LES RUSSES EN BOUKIIARIE
istigaUoiis rasses dans TancieDiie Sogdiane. L'expédition de Hissar.
•US ne pouvons guère que mentionner d'autres ex-
ons des Russes dans les parties orientales de la
iiarie. M. Maïef, éditeur de la Gazette russe du
estan, a fait, lui troisième, une course intéressante
dhri-Sebz, la cité de Timour, au sud de Samarkand
îssus, bibliographie, n» 243). Le même explorateur
trepris une excursion d'une beaucoup plus grande
rtance dans la contrée montagneuse comprise, au
et au sud-est, entre le canton de Samarkand et
is, course que Ton a désignée sous la dénomination
)édition de Hissar, du nom du chef-lieu du principal
toire que Ton a visité. Tout ce pays et ses grandes
es, que parcourent les affluents que l'Oxus reçoit à
roite dans sa partie supérieure *, tiennent une place
idérable dans les documents du moyen âge asia-
8, et dans la géographie arabe; mais aucun voya-
• européen n'y avait pénétré. C'était presque un
ge de découvertes. M. Maïef y était accompagné
servateurs qui donnaient au voyage tout à fait le
ctère d'une mission scientifique. La topographie, la
ogie, l'histoire naturelle, y étaient représentées j
Schwarz, l'astronome bien connu par ses travaux
i l'Asie centrale, s'était chargé des observations
ires à donner, une base certaine à la carte projetée.
pédition, en effet, en a réuni tous les éléments j
orze déterminations astronomiques serviront de ja-
pour y rapporter les itinéraires de la. mission. Un
nt russe, M. Lerch, a donné, dans la Revue russe
k partir de Termis (la Termed de la géographie arabe), directeau nord de Balk, l'Amou-Daria, l'Oxus de notre géographie clas- , ne reçoit plus d'affluents dans le reste de son cours, jusqu'au Aral où il a son embouchure.
de Rôttger, un aperçu du voyage d'après la relation que M. Maïef en a publiée dans sa Gazette du Turkestan, aperçu auquel M. Lèrch a joint une savante introduction et des notes étendues, et qui a été traduit du russe par M. Yule pour le Geographical Magazine de Londres (ci-dessus, à la bibliographie, n® 24ï]. Dans ce travail, précurseur d'une publication plus considérablCy on a déjà une addition importante à la géographie historique, aussi bien qu'à la topographie de la haute région do rOxus.
Les événements politiques en présagent d'autres encore. Les dernières nouvelles du Turkestan russe (octobre-novembre 1875) font pressentir l'annexion du Khanat de Khokand, c'est-à-dire de toute la partie supërieure du bassin du Syr-Daria ou laxartes*.
Le chemin de fer de l'Asie centrale.
L'Explorateur a reçu, de M. Ferdinand do Lesseps, communication d'une étude complète sur le chemin de fer de l'Asie centrale. Cette étude, qui a pour auteur M. A. Sluart, ingénieur attaché à l'entreprise, est du plus haut intérêt (ci-dessus, n° 251 de la bibliographie) ; son étendue ne nous permet que d'en détacher quelques passages :
a Ce n'est pas la première fois qu'on a songé à cette route. Dès 1840, Arthur Canolly désignait le tracé par le Turkestan comme c le vrai chemin entre l'Europe et l'Inde. » Les difflcultes, qui étaient alors insurmontables, se sont peu à peu aplanies depuis. La Russie a subjugué la plus grande partie des races barbares ou à moitié civilisées qui occupent les grandes plaines au sud de TAral ; dans Tlnde, le gouvernement royal a fait succéder le principe de la libre concurrence au ré-
1. Sur cetto partie considérable du bassin Aralo-Caspien, voir le précédent volume de V Année géographUiue, n*» 221 et 226,
CHEMIN DE FER DE l'aSTE CENTRALE. !^13
jiv peu exclusif de la Compagnie, et tout le pays s'est rt dMn réseau de voies ferrées qui s^étend déjà jusqu'aux Ignés, et prend tous les jours de nouveaux accroisse- >. Il ne reste plus qu'à traverser une zone relativement e de pays, placée sous l'influence soit de l'Angleterre, soit Russie.
