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LE VICTORIA NYANZA

"6 pour son cosinus dans le calcul logarithmique de Theure des hauteurs d^astres, moyen employé par M. Stanley pour iver sa longitude. M. Stanley croit trouver la cause des is des latitudes de Speke avec les siennes dans ce fait que ipîtainç observait avec un horizon de mercure qui donne banteurs d^astres au double de leur valeur. Mais ce fait lit plutôt une raison en faveur des latitudes du capitaine k6| car Terreur d^observation sur un angle double se trouve lite de moitié dans Tangle simple qui sert aux calculs.

La question de la latitude réelle de Tembouchure du Ka* ^ se reproduit pour tous les rivages nord du Victoria nza, que les observations de M. Stanley placent à 26 kiètres au nord du tracé qu*en a donné le capitaine Speke. W kilomètres représentent Ik' de latitude, et ils représen*

en même temps une valeur anglaise approchant du demi* itètre du soleil; de sorte que si M. Stanley avait observé iiuteur d^un des bords du soleil sans tenir compte, dans le

I, de la valeur du demi diamètre, ses latitudes pourraient

ider presque avec celles de Speke. »

3ici une autre remarque de M. Duveyrier à propos nom d'Ougoveh que nous-mêmes signalions tout à are, et d*autres homonymies dont on est frappé aux rons du lac Victoria, et qui rappellent des noms déjà lus en d'autres parties de l'Afrique tropicale :

De telles similitudes dans les noms géographiques ne ^nt pas être dues au hasard, malgré les distances où on jTOuve. Comme d'autres signes que M. Duveyrier signalait nalysant les travaux de Von der Decken, ces ressemblances >arai88ent indiquer une unité originelle de race entre les ibouttou, les Fân, les Bantou ou Cafres, les Djagga de et ceux de rouest,et les habitants des rivages de Nyassa, >-à-dire de presque tous les peuples de Tintéfieur do TAfriéquatoriale. Ce sera à Tétude comparée de leurs langues, eurs traditions, do leurs croyances religieuses et de leur misation politique, de livrer à science les preuves défini* 3 de cette unité, et de lui fournir les jalons au moyen des* s on arrivera un jour à reconstituer Thistoire des migra* s des divers rameaux de cette race, histoire non moins ructive, non moins importante au point de vue général que

celle des migrations des peuples du plateau central de TAsie ou des peuples des déserts de TArabie. b

« Une triste nouvelle attendait M. Stanley au retour. Déjà un de ses deux compagnons intimes, le jeune anglais Pococke, avait succombé en route; le second , Frederick Barker , venu avec lui de Londres , était mort douze jours auparavant, emporté par les redouter blés fièvres de ce climat. Cette nouvelle perte inspire à M. Stanley ces lignes tristement philosophiques : « Ainsi, deux de mes quatre amis d'Europe sont morts. Je me demande à qui le tour? La mort me crie, à qui le tour? et peut-être là-bas nos amis se disent avec anxiété, à qui le tour? Qu'importe? Que gagnerions-nous à essayer de fuir cette terre fatale? Entre nous et la mer il y a sept cents milles, — sept cents milles de pays aussi insalubres que pas une autre contrée d'Afrique. La perspective est moins redoutable en avant, quoique par là nous ayons encore à parcourir quelque chose comme 3000 milles. Mais aussi nous avons là devant nous des terres nouvelles à reconnaître, des contrées inconnues à découvrir, et les merveilles de cette perspective mystérieuse suffisent pour nous faire regarder en face d'un œil de défi la fièvre et la mort. »

Avec un autre homme, on pourrait croire qu'il y a dans ces dernières lignes l'adroite mise en scène d'un reporter habile; mais il faut reconnaître que dans une nature énergique comme celle de Stanley, la réaction vigoureuse suit de près Theure d'abattement.

Stanley chez le roi M*tésa, et sa rencontre avec le jeune Linant de Bellefonis

envoyé du colonel Gordon.

