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mission a été confiée), expose avec netteté Tétat de la question.

« L'ouverture d'une communication courte et directe avec le sud-ouest de la Chine, y est-il dit, a cette importance particulière que les productions en thés et en minéraux des riches provinces du Yun-nan et du Sze-tchouan sont à peine exploitées, parce qu'elles n'ont que le débouché lointain de Cihanghaî, après un trajet de plusieurs centaines de lieues sur le Yang-tse-Eiang ou fleuve Bleu.

<c Le commerce anglais , préoccupé de la concurrence que la nouvelle ligne du chemin de fer transcontinental des États-Unis fait à la marine marchande, cherche à ouvrir un débouché terrestre entre l'Lide et la Chine centrale.

(c Malheureusement ces débouchés nécessiteraient des voies artificielles très-coûteuses dans des pays encore fort mal explorés et dont plusieurs populations sont loin d'être sûres. Au nombre de ces voies , il faut ranger la route projetée de Bhamo, dernier port du cours supérieur navi- < gable de l'Irâouady, à Tali-fou, marché occidental du Yun-nan, ou bien un chemin de fer qui mettrait en communication Rangoun, à Tembouchure de TLrâouady, avec Kieng-Hong, port du Mékong, sur la frontière méridionale du Yun-nan.

<c Jusqu'à l'exploration française du Mékong , on croyait pouvoir trouver un débouché naturel le long de ce grand fleuve du Kambodj ; mais la nature des rives, la multiplicité des écueils, et de nombreuses cataractes, ont dû faire renoncer à la possibilité d'une canalisation de Mékong. « Mais, par une heureuse compensation , les explorateurs ont reconnu que la communication naturelle existait, beaucoup plus courte et beaucoup plus sûre, par le Song- Koï, ou grand fleuve du Tonking. Elle avait même été utilisée par deux commerçants français.

« Or, le Song-Eoî, de son embouchure à la Chine, coule

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dans un pays placé sous notre tutelle, le royaume d'Annam. Son cours est presque direct jusqu'à la capitale du Yun-nan, à peu de distance du cours supérieur du fleuve Bleu. Cette capitale est un des plus grands marchés de la Chine méridionale. Quant à la route du Tonking, elle est la plus courte du Yun-nan à la mer.

« Ce concours de circonstances a appelé l'attention de notre Société de géographie. Sur son initiative , il a été décidé que Tun des anciens explorateurs du Mékong, M. Delaporte, serait appuyé pour entreprendre une exploration sur le fleuve Bleu. La colonie de Cochinchine a ofi^ert 30 000 fr., le ministère de l'instruction publique 20 000, la Société de géographie 6000; le ministère de la marine s'est engage à fournir le matériel et le personnel.

« Tel est actuellement l'état de cette grave et importante question , sur laquelle n'ont été encore publiés que des documents préparatoires. Le gouverneur de la Cochinchine, M. l'amiral Dupré, a fait faire, par le vapeur * le BouraynCy une reconnaissance qui a fourni des renseignements très-intéressants. »

C'est cette reconnaissance dont nous avons plus haut le résumé ; elle ouvre , en eff'et , parfaitement la voie à l'expédition de M. Delaporte.

Une lettre adressée par ce dernier au président de la Société de géographie, à la date du 7 février 1873 (ci-dessus, n® 84), complète les renseignements qui précèdent.

L^expédition du Bowrayne a une signification excellente pour le prochain voyage d'exploration du Tonking. D'après ces derniers renseignements, le Linois est reparti de Saïgôn dans les premiers jours de janvier pour Hué, où, sans doute, il va reprendre les négociations relatives au traité de commerce, et par suite à l'ouverture du royaume d'Annam aux Européens, et, en même temps, au voyage d'exploration du Tonking. L'amiral Dupré, gouverneur de la Cochinchine, suit donc cette affaire avec la plus grande activité.

