tunisie, pour l'étude de la prolongation orientale

dei Cholts.

Société de Géographie italienne a été amenée, à rais intérêts considérables que le commerce italien e en Tunisie, et de l'inlluence que le projet Rous'il se réalisait, pourrait avoir sur l'avenir des reavec la régence, à prendre une part active àl'exa- 3 la question soulevée par l'ingénieur français. Une ssion organisée à Rome s'est rendue dans le Sahara

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tunisien et a fait une étude sérieuse des localités, tant an point de yue physique qu'au point de vue économique.

Les journaux français se sont peu occupés des traTanx de cette commission, qui sont restés peu connus chez nous. Nous en trouvons dans V Explorateur (n*24, 15 juillet 1875, p. 67] un très-bon exposé rédigé par le D'Brunialti; il convient d'en donner ici quelques extraits*.

L'expédition italienne organisée sous les auspices de M. Gastelnuovo, riche banquier qui possède dans la Tunisie d'importantes mines de plomb argentifère, se composait du marquis Antinori, secrétaire de la Société géographique, qui avait autrefois parcouru une bonne partie de la Tunisie; de M. Bellucci, professeur et géologue distingué ; de MM. Yanzctti et Lamberth, ingénieurs ; de MM. Ferrari, peintre, Galvagni, colonel du génie; du capitaine Barattieri et d'un photographe.

La présidence delà Société géographique avait désigpié le vice-amiral Acton pour diriger l'expédition; mais ce haut fonctionnaire, étant tombé malade, conserva seulement la direction supérieure de l'excursion, à laquelle il donna pour instructions de résoudre le problème suivant :

a 10 Est-il possible d'ouvrir, moyennant une dépense supportable, un canal qui traverse la langue de terre qui sépare le golfe de Gabès des bas-fonds du premier chott tunisien?

<c 2*» Ce premier bassin, qui doit nécessairement former Tembouchure de la mer intérieure projetée, aura-t^il la profondeur nécessaire relativement au niveau des eaux de la Méditerranée, lorsqu'il sera rempli, pour devenir navigable pour les bâtiments marchands?

1. 11 y a, au n** 29 de VExplorateur, 19 août, p. 177, une note complémentaire relative à la composition géologique, à la flore et à la faune de la région visitée.

linSSION ITALIENNE DES CHOTTS. 87

« 3* Les rivages de ces marais lacustres sont-ils assez tvés et suffisamment stables pour contenir les eaux qui seraient amenées et ne pas les laisser répandre sur de ^tes bas-fonds qui pourraient, dans ce cas, devenir au- ^t de marais pestilentiels ?

4® Les rivages de la mer qui baignent la Tunisie, en de l'Italie, offrent-ils quelque port qui soit plus aoible au commerce que celui que Ton a Tidée de créer 5 la Numidie, spécialement si un chemin de fer traant le désert aboutissait à ce port, d'après le projet l'ingénieur Paladin! a conçu?»

près un temps d'arrêt à Tunis pour s'assurer le conrs du gouvernement et compléter les dispositions prélUaires, la Commission arriva àGabès le 4 juin. Elle ait immédiatement à l'œuvre. Le premier examen de ature du sol et de sa conformation dans le golfe de )ès, les sondages pratiqués tout le long de la côte, ne mt pas concluants en faveur de la création d'une mer Prieure. Il parut, au contraire, résulter de ces prêtres études la difficulté d'admettre que la mer ait pu iver dans les temps les plus reculés jusqu'aux Us,

/expédition, arrivée à (iabès, fut divisée en deux

upes : Tun s'appliqua aux travaux de relief tout le

g du golfe et sur le Oued-Akareit, le point le plus

)rimé du golfe; l'autre, composée de MM. Antinori et

rattieri, en compagnie du vice-consul de France, visi-

înt les ruines de Tacapé, presque invisibles actuelle-

nt, tandis que du temps de Strabon Tacapé était en-

•e considérée comme pouvant rivaliser avec Carthage.

n'existe maintenant d'autres traces de Tacapé que les

its et quelques restes de murailles qui entouraient

te ville. Sur ces ruines, comme sur celles de Tamphi-

yitre de Tysdrus et sur tant d'autres, les Arabes exer-

at la même œuvre de destruction qu'on exerça au

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moyen âge sur le Golisée et toutes les autres grandes ruines de Rome. Il serait cependant utile, dans les temps civilisés où nous vivons, que les gouvernements de l'Europe fissent en sorte que ces précieuses reliques de Tantiquitë fussent à l'abri du vandalisme des Bédouins.