En expédiant à Londres, par la voie du négociant souahéli Sangoro, ses deux dernières lettres écrites des

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[g du lac Victoria, Stanley avait eu la précaution d'en

nrer une copie qu'il se proposait de faire parvenir au

nd âoidon par Tintermédiaire du roi M'tésa. Après

dfU mois consacrés à la reconnaissance de la plus

idflkipulie du Nyanza, Stanley se rendit en effet à la

lance du roi M'tésa, située non loin de Textrémité

[-ouest du laCy où l'attendait une agréable surprise ;

trouva M. Linant de Bellefonds, fils du célèbre in-

eur si connu par ses grands travaux en Egypte.

[inant, qui faisait partie de l'expédition égyptienne

;ée par le colonel Grordon, avait été dépêché par ce-

d vers M'tésa en vue d'une négociation commerciale ;

ley lui remit ses lettres. L'infortuné Linant, surpris

un parti de maraudeurs , a été tué au retour de sa

ion; mais les lettres ont été retrouvées parmi d'au-

papiers abandonnés par les assassins, et elles sont

enues en Angleterre par la voie d'Egypte. Elles ajou-

peu de chose à celles que l'on avait déjà reçues

Zanzibar, sauf le détail que Stanley y donne de sa

3tion par le roi M'tésa.

détail est d'un grand intérêt sous plusieurs rap-

j il ne ressemble guère à celui que donnait, quel-

"mois auparavant le colonel américain Chaillé Long

ssus, p. 23) , non plus qu'aux rapports de Spekc

Grant, dont le récit du colonel Long semble n'être

e contre-épreuve. Nous n'avons plus ici ces déca-

ons, ces boucheries humaines réservées comme un

gnage d'honneur au visiteur européen : le roi

inda nous apparaît sous un tout autre aspect.

l'tésa me fit signe de m'asseoir, dit M. Stanley ra-

nt sa première entrevue, en me donnant le premier

nplc que suivirent ses grands capitaines, au nom-

e cent environ.

Plus à l'aise, je pus contempler la personne et les I de ce puissant monarque. M'tésa est âgé de trente-

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quatre ans à peu près. II est d'une taille haute et élan* cée; mais il a de larges épaules. Sa physionomie est très-agréable et respire Tintelligence et la douceur. Il a de grands yeux ; son nez et sa bouche, plus corrects qu'ils ne le sont chez les nègres, se rapprochent des traits des Arabes de Mascate lorsqu'un peu de sang noir coule dans leurs veines. Ses dents sont très-belles et d'une blancheur éblouissante.

(c Dès les premières paroles que M'tésa m'adressa, je fus captivé par ses manières, qui avaient quelque chose de celles d'un gentleman; elles étaient empreintes à la fois d'affabilité, de grâce et de cordialité. Je sentis tout de suite que dans ce potentat j'avais trouvé un ami, un roi généreux , un souverain intelligent. Il ne le cède en rien à Seyd Burghas, le sultan arabe de Zanzibar ; il me fait l'effet d'un homme de couleur bien élevé qui aurait fréquenté les cours de l'Europe, et acquis une certaine élégance, l'aisance des manières avec un grand fonds de connaissances. Pour peu qu'on réfléchisse que M'tésa est un indigène du centre de l'Afrique et qu'il n'avait vu que 1 trois hommes blancs avant que je vinsse en son pays, on sera aussi étonné que je Tétais de ce queje voyais. Et si de plus on songe à l'énorme étendue de pays qu'il gouverne — du 34* au 31* degré de longitude est, et du 1" au 3*30' de latitude sud, — on concevra l'influence immense qu'il pourrait exercer sur la civilisation de l'Afrique. Ce n'est plus le jeune homme à la fois vain, pué* ril et cruel que virent Speke et Grant il y a quinze ans. Il n'y a plus aujourd'hui de boucheries journalières d'hommes et de femmes ; il est rare que la peine capitale soit mise à exécution*. A l'époque où Speke et Grant le

1. Ck)mment concilier ceci, nous ne dirons pas avec les récits de Speke, mais avec celui du capitaine Long, que nous citions tout à l'heure ?