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Si du côté du gouvernement d'Hué, et de la part des bandes de soldats indisciplinés qui sont disséminées dans les pro- Tinces du nord, Pouverture de relations commerciales peut éprouver quelques difficultés, tout porte à croire, que de la part de la population des provinces du sud, les plus riches et les mieux cultivées, on rencontrera moins d'empêchements. Le Tonking était jadis régi par un gouvernement plus paternel que le gouvernement actuel. Depuis quelques années surtout, le pays a été tellement pressuré d'impôts, que les mécontents sont nombreux, et que Tapparition de navires français serait, parâît-il, vue avec satisfaction par la plupart des habitants.

a Au point de vue géographique, ajoute M. Delaporte, il serait possible de faire, dès aujourd'hui, d'importantes rectifications à la carte du Tonking.- S'il existe sur le territoire chinois un cavenas géographique à peu près exact (dû aux importants travaux des jésuites et condensé dans l'atlas du P. Du Halde ) , dans la région qui nous intéresse ces travaux se sont arrêtés exactement aux anciennes frontières du Tonking et du Laos. Au delà de ces lignes, aucun renseignement sérieux n'avait été recueilli jusqu'à ce jour. Sur les cartes du Tonking les plus récentes, les côtes sont seules vraies. Les noms des provinces sont à peu près exacts; mais ils sont groupés autour du delta du fleuve, tandis que les provinces ellesmêmes devraient occuper tout l'espace compris entre la mer et les frontières de la Cïhine et du Laos Birman, espace laissé en blanc sur les cartes. Les fleuves et les montagnes, à peine indiqués, sont tracés presque au hasard. Une très-grande rivière, appelée Nam-si-ho, marquée comme affluent du nord du Song-koï , n'est probablement qu'un affluent du fleuve supérieur du Tonking, ne communiquant lui-même avec * le Song-koï que par des canaux.

«Les missionnaires sont jusqu'ici les seuls Européens qui aient pénétré dans l'intérieur du pays ; aussi avons-

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nous pu recueillir aux Missions étrangères de précieux renseignements.

<c un prêtre qui a longtemps séjourné dans le Tonking méridional, et Ta traversé dans tous les sens, a bien voulu nous communiquer une carte détaillée de cette région. Cette carte, la première à laquelle il soit possible de-4|bnner ce nom^ bien qu'elle ne repose pas sur des données mathématiques, est pleine d'indications d'une grande valeur, qui seront fort utiles aux nouveaux explorateurs du pays. »

Le fleuve duTonking déjà remonté par deux Français, MM.Dupuis et Millot, avant l'arrivée de M. Delaporte.

Un incident tout récent achève de montrer quelles facilités M. Delaporte doit trouver dans l'accomplissement de sa mission.

Deux négociants français , ayant à faire une livraison d'armes à feu et de munitions au général chinois chargé de réprimer l'insurrection musulmane dans le Yun-naô , MM. Dupuis et Millot, auraient, en dépit du mauvais vouloir des autorités annamites, remonté, dans les premiers jours de novembre, une des branches du Songkoï jusqu'à Keï-cho, capitale du Tonking. Dans les mois de décembre et de janvier derniers, ils seraient parvenus jusqu'au Tun-nafi, où ils ont effectué leur livraison. Le général en chef des troupes chinoises leur a donné une escorte militaire de cinquante hommes pour assurer leur retour, qui s'est effectué à Hong-kong, leur point de départ, dans les derniers jours de juin 1873.

Une lettre écrite par un missionnaire français au Tonking (ci-dessus, n° 85), ajoute quelques détails caractéristiques à ceux qui précèdent.

Au mois d'octobre de l'année dernière, lorsque M. Senez, commandant de l'aviso français le BouraynOy par-

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courait le goKe du Tonking pour donner la chasse aux pirates, il rencontra M. Dupais, stationnant avec deux vapeurs de commerce à Tune des embouchures du fleuve, et faisant d'inutiles efforts pour vaincre l'obstination des mandarins qui lui refusaient le passage. M. Senez s'entremit, et sûrement son intervention ne contribua pas médiocrement à la réussite de l'entreprise.

