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M. GARNIER EN CHINE

res bonnes cartes de cette partie du cours du fleuve Bleu sera évidemment le mieux préparé à Torganisation de transports rapides. Il sera en même temps celui qui aura en main les arguments les plus décisifs pour obtenir du gouvernement de Péking l'ouverture du fleuve au delà de Haft-keou. Je compte partir dès le printemps prochain pour Tchoung-Khing, et j'essayerai de compléter, d'ici là, et la série d'instruments qui m'est nécessaire, et la connaissance de la langue chinoise qui facilitera mes travaux.

Des lettres postérieures nous apprennent qu'après s'être arrêté au confluent du Yuan-kiang et du Yang-tse-kiang, là où le lac Toung-thing verse ses eaux dans le grand fleuve, M. Garnier avait traversé toute la région des rapides sans accident sérieux, et qu'il était arrivé à Tchoungking-fou le 30 juin, cinquante jours après son départ de Han-keou. « Dans la région des rapides, l'immense fleuve se rapproche de la chaîne de montagnes qui sépare le bassin du Yang-tse-kiang de la Chine septentrionale. • Il traverse des contrées merveilleusement accidentées, dont les mouvements géologiques doivent fatalement rendre périlleux le cours du fleuve, tout en lui prêtant les aspects les plus pittoresques. » M. Garnier se plaît à reconnaître avec quelle cordialité et quels égards les autorités chinoises se sont mises à la disposition d'un voyageur, qui, d'ailleurs, était déjà pour les mandarins de ces provinces une vieille connaissance. Les relèvements hydrographiques, les observations surtout, ont été souvent contrariés par le mauvais temps. Les résultats scientifiques de toute espèce que l'on a recueillis ont néanmoins une grande importance. M. Garnier a été successivement en relations avec presque toutes les missions françaises échelonnées sur sa route, et particulièrement avec los PP. Provost, Hue, Langlois, Lande et Lcnoir. C'est Mgr Desflèches, provicaire apostolique, qui lui a donné l'hospitalité à Tchoung-king-fou, au moment où il arrivait dans cette capitale reculée de l'empire chinois.

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A Han-keou, M. Francis Gamier s'est rencontré avec M. Tabbé David (voir notre précédent volume, p. 176), qui avait essayé, à son retour en Chine, de retourner vers la région du Khou-khou-nor, mais qui avait été arrêté par rétat de trouble du pays, et qui se proposait alors d'aller explorer les montagnes qui séparent le Eiang-si du Fo-kièn.

S 2. M. de Richthofen. Explorations scientifiques des provinces Intérieures.

Bien que Ton se soit habitué à regarder là Chine comme un pays sur lequel il ne reste à dire rien do bien • réellement nouveau, il n'en est pas moins vrai (|u'une partie des provinces do ce vaste empire, particulièrement les provinces intérieures, sont encore au nombre des contrées les plus incomplètement connues de l'Asie. Jusqu'à ces derniers temps, pas un seul voyageur eui'opéeA n'y avait pénétré. Depuis quelques années seulement, à la suite des traités imposés au gouvernement de Pékîng, les barrières se sotit en partie abaissées. Un certain nombre d'explorateurs se sont depuis lors hasardés, avec plus ou moins de sécurité, à parcourir diverses provinces, et ont déjà tracé de précieux sillons à travers ces terres inconnues. Le Yang-tse-kiang — le Grand Fleuve du Sud — a été reconnu dans une partie considérable de son étendue par des officiers anglais ; après eux, en 1868, notre expédition du Mékong a traversé le Yun-nan, et en ce moment même, ainsi qu'on Ta vu tout à l'heure, notre compatriote Francis Garnicr veut achever la reconnaissance du fleuve et l'étude des pays qu'il arrose jusqu'à la frontière tibétaine ; un missionnaire instruit, le P. David, s'est avancé très-loin dans le nord-ouest*, et le baron do

1. Voir les deux précédents volumes de Vannée Géographique particulièrement le t. X (pour l'année 1872) p. 176. M. Tabbé David est retourné en Chine reprendre la suite de ses recherches scientifiques*

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