n avait d'abord songé à envoyer par la Russie une grande
ane d'exploration, qui, partant de la frontière d'Europe,
idrait aux Indes en traversant les territoires intermédiai-
mais on renonça bientôt à ce projet : le comité de fonda-
, constitué sous la présidence de M. Ferdinand de Les-
se décida à envoyer directement aux Indes deux de ses
)res, M. Victor de Lesseps, et M. A. Stuart, ingénieur
. Le but de cette mission devait être de recueillir des
nents sur les différents tracés, sur les ressources finan-
i et commerciales des pays à traverser, sur les lignes in-
les, etc., et, tout ein ne quittant pas le territoire anglais,
arcourir une partie des Himâlayas. En même temps,
erdinand do Lesseps adressait à lord Granville, alors se-
ire d'État aux affaires étrangères , une lettre-programme
laquelle il exposait le projet et annonçait ce premier
ge d'exploration. Quelque temps après, lord Granville en-
it à M. de Lesseps une réponse dans laquelle, sans se
oncer sur le projet en lui-même , le ministre refusait
toriser, au nom du gouvernement anglais, un voyage
3loration dans l'Afghanistan. Le cabinet anglais a, en
, toujours soigneusement évité tout ce qui pouvait l'en-
ler dans un conflit coûteux et sans utilité avec les babi-
> de cette contrée; il craignait que, si les explorateurs
nt autorisés à pénétrer dans ce pays, ils n'y rencon-
jent des difficultés qui appelleraient son intervention.
Après être restés quelque temps à Calcutta, où tous les
iments nécessaires furent mis à leur disposition avec la
grande courtoisie, les explorateurs visitèrent le nord de
e, une partie de la frontière ouest, et terminèrent leur
ge par une excursion dans le Kachmtr, contrée feudataire
i couronne d'Angleterre. Le voyage entier dura environ
nois. C'est le résultat des études faites pendant ce voyage
sa suite, et des renseignements obtenus non-seulement sur
lays parcourus personnellement parles explorateurs, mais
L'auteur du présent rapport.
sur tous les pays que iraverseDt les tracés proposés, que nous donnons dans ce travail.
c On comprend facilement, en jetant un coup d*œil sur un globe terrestre, qu'un des grands éléments de trafic de la ligne projetée consisterait dans le mouvement des voyageurs entre l'Europe et les Indes. En outre, les voyageurs se rendant en Chine, au Japon, en Australie, etc., ou revenant de ces contrées, diminueraient de près de moitié la durée totale du voyage, en commençant ou en terminant leur trajet maritime à Calcutta, qui deviendrait ainsi Tun des premiers ports du monde. Le trajet total de Calais à Calcutta serait d^environ 6800 milles ou 11 000 kilomètres, et pourrait, par conséquent, être facilement accompli en dix jours par un train^hâiel marchant à une vitesse moyenne de 28 à 29 milles ou environ 45 kilomètres à Theure, arrêts compris. Cette vitesse ne présente rien que de très-ordinaire, et on pourrait probablement l'augmenter sans inconvénient. >
Après quelques détails sur l'organisation de ces tratM^ liôtelSy dont l'idée et le modèle sont empruntés à l'Amerique, le Rapport continue :
a II sera utile, au point de vue de la clarté, d'indiquer, dès à présent, les différents tracés proposés entre la Russie européenne et l'Inde. Nous reviendrons plus tard très-au long sur ces tracés et les différents motifs qui militent en faveur de chacun d'eux; nous nous contenterons, ici, de les énoncer brièvement.