«Après bien des efforts, dit la lettre du missionnaire, M. Dupuis arriva le 23 décembre 1872, avec ses deux petits navires à vapeur, une chaloupe également à vapeur, et une jonque chinoise, àKeï-cho, ancienne capitale du Tonking, actuellement chef-lieu de la province de Ha-noï. Cette ville, qui est de beaucoup la plus importante de tout le royaume annamite, ne compte pas moins de 300 000 habitants; elle est située sur les bords du Song-ka, au centre à peu près du Tonking. C'était la première fois que des navires à vapeur arrivaient à Keï-cho. Grand fut l'effroi des mandarins civils et militaires ; ils se hâtèrent de faire fermer les portes de la citadelle et d'appeler aux armes les quelques soldats chargés de la défendre. M. Dupuis mit tout en œuvre pour les rassurer et leur faire comprendre qu'il ne venait pas avec des intentions hostiles, leur disant qu'il ne réclamait que le libre passage pour se rendre en Chine.... »

Des pourparlers sans fin s'ensuivirent. Impatienté de ces lenteurs et de ces difficultés formalistes que lui suscitaient les autorités, M. Dupuis prit un parti héroïque. Se passant de permission pour poursuivre sa route, et laissant 888 navires à la station de Reï-cho , il prit des barques du pays et continua de remonter vers le Yun-nan.

« Au mois de mai dernier, M. Dupuis était de retour du- Yun-nan au Tonking, pleinement satisfait de son voyage, et repartait pour Hong-kong, se proposant d'organiser un double service de vapeurs de Hong-kong et de Saigon jusqu'au Yun-nan. »

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CORÉE

86. Fr. Garnier. Voyage d'exploration en Indo-Chine, 1866-68. Tour du Monde, 1873, n" 643 à 647, t. XXV, p. 273-352.

Cette partie considérable de la relation personnelle de M. Francis Garnier, qui se distingue notablement, par l'étendue et le détail, de la portion correspondante de la relation générale de l'expédition da Mékong (voir le précédent volume de VAnnée Géographique^ note supplémentaire en tête du volume, p. xvi, note), cette partie de la relation personnelle de M. Garnier, disons-nous , se rapporte tout entière à la Chine. Elle est pleine de faits importants pour la géographie économique et physique et pour l'ethnographie des contrées qu'arrose le Yang-tse-kiang.

87. Freih. F. von Richthofen's Reise von Peking nach Sz'tshwan, october 1871 bis mai 1872. Mittheilungen de Petermann, 1873, n" 4, 6, 8, p. 137-146, 216-224, 293-306.

Ces notices qui se rapportent aux provinces de Tchi-li, de Chan-si, de Chèn-si et de Sze-tchouan, sont extraites du rapport inscrit sons le n« suivant. — Le baron de Richthofen est de retour de ses longs voyages en Amérique et en Asie, — il quitta l'Europe en 1863 avec la mission scientifique envoyée par la Prusse dans l'extrême Asie, et il est actuellement occupé à la mise en ordre de ses riches matériaux scientifiques. — Voir ci-après, aux développements.

88. Du même : Letter from Si-ngan-fou, on the rébellion in Kansou and Shen-si ; in-4', 6 pages. — Letters on the provinces of Chi-li, Shan-si, Shen-si, Sz'-chwan, with notes on Mongolia, Kan-su, Yùn-nan and Kwei-chau, in-4*' 89 pages. Shanghai, Office of the North China Herald, 1872.

89. Du même. On the distribution of Goal in China. — Mémoire lu à une des séances de la réunion de la British Association to BrightOD, sept. 1873; imprimé dans les Bighways de Londres, nov. 1873, p. 311-318.