Après avoir visité la côte, les deux explorateurs se rendirent à rilc de Djerba, la fameuse terre des Lotophages; le but de cette course maritime était d'explorer . les plages méridionales^ du golfe deGabès, et d'examiner les courants d'eau douce qui, de ce côté, se déchargent dans la mer, pour voir si on pouvait y découvrir quelques indices du fleuve Triton. Mais là, l'exploration scientifi> que se transforme en exploration poétique.

Djerba parut au vétéran Antinori « une véritable île d'Armide » : travaux d'agriculture activement conduits, végétation luxuriante, industrie des tissus et manufactures de laines très-fines, habitants polis et laborieux. Armide seule manquait à ce riant tableau.

Les deux voyageurs repartirent néanmoins, le lendemain, de l'île enchantée, et retrouvèrent à Gabès leurs compagnons qui revenaient de leur excursion aux choUs. Une lettre du professeur Bcllucci raconte laconiquement les détails d'une campagne de cinq jours passés sur l'isthme. On partit le 9 de Gabès. Le 10, les ingénieurs dressèrent leurs tentes à Ouderef; le 11, ils touchaient les pointes orientales des chotts; le 12, ils explorèrent le pays qui s'étend entre le lleuve Ouderef et l'Acheveit.

Afin de pouvoir mieux relever la forme générale du terrain, ils firent l'ascension du sommet de deux montagnes. Enfin, le 15, ceux qui faisaient partie de l'excursion aux ■ cliotts et ceux qui composaient l'excursion insulaire se trouvèrent réunis au quartier général deGabès.

Les terres visitées par la commission appartiennent aux périodes tertiaire ou quaternaire, et témoignent d'un soulèvement préhistorique fort récent.

1 est inutile de dire que la Commission a dû supter de grandes fatigues et souffrir considérablement %use des grandes chaleurs dans la saison actuelle. Le ^quis Antînori, ornithologiste passionné et de grand ^te, se plaint que la saison torride ait fait fuir près- \)us les animaux, que les oiseaux mêmes soient rares, a n'ait pu faire une récolte abondante que de pierres, ssiles, d'armes et ustensiles de Tâge de pierre, t colonel de GaWagni utilisa son temps à recueillir lotions ethnographiques et statistiques. Le 19, il se it à la Marsa (le Tivoli des anciens Carthaginois, où 3re du bey de Tunis possède une charmante villa), f occupa à faire dessiner ou photographier les types ifférentes races qui habitent le pays.

)rès s'être réunis encore une fois, les membres de •édition partirent de Gabès le 28 et retournèrent à is; on fit une course pour visiter, avec la plus ;de attention, le port de Biserte. On s'embarqua, : retourner en Italie, le 10 de juillet. Il ne m'est pas possible, dit en terminant le irunialti, de vous rendre compte des résultats scienues de cette entreprise. Les personnes distinguées ont fait partie de l'expédition s'occupent actuelleit de la rédaction d'un rapport qui sera lu au Con- \ de Paris et qui fera honneur, sans nul doute, à •e Société géographique. Tout ce que je puis vous I à ce sujet actuellement, c'est que, économiquement cientifiquement parlant, le succès de cette expédition é complet. Quant à la mer projetée, la Commission 3n-seulement acquis la certitude qu'il serait impose de reconstituer cette mer avec les moyens que l'on aède actuellement, mais que probablement aussi cette * n'a jamais existé. »

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Une grande exploration à entreprendre dans la contrée des Tonftreg.

M. Henri Duveyrier a été amené à développer au sein d'une des Commissions de l'Exposition géographique ses vues au sujet d'une exploration capitale qu'il serait grandement à désirer qu'on pût bientôt entreprendre au nom de la science et dans l'intérêt des relations à établir avec les Berbers de l'intérieur. Nul plus que M. Duveyrier, si familier avec le Sahara algérien et les régions limitrophes, n'a titre pour suggérer une pareille entreprise. M. Duveyrier croit que pour les explorations intérieures l'Algérie en général, et en particulier les parties orientales dQ Sahara algérien et la route de l'Oued-Souf à Ghadamès, sont des points de départ particulièrement favorables, pour peu que la paix règne dans le Sahara centrale Une exploration dont les résultats géographiques et scientifiques seraient des plus nouveaux et des plus utiles ' serait celle du massif montagneux du Ahaggâr par Ghadamès, mieux que par Ouargla ou par Metlili; ou pourrait maintenant pénétrer dans l'intérieur du pays des Touareg du Nord, et peut-être, avec beaucoup de temps et de patience, arriver non pas seulement à voir, mais à explorer le massif montagneux du Ahaggâr, qui est resté jusqu'à ce jour inaccessible aux voyageurs européens. On ne connaît que par ouï-dire !««• contours de ce plateau hérissé de hautes montagnes dont l'étendue, aussi bien du nord au sud que dr ' ^ ^'ouest, signale déjà depuis longtempp 'es explorateurs. L'Ahaggàr, traver