c Le trajet total se divise d'abord en deux parties distinctes^ la première ayant pour but de relier la Russie d'Europe à Tachkend, capitale du Turkestan russe et un des grands centres commerciaux de l'Asie centrale; la seconde devant relier Tachkend au réseau des chemins de fer de l'Inde anglaise. Ce sont ces deux lignes réunies qui constituent le Chemin de fer central asiatique,
« Trois tracés ont été proposés pour la première partie du projet. Le premier, partant d'Orenbourg, passerait au nord de la mer d'Aral et gagnerait Tachkend par la vallée du Syr-Daria (laxarles); le second partirait d'un point plus rapproché de la mer (laspicnne, passerait à Khi va, Bokhara, Samarkand, et arriverait, de là, à Tachkend ; le troisième partirait d'un point
CHEMIN DE FER DE l'aSIE CENTRALE. 215
i ligne proposée de Sibérie, suivrait la vallée de Sary-sou
isuite, celles du laxartes.
els sont les trois tracés proposés pour arriver à Tachkend
té européen. Pour y venir du côté de Tlnde il en existe
d ; toutefois, le troisième n'ost qu'une modification du
ier,
e premier part de Perchaver et traverse Kaboul, Balk,
rkand et Khodjend ;
e second part également de Peïchaver, quitte le premier
alabad, passe par Tchitral, le plateau de Pamir, Yarkand,
^ar et Khokand;
& troisième quitte le second sur le plateau de Pamir, des-
l'Oxus et rejoint le premier à Balkh ;
e quatrième, partant du Djélam sur la ligne de Lahôr à
aver, remonte la vallée du Djélam, passe à Srinagar, à
:, et rejoint le second tracé à Yarkand.... »
le Rapport interropapt cet aperçu technique pour r en revue les différents États de TAsie centrale et populations, au double point de vue historique et >mique ; la configuration des contrées que le chemin raverser, leur nature, leurs productions, leurs reses, ont été l'objet d'une attention tout à fait spé- En ceci, le Rapport est particulièrement instructif, faut pas oublier que ce beau travail est le résultat examen direct de l'auteur : c'est, en réalité, la rela- Tun voyage d'études scientifiques. Nous nous arms seulement à quelques remarques :
u nord de la mer d'Aral se trouve le grand désert de ki, qui s'étend jusqu'aux monts Mugadshar. Ces mon- 1 ne sont, en somme, que de hautes collines; leurs pics is élevés n'atteignent guère plus de mille mètres. Elles iposent en grande partie de granit et de gneiss, et s'éten-
peu près en ligne droite du nord au sud. Sur leurs occidentaux, le cours d'eau le plus important est l'Or,
se jeter dans l'Oural dans le voisinage d'Orsk-, un assez nombre de ruisseaux coulent sur le flanc oriental et se
jettent tous dans la rivière d'Irgiz, qui sort elle-même de ces montagnes.
a II est important, dès à présent, de signaler une distinction caractéristique qu'il convient de faire entre les déserU et 1 s steppes. Les d(^sertssont des plaines sablonneuses, dépoui^ vues de végétation, où Ton ne trouve de Peau qu'à de rares intervalles. On ne peut en recueillir que dans des puits creusés à grands frais, et, môme alors, elle est souvent saumfttre. Toutefois, partout où Ton peut amener une quantité suffisante d'eau, ces sables se transforment en terrains d'une grande fertilité.
« Les steppes, au contraire, sont des plaines richement couvertes d'herbe, où Ton trouve souvent de Teau potable en abondance , et analogues, à peu près sous tous les rapports, aux savanes de l'Amérique du Sud.
c Le dèseri de Karakoum (Sable Noir), au nord de la Boukhftrie, forme une espèce d'intermédiaire entre le désert et la stoppe. Le sol se compose d'argile noirâtre, parsemé asseï souvent de collines sablonneuses; on y trouve de Teau à intervalles assez fréquents dans des puits creusés à cet effet, mais elle est souvent saumâtre, probablement à cause du sel gui imprègne le sol. La végétation est assez vigoureuses mais se compose à peu près exclusivement de chenopodia-