90. Commercial reports from H. M. Consuls in China for 1871. Presented to Parliament. Lond. 1873, in-8'' 10 d.

Harvey, Report on the coal district in New Chang. — Adkins, on N. E. Manchuria, and mémorandum on journey to Ninguta.

91. D' Martin (médecin de la légation française à Péking). L'entrême Orient. Bulletin de la Soc, de Géogr., janvier 1873, p. 38-53.

Sous ce titre, le docteur Martin (dont nous avons enregistré plusieurs communications d'un grand intérêt dans notre précédent vo«

lame de VÀwiUe (fi. 175), esquisse qaelqaes traits des mœurs et des asages de la nation chinoise..

92. Du même : Pékin, sa météOTologie, son édilité, sa population. Ihid, sept., p. 290-317.

93. Du même : Chinois et Miaotze. BuUetim de la Soc. d'AnthrO' pol., févr. 1873, p. 301-311.

Note de seconde main, qui n'apporte & la question ethnologique aucnne observation nouvelle.

94. B*" de HÛBNER. Promenade autour du monde, 1871 . Paris, 1873, 2 vol. in-S». <*

Le second volume de ce livre remarquable est en grande partie consacré à la Chine. On y trouve des observations fort intéressantes sur Changhaî, sur Péking, et sur les villes chinoises en général ; une description de Tien-tsïn, lieu dont le nom appartient défto^mais à Thistoire générale, et un récit authentique des massacres auxquels la populace chinoise de cette ville a été poussée contre les Européens le 21 juin 1870; des considérations élevées sur les missions catholiques en Chine, et sur les relations de l'empire chinois avec l'Europe, sur Macao et la décadence des Portugais, etc. Nous donnerons ciaprès quelques extraits.

95. P' F. HiRTH in Canton. Die chinesische Provinz Kuang-tung; Begleitworte zur Map of the Province of Kuang-tung. Miitheilungen de Petermann, 1873, n* VII, p. 358-270; avec carte.

La carte, construite à l'échelle du 2Cooooo« (0",043 au degré), a pour titre : Mapof the Province of Kuang-tung, from native and foreign authorities, by F. Hirth. i 872. Un carton donne le plan par. ticulier des environs de Canton. La notice de M. Hirth a pour objet de faire connaître les autorités sur lesquelles sa carte est basée. La source principale est une grande carte officielle compilée tout récemment à Canton (de 1862 à 1869) par ordre du gouvernement central. Cette carte a pour titre Kouang-tourig-t'ou ; elle est à une échelle presque topographique (22 pouces angl. 1/2 au degré, dit M. Hirth, c'est-à-dire à peu de chose près au 194(K>0«. Malheureusement, elle n'a de topographiqoe que l'échelle ; il n'y faudrait chercher rien qui ressemble au figuré du relief selon la méthode européenne. On a pris pour fond et pour point de départ (et certes on ne pouvait mieux faire)* la carte des jésuites de 1718 ; et sur cette carte,

— ou plutôt sur les matériaux chinois qui en sont la base, — l'auteur chinois du Kouang-toung-t'ou a rapporté les indications transmises par les chefs de chaque district de la province. Les détails dans lesquels M. Hirth entre à ce sujet ne donnent pas une bien haute idée de l'exactitude topographique à laquelle cette marche a dû conduire. Au total, si on compare la nouvelle carte à celle des jésuites telle qu'on la trouve dans l'ouvrage de Duhalde, on n'y voit pas de différence bien considérables, — si ce n'est dans le tracé des côtes, pour lequel la nouvelle carte a suivi les relevés hydrographiques européens;

— et nous ne savons même si à certains égards l'élaboration de d'Anville ne doit pas encore inspirer plus de confiance. Malgré tout, h communication de M. Hirth est un travail très-intéressant, ne ser» ce que comme point de comparaison, et sa notice est for'

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— Les indications ajontées sur la carte Ini donnent aussi an carae* tère de géographie industrielle et économique.

