‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 326 sur 425 · LINANT ET STANLEY · texte numérisé non relu

LINANT ET STANLEY

;elle d'an homme eonnu et d'une société charmante,

D'aprèi ce que me dit M. Stanley, M'tésa est tout

da rendez-vous que les hommes blancs se sont donné

s son royaume; il ne croit pas au hasard. »

Mardi 13 avril. — Je suis allé déjeuner chez M. Stan-

NouB avons causé longtemps, couchés tous deux sur

MÛlle, fumant et prenant notre thé. Moments heu-

[ ! splendide météore dont la durée a été celle d'une

le filante. Chacun de nous trouvait dans l'autre un

e et s'épanchait en lui. M. Stanley m'a raconté ses

pies, les difficultés qu'il a eu à surmonter, l'hostilité

à a rencontrée chez certaines peuplades qu'il a fallu

abattre. Il m'adonne des renseignements géographi-

m des plus intéressants.... »

Maintenant, quelques remarques de M. Linant bonnes îcueillir sur le roi et son entourage, sur le peuple et >ay8.

De la résidence de M^tésa, la vue est admirable. On dotoutes les collines d'alentour. Le terrain verdoyant ongracieusement dans tous les sens. Des villages sans •re couronnent tantôt le sommet des collines, et tantôt se lent mollement dans des vallées noyées dans les jardins maniers. Tout respire la vie , la nature luxuriante. Au on aperçoit le sol couvert de lames d'argent : c'est le milu Victoria Kérové*.

i'tésa, qui en langue Uganda veut dire bienfaiteur^ légis^ % a su parfaitement choisir sa résidense : c'est un lieu anteur, sain, riche. »

oublions pas que nous sommes ici sous l'équateur,

j cette zone de feu qu'on a crue si longtemps inha-

ble.

A peine avons-nous pénétré dans l'intérieur du palais, 'suit le jeune voyageur, qu'une multitude de femmes de

Kirové, ou avec rarticle Initial, Ukérové (on trouve le mot écrit 1 UkérM), est le nom du Nyanza-Victoria dans l'Uganda.

tout âge, aux couleurs p)us ou moins foncées, aux nez plut oa moins épatés, aux lèvres grosses, charnues ou minces, aux yeux horizontaux ou obliques, se précipitent derrière le roi avec des nyanzigé sans fin. Évidemment la race est fort mêlée dans rUganda : Nègres de PAfrique, Abyssins, Gallas, Zanzîbariens, race sémitique, tout est représenté dans le sérail du roi. Le noir foncé du Bari, le teint cuivré de TAbyssin et le brun-jaune du Sémite, se mélangent plus ou moins harmo* nieusement.

« A une de ces haltes, le roi, pour bien me faire voir à ses femmes, m'invite à ôter ma coufieh; je me rends immédiatement k son désir, et au même instant je suis étourdi par des centaines de cris de : Gtomghil ce qui répond à : bien beaul J'en suis très -flatté/, mais, n'en déplaise à M'tésa, à cette admiration générale j'aurais préféré le plus petit mouvement de tète d^une de nos dames européennes....

a Dans r Uganda, la multiplicité des femmes chez le sultan comme chez les particuliers est une cause de revenus au lieu d'être une ruine comme dans d^autres pays. En effet, la femme seule ici est chargée de la culture; Thomme se livre aux travaux de menuiserie, de forge, à la garde des bestiaux, et le plus souvent au far niente, La femme laboure, sème, récolte. Le travail de la terre est fort léger, tellement le sol est productif.

c La culture se réduit à peu de chose : la patate qui y pousse facilement, la banane, plantes, qui forment des forêts sans fm, le maïs dans le seul but de faire le pombé. Dans les jardins du roi et de quelques rares principaux officiers, on cultive, en fort petits carrés, Toignon, la canne à sucre et le riz. Tous les travaux pénibles sont réservés à la femme; c^est elle qui, chaque jour, va chercher les bananes et Teau à des distances parfois fort considérables.

c Les Ugandas sont fort habiles dans les travaux d^aiguille. En dehors des coutures de peaux et de fourrures qui ne laissent rien à désirer, même auprès des premiers gantiers de Paris, ils exécutent sur les élolfes des broderies très-Ûnes. Le roi lui-ni«me se livre volontiers à celte occupation, entouré de ses mignons qui tous Ti mitent et mettent tous leurs soins à obtenir une marque d'approbation de leur souverain. »

a Speke, dit en terminant M. Linant, raconte que pendant son séjour dans TUganda le roi faisait exécuter journellement de quatre-vingt h cent personnes. Cette coutume a complét*3

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