LES EXPLORATIONS DU SAHARA
(Suite.)
MM. LARGEAU ET PAUL SOLBILLET^
Vautres entreprises appellent encore notre attention
.nt de nous éloigner de cette région de l'Afrique. De
18, faciles et fréquents rapports entre nos provinces
rAlgérie et les populations sahariennes, n'intéressent
i moins la sécurité politique de la colonie que son ac~
ité commerciale. Aujourd'hui que la perturbation qui
luivi Jes sinistres événements de 1870 est calmée, Tat-
ition s'est reportée de ce côté. Nous avons vu quel
*ge plan d'explorations, tout à la fois fructueuses
ur la science et pleines d'avenir pour nos relations,
développé M. Henry Duveyrier, notre éminent collè-
le à la Société de Géographie. En attendant, de jeunes
»yageurs, instruits, bien préparés à la tâche, pleins
ardeur et de courage, se sont offerts pour renouer
rec quelques centres importants dos rapports inter-
>mpus. L'un d'eux, Courneaux-Dupéré, est malheureu-
iment tombé au mois d'avril 1874, durant sa tra-
îrsée de Touggourt à Gh'ât, sous les coups de bandits
digènes*; dans le même temps, M. Soleillet arrivait à
isâlah, centre principal du Touât, sans réussir autant
l'il l'aurait voulu, dans cette première tentative, à sur-
onter parmi les tribus la défiance que des hostilités
1. Lé cahier de novembre du Bulletin de la Société de Géographie li nous arrive au dernier moment, nous apporte une communica- )n de M. Largeau^ sous le titre de « Voyage à Ghadamès » (p. 505-
2. Voir notre précédent volume de V Année Géographique (i,xtt),
9(à AFRIQUE. (n«* 47-75.)
intéressées ont répandue contre nous^. Ces difficultés étaient prévues ; elles n'ont pas refroidi le zèle des explorateurs. M. Largeau a immédiatement repris la tâche si tristement interrompue de M. Doumeaux-Dupéré, et il Ta heureusement menée à terme. Il est arrivé à Gh'adamès, point commercial fort important du Sahara tripolitain, au mois de février 1875; il y a été reçu par le gouverneur et par les principaux commerçants de la manière la plus cordiale, et tous ont témoigné des meilleures dispositions pour l'établissement de rapports réguliers et réciproques dont ils comprennent les avantages. Plusieurs communications partielles et un rapport de M. Largeau ont été imprimés dans V Explorateur*, excellent journal fondé à Paris il y a cinq mois par une Commission sortie du sein de la Société de Géo^aphie, dans le double but de servir le commerce par la science, et la science par le commerce. Le voyage de M. Largeau ne s'adresse pas seulement aux intérêts commerciaux, ce qui en est quant à présent l'objet principal : il renferme aussi des informations géographiques d'une valeur sérieuse. Le voyageur a remonté une partie du lit de righarghar, immense sillon aujourd'hui presque entièrement desséché, qui fut autrefois un grand fleuve sous le nom de Niger ^ ou plus correctement Nighir^ nom consacré par plusieurs de nos auteurs classiques. Le voyageur se propose de reprendre cette exploration, qui est d'un extrême intérêt pour l'étude physique du Sahara. non moins que pour la géographie historique. M. Soleillet espère bien, lui aussi, poursuivre son entreprise, et achever sa traversée du désert jusqu'au Sénégal en touchant à Timbouktou (ci-dessus, n<» 74 de la Bibliographie) . Ces tentatives auxquelles se dévouent de jeunes