96. D. J. Macgowan, m. D. Note on the Chih-kiang Miautsz'. Journal of the North-China Branch of the royal Asiatie soctely, for 1869 and 1870; Shanghai, 1871, in-8, p. 123-U7.

Note sans importance. Il y en a davantage dans un aperça que nous reproduisons ci-après sur les Lo-los, une des tribus barbares les moins connues du sud-ouest de la Chine. Mais ce qui a été publié de plus important depuis longtemps au point de vue de Tethnographie de la Chine est l'ouvrage suivant de M. Thomson :

97. J. Thomson. Illustrations of China and its people. A .séries of two hundred Pholographs, with letter-press descriptive of the places and people represented. London, 1873, in-4, Low. (vol. 1).

La publication de M. Thomson formera quatre volumes.

98. W. H. Medhurst. The Foreigner in Far-Gathay. Lond, 1872, în-8, 192 pages, avec une carte. 7 fr. 50 c. (Stanford).

Guide de l'étranger dans les ports et autres lieux jusqu'à présent accessibles aux Européens, sans autre importance scientifique ni géographique.

99. D' J. Bechtinger. Het eilarid Formosa in de Cbineesche zee. Batatia, 1871, in-8, 24 pages. 60 c. (Bruining).

100. D' E. T. Hamt. Les Negritos à Formose et dans l'archipel japonais. Pam, 1873, in-8, 16 pages. (Extr. du Bulletin de la Soc. d'Anthropologie).

A la suite de cette étude, nous ne pouvons que nous associer à l'espoir exprimé par le savant ethnologue, < que des documents ne tarderont pas à nous arriver plus abondants et plus nets tout à la fois de cette contrée ouverte enfin aux influences européennes, i

10 J. Journal of the North-China branch of the Royal Asiatie Society, for 1869 and 1870. New séries, n» 6. Shanghai, 1871, in-8, xvi-200 pages.

Parmi les morceaux, an nombre de douze, que renferme ce cahier, voici ceux qui touchent le plus particulièrement à la géographie ou k l'ethnographie :

Notes on t&e Shantung Province, being a joumey from Chefoo to TSiuhsien, the city of Mencius, by John Markham^ engl. consul, Chefoo, p. l-4d. — The fabulons source of the Hoang-ho, by E. i.Eitel, p. 30-51. — Sur les institutions de crédit en Chine, par M. G. Eug. Simon, consul de France à Fou-tcheou, p. 53-71 (cet article est écrit en français). — On the Chihking Miautsz', by D, J. Macgovan, M. D., p. 123-l'i7. — Journal of a. mission toLewchfw in 1801, by S. Wells M^iUiams, p. 149-171. — Retrospect of Events in China and Japan, during the years 1869 and 1870, p. 179-199.

102. Ethnographie des peuples étrangers do Ma-touan-lîn, traduit du chinois par le marquis d'Hervey de Saint-Denys, dans

VAtsum» Giua de M. Turrettini. Genèv$, WO, fascic. 3-6, x-70 pages, petit in-4" (Paris, Leroux).

M. d^enrey de SaintrDenys a entrepris la traduction des vingt . cinq derniers livres de Tencyclopédie historique de Ma-touan-lïn, relatifs aux peuples étrangers k la Chine. Le haut prix de l'encyelopédie de Àà-to(ian-lÏD a été depuis longtemps relevé ; les extraits qui eu sont connus ne font qu'exciter Tenvie de connaître l'ensemble. On ne peut donc assez désirer que la belle entreprise de M. dUervey de Saint-Denys soit menée à terme. Ces vingt-cinq livres formeront qd<itre forts volumes. Deux fascicules ont paru; on y fti'ouve l'ethnographie de la Corée et le commencement de ce qui concerne le Japon.

103. Carte de la mer de Chine. Carte revue en 1873. Paris, Dépôt de 4a Marine (n* 8002).

104. Côtes orientales de Chine. Revue en 1873. Ibid. (n" 957).

lOô. Côte orientale de Chine, partie comprise entre les îles Ockscn et les îles Lamock. Iles Pescadores. Revue en 1873. Ibid, (n» 2361).