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rent, il sortait à peine de l'enfance et était adonné au tichisme. Aujourd'hui c'est un prince bien élevé, reinnaissant d'autres règles que son seul caprice. Il protsse l'islamisme, et tous seS capitaines , tous ses hauts mctionnaires suivent la même croyance, et acceptent en énéral les usages en même temps que le costume arabe. I a une garde de deux cents hommes ^ .

« M'tésa m'adressa plusieurs questions qui dénotaient ne grande intelligence et un désir non moins grand de instruire.... »

En l'honneur de son hôte, le roi M'tésa donna de randes fêtes pendant plusieurs jours de suite. Ge fut 'abord une grande revue, à laquelle les trois cents femles du monarque assistèrent en grande tenue; un autre >Ur eurent lieu de grands exercices de tir; enfin, il y eut 'anœuvre générale de toute la flotte, commandée par le en personne. Elle se compose de quatre-vingt-qua* canots montés chacun par trente ou quarante ma-

iers, formant en tout une force de trois mille cin({

its hommes.

« M'tésa est un grand roi, répète encore une fois

. Stsyjley. C'est un monarque qui réjouirait l'âme de

i. M. Linant de Bellefonds, dont il sera question tout à Theure^ dit Uement : « M'tésa a beaucoup de dignité et ne manque pas d'une rtaine distinction naturelle. Son costume est élégant : un caAan inc terminé par une bande rouge^ bas^ babouches, veste en drap ir brodée d'or, tarbouche avec plaque d'argent au sommet. Il porte . sabre à poignée d'ivoire incrustée d'argent (arme de Zanzibar) et i bÀton. »

Peut-être cette mise purement arabe est-elle le costume d'apparat lur la réception des étrangers. Dans tous les cas, il est curieux d*en ire le rapprochement avec le costume infiniment plus primitif décrit figuré il y a quinze ans par Speke. En ceci, comme sur bien d'aues points, il y a eu évidemment depuis lors un progrès très-remariiable dans les habiludes domestiques du roi d'Uganda. C'est un ^mptéme qui justifie dans une grande mesure les prévisions de . Stanley : un progrès accompli présage toujours un progrès à enir.

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tout Européen intelligent , qui verrait en lui l'espoir de TAfrique centrale. Il est roi do Earagoué, d'Uganda, d'Unyoro, d'Usoga et d'Usuï. Chaque jour venait accroître mon estime et mon respect pour lui. Sa grande pensée est d'imiter les Européens et ce qu'il a entendu rapporter de leurs grands personnages.... »

La pensée qui est immédiatement venue au reporter anglo-américain est d'utiliser ces dispositions du roi de l'Afrique équinoxiale au profit de l'Angleterre et de l'Amérique; et suivant la marche habituelle en pareil cas, il a provoqué le prompt envoi d'une mission religieuse, entrouvrant en même temps les perspectives d'un marché important pour le commerce Britannique dans un état qui, selon son estime, doit compter au moins deux millions d'àmes. Nous n'oserions affirmer qu'il n'y eut pas en tout ceci quelque appréciation exagérée, hommes et choses, quelque mirage grandi par la prompte imagination de Tardent explorateur. Dans tous les cas, il i fait vibrer une des cordes sensibles de l'Angleterre. Des souscriptions se sont immédiatement organisées à Londres pour la mission invoquée; au bout de quelques jours, on annonçait déjà que doux cent cinquante mille francs (10 000 livres) étaient souscrits.

C'est le quatrième jour après le débarquement de M. Stanley qu'eut lieu l'arrivée de M. Linant. M. Stanley parle de ce dernier en très-hauts termes. « C'est un gentleman très-bien renseigné, un caractère énergique, un grand voyageur. Sa connaissance des pays situés entre Uganda et Khartoura est très-circonstanciée et très-: exacte, d'où je conclus que la géographie de l'Afrique centrale entre les cataractes du Nil et Uganda n'a plus à faire que dos acquisitions relativement peu considérables. A ces informations, il faut maintenant ajouter celles qui résultent de la traversée que je viens d'accomplir, c'est-à-dire ma reconnaissance i?< [de celle] des

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