i Cancer, est le point où se tr'^'

tion du sol sur une ligne nord

(Ous trouvons cette note, dont nous n'avons ^ tir Textréme intérêt, dans le n* 29 de VExplù\

CONTRÉE DES TOUAREG. 9l

^ Méditerranée et allant au golfe de Bénin. Il y neige

^ hi^er, et les indigènes assurent que certains sommets,

^^8 que les monts Oudan, Ouatellèn, Hikena, Slaman

^ahat, y conservent des traînées de neige pendant un

nps plus ou moins long. Presque toutes les vallées

i descendent du Ahaggâr et de Moîdir, massif voisin

/ouest, se réunissent dans trois grandes rivières à sec,

i vont se perdre : VIgharghar au nord dans le chott

elghir, ou lit de Tancienne baie de Triton; le Tafas-

ssety dans le Niger, par le Balloul-Basso, qui passe à

>uest de la ville de Sokoto; le Tirhehert^ à Touest,

^ns le bassin de l'Ouâdi-Dhra'a. La géographie de

mmense surface des terres occupées par les trois bas-

ns est presque aussi peu connue que celle du relief qui

i forme le nœud. Un voyageur français, Dourneaux-

upéré, mort au cours de ses travaux, a relevé une faible

airtie du cours inférieur de Tlgharghar; un illustre

Dyageur allemand, H. Barth, avait, avant lui, fixé sur

k carte la position d'une partie du cours du Balloul-

asso, qu'il avait traversé dans le royaume de Sokoto.

ix-neuf cents kilomètres à vol d'oiseau séparent les

oints les plus rapprochés des routes de ces deux voya-

eurs. MM. Bou Derba et Rohlfs n'ont fait que traverser

I lit de righarghar sur deux points assez rapprochés

un de l'autre. Dans l'ouest, le bassin du Tirhehert est

>ut ^ *^ inconnu dans toute sa longueur jusqu'à

OuW« "^n dehors de la partie géographique, la

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m arriverait probablement à trouver

.véritables cratères. Selon toute ap-

^ '^ ^tat d'un soulèvement vol-

^ seraient absolument

. -• s Imohag affirment

ombragées par de et des myrtes,

90 AFRIQUE. (n^ 47-75.)

Une grande exploration à entreprendre dans la contrée des Tonâreg.

M. Henri Duveyrier a été amené à développer au sein d'une des Commissions de TExpositiou géographique ses vues au sujet d'une exploration capitale qu'il serait grandement à désirer qu'on pût bientôt entreprendre au nom de la science et dans l'intérêt des relations à établir avec les Berbers de l'intérieur. Nul plus que M. Duveyrier, si familier avec le Sahara algérien et les régions limitrophes, n'a titre pour suggérer une pareille entreprise. M. Duveyrier croit que pour les explorations intérieures l'Algérie en général, et en particulier les parties orientales dQ Sahara algérien et la route de l'Oued-Souf à Ghadamès, sont des points de départ particulièrement favorables, pour peu que la paix règne dans le Sahara centrale Une exploration dont les résultats géographiques et scientifiques seraient des plus nouveaux et des plus utiles ' serait celle du massif montagneux du Ahaggâr par Ghadamès, mieux que par Ouargla ou par Metlili; on pourrait maintenant pénétrer dans l'intérieur du pays des Touareg du Nord, et peut-être, avec beaucoup de temps et de patience, arriver non pas seulement à voir, mais à explorer le massif montagneux du Ahaggâr, qui est resté jusqu'à ce jour inaccessible aux voyageurs européens. On ne connaît que par ouï-dire les contours de ce plateau hérissé de hautes montagnes, et dont l'étendue, aussi bien du nord au sud que de l'est à l'ouest, signale déjà depuis longtemps l'Ahaggâr au zôle des explorateurs. L'Ahaggâr, traversé par le tropique du Cancer, est le point où se trouve le maximum d'élévation du sol sur une ligne nord et sud partant de