106. Côte ouest de Formose et Canal des Pescadores. Ihid. 1/2 feuille. 1873 (n» 3163).

107. Mer de Chine. 4* feuille, détroit de Formose ; revisé en 1873. Ibid' (n* 1435).

108. Golfe de Liao-Tong et rivière Lian, corrigée en 1873 (n» 2930).

109. Presqu'île de Corée; carte revisée en 1873. Ibid. (n« 1173).

$ t. Le nouveau voyaçe entrepris par M. Francis Garnier dans le sud de la Chine. L'exploration du Yang-tse-kiang.

Après avoir consacré ses soins à la belle publication à laquelle a donné lieu Timportanto mission du Mékong, dont il faisait partie (voir ci-dessus, p. 66, note 2), et veillé à l'impression de sa relation personnelle dans le Tovff* du Monde (voir ci-dessus , n** 86), document trèsintéressant et très-important même à côté do la grande relation officielle, M. Francis Garnier a entrepris un nouveau voyage qui cette fois a pour objet principal la reconnaissance (exacte du Yang-tse-kiang au-dessus du point où dut s'arrêter en 1860 Texploration de MM. Sarel et Blakiston (t. I de Y Année géographique, p. 296). La

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lettre suivante de M. Garnier expose Tétat de la cpiestion et le plan de son voyage. Cette lettre est datée de Ghanghaï, 12 décembre 1872 :

Les résultats commerciaux considérables que pourrait avoir Pouverture de la navigation du fleuve Bleu (Yang-tse-kiang) aux Européens, jusqu'aux frontières du Tibet, préoccupent vivement, depuis le voyage de la commission françcdse, les autorités consulaires et les principaux commerçants de Changhaî. Les Anglais et les Américains ont fait séparément plusieurs voyages d'étude pour reconnaître les obstacles que ce fleuve offre à la navigation à vapeur entre I-Tchang-Fou, ville située à 850 milles en amont de Changhaî, et que les steamers pc" vput atteindre facilement, et Tchong-Kin-Fou, ville importante située à 350 milles plus haut, et qui est le centre commercial le plus considérable de la riche province du Sze-Tchouan. L'opinion qui prévaut généralement est que les rapides que présente cette partie du fleuve ne sont point infranchissables, mais qu'il serait nécessaire de procéder à un levé hydrographique rigoureux avant de se prononcer sur l'opportunité d^une tentative de navigation à vapeur. C'est également l'opinion que j'ai rapportée de ma rapide descente du fleuve dans une jonque chinoise, en mai 1868.

Aujourd'hui, le commerce entre Changhaî et Han-keou (lisez Houang-tcheou), dernier port ouvert s'ur le fleuve aux Européens, à 6^0 milles de Clianghaï, est fait par des barques indigènes, dont quelques-unes déplacent une centaine de tonneaux. Ce commerce atteint un chiffre difficile à préciser, mais qui va à des centaines de millions. La soie, la cire végétale, les matières médicinales et tinctoriales, le musc, sont les principaux éléments de ce trafic, et viennent s'échanger à Haft-keou contre des cotonnades et des lainages de provenance anglaise et américaine. La sécurité qui résulterait de la substitution de la navigation à vapeur au cabotage indigène décuplerait bien vite ces transactions déjà importantes. On peut dire que l'importation européenne ne fera de nouveaux progrès en Chine qu'à ce prix : il faut s'attendre à la voir rester stationnaire jusqu'au jour où on lui aura procuré un facile accès aux riches et populeuses plaines du Sze-Tchouan.

J]^ l'intention d'employer tout le temps nécessaire au levé minutieux des rapides du fleuve entre I-Tchoung et Tchoungkhing-fou. Le commerce qui aura à sa disposition les premiè-

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