1 . Nous trouvons cette note, dont nous n'avons pas besoin de faire ressortir Textréme intérêt, dans le n** 29 de VExplorateur»

CONTRÉE DES TOUAREG. 9l

la Méditerranée et allant au golfe de Bénin. Il y neige en hi^er, et les indigènes assurent que certains sommets, tels que les monts Oudan, Ouatellèn, Hikena, Slaman ^t Tahal, y conservent des traînées de neige pendant un Hmps plus ou moins long. Presque toutes les vallées '\ii descendent du Ahaggâr et de Moïdir, massif voisin Touest, se réunissent dans trois grandes rivières à sec, iii vont se perdre : VIgharghar au nord dans le chott [elghir, ou lit de l'ancienne baie de Triton; le Tafasisset^ dans le Niger, par le Balloul-Basso, qui passe à ouest de la ville de Sokoto; le Tirhehert^ à l'ouest, ans le bassin de TOuâdi-Dhra'a. La géographie de immense surface des terres occupées par les trois basins est presque aussi peu connue que celle du relief qui n forme le nœud. Un voyageur français, Dourneaux- )upéré, mort au cours de ses travaux, a relevé une faible )artie du cours inférieur de Tlgharghar; un illustre voyageur allemand, H. Barth, avait, avant lui, fixé sur a carte la position d'une partie du cours du Balloul- Basso, qu'il avait traversé dans le royaume de Sokoto. Dix-neuf cents kilomètres à vol d'oiseau séparent les points les plus rapprochés des routes de ces deux voyageurs. MM. Bou Derba et Rohlfs n'ont fait que traverser le lit de Tlgharghar sur deux points assez rapprochés Tun de l'autre. Dans l'ouest, le bassin du Tirhehert est tout à fait inconnu dans toute sa longueur jusqu'à l'Ouâdi-Dhra'a. En dehors de la partie géographique, la géologie des montagnes de l'Ahaggâr est très-intéressante à étudier; on arriverait probablement à trouver 3ur les sommets de véritables cratères. Selon toute apparence, l'Ahaggâr est le résultat d'un soulèvement volcanique. La flore et la faune seraient absolument exceptionnelles pour le Sahara. Les Imohag affirment :{ue les parties hautes du Ahaggâr sont ombragées par de sréritables forêts où se trouvent des thuyas et des myrtes,

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tandis que dans d'autres parties de la montagne ces arbres sont remplacés par des espèces non encore .déterminées, l'adjâr, le kimba, et enfin un arbre appelé gabnous, peut-être identique à celui dont le bois porte chez nous le nom de bois d'ébène. Les bois de Tadjâr et du kimba sont très-recherchés pour leur beauté et leur -qualité en grande dureté; on en fait des hampes de lance et d'autres ustensiles. Le zoologiste trouverait aussi dans ces régions une faune on ne peut plus intéressante : trois espèces de poissons qui vivent dans les sources et dans les ruisseaux du Ahaggâr et à Iskaouen, dans la partie du Tassili des Adzjer qui s'avance au nord du Ahaggâr, des antilopes qui semblent appartenir à d'autres espèces que l'addan et le Inohor; enfin, en s'écartant un peu du Ahaggâr sous le versant sud du Tassili des Azdjer, les ossements fossiles d'un monstrueux mammifère qui sont à moitié enterrés dans le lit d'un ancien lac salé, la sebhka de Tihodâyen. Tout en faisant des réserves quant au moment convenable pour entreprendre les travaux de l'exploration des Ahaggâr, du Mog* dir, du Tassil des Aouelimmiden et de l'Adgahgh, M. Duveyrier a proposé au groupe d'exprimer dans ses procès-verbaux un vœu relatif à l'exploration des montagnes et des rivières ou ouadis situés dans l'intérieur du Sahara, entre les 27® et 17® degrés de latitude nord, le 5* degré de longitude est et le premier degré de longitude ouest de Paris, signalant comme très-désirable pour les progrès de notre science une étude directe de la géographie de cette partie du Sahara. Le groupe s'est empressé d'émettre le vœu formulé par M. Duveyrier.

M. LAROEAU